Fraude aux examens au Burkina Faso : 24 candidats condamnés à 45 jours de travaux d’intérêt général

La volonté de lutter contre la fraude scolaire franchit un nouveau cap au Burkina Faso. À Bobo-Dioulasso, le tribunal correctionnel a condamné 24 candidats aux examens du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du Brevet d’études professionnelles (BEP), après avoir établi leur implication dans des actes de tricherie lors de la session 2026.

Le verdict est tombé le 26 juin, une semaine après leur comparution devant la juridiction. Les 24 prévenus, parmi lesquels figurent deux jeunes filles, ont écopé d’une peine de 45 jours de travaux d’intérêt général pour les faits qui leur étaient reprochés.

L’affaire trouve son origine dans les épreuves écrites organisées les 2 et 3 juin. Selon les éléments présentés par le parquet, les candidats auraient contourné les règles des examens en utilisant des téléphones portables et des applications exploitant l’intelligence artificielle. Ces outils leur auraient permis d’obtenir des réponses aux sujets ou d’en transmettre à d’autres candidats au cours des compositions.

Après leur interpellation, les mis en cause ont été traduits devant la justice, qui a estimé que ces pratiques constituaient une violation de la réglementation encadrant les examens nationaux.

Par cette décision, les autorités judiciaires entendent envoyer un signal fort face aux nouvelles formes de fraude rendues possibles par les technologies numériques. Le jugement réaffirme la volonté de protéger la crédibilité des examens nationaux tout en adaptant les moyens de lutte aux défis posés par l’utilisation croissante des outils d’intelligence artificielle.

Cette condamnation se veut également un avertissement adressé à l’ensemble des candidats, rappelant que le recours à des procédés illicites, quels que soient les outils utilisés, expose désormais leurs auteurs à des poursuites judiciaires et à des sanctions pénales.

L’AES accélère l’intégration sécuritaire avec une réunion stratégique d’experts à Ouagadougou

À quelques jours de la réunion des ministres chargés de la Sécurité, les experts de la Confédération des États du Sahel (AES) ont ouvert, ce lundi 29 juin 2026 à Ouagadougou, une session de travail destinée à jeter les bases d’un renforcement de la coopération sécuritaire entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cette rencontre préparatoire s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route de l’An II de la Confédération et vise à finaliser les instruments appelés à mieux protéger les personnes et les biens dans l’espace confédéral.

Au nom du ministre de la Sécurité, le directeur de cabinet, Wendinmanegdé Emmanuel Zongo, a lancé les travaux en rappelant la volonté des trois États de bâtir un espace sahélien souverain, solidaire et sécurisé. Il a également rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité ainsi qu’à l’ensemble des combattants mobilisés dans la lutte contre le terrorisme, saluant leur engagement au service de la stabilité de la région.

Pour atteindre cet objectif, a-t-il expliqué, la Confédération entend mettre en place une architecture sécuritaire intégrée reposant sur une coopération opérationnelle plus étroite. Celle-ci devra notamment renforcer l’interopérabilité des forces, harmoniser les procédures, améliorer la gestion de la libre circulation des personnes et des biens et consolider le partage permanent du renseignement stratégique entre les États membres.

Les délégations d’experts du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur volonté de poursuivre cette dynamique commune afin de renforcer la paix, la stabilité et le développement au sein de l’espace confédéral.

Avant de déclarer officiellement ouverte la session, Wendinmanegdé Emmanuel Zongo a invité les participants à privilégier l’esprit de fraternité, le consensus, l’innovation et la recherche de résultats concrets, afin que les recommandations formulées répondent aux attentes des chefs d’État et aux aspirations des populations sahéliennes.

Les conclusions issues de cette rencontre serviront de socle aux travaux des ministres chargés de la Sécurité, attendus le 1er juillet 2026 à Ouagadougou pour arrêter les prochaines décisions en matière de coopération sécuritaire au sein de la Confédération des États du Sahel.

Titre : Les Douanes burkinabè dépassent leurs objectifs avec 699 milliards de FCFA mobilisés en six mois

Portée par une mobilisation soutenue de ses services, l’administration douanière du Burkina Faso boucle le premier semestre 2026 sur une performance supérieure aux attentes. En six mois, les recettes collectées ont atteint 699 milliards de FCFA, dépassant de 42 milliards les prévisions fixées à 657 milliards de FCFA. Ce résultat représente un taux d’exécution de 106 % et confirme la capacité des Douanes à renforcer les ressources de l’État dans un contexte marqué par d’importants besoins de financement.

Cette dynamique s’est également illustrée au cours du mois de juin. Avant même la clôture des comptes, les recettes s’élevaient déjà à 124 milliards de FCFA, contre un objectif initial de 114 milliards. Pour le directeur général des Douanes, Yves Kafando, ces chiffres traduisent les effets des actions engagées contre la fraude ainsi que l’amélioration continue des mécanismes de collecte des ressources publiques.

Dans un message adressé aux agents de l’institution, le responsable de l’administration douanière a salué leur implication, mettant en avant leur professionnalisme, leur sens du devoir et leur engagement au service de l’État. Selon lui, les performances enregistrées sont le fruit d’un travail collectif fondé sur la discipline, la cohésion et la rigueur, des qualités qui permettent aux services douaniers de jouer pleinement leur rôle dans le financement des politiques publiques.

Si ce premier semestre place les Douanes sur une trajectoire favorable, Yves Kafando estime toutefois que ces résultats ne doivent pas conduire à un relâchement. Il invite l’ensemble des agents à maintenir le même niveau d’engagement afin de consolider les acquis et d’aller au-delà des objectifs fixés pour la fin de l’exercice. « Nous devons intensifier nos efforts et viser des performances encore plus ambitieuses afin de dépasser nos objectifs dans les mois à venir », a-t-il exhorté.

Avec cette progression au-delà des prévisions, l’administration douanière confirme sa place stratégique dans la mobilisation des recettes publiques et son apport essentiel au financement des programmes de développement du Burkina Faso.

AES : le Sahel accélère la mise en place de son Parlement confédéral avec la désignation imminente des représentants du Burkina Faso, du Mali et du Niger

La construction institutionnelle de la Confédération des États du Sahel (AES) entre dans une phase décisive. À l’issue d’une audience accordée ce lundi par le président en exercice de l’organisation, le capitaine Ibrahim Traoré, les présidents des organes législatifs du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont annoncé que la désignation des députés du futur Parlement confédéral sera engagée dans les prochains jours.

 

Reçus au palais présidentiel, les responsables des institutions parlementaires des trois pays sont venus solliciter les orientations finales nécessaires avant le lancement effectif des travaux destinés à installer cette nouvelle structure commune. Cette rencontre marque un tournant dans un processus d’intégration politique qui, jusqu’ici, reposait essentiellement sur des étapes préparatoires et des accords institutionnels successifs.

Dans leur échange avec le chef de l’État burkinabè, les présidents des parlements sahéliens ont rappelé le cheminement ayant conduit à cette étape. Le président de l’Assemblée législative de Transition du Burkina Faso, le Dr Ousmane Bougouma, qui s’exprimait au nom de la délégation, a retracé les fondations juridiques du projet. Celles-ci avaient été posées lors de la réunion des présidents des parlements de l’AES tenue à Ouagadougou les 18 et 19 septembre 2025, avant d’être officiellement validées par la Conférence des chefs d’État réunie à Bamako le 23 décembre 2025.

Selon lui, la rencontre de ce lundi avec le capitaine Ibrahim Traoré a permis d’obtenir l’accord politique nécessaire pour accélérer la mise en œuvre. Dans les jours à venir, a-t-il précisé, les États membres procéderont à la désignation des députés qui siégeront dans cette instance, avant la convocation de la session inaugurale dans les plus brefs délais.

Cette future institution aura pour mission de donner une représentation politique aux populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger à l’échelle confédérale. Elle sera chargée de contrôler l’action des organes de l’AES, de relayer les préoccupations des citoyens et de contribuer à la diffusion des politiques communes décidées au niveau confédéral.

Avec cette étape supplémentaire, les trois États sahéliens confirment leur volonté d’accélérer la structuration de leur cadre institutionnel commun. L’installation prochaine du Parlement confédéral s’impose ainsi comme l’un des jalons majeurs du processus d’intégration politique en cours au sein de l’AES, qui poursuit progressivement la consolidation de ses organes communs.

La France dénonce une décision « hostile » après la rupture diplomatique annoncée par le Burkina Faso

Au lendemain de la rupture des relations diplomatiques décidée par Ouagadougou, la France est sortie de sa réserve. Paris a vivement condamné cette initiative unilatérale, la qualifiant de décision « hostile et sans fondement », tout en annonçant qu’une réponse fondée sur le principe de réciprocité était à l’étude. Cette réaction marque une nouvelle étape dans la crise qui s’est installée entre les deux États depuis plusieurs années.

Dans une déclaration rendue publique par le porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les autorités françaises disent avoir pris acte de la décision burkinabè. Elles précisent que les mesures de réciprocité jugées nécessaires font actuellement l’objet d’un examen, laissant entrevoir une réponse diplomatique à la hauteur de la décision prise par Ouagadougou.

Malgré la fermeté du ton employé, Paris insiste sur le fait que cette rupture n’efface pas les relations historiques qui unissent les deux peuples. Les autorités françaises réaffirment leur solidarité avec la population burkinabè et estiment que les liens humains, culturels et historiques entre les deux nations demeurent solides, en dépit de la crise diplomatique.

La France indique également suivre avec une vigilance particulière la situation de ses agents et de ses ressortissants installés au Burkina Faso. Dans ce contexte, elle appelle les membres de la communauté française présents sur le territoire burkinabè à redoubler de prudence.

Cette prise de position intervient quelques heures seulement après l’annonce officielle de Ouagadougou mettant fin, avec effet immédiat, aux relations diplomatiques avec la France. Le gouvernement burkinabè justifie cette décision par une réévaluation de ses relations bilatérales, estimant que les principes de respect mutuel, de souveraineté nationale et de non-ingérence ne sont désormais plus respectés.

Les autorités du Burkina Faso accusent notamment Paris de mener un « activisme incessant » contre leurs intérêts, de poursuivre des « ambitions néocoloniales » et de soutenir des « réseaux subversifs » ainsi que des groupes terroristes actifs dans le Sahel.

Cette rupture s’inscrit dans la continuité d’une détérioration progressive des rapports entre les deux pays depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022. Au fil des mois, Ouagadougou a dénoncé les accords militaires conclus avec la France, obtenu le départ des forces françaises déployées sur son territoire, suspendu les médias français RFI et France 24, tout en renforçant ses relations avec la Russie ainsi qu’avec les autres membres de la Confédération des États du Sahel (AES).

En dépit de cette séparation diplomatique, les autorités burkinabè assurent que les ressortissants français continueront de bénéficier de la protection de l’État sur leur territoire. Elles rappellent également que cette décision politique ne remet pas en cause les liens historiques, humains et culturels qui unissent les peuples burkinabè et français, malgré une crise diplomatique désormais ouverte.

Le Burkina Faso rompt officiellement avec la France et assume un tournant diplomatique majeur

Le Burkina Faso a franchi un nouveau cap dans sa recomposition diplomatique en annonçant, vendredi, la rupture immédiate de ses relations avec la France. Une décision lourde de sens, justifiée par Ouagadougou comme la conséquence d’atteintes répétées à sa souveraineté et d’actes jugés contraires à ses intérêts stratégiques. Cette annonce vient formaliser un processus de dégradation progressive des relations entre les deux pays, engagé depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022.

Dans un communiqué solennel lu à la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), le gouvernement burkinabè a acté cette rupture en s’appuyant sur une évaluation des relations bilatérales. Cette analyse conclut que les conditions d’un partenariat fondé sur le respect mutuel, la confiance réciproque, la souveraineté nationale et la non-ingérence ne sont plus réunies entre Ouagadougou et Paris.

Les autorités burkinabè vont plus loin dans leurs accusations. Elles dénoncent un « activisme incessant » de la France contre les intérêts du pays, évoquent des « ambitions néocoloniales » et pointent du doigt un soutien supposé à des « réseaux subversifs » ainsi qu’à des groupes armés actifs au Burkina Faso et dans la région sahélienne. Paris est également accusé de chercher à ternir l’image du pays sur la scène internationale.

Cette rupture ne surgit pas dans un vide diplomatique. Elle s’inscrit dans une série de tensions accumulées depuis trois ans. Depuis 2022, les autorités burkinabè ont successivement remis en cause les accords militaires avec la France, obtenu le retrait des forces françaises stationnées sur leur territoire, et procédé à la fermeture de plusieurs médias français, dont Radio France Internationale (RFI) et France 24. Dans le même temps, les critiques contre ce que Ouagadougou qualifie d’ingérences françaises n’ont cessé de s’intensifier.

Dans ce repositionnement, le Burkina Faso a également réorienté ses alliances. Le pays a renforcé ses relations avec la Russie et consolidé un axe régional avec le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), marquant une rupture stratégique avec ses anciens partenariats occidentaux.

Quelques jours avant cette annonce, les tensions diplomatiques avaient déjà franchi un nouveau seuil avec l’Union européenne. Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, avait convoqué le chef de la délégation européenne pour protester contre une résolution du Parlement européen sur la situation des droits humains au Burkina Faso, jugée par Ouagadougou comme une ingérence fondée sur des informations erronées et influencée, selon lui, par des réseaux hostiles liés à la France.

Dans une note verbale datée du 23 juin, le ministère burkinabè des Affaires étrangères avait déjà posé les termes d’une lecture plus large de ces tensions, dénonçant une logique « néocoloniale » contraire aux principes de souveraineté et de non-ingérence inscrits dans la Charte des Nations unies. Les autorités y rappellent également que l’instabilité sécuritaire au Sahel trouve ses racines dans l’intervention de l’OTAN en Libye en 2011, tout en mettant en avant les avancées des Forces de défense et de sécurité ainsi que des Volontaires pour la défense de la patrie dans la reconquête du territoire national.

Malgré la gravité de cette rupture, Ouagadougou tient à nuancer la portée humaine de la décision. Le gouvernement insiste sur le fait que les liens historiques, culturels et sociaux entre les peuples burkinabè et français demeurent intacts. Il assure également que la sécurité des ressortissants français présents sur le territoire national sera garantie et appelle la population à la retenue dans ses relations avec eux.

Au-delà de la rupture avec Paris, les autorités burkinabè réaffirment leur volonté de redéfinir en profondeur leur politique étrangère. Celle-ci s’inscrit désormais dans une logique d’indépendance assumée, de diversification des partenariats, de renforcement de la coopération Sud-Sud et de recherche de relations internationales jugées plus équilibrées et respectueuses de la souveraineté nationale.

Burkina Faso : deux candidats au BEPC condamnés pour fraude

Ce qui devait être une épreuve décisive pour leur avenir scolaire s’est finalement transformé en affaire judiciaire. À Arbollé, dans la province du Passoré, deux candidats au Brevet d’Études du Premier Cycle (BEPC) session 2026 ont été condamnés pour avoir tenté de tricher lors des examens à l’aide de téléphones portables et d’une application d’intelligence artificielle.

Le verdict est tombé le jeudi 25 juin 2026 devant le Tribunal de Grande Instance de Yako. Les deux prévenus, identifiés par les initiales T.A., âgé de 19 ans, et S.O., âgé de 18 ans, comparaissaient pour des faits de fraude à l’examen. À l’issue de l’audience, la juridiction les a condamnés chacun à 60 jours de Travail d’Intérêt Général (TIG). Le jugement prévoit également une peine de six mois d’emprisonnement ferme en cas de non-exécution de cette sanction.

Selon les informations communiquées par le ministère burkinabè de la Justice, les faits remontent au 12 juin 2026, lors de l’épreuve de langue du second tour du BEPC. Ce jour-là, les surveillants ont constaté un comportement suspect de la part des deux candidats avant de découvrir qu’ils dissimulaient des téléphones Android dans la salle d’examen.

Les vérifications effectuées sur les appareils ont révélé plusieurs éléments compromettants. Les enquêteurs ont notamment découvert des photographies du sujet d’examen ainsi que l’utilisation d’une application d’intelligence artificielle accessible via WhatsApp, utilisée pour générer des réponses aux questions posées.

L’un des candidats a été surpris en train de recopier les réponses obtenues grâce à l’application. Le second a été démasqué après la chute accidentelle de son téléphone, un incident qui a immédiatement attiré l’attention des surveillants présents dans la salle.

Face au tribunal, les deux jeunes hommes ont reconnu les faits qui leur étaient reprochés. Pour expliquer leur geste, ils ont évoqué leurs difficultés en français ainsi que leur volonté d’augmenter leurs chances de réussite à l’examen.

Cette affaire illustre l’émergence de nouvelles formes de fraude dans le système éducatif, à mesure que les outils numériques et les applications d’intelligence artificielle deviennent plus accessibles. Elle témoigne également de la vigilance accrue des autorités éducatives et judiciaires face à l’utilisation de technologies susceptibles de compromettre l’équité des examens nationaux.

En condamnant les deux candidats à des travaux d’intérêt général, la justice burkinabè a choisi une sanction à la fois punitive et éducative, tout en adressant un message clair aux futurs candidats : l’usage de l’intelligence artificielle ou de tout autre outil technologique à des fins de fraude demeure passible de poursuites et de sanctions judiciaires.

Mali : le gouvernement engage une réforme majeure de l’organisation de la Défense et de la Sécurité

Le gouvernement malien a franchi une nouvelle étape dans la refondation de son appareil sécuritaire en adoptant, lors du Conseil des ministres du 25 juin 2026, un projet de loi portant organisation générale de la Défense et de la Sécurité. Cette réforme vise à adapter le cadre juridique national aux profondes mutations de l’environnement géopolitique, géostratégique et sécuritaire auxquelles le pays est confronté.

Présidée au palais de Koulouba par le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, la réunion du Conseil des ministres a examiné ce texte présenté par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Le projet prévoit la relecture de la loi du 23 novembre 2004 relative à l’organisation de la Défense nationale, considérée aujourd’hui comme insuffisamment adaptée aux défis sécuritaires contemporains.

Adoptée il y a plus de deux décennies, cette loi avait pour objectif de garantir l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale et la protection des populations contre toutes les formes d’agression. Toutefois, selon les autorités, l’évolution des menaces sécuritaires et la transformation du contexte stratégique rendent désormais nécessaire une actualisation en profondeur de ce dispositif.

Le gouvernement souligne avoir engagé ces dernières années plusieurs réformes destinées à renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées et de sécurité. La nouvelle législation doit permettre de consolider ces efforts en dotant le pays d’un cadre juridique plus cohérent et mieux adapté aux réalités actuelles.

Si le communiqué officiel ne détaille pas encore le contenu précis des nouvelles dispositions, il indique que la réforme vise notamment à corriger les insuffisances constatées dans l’application du texte de 2004 et à améliorer l’organisation générale de la défense nationale.

Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible. Les autorités rappellent notamment les attaques complexes, coordonnées et simultanées menées le 25 avril contre plusieurs localités stratégiques du pays, parmi lesquelles Kati, Bamako, Mopti, Gao et Kidal. Ces événements ont mis en lumière les défis liés à la coordination des opérations, à la protection des infrastructures sensibles et à l’adaptation permanente des dispositifs de sécurité.

La réforme s’inscrit également dans un environnement profondément remodelé par le retrait des principaux partenaires militaires internationaux. Après le départ de la force française Barkhane en août 2022 et la fin de la mission de la MINUSMA en décembre 2023, les autorités maliennes ont placé la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) et la souveraineté nationale au centre de leur stratégie de défense.

Dans cette perspective, la nouvelle loi pourrait redéfinir plusieurs aspects fondamentaux du système de défense, notamment l’organisation des forces, les chaînes de commandement, les mécanismes de coordination entre les différents services ainsi que les missions confiées aux forces de défense et de sécurité.

Pour l’heure, le gouvernement n’a pas communiqué de calendrier précis concernant l’examen parlementaire du texte ni les modalités de sa future mise en œuvre. Néanmoins, cette réforme apparaît comme l’un des chantiers institutionnels majeurs engagés par les autorités de transition afin de doter le Mali d’un outil de défense plus adapté aux menaces contemporaines et aux ambitions de souveraineté affichées par l’État.

Au-delà de son aspect juridique, cette refonte est perçue comme un levier stratégique destiné à renforcer l’efficacité de l’action sécuritaire nationale dans un contexte régional marqué par la persistance des défis liés au terrorisme, à la criminalité transfrontalière et à la stabilité des territoires.

Burkina Faso : 15,8 milliards FCFA mobilisés pour maintenir le prix des engrais et relancer la production cotonnière

Le Burkina Faso affiche de nouvelles ambitions pour sa filière coton. Réuni en Conseil des ministres, le gouvernement a validé le bilan de la campagne cotonnière 2025-2026 et tracé les perspectives de la campagne 2026-2027, avec un objectif clair : accélérer la relance de la production tout en préservant le pouvoir d’achat des producteurs grâce à un important mécanisme de soutien.

Les chiffres de la campagne écoulée traduisent déjà une dynamique de reprise. Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, la production nationale de coton graine, conventionnel et biologique confondus, a atteint 314 293 tonnes en 2025-2026, contre 294 507 tonnes lors de la campagne précédente. Une progression de 7 % qui s’accompagne également d’une augmentation significative des superficies cultivées.

Sur le terrain, les emblavures sont passées de 346 778 hectares à 391 407 hectares, soit une hausse de 13 %. Cette évolution témoigne d’un regain de confiance des producteurs envers une culture qui demeure l’une des principales sources de revenus agricoles et un pilier des exportations du pays.

Fort de cette tendance, le gouvernement fixe désormais des objectifs plus ambitieux pour la campagne 2026-2027. Les autorités visent une production de 532 000 tonnes de coton conventionnel et de 2 250 tonnes de coton biologique, soit un volume global supérieur à 534 000 tonnes.

Pour atteindre cette cible, l’exécutif a décidé de maintenir à 17 500 FCFA le prix de cession à crédit du sac de 50 kg d’engrais NPK-SB et d’urée. Une mesure destinée à alléger les charges des producteurs et à favoriser l’intensification des cultures. Le maintien de ce tarif représente toutefois un effort financier important, évalué à 15,8 milliards FCFA. Cette subvention sera entièrement prise en charge par les sociétés cotonnières.

Parallèlement, les prix planchers d’achat du coton conventionnel ont été fixés à 310 FCFA le kilogramme pour le premier choix et à 285 FCFA le kilogramme pour le second choix. Quant au coton biologique, il sera acheté à 375 FCFA le kilogramme.

Les autorités se veulent également rassurantes sur la disponibilité des intrants. Les stocks prévus pour la campagne atteignent 110 085 tonnes de NPK-SB et 38 013 tonnes d’urée, des volumes considérés comme suffisants pour soutenir les objectifs de production fixés.

À l’issue de ses travaux, le Conseil des ministres a instruit les départements concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer le bon déroulement de la campagne 2026-2027. À travers ce soutien massif aux producteurs et le maintien de conditions d’accès favorables aux intrants agricoles, le gouvernement entend consolider la relance de la filière cotonnière, un secteur stratégique pour l’économie burkinabè et pour les revenus de milliers de familles rurales.

Burkina Faso : une autorisation désormais exigée pour les études à l’étranger

Le Burkina Faso engage une refonte majeure de son dispositif de soutien aux études supérieures. Réuni en Conseil des ministres, le gouvernement a adopté un nouveau décret réformant le régime des bourses d’enseignement supérieur et de la recherche, avec l’ambition de renforcer la gouvernance des aides publiques et de mieux orienter les parcours académiques vers les besoins stratégiques du pays.

Au cœur de cette réforme figure une mesure qui marque un tournant. Désormais, tout étudiant burkinabè souhaitant poursuivre une formation à l’étranger devra obtenir une autorisation préalable du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, qu’il bénéficie d’une bourse ou qu’il finance lui-même ses études. Une disposition qui traduit la volonté des autorités d’exercer un suivi plus étroit des formations suivies hors du territoire national.

Selon le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima Thiombiano, cette relecture du décret adopté en décembre 2021 répond à la nécessité d’intégrer les nouvelles orientations gouvernementales tout en améliorant les mécanismes de gestion et de financement des études supérieures.

Pour les autorités, l’encadrement des départs à l’étranger vise plusieurs objectifs. Il s’agit notamment de mieux suivre les cursus choisis par les étudiants, de veiller à leur adéquation avec les besoins de développement du Burkina Faso, mais aussi de réduire les difficultés d’insertion professionnelle auxquelles sont confrontés certains diplômés à leur retour. À terme, cette démarche doit permettre une meilleure intégration des compétences formées à l’étranger dans le tissu économique national.

La réforme introduit également de nouveaux critères d’attribution des bourses. Le mérite académique, les filières jugées prioritaires ainsi que la série du baccalauréat deviennent désormais les principaux éléments pris en compte dans la sélection des bénéficiaires. À l’inverse, le revenu des parents est retiré des conditions d’éligibilité, modifiant ainsi l’approche qui prévalait jusqu’à présent.

Le nouveau dispositif prévoit en outre la création de bourses spécifiques destinées aux pupilles de la nation. Il introduit également une « bourse patriotique », un mécanisme innovant qui permettra à des personnes physiques ou morales de contribuer directement au financement de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Parmi les autres changements figurent le transfert de la gestion des aides au Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER Bângr Baoobo), la mise en place d’un contingent annuel de bourses ainsi que la possibilité de constituer une commission ad hoc chargée d’examiner certaines demandes dans des circonstances exceptionnelles.

À travers cette réforme, le gouvernement burkinabè entend moderniser le cadre juridique régissant les bourses d’études, renforcer la transparence dans leur attribution et leur gestion, tout en veillant à ce que les ressources investies dans la formation supérieure contribuent davantage aux priorités de développement du pays. Une nouvelle orientation qui place désormais l’adéquation entre formation et besoins nationaux au cœur de la politique de soutien aux étudiants.