Tour du Faso 2026 : dix étapes et près de 1 400 km au programme

Le peloton du Tour du Faso reprend la route ce vendredi 30 octobre 2026. Pour cette 37e édition, les coureurs s’élanceront de Ouagadougou en direction de Kaya, sur un premier parcours de 149,82 kilomètres. Pendant dix jours, la compétition traversera huit régions du Burkina Faso, avec près de 1 400 kilomètres de course au programme, avant l’arrivée finale prévue le 8 novembre dans la capitale.

Les préparatifs ont débuté dès le jeudi 29 octobre à Ouagadougou, avec l’enregistrement des équipes et la tenue de la réunion technique, conformément au calendrier publié par la Fédération burkinabè de cyclisme. Les coureurs peuvent désormais se concentrer sur les dix étapes qui rythmeront cette nouvelle édition.

Après le départ de Kaya, le peloton mettra le cap sur Koudougou le 31 octobre, pour une distance de 129,75 kilomètres. Le lendemain, les cyclistes rejoindront Boromo au terme d’un parcours de 158,90 kilomètres. Le 2 novembre, la quatrième étape se disputera sur un circuit fermé à Bobo-Dioulasso, avec 116,10 kilomètres à parcourir.

La compétition se poursuivra le 3 novembre entre Bobo-Dioulasso et Pâ, sur 131,32 kilomètres. Le 4 novembre, les coureurs rallieront Léo depuis Sapone, avec une étape longue de 138,11 kilomètres. Le lendemain, ils repartiront de Ouagadougou pour rejoindre Pô, après 144,02 kilomètres de course.

Un parcours de près de 2 400 kilomètres au total

Les trois dernières étapes s’annoncent également exigeantes. Le 6 novembre, le peloton reliera Ouagadougou à Koupéla sur 153,05 kilomètres. Le lendemain, les coureurs partiront de Tenkodogo pour rallier Ziniaré, avec 167,53 kilomètres au programme. Enfin, la dixième et dernière étape conduira les cyclistes de Dapélgo à Ouagadougou, le 8 novembre, sur une distance de 111,37 kilomètres.

Au terme de cette traversée, les participants auront parcouru 1 399,970 kilomètres de course. À cette distance s’ajouteront 988 kilomètres de transbordement, portant le parcours total à 2 387,970 kilomètres.

Huit régions seront concernées par cette édition : le Kadiogo, les Koulsé, le Nando, le Bankui, le Guiriko, le Nakambé, le Nazinon et l’Oubri.

Avec dix étapes réparties sur huit régions, le Tour du Faso 2026 s’annonce comme un rendez-vous d’endurance pour les coureurs engagés. La ligne d’arrivée, à Ouagadougou, marquera le 8 novembre la fin de cette nouvelle traversée cycliste du pays.

Sommet Russie-Afrique : le Burkina Faso appelle à des résultats concrets dans le partenariat avec Moscou

Le Burkina Faso veut donner une nouvelle dimension à la coopération entre la Russie et les pays africains. À l’occasion du troisième sommet Russie-Afrique, organisé à Moscou, Ouagadougou a appelé, jeudi, à traduire les engagements politiques en réalisations concrètes, particulièrement dans la formation des jeunes, le transfert de technologies et le développement des compétences.

Au deuxième jour de cette rencontre, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a porté le message du président Ibrahim Traoré lors d’un panel de haut niveau. Dans son intervention, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de faire de cette troisième édition un tournant dans les relations entre Moscou et le continent.

« Ce 3e Sommet doit être celui de la mise en œuvre de ce partenariat stratégique », a-t-il déclaré.

Pour le Burkina Faso, cette évolution passe notamment par un renforcement de la formation des étudiants africains en Russie. Les autorités burkinabè souhaitent voir davantage de jeunes accéder aux technologies de pointe et aux secteurs stratégiques. Elles défendent également une coopération reposant sur le respect mutuel, la réciprocité et un véritable transfert de compétences.

La maîtrise des ressources au cœur des partenariats

Au-delà de la formation, Ibrahim Traoré a plaidé pour une diversification des partenariats internationaux. Cette orientation doit permettre aux États africains de mieux maîtriser leurs ressources et de conserver la liberté de choisir leurs partenaires, selon leurs intérêts.

Le président burkinabè a également évoqué la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Il a salué les efforts des forces engagées dans la lutte contre les groupes jihadistes dans la région.

Sur la scène internationale, son message a porté sur le respect du droit international et la réforme des institutions mondiales. Ibrahim Traoré estime que l’Afrique doit occuper une place correspondant à son statut d’acteur à part entière dans les relations internationales.

« L’Afrique ne veut être ni un champ de bataille, ni un réservoir de matières premières, ni un vote dans une assemblée. Elle veut être une terre de dignité », a-t-il affirmé.

Moscou et les pays africains à l’heure de la concrétisation

Le troisième sommet Russie-Afrique se tient dans un contexte où plusieurs pays du continent cherchent à diversifier leurs relations économiques et diplomatiques. Pour Ouagadougou, l’enjeu est désormais de dépasser les déclarations d’intention afin de faire émerger des projets tangibles, notamment dans les domaines de l’éducation, de la technologie et du développement des capacités locales.

L’appel lancé par le Burkina Faso à Moscou traduit ainsi une attente centrale : faire du partenariat russo-africain un cadre de coopération dont les retombées soient directement perceptibles pour les populations.

Burkina Faso : EducommuniK lance un forum africain de lutte contre la désinformation

À l’heure où les réseaux sociaux accélèrent la circulation de l’information, la désinformation, les discours de haine et les manipulations numériques s’imposent comme des défis majeurs pour les sociétés africaines. Pour y faire face, l’organisation EducommuniK a lancé, le mercredi 28 octobre 2026, le Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information (FA-EMI), en collaboration avec la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC). Cette rencontre se tient en marge de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité (SNLC) et doit s’achever le 30 octobre.

Les technologies numériques ont considérablement élargi les possibilités d’expression et de partage de l’information. Mais ces mêmes outils peuvent également servir à diffuser de fausses nouvelles, propager des discours haineux ou orchestrer des manipulations à grande échelle. Face à ces dérives, EducommuniK entend miser sur l’éducation aux médias et à l’information pour renforcer les capacités des citoyens à comprendre, vérifier et utiliser les contenus numériques avec discernement.

Organisé avec l’appui de la BCLCC et le soutien financier de la République fédérale d’Allemagne, le forum est placé sous le thème : « Éducation aux médias et à l’information : construire une résilience régionale face à la désinformation et aux manipulations de l’information ».

L’ambition affichée est de favoriser une réponse collective aux désordres informationnels en Afrique de l’Ouest et au Sahel, où les contenus numériques circulent au-delà des frontières nationales.

Miser sur l’éducation au-delà de la répression

Lors de la cérémonie d’ouverture, le secrétaire général du ministère chargé de la Communication, Dr Moctar Sanfo, représentant le ministre Gilbert Ouédraogo, a insisté sur la nécessité de donner aux citoyens les moyens de s’émanciper par le savoir face aux menaces numériques.

Cette approche rejoint la position défendue par l’Autorité de régulation de la communication et du traitement des données à caractère personnel (ARCOD). Son président, représenté à la cérémonie par le vice-président Issa Alexandre Zou, a rappelé que la lutte contre les dérives du numérique ne pouvait se limiter aux sanctions.

Selon lui, la corégulation et l’éducation doivent également occuper une place centrale dans la réponse aux menaces informationnelles.

« L’éducation transforme le récepteur passif d’informations en un acteur vigilant, capable d’exiger la qualité et la rigueur de ses médias tout en s’imposant à lui-même une éthique de la publication et du partage », a-t-il déclaré.

Cette vision place les citoyens au cœur du dispositif de prévention. Au-delà des mécanismes de contrôle, l’enjeu consiste à développer leur capacité à évaluer la fiabilité des contenus, à identifier les manipulations et à adopter des comportements responsables sur les plateformes numériques.

Pour une coopération régionale face aux menaces numériques

Pour EducommuniK, l’efficacité de cette démarche dépend aussi de l’engagement des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs de l’écosystème numérique. La chargée de programme de l’organisation, Nina Diallo, les appelle à s’impliquer davantage dans le renforcement de la résilience face à la désinformation, aux discours de haine et aux manipulations de l’information.

Elle souligne notamment les limites d’une réponse exclusivement nationale. Les contenus circulant sur les réseaux sociaux franchissent les frontières, tandis que les plateformes numériques échappent souvent au seul périmètre d’action d’un État.

Dans ce contexte, Nina Diallo considère que le développement d’une coopération régionale entre les acteurs de l’éducation aux médias et à l’information constitue une condition importante pour construire une réponse durable et efficace.

L’enjeu est donc de favoriser le partage d’expériences et de rapprocher les approches des différents pays confrontés à des menaces informationnelles similaires.

Des délégations de sept pays attendues autour des échanges

Prévu du 28 au 30 octobre 2026, le FA-EMI réunit des délégations venues du Mali, du Tchad, du Niger, de la Mauritanie, du Bénin, du Sénégal et de la Gambie.

Pendant trois jours, des représentants d’institutions publiques de régulation, de plateformes numériques et d’organisations de la société civile participent à des panels consacrés aux enjeux de l’éducation aux médias et à l’information.

Les échanges doivent contribuer à poser les bases d’une vision régionale commune face à la désinformation et aux manipulations numériques. À travers cette initiative, EducommuniK et ses partenaires entendent faire de l’éducation un levier de prévention et de responsabilisation, dans un environnement où la maîtrise de l’information est devenue un enjeu majeur pour les sociétés africaines.

Burkina Faso : une dizaine d’élèves et d’étudiants interpellés à Bobo-Dioulasso

La police municipale de Bobo-Dioulasso a interpellé une dizaine d’élèves et d’étudiants le mercredi 28 octobre 2026, dans le cadre d’une opération contre la consommation de chicha et de boissons fortement alcoolisées. L’intervention a été annoncée dans un communiqué de l’institution policière.

Selon la police municipale, les personnes interpellées consommaient ces produits au moment de l’opération. Cette action s’inscrit dans le cadre des efforts de lutte contre ces pratiques au sein de la population, notamment chez les jeunes.

À travers cette intervention, la police municipale affirme vouloir contribuer à la protection de la jeunesse et au maintien de la tranquillité publique. Elle réitère également sa volonté d’agir comme une force de proximité au service des habitants de Bobo-Dioulasso.

AES-Russie : Le premier ministre Burkinabè Jean Emmanuel Ouédraogo exige des projets concrets dans les douze prochains mois

La coopération économique entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Russie entre dans une nouvelle phase. À Moscou, le Premier ministre burkinabè, Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé à accélérer la mise en œuvre du partenariat conclu entre la Banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’AES (BCID-AES) et l’institution russe VEB.RF. Son objectif est de transformer rapidement cet accord en investissements capables de créer des emplois, de renforcer les compétences locales et de soutenir les économies sahéliennes.

Le 28 octobre 2026, en marge du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, le chef du gouvernement burkinabè, représentant la Confédération à Moscou, a assisté à la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux institutions. Selon la Direction de la communication de la Primature, il a insisté sur la nécessité de dépasser rapidement le stade des engagements pour aboutir à des projets concrets.

Le document a été signé par Serge Auguste Bayala, président de la BCID-AES, et Daniil Algoulian, vice-président de VEB.RF, en présence du vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak. Il établit un cadre de coopération destiné à développer les échanges commerciaux, à soutenir les investissements et à favoriser le partage d’expériences entre les deux institutions.

Pour Jean Emmanuel Ouédraogo, la réussite de ce rapprochement devra avant tout se mesurer à ses effets sur les populations. Le Premier ministre a ainsi mis en avant trois critères essentiels : la création de valeur ajoutée locale, la génération d’emplois et le transfert de compétences. « C’est écrit dans le texte et nous y tenons », a-t-il rappelé.

Un premier projet attendu dans les douze mois

Après la signature du mémorandum, le chef du gouvernement burkinabè a appelé les deux partenaires à passer sans délai à l’action. « Il nous appartient maintenant d’être concrets, de faire sortir au plus vite des projets structurants pour le Sahel », a-t-il déclaré.

Pour accélérer le processus, Jean Emmanuel Ouédraogo a proposé la désignation immédiate de points focaux chargés d’assurer le suivi du partenariat. Il a également fixé un objectif précis : parvenir à la signature d’un premier projet dans les douze prochains mois.

Le Premier ministre a par ailleurs plaidé pour des procédures simples et rapides, adaptées aux besoins des populations. Il souhaite aussi qu’un bilan annuel conjoint permette d’évaluer les résultats obtenus et les difficultés rencontrées, dans une démarche qu’il veut transparente et sans complaisance.

Cette volonté d’accélération traduit une attente claire du côté de l’AES : faire en sorte que les engagements institutionnels débouchent sur des investissements identifiables et des retombées économiques mesurables.

Énergie, agriculture et infrastructures parmi les priorités

Les domaines de coopération envisagés couvrent plusieurs secteurs stratégiques. Le président de la BCID-AES, Serge Auguste Bayala, a notamment évoqué le renforcement des capacités, la structuration de projets d’investissement et le financement conjoint de grands projets confédéraux.

Les deux institutions souhaitent également examiner les possibilités de faciliter les moyens de paiement utilisés dans les échanges commerciaux. Le mémorandum constitue toutefois un accord-cadre : les prochaines étapes devront permettre de préciser les priorités des États membres et de sélectionner les projets susceptibles de bénéficier d’un accompagnement technique et financier commun.

L’énergie, l’agriculture, la transformation des productions et les infrastructures figurent parmi les secteurs identifiés. L’enjeu est de renforcer les liens entre ces activités : une meilleure disponibilité de l’énergie peut soutenir la production, tandis que les capacités de stockage et de transformation peuvent améliorer la valorisation des ressources locales.

Les infrastructures de transport occupent également une place importante dans cette stratégie. Les routes, les chemins de fer et les corridors doivent faciliter l’acheminement des marchandises, dynamiser les échanges au sein de la Confédération et renforcer les relations commerciales avec les partenaires extérieurs.

Moscou affiche sa volonté de renforcer les investissements

Du côté russe, le vice-Premier ministre Alexandre Novak a réaffirmé la volonté de Moscou de développer les relations commerciales et les investissements avec les États du Sahel, notamment à travers le soutien à des projets à vocation sociale.

Selon la Direction de la communication de la Primature burkinabè, VEB.RF devient, avec la signature de ce mémorandum, le premier partenaire international de la BCID-AES.

Pour la Confédération, ce rapprochement ouvre des perspectives de financement et de coopération technique. Mais la prochaine étape sera déterminante : les deux institutions devront identifier les besoins prioritaires, mobiliser les ressources nécessaires et sélectionner des projets capables de produire des effets concrets.

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, l’ambition affichée est de faire de ce partenariat un levier de transformation économique. La création d’emplois, le transfert de compétences et la valorisation des ressources locales constituent les résultats attendus. Le rendez-vous fixé à douze mois donnera une première indication de la capacité des deux partenaires à concrétiser leurs engagements.

Sommet Russie-Afrique : Thomas Sankara, une référence dans le discours de Poutine.

À Moscou, le président russe Vladimir Poutine a placé la question de la souveraineté économique africaine au cœur de son discours lors de la session plénière du troisième Sommet Russie-Afrique, ce mercredi 28 octobre 2026. Dénonçant les politiques occidentales qu’il accuse de maintenir les pays africains dans une forme de dépendance, il s’est appuyé sur la pensée de Thomas Sankara pour présenter la dette comme un instrument de domination.

Dès l’ouverture de son intervention, le chef de l’État russe a évoqué les résistances auxquelles se heurterait l’émergence d’un monde multipolaire. Selon lui, certains pays refusent d’accepter cette évolution afin de préserver leurs intérêts économiques.

« Elle est confrontée à la réticence des pays qui ne veulent pas accepter cette réalité. Il s’agit de ceux qui veulent s’enrichir de manière flagrante au détriment des autres », a-t-il déclaré.

Vladimir Poutine a ensuite accusé ces puissances de recourir à différents moyens de pression pour défendre leur position. Il a notamment dénoncé les « sanctions illégitimes » et les « diktats économiques », qu’il présente comme des instruments utilisés pour contraindre les États souverains et intervenir dans leurs affaires intérieures.

Le président russe a également reproché aux pays occidentaux de chercher à renforcer leur emprise sur l’Afrique à travers des financements assortis de conditions qu’il juge contraignantes. Une critique qui l’a conduit à rappeler les propos tenus par Thomas Sankara sur la question de la dette.

Pour appuyer son argumentation, Vladimir Poutine s’est référé au discours prononcé en 1987 par le capitaine Thomas Sankara, alors président du Burkina Faso, lors du 25e sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette intervention historique dénonçait le poids de la dette et ses conséquences sur la souveraineté des États africains.

Reprenant cette analyse, le chef du Kremlin a insisté sur le rôle que peut jouer l’endettement dans les rapports de force économiques internationaux.

« La dette, c’est une conquête savamment organisée de l’Afrique pour que sa croissance et son développement obéissent à des normes qui sont totalement contrôlés. D’ailleurs, cela a été dit en 1987, et depuis, peu de choses ont évolué », a-t-il souligné.

À travers cette référence à Thomas Sankara, Vladimir Poutine a ainsi inscrit ses critiques des politiques occidentales dans le prolongement d’un débat ancien sur l’autonomie économique du continent. Son intervention remet la question de la dette, des conditions de financement et de la souveraineté africaine au centre des enjeux évoqués lors du sommet de Moscou.

Burkina Faso : à Moscou, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo défend la souveraineté nationale

En déplacement à Moscou pour le troisième Sommet Russie-Afrique, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé un entretien exclusif à Russia Today (RT), le 27 octobre 2026. Face au journaliste Igor Kurashenko, le chef du gouvernement a abordé plusieurs enjeux majeurs : la lutte contre l’impérialisme, le contrôle des ressources nationales et la construction de partenariats respectueux de la souveraineté du Burkina Faso.

Pendant une trentaine de minutes, le Premier ministre a défendu le droit du Burkina Faso à déterminer librement son avenir. Il a dénoncé les rapports de domination, les accords déséquilibrés et les ingérences étrangères. Il a également présenté la rupture avec la politique impérialiste française comme une démarche d’émancipation. « Nous n’avons rien contre le peuple français », a-t-il précisé, tout en réaffirmant la volonté des Burkinabè de rester maîtres de leur destin.

Sur le rapprochement avec Moscou, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a rejeté l’idée d’un simple changement de tutelle. « Nous avons quitté un type de coopération pour un autre type de coopération », a-t-il déclaré. Il a défendu un partenariat fondé sur la transparence, l’égalité et la convergence des intérêts des deux peuples.

Le chef du gouvernement a également exposé les priorités économiques du Burkina Faso. Il a notamment insisté sur la formation, le transfert de technologies et le renforcement des capacités nationales de production. L’objectif est de mieux couvrir les besoins alimentaires, de transformer les ressources minières sur place et de développer les compétences locales, conformément à la vision du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

La situation sécuritaire a également été abordée. Le Premier ministre a fait état d’une amélioration qu’il présente comme significative et continue. Il a précisé que le taux de plus de 74 % du territoire consolidé correspondait aux zones reconquises et sécurisées durablement, où les populations déplacées ont pu regagner leurs localités. Il a par ailleurs souligné la contribution du partenariat russe à la maîtrise des équipements et au renforcement des capacités des forces combattantes.

Enfin, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a évoqué la dimension informationnelle de la lutte pour la souveraineté, menée notamment avec le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Il a dénoncé les campagnes de désinformation visant les pays membres et plaidé pour des relations internationales fondées sur le respect des peuples. À travers cet entretien, le chef du gouvernement a réaffirmé l’orientation diplomatique des autorités burkinabè : nouer des partenariats qui renforcent les capacités nationales sans compromettre la liberté de décision du pays.

Russie-Afrique : Moscou accueille le troisième sommet avec 22 chefs d’État africains annoncés

Moscou accueille, les 28 et 29 octobre 2026, le troisième Sommet Russie-Afrique, une rencontre consacrée au bilan de la coopération entre les deux parties et aux perspectives de leur partenariat. Selon les informations communiquées, des délégations de 48 pays africains sont attendues, dont 22 chefs d’État. Les discussions doivent notamment porter sur les accords économiques et politiques, la sécurité alimentaire, l’énergie et la formation des jeunes.

Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, la capitale russe accueille une nouvelle fois les dirigeants africains et les représentants d’organisations régionales pour définir les prochaines orientations des relations entre Moscou et le continent. Les travaux sont coprésidés par le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye, qui assure la présidence en exercice de l’Union africaine.

Plusieurs dirigeants africains figurent parmi les participants annoncés, notamment le président malien, le général Assimi Goïta, le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, ainsi que le président congolais Denis Sassou Nguesso. Le Burkina Faso est représenté par son Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo.

Un nouveau plan d’action attendu pour 2027-2029

L’un des principaux enjeux de ce sommet est l’évaluation de la mise en œuvre du Plan d’action couvrant la période 2023-2026. Les participants doivent également définir les priorités de coopération pour les prochaines années.

Parmi les textes annoncés figurent une déclaration politique commune et un nouveau Plan d’action pour la période 2027-2029. Une déclaration consacrée à la coopération civile dans le domaine de l’intelligence artificielle est également prévue.

Les discussions doivent s’étendre à plusieurs secteurs stratégiques, dont le commerce, les investissements, l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, la sécurité alimentaire et la transformation locale des ressources naturelles. La formation des jeunes figure également parmi les axes de coopération envisagés.

En marge des travaux politiques, un forum économique et humanitaire doit réunir les acteurs concernés par le développement des relations entre la Russie et les pays africains. Cette plateforme doit permettre d’examiner les possibilités de coopération et de renforcer les échanges entre les différents partenaires.

Un partenariat dans un contexte géopolitique tendu

Cette troisième édition se tient dans un contexte international marqué par les tensions entre la Russie et les pays occidentaux, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine et l’imposition de sanctions à Moscou. Dans ce contexte, le développement des relations avec les pays africains occupe une place importante dans la stratégie diplomatique et économique russe.

La rencontre doit ainsi permettre aux représentants russes et africains d’examiner les moyens d’approfondir leurs échanges et de diversifier les domaines de coopération, au-delà des relations politiques.

L’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) figurent également parmi les organisations invitées. À travers ce rendez-vous, Moscou et la Commission de l’Union africaine entendent donner une nouvelle impulsion à leur partenariat et définir les priorités de leur coopération pour les prochaines années.

Sénégal-Burkina Faso : un accord pour faciliter les communications en itinérance

Les abonnés sénégalais et burkinabè pourraient bientôt communiquer plus facilement lorsqu’ils se déplacent entre les deux pays. L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) du Sénégal et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) du Burkina Faso ont signé, vendredi 23 octobre 2026 à Ouagadougou, un protocole d’accord bilatéral sur l’itinérance communautaire, également appelée free roaming.

Conclu en marge de la réunion du Comité des régulateurs nationaux du numérique de la zone UEMOA, cet accord vise à améliorer les conditions d’utilisation des services mobiles transfrontaliers. Il concerne notamment les appels téléphoniques, les SMS et les données mobiles, selon les modalités prévues dans le protocole.

Grâce à l’itinérance communautaire, les abonnés peuvent notamment recevoir gratuitement des appels et émettre des communications au tarif local du pays visité. L’objectif est ainsi de faciliter les échanges entre les populations des deux pays et de limiter les contraintes tarifaires liées aux déplacements.

Les opérateurs appelés à accélérer la mise en œuvre

Pour Cheikh Tidiane Sarr, directeur général de l’ARTP du Sénégal, cet accord représente une avancée concrète pour l’intégration numérique régionale et l’amélioration de l’expérience des utilisateurs. Le responsable a appelé les opérateurs de télécommunications concernés à accélérer les démarches nécessaires afin de rendre le dispositif pleinement opérationnel.

Au-delà de l’itinérance communautaire, le directeur général de l’ARTP a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les autorités de régulation. Parmi les pistes évoquées figurent l’interopérabilité des services financiers numériques et la corégulation avec les autorités monétaires et financières compétentes.

Les discussions ont également porté sur les défis associés aux plateformes numériques et aux technologies émergentes, qui nécessitent une coordination accrue entre les institutions chargées de réguler le secteur.

Avec ce protocole, le Sénégal et le Burkina Faso entendent contribuer à la construction d’un espace numérique régional plus intégré et plus accessible. Les bénéfices concrets pour les abonnés dépendront toutefois de la mise en œuvre effective de l’accord et des conditions appliquées par les opérateurs.

Burkina Faso : le handibasket pour accompagner les blessés en opération

Le sport comme outil de reconstruction et de réinsertion. C’est dans cette dynamique que la Direction centrale des sports des armées (DCSA), en collaboration avec l’Agence de soutien aux veuves, orphelins et victimes de guerre (ASVOVIG) et la Direction centrale des services de santé des armées (DCSSA), a organisé une activité d’initiation au handisport, le samedi 24 octobre 2026, au terrain de basket du Stade du 4-Août.

Présidée par le commandant Hien Louis Remy, directeur central des sports des armées, cette initiative était destinée aux blessés en opération. Elle visait à leur faire découvrir les possibilités offertes par le sport adapté, notamment dans le cadre de la rééducation physique et de la reconstruction psychologique.

Le handibasket pour retrouver confiance et autonomie

Au cœur de cette activité figurait la pratique du handibasket. Des séances d’initiation et des matchs d’exhibition ont permis aux participants de s’essayer à cette discipline et d’en découvrir les exigences.

Au-delà de l’apprentissage sportif, cette démarche entend faire du sport un moyen de renforcer la confiance en soi, de favoriser le dépassement de soi et de faciliter la réinsertion sociale des militaires blessés en opération.

Un engagement en faveur des blessés

À travers cette initiative, la DCSA, l’ASVOVIG et la DCSSA ont réaffirmé leur volonté de contribuer à l’accompagnement des blessés en opération. L’activité a également mis en évidence le rôle du sport adapté dans le développement de la résilience et le renforcement de la cohésion entre les participants. Elle s’inscrit dans une approche qui considère la pratique sportive comme un levier complémentaire de reconstruction physique et psychologique.