Bamako et Nouakchott renouent le dialogue au plus haut niveau malgré des tensions persistantes

Dans les couloirs du palais de Koulouba, à Bamako, une rencontre discrète mais hautement symbolique s’est tenue le lundi 15 juin. Le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, a reçu le ministre mauritanien de la Défense et des Affaires des retraités et des enfants des martyrs, Hanana Ould Sidi, porteur d’un message écrit du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

 

Aux côtés du chef de l’État malien se trouvait le général Oumar Diarra, ministre délégué à la Défense et aux Anciens Combattants. Derrière les échanges protocolaires se dessine toutefois une volonté de maintenir le dialogue entre deux voisins dont les relations ont été régulièrement mises à l’épreuve ces dernières années.

À sa sortie d’audience, Hanana Ould Sidi a indiqué avoir transmis le message du président Ghazouani à son homologue malien. Il a également relayé les salutations du chef de l’État mauritanien tout en rappelant les liens d’amitié, de fraternité et de solidarité qui unissent les deux pays. De son côté, la présidence malienne a précisé qu’Assimi Goïta avait chargé son visiteur de transmettre ses salutations et ses vœux de réussite au président mauritanien. Le contenu du message, lui, n’a pas été rendu public.

Cette rencontre intervient dans un contexte particulier. Entre le Mali et la Mauritanie, la frontière commune est à la fois un espace de coopération et une source de préoccupations permanentes. Éleveurs, commerçants, réfugiés et populations frontalières traversent régulièrement cette vaste bande sahélienne où les enjeux sécuritaires restent particulièrement sensibles.

Au fil des années, plusieurs incidents impliquant des ressortissants mauritaniens sur le territoire malien ont alimenté des tensions entre Bamako et Nouakchott. La Mauritanie a exprimé à plusieurs reprises ses inquiétudes concernant la sécurité de ses citoyens, tandis que les autorités maliennes mettent en avant les impératifs de la lutte contre les groupes armés actifs dans les zones frontalières.

Les relations bilatérales ont connu un nouvel épisode de crispation en mars 2026. À cette période, des accusations maliennes avaient évoqué la présence présumée de soldats maliens évadés d’un camp situé en territoire mauritanien. Nouakchott avait alors rejeté ces allégations et proposé une vérification afin de dissiper les soupçons.

À ces questions sécuritaires s’ajoutent d’autres sujets sensibles. Les restrictions affectant les déplacements des éleveurs, les difficultés rencontrées par certains commerçants mauritaniens installés au Mali ainsi que les mouvements de populations dans les zones frontalières continuent d’alimenter les préoccupations des deux capitales.

La situation humanitaire demeure également au cœur des discussions. La Mauritanie accueille en effet un important nombre de réfugiés maliens, notamment dans la zone de Mbera. Cette réalité place la crise malienne parmi les principaux dossiers sécuritaires et humanitaires suivis par les autorités mauritaniennes.

Dans ce contexte, la visite de Hanana Ould Sidi à Bamako apparaît comme un signal de continuité du dialogue politique entre les deux États. Malgré les différends et les défis qui persistent le long de leur frontière commune, Bamako et Nouakchott maintiennent des canaux de communication ouverts, conscients que les questions de sécurité, de circulation des populations et de stabilité régionale exigent une coopération permanente entre les deux voisins sahéliens.

AES : Ouagadougou relance le pari d’un marché commun pour transformer l’économie sahélienne

Les ministres en charge de l’Industrie, du Commerce et du Secteur privé des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont retrouvés le 15 juin à Ouagadougou autour d’un objectif clairement affiché : accélérer l’intégration économique entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Dans un espace qui rassemble plus de 77 millions d’habitants, les autorités veulent désormais transformer un potentiel encore largement sous-exploité en véritable moteur d’échanges commerciaux, alors même que le commerce intra-confédéral reste limité.

C’est dans ce contexte que s’est tenue la 4e réunion ministérielle de la Confédération des États du Sahel consacrée au marché commun confédéral, avec la participation du ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo. La rencontre a été ouverte par le Premier ministre burkinabè, Jean Emmanuel Ouédraogo, au terme de deux jours de travaux techniques préparatoires menés par les experts les 13 et 14 juin. Autour de la table, la présence de la délégation malienne, composée notamment de représentants de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, du Conseil national du patronat du Mali, de l’Office des produits agricoles du Mali et de l’Agence pour la promotion des investissements, a illustré la volonté assumée des États de placer le secteur privé au centre de ce projet d’intégration économique.

Au cœur des échanges, plusieurs chantiers structurants ont été abordés, notamment l’industrialisation endogène, la fluidification du commerce intra-confédéral, la lutte contre la concurrence déloyale et la mise en place progressive d’un marché commun plus intégré. Les trois pays misent également sur l’harmonisation des cadres réglementaires et la facilitation des corridors commerciaux, dans une région enclavée où les coûts logistiques demeurent un frein majeur à la compétitivité des économies nationales.

Les chiffres disponibles donnent toute la mesure des défis à relever. Malgré leur poids démographique et leurs complémentarités économiques, les échanges entre les pays de l’AES restent encore faibles. Au deuxième trimestre 2025, les exportations du Burkina Faso vers le Mali et le Niger se sont établies à 15,9 milliards de FCFA, en hausse de 1,5 % par rapport au trimestre précédent. Un niveau encore marginal comparé aux 1 554,6 milliards de FCFA d’exportations totales enregistrées par le pays sur la même période.

Plus largement, les économies des trois États restent fortement dépendantes des matières premières et des importations. En 2024, le Burkina Faso a exporté pour 5,6 milliards de dollars contre 6,4 milliards d’importations. Le Mali affichait 5,7 milliards de dollars d’exportations en 2023 pour 6,4 milliards d’importations, tandis que le Niger continue de faire face à des contraintes sécuritaires et logistiques qui limitent la diversification de ses exportations et sa capacité d’approvisionnement.

Pour soutenir cette ambition d’intégration, la Confédération a déjà franchi une étape avec la mise en place, en mars 2025, d’un prélèvement confédéral de 0,5 % sur les importations en provenance de pays tiers. Ce mécanisme vise à financer les institutions communes, les projets structurants et les programmes de développement de l’AES.

Désormais, pour Bamako, Ouagadougou et Niamey, le défi est clair : transformer les ambitions politiques en résultats concrets. La réussite du marché commun confédéral dépendra autant de la volonté d’harmonisation institutionnelle que de la capacité des États à sécuriser les axes commerciaux, réduire les coûts de transport, soutenir les entreprises locales et surtout accélérer la transformation des ressources sur place, afin de faire de l’AES un véritable espace économique intégré.

Burkina Faso : près de 45 000 réfugiés au cœur d’une célébration placée sous le signe de la cohésion sociale

À Ouagadougou, la préparation de la Journée mondiale du réfugié (édition 2026) a pris une dimension institutionnelle ce lundi 15 juin 2026, à l’occasion d’une conférence de presse organisée par le ministère en charge des Affaires étrangères à travers le Secrétariat permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (SP-CONAREF). Derrière cette rencontre, une volonté claire : dévoiler les grandes lignes d’une célébration pensée comme un moment de sensibilisation et de mobilisation autour de la question des réfugiés au Burkina Faso.

Devant les médias, le Secrétaire permanent de la SP-CONAREF, le camarade Vlé Fulbert Traoré, a dressé un état des lieux de la situation. Le Burkina Faso accueille aujourd’hui près de 45 000 réfugiés et demandeurs d’asile, a-t-il indiqué, un chiffre qu’il présente comme le reflet d’une tradition profondément enracinée dans l’histoire du pays, celle d’un peuple solidaire, généreux et attaché aux valeurs de fraternité africaine. Une tradition qu’il estime en parfaite résonance avec les idéaux de la Révolution progressiste populaire (RPP).

Dans cette dynamique, le pays s’associe à la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale du réfugié 2026, placée cette année sous le thème mondial « Jusqu’à ce que chacun soit à l’abri ». Une thématique qualifiée de forte et interpellatrice par le SP-CONAREF, d’autant plus symbolique qu’elle coïncide avec le 75e anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

Au niveau national, le Burkina Faso a choisi de décliner cette commémoration autour d’un thème spécifique : « Accueil et cohésion sociale : comment renforcer les liens entre réfugiés et populations hôtes pour une meilleure intégration socioéconomique au Burkina Faso ? ». Un choix assumé, qui traduit selon le responsable du CONAREF une conviction : la protection des réfugiés ne relève pas uniquement de l’humanitaire, mais constitue aussi un investissement dans la paix, la stabilité et le développement.

C’est la ville de Ouahigouya, dans la région du Yaadga, qui accueillera les activités officielles de cette édition 2026. Un choix présenté comme hautement symbolique, dans une région qui héberge environ 3 500 réfugiés et demandeurs d’asile vivant aux côtés des communautés hôtes dans un climat de coexistence jugé harmonieux. Le SP-CONAREF a salué à cette occasion les autorités administratives, les leaders communautaires, les forces vives et les populations locales, présentées comme un exemple concret de vivre-ensemble.

Le programme de la commémoration s’annonce dense et varié, avec des activités citoyennes à Faso Mêbo, un dialogue sur les opportunités d’insertion socioéconomique des réfugiés, des activités sportives destinées à renforcer les liens entre réfugiés et populations hôtes, des visites de terrain ainsi que la cérémonie officielle de célébration. Une innovation majeure cette année réside dans l’implication du secteur privé, appelé à contribuer aux réflexions sur les opportunités d’intégration économique des réfugiés.

Au-delà de ces initiatives, l’ambition affichée par le CONAREF reste la même : sensibiliser les populations, combattre les préjugés, renforcer la cohésion sociale, valoriser les bonnes pratiques d’intégration et mobiliser l’ensemble des acteurs autour de solutions durables. La Journée mondiale du réfugié est célébrée chaque année le 20 juin, rappelant à la fois les défis humanitaires et les enjeux de solidarité qui traversent la région.

AES : Ouagadougou lance la bataille de l’industrialisation et du commerce intra-régional

À Ouagadougou, les regards se tournent vers l’avenir économique de l’espace sahélien. Les ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger, réunis dans la capitale burkinabè, ont engagé une réflexion stratégique autour de l’accélération de l’industrialisation et du développement du commerce intra-AES, avec une ambition clairement affichée : transformer localement les ressources et renforcer l’intégration économique au sein de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel.

C’est dans ce contexte que le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a ouvert ce lundi les travaux consacrés aux échanges intra-AES, devant un parterre de ministres et d’acteurs économiques venus des trois pays membres que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité directe des travaux techniques menés les 13 et 14 juin par les experts, qui ont passé en revue l’application des recommandations précédentes avant de proposer de nouvelles pistes destinées à stimuler la production et faciliter les échanges régionaux.

Dans son intervention d’ouverture, le Chef du Gouvernement burkinabè a insisté sur la nécessité de dépasser les intentions pour entrer dans une phase d’exécution concrète, qu’il considère comme déterminante pour la construction économique de l’espace confédéral. Trois axes prioritaires ont été mis en avant pour guider cette transformation. Le premier concerne l’industrialisation endogène, pensée comme un levier pour transformer sur place les matières premières et réduire la dépendance des économies sahéliennes aux exportations brutes.

Le deuxième axe porte sur la fluidification du commerce intra-confédéral, dans un contexte où les échanges intra-africains restent structurellement faibles. Selon les analyses de l’African Export-Import Bank, ils ne représentent qu’environ 15 % des exportations totales du continent, un chiffre qui illustre la faible intégration commerciale régionale et la marge de progression encore importante pour les économies africaines.

Le troisième pilier évoqué concerne l’harmonisation des textes juridiques et économiques, avec pour objectif de renforcer la protection des industries locales et de limiter les distorsions de concurrence, souvent considérées comme un frein à l’émergence de champions industriels régionaux.

Derrière ces ambitions politiques, les données économiques rappellent l’ampleur des défis. Les trois pays disposent pourtant de ressources complémentaires significatives mais encore insuffisamment valorisées localement. Le secteur extractif en constitue l’un des principaux moteurs : le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les plus importants producteurs d’or de la sous-région ouest-africaine, tandis que le Niger s’appuie sur des ressources stratégiques telles que l’uranium et le pétrole. Les données consolidées de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives indiquent que la production aurifère combinée du Mali et du Burkina Faso dépasse les 100 tonnes par an, confirmant le poids central de l’or dans leurs économies respectives.

Mais malgré cette richesse naturelle, les rapports de la World Bank rappellent que ces économies sahéliennes restent marquées par une industrialisation limitée et une forte dépendance à l’exportation de matières premières non transformées, ce qui freine la création de valeur ajoutée locale.

L’agriculture, elle aussi, occupe une place centrale dans les trois pays, absorbant une large part de la population active. Pourtant, la faible transformation agro-industrielle limite encore la structuration de véritables chaînes de valeur régionales capables de soutenir une croissance durable et compétitive.

Dans cette dynamique, les institutions économiques régionales et internationales convergent sur une même conclusion : l’urgence d’accélérer l’intégration économique, de renforcer les infrastructures logistiques et de développer les capacités industrielles afin de transformer ces ressources en véritables moteurs de développement pour l’espace sahélien.

En clôture des échanges, le Premier ministre burkinabè, dont le pays assure la présidence de la Conférence des chefs d’État de l’AES, a salué l’engagement des dirigeants du bloc sahélien et rendu hommage aux forces armées des trois pays. Les ministres du Mali et du Niger ont, de leur côté, réaffirmé leur volonté commune de bâtir une économie fondée sur la production et la transformation locale.

Dèmè Sira : Coris Bank débloque 50 millions FCFA pour accompagner le retour des populations

Coris Bank International SA a remis un don de 50 millions de francs CFA au ministère de la Famille et de la Solidarité dans le cadre de la campagne nationale Dèmè Sira. Cette contribution servira notamment à financer des forages d’eau potable dans les localités accueillant des populations de retour.

 

Dans la dynamique de solidarité nationale portée par la campagne « Dèmè Sira », un nouveau soutien est venu renforcer les actions engagées en faveur des populations vulnérables. Ce vendredi 12 juin 2026, Coris Bank International SA a officiellement remis un chèque de 50 millions de francs CFA au ministère de la Famille et de la Solidarité, confirmant son engagement aux côtés des autorités dans les efforts de cohésion sociale et d’entraide.

Cette contribution s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de communication et de sensibilisation « Dèmè Sira », lancée le 13 novembre 2025 par la ministre de la Famille et de la Solidarité pour promouvoir les valeurs de solidarité sur l’ensemble du territoire.

Lors de la cérémonie, le secrétaire général du ministère et président du comité d’organisation de la campagne, Elie Zabsonré, a exprimé sa satisfaction face à la réponse apportée par l’institution bancaire. Il a salué la disponibilité de Coris Bank International SA, rappelant que l’établissement avait déjà manifesté son soutien à travers sa mutuelle lors de cette initiative nationale.

« C’est un sentiment de joie et de reconnaissance à l’endroit de Coris Bank International SA qui a été réceptive à notre appel lors de la campagne nationale Dèmè Sira », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette nouvelle contribution représente une aide majeure au regard des actions prévues sur le terrain. Il a souligné que les 50 millions de francs CFA seront prioritairement consacrés à la réalisation de forages destinés aux populations qui regagnent progressivement leurs localités d’origine, dans un contexte marqué par les avancées enregistrées par les forces de défense et de sécurité.

Pour le responsable ministériel, ces retours imposent la mise en œuvre d’actions concrètes afin d’accompagner la réinstallation des habitants. C’est dans cette logique que les infrastructures d’accès à l’eau potable ont été érigées au rang des priorités.

« C’est pourquoi nous avons inscrit les adductions d’eau potable comme une priorité afin de soulager ces nombreuses populations et d’accompagner leur réinstallation », a expliqué Elie Zabsonré, tout en lançant un appel à d’autres partenaires pour renforcer cet élan de solidarité face à l’importance des besoins.

Prenant la parole à son tour, la directrice générale de Coris Bank International Burkina SA, Gisèle Gumedzoe Ouédraogo, a salué les actions conduites par le ministère en faveur des couches les plus vulnérables et a rendu hommage à l’initiative Dèmè Sira, qu’elle considère comme un cadre permettant à tous les acteurs de la société de contribuer aux efforts nationaux.

« Il y a beaucoup d’efforts qui sont déployés, il y a beaucoup de résultats que nous avons constatés. Nous voulons encourager ces efforts », a-t-elle affirmé.

Elle a précisé que cette contribution financière s’inscrit dans la politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) de Coris Bank International SA et qu’elle vise spécifiquement le financement de forages dans les zones confrontées à des difficultés d’accès à l’eau potable.

Pour la dirigeante de la banque, l’eau représente bien plus qu’une ressource essentielle. Elle constitue un facteur de santé publique, un élément de cohésion sociale et un moteur de développement durable pour les communautés.

« Nous avons donc décidé d’investir dans ce levier et nous savons que cela sera utilisé à bon escient pour que les populations puissent en bénéficier et assurer leur développement », a-t-elle indiqué.

Déjà engagée dans plusieurs actions sociales à travers sa fondation, Coris Bank International SA a profité de cette cérémonie pour renouveler sa volonté d’accompagner durablement les initiatives destinées à améliorer les conditions de vie des populations burkinabè.

« Coris Bank International SA sera toujours là pour accompagner ces efforts », a assuré Gisèle Gumedzoe Ouédraogo.

Immigration clandestine : des centaines de migrants dont des ressortissants burkinabès secourus en route vers les Canaries

À chaque départ de pirogue, c’est le même scénario qui se répète le long des côtes ouest-africaines : l’espoir d’un ailleurs présenté comme un eldorado, et le risque permanent de ne jamais arriver à destination. L’immigration clandestine vers les îles Canaries continue de s’imposer comme l’une des routes les plus meurtrières du continent, malgré les opérations de surveillance renforcées et les appels répétés à la prudence.

 

Dans un contexte où les politiques publiques peinent à endiguer le phénomène, les chiffres donnent la mesure de l’urgence. Selon le média mauritanien L’Authentique, plus de 880 migrants ont été secourus en seulement huit jours, entre fin mai et début juin 2026, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’archipel espagnol. Une série d’opérations maritimes qui témoigne de l’intensité des départs depuis les côtes ouest-africaines et de la pression constante exercée sur les dispositifs de contrôle en mer.

Sur le terrain, les garde-côtes multiplient les interventions. Entre le 28 mai et le 4 juin, les secours se sont enchaînés. Trois premières pirogues en détresse ont permis de sauver 435 personnes au cours de la période du 28 au 30 mai. Le 31 mai, une nouvelle embarcation transportant 143 migrants a été localisée puis assistée par les autorités maritimes. Quelques heures plus tard, le 2 juin, 110 autres personnes ont été secourues alors que leur moteur était tombé en panne au large, les laissant dériver dans une mer agitée.

La série de sauvetages ne s’est pas arrêtée là. Le 6 juin au matin, les garde-côtes ont intercepté une autre pirogue transportant 193 migrants, partie de Banjul en Gambie. À bord, 27 femmes et 12 mineurs figuraient parmi les passagers. Le bilan est lourd : une femme a perdu la vie durant la traversée, tandis qu’un autre migrant a dû être hospitalisé en urgence, selon les informations rapportées par L’Authentique.

Derrière ces chiffres, une réalité humaine se dessine avec insistance. Les candidats à l’émigration viennent de plusieurs pays de la sous-région, illustrant la dimension profondément régionale de la crise. Sénégal, Gambie, Mali, Sierra Leone, Guinée, Côte d’Ivoire, Nigeria, Bénin ou encore Burkina Faso : autant de nationalités mêlées dans ces embarcations de fortune qui prennent la mer au péril de leur vie.

Face à cette situation, les autorités maritimes affirment agir dans le respect des conventions humanitaires et du droit international de la mer, tout en renforçant les dispositifs de surveillance. Mais malgré les contrôles, les patrouilles et la coopération internationale, les départs ne faiblissent pas. Chaque vague de secours rappelle ainsi une évidence : tant que les causes profondes de cette migration forcée ne seront pas résolues, la mer continuera de porter les espoirs, et parfois les drames, de milliers de candidats au départ.

Burkina Faso : un car de la compagnie TSR entièrement ravagé par les flammes sur la RN1

Un trajet ordinaire entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso a viré au drame matériel ce jeudi 11 juin 2026, lorsqu’un car de la compagnie TSR a été entièrement détruit par un incendie sur l’axe Boni-Pa, le long de la route nationale 1. Les images de la scène, rapidement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive émotion.

Selon les informations rapportées par Radio Dounia FM sur sa page Facebook, le véhicule a pris feu aux environs de 19 heures. Les flammes se sont propagées avec une telle intensité que le car a été totalement consumé, et ce, pour une cause encore inconnue à ce stade.

Dans son récit des faits, la même source précise toutefois que la situation aurait pu être bien plus grave. Grâce à une évacuation rapide, tous les passagers ont pu être extraits du véhicule à temps. Aucun décès ni blessé n’a été signalé, malgré l’ampleur des dégâts matériels constatés.

Pour l’heure, les circonstances exactes de cet incendie restent à éclaircir. Une enquête devrait permettre de déterminer les origines du sinistre qui a réduit en cendres le car de transport et interrompu brutalement son trajet sur l’un des principaux axes routiers du Burkina Faso.

Mali : Bamako mise sur une croissance de 6,5 % et une hausse des recettes fiscales d’ici 2029

À Bamako, les grandes orientations économiques des trois prochaines années sont désormais tracées. Réuni le 10 juin 2026, le Conseil des ministres a pris acte du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (PBEP) 2027-2029, un cadre stratégique présenté par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, qui dessine les ambitions financières du Mali pour la période à venir.

Au cœur de cette feuille de route figure une hypothèse de croissance réelle moyenne de 6,5 % par an. Un pari qui sert de fondement à l’ensemble de la programmation et qui permet aux autorités d’envisager un coût moyen annuel des actions gouvernementales de 4 382,9 milliards de FCFA, traduisant l’ampleur des investissements publics projetés.

Le gouvernement entend également renforcer progressivement sa capacité à mobiliser les ressources internes. Selon le document, le taux de pression fiscale devrait atteindre 13,9 % en 2027, puis grimper à 14,7 % en 2028 avant d’atteindre 15,1 % en 2029. Sur l’ensemble de la période, la moyenne attendue s’établit ainsi à 14,6 %. Si ces niveaux restent inférieurs à l’objectif communautaire de 20 % fixé dans l’espace UEMOA, ils témoignent d’une volonté d’améliorer les recettes publiques.

Cette trajectoire budgétaire repose toutefois sur une condition essentielle : une amélioration de la situation sécuritaire du pays. Les projections du PBEP s’appuient également sur la poursuite des réformes fiscales et budgétaires déjà engagées, considérées comme des leviers indispensables pour soutenir la croissance et consolider les finances publiques.

À travers cette programmation, les autorités maliennes inscrivent leur action dans une vision de long terme. Le document s’aligne sur les orientations de « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », la vision stratégique nationale, ainsi que sur la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033, deux référentiels appelés à guider la transformation économique du pays au cours des prochaines décennies.

Industrie cimentière au Burkina : les producteurs échangent avec le ministre de l’Énergie

Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a reçu en audience, jeudi 11 juin 2026 à Ouagadougou, le nouveau bureau de l’Association des Cimentiers du Burkina (ACB). Une rencontre marquée par la présentation officielle de la nouvelle équipe dirigeante et par un échange approfondi sur les défis majeurs du secteur cimentier au Burkina Faso.

 

Conduite par son président Claude Kompaoré, également Directeur général adjoint de Ciments de l’Afrique (CIMAF), la délégation des industriels a dressé un état des lieux du secteur. Elle a rappelé que le pays dispose aujourd’hui d’une capacité de production estimée à 7,3 millions de tonnes de ciment par an, alors que la consommation nationale se situe autour de 4,5 millions de tonnes.

Malgré cet excédent apparent de capacité, les cimentiers font face à des difficultés persistantes qui freinent leur plein potentiel. Selon Claude Kompaoré, les principaux obstacles restent liés à l’approvisionnement en énergie ainsi qu’à la disponibilité des matières premières, notamment le clinker importé, indispensable à la fabrication du ciment.

Le président de l’ACB a toutefois salué les efforts entrepris par les autorités pour améliorer la situation énergétique du pays, estimant que ces initiatives ont contribué à réduire certaines tensions sur le marché. Il a également mis en avant les investissements réalisés par les industriels eux-mêmes, notamment dans les installations solaires et les groupes électrogènes, afin de sécuriser la production et limiter les interruptions.

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Dans cette dynamique, les cimentiers ont également annoncé plusieurs projets d’extension de leurs capacités industrielles. Parmi eux figure celui de CIMAF à Bobo-Dioulasso, qui prévoit d’augmenter sa production pour atteindre 1,5 million de tonnes par an, renforçant ainsi la présence industrielle dans l’ouest du pays.

Au-delà des questions de production, la délégation a aussi abordé la problématique de la valorisation des ressources locales. Aujourd’hui, les substances de carrière représentent entre 15 et 20 % des intrants utilisés dans la fabrication du ciment. L’ambition affichée par le secteur est de porter cette part à 35 %, voire 40 %, afin de réduire la dépendance aux importations et de renforcer l’intégration locale.

En réponse, le ministre Yacouba Zabré Gouba a rappelé le rôle stratégique du ciment dans le développement des infrastructures nationales, notamment dans le cadre de l’initiative Faso Mêbo, qui vise à accélérer la transformation des infrastructures à travers le pays.

Le ministre a également annoncé un renforcement imminent de l’offre énergétique nationale. Plusieurs projets en cours dans différentes localités, notamment à Ouagadougou, Komsilga, Pabré, Koudougou, Bobo-Dioulasso et Kaya, devraient permettre d’injecter près de 220 mégawatts supplémentaires dans le réseau électrique en 2026.

Réaffirmant la volonté du gouvernement d’accompagner le secteur privé, Yacouba Zabré Gouba a assuré les membres du nouveau bureau de l’ACB de sa disponibilité à poursuivre le dialogue et à soutenir le développement de l’industrie cimentière, considérée comme un pilier essentiel de la croissance économique nationale.

Mali : une vaste opération d’immatriculation des motos et tricycles pour renforcer le contrôle du territoire

À partir du 15 juin 2026, les propriétaires de motos et de tricycles non immatriculés seront appelés à régulariser leur situation. Dans un contexte marqué par le renforcement des mesures sécuritaires, le gouvernement malien a annoncé le lancement d’une opération spéciale d’immatriculation des engins motorisés à deux et trois roues sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère des Transports et des Infrastructures fait le constat d’un nombre important d’engins circulant sur la voie publique sans immatriculation et invite leurs propriétaires à se conformer aux règles en vigueur. Pour mener cette campagne, la Direction générale des Transports, ses services régionaux et subrégionaux ainsi que plusieurs centres dédiés seront mobilisés à travers le pays.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre réglementaire déjà établi. L’arrêté n°2023-5150/MTI-SG du 29 décembre 2023 prévoit que tout véhicule automobile, matériel roulant agricole, engin de travaux publics ou miniers, motocyclette, tricycle ou quadricycle doit être doté d’un numéro d’immatriculation figurant sur un certificat valable cinq ans.

Depuis septembre 2024, le Mali a d’ailleurs engagé une réforme de ses plaques d’immatriculation. Les nouvelles plaques intègrent désormais la carte du Mali, les couleurs nationales, le sigle international « ML » ainsi que des indications permettant d’identifier la région, le cercle ou, dans le cas de Bamako, l’arrondissement de résidence du propriétaire. Selon les données de la Direction générale des Transports, 24 963 véhicules avaient déjà été immatriculés ou réimmatriculés entre le 22 septembre 2024 et le 28 février 2025.

L’enjeu dépasse le simple cadre administratif. Le marché malien des motocyclettes connaît une forte expansion. D’après les statistiques de Comtrade reprises par la Banque mondiale, la Chine a exporté vers le Mali environ 140 493 motos en 2024, pour une valeur estimée à 64,1 millions de dollars. Le pays asiatique devance le Togo, l’Indonésie et l’Inde parmi les principaux fournisseurs d’un marché où les motos et les tricycles occupent une place essentielle dans les transports urbains, ruraux et les activités commerciales.

L’annonce de cette opération intervient dans un contexte de durcissement des règles encadrant ces moyens de transport. Une semaine auparavant, les autorités avaient publié deux arrêtés interministériels datés du 3 juin, limitant l’usage et la commercialisation de certaines motocyclettes.

Le premier suspend, pour une durée d’un an renouvelable, l’importation, le transit, la vente, la commercialisation et la distribution gratuite des motos de 125 cm³ et plus, ainsi que de leurs accessoires. Les commerçants disposent d’un délai de 90 jours pour déclarer les stocks et les commandes en cours.

Le second arrêté interdit la circulation des motos de cette catégorie en dehors des grandes agglomérations. Selon les autorités maliennes, ces engins sont régulièrement utilisés par des groupes armés pour leurs déplacements dans les zones rurales et les espaces difficiles d’accès.

Confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire persistante, le Mali poursuit ainsi sa stratégie de contrôle des moyens de mobilité. Les attaques coordonnées du 25 avril ont conduit les autorités à renforcer la surveillance de plusieurs secteurs jugés sensibles.

Pour les usagers, cette nouvelle campagne d’immatriculation représente désormais un défi d’adaptation. Il leur faudra concilier les exigences de traçabilité sécuritaire imposées par l’État avec la nécessité de préserver l’accès aux services administratifs et la continuité des activités économiques qui reposent largement sur les deux et trois roues.