Burkina Faso : Ouagadougou mobilisée contre la cybercriminalité

La deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité a été lancée le lundi 26 octobre 2026 à Ouagadougou. Prévue jusqu’au 30 octobre, cette initiative vise à sensibiliser les populations aux dangers liés à l’utilisation des plateformes numériques. Des journées portes ouvertes, une caravane de sensibilisation, des panels et un hackathon destiné aux jeunes sont au programme.

Placée sous le thème « Cybercriminalité et menaces numériques émergentes : du clic au crime », cette édition entend renforcer la prévention des infractions commises à travers les services numériques.

Les institutions spécialisées à la rencontre du public

Le lancement officiel s’est déroulé sous la présidence du commandant Ahmed Ouédraogo, secrétaire général du ministère de la Sécurité et président du comité d’organisation. Il a notamment ouvert les journées portes ouvertes organisées dans les locaux de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), au quartier Koulouba.

Plusieurs structures prennent part à ces journées, dont la Direction générale des transmissions et de l’informatique, la Brigade Laabal, l’Autorité de régulation de la communication et de la protection des données à caractère personnel, ainsi que l’Office national d’identification.

Cette dernière structure propose notamment aux personnes intéressées un dispositif permettant d’obtenir une carte biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES) en 48 heures, selon les informations communiquées par les organisateurs.

Ces portes ouvertes permettent aux citoyens d’échanger directement avec les institutions spécialisées. L’objectif est de mieux faire connaître les risques numériques et d’encourager des pratiques plus responsables sur les réseaux sociaux.

« Personne n’est à l’abri »

Pour le commandant Ahmed Ouédraogo, la sensibilisation reste essentielle face à la multiplication des infractions en ligne. Il a notamment attiré l’attention sur les usurpations d’identité et les escroqueries numériques.

« De plus en plus, de nos jours, nous avons non seulement des piratages d’identité, mais aussi beaucoup d’escroqueries en ligne. Personne n’est à l’abri », a-t-il déclaré.

Il a invité les populations à se rapprocher des acteurs de la cybersécurité afin d’obtenir des informations fiables et de mieux se protéger. Le responsable a également rappelé que la sécurité du cyberespace ne dépend pas uniquement des services spécialisés. Elle repose aussi sur la vigilance et la responsabilité de chaque utilisateur.

Un hackathon pour mobiliser les jeunes

Plusieurs activités viendront rythmer la semaine. Une caravane de sensibilisation parcourra notamment Ouagadougou pour toucher un public plus large. Des panels consacrés aux nouvelles menaces numériques et des rencontres sportives de maracaña sont également prévus.

L’une des principales innovations de cette édition est l’organisation d’un hackathon destiné aux jeunes. Selon le commissaire principal Bayi Akim Nignan, responsable de la BCLCC, cette initiative doit permettre aux participants de proposer des solutions numériques adaptées aux besoins de la vie quotidienne.

À travers cette programmation, les organisateurs souhaitent également renforcer la collaboration entre les institutions publiques et les partenaires engagés dans la lutte contre la cybercriminalité.

Jusqu’au 30 octobre, cette semaine entend ainsi rappeler aux citoyens les risques liés à leurs usages numériques et l’importance d’adopter des comportements prudents. Car sur Internet, un clic imprudent peut suffire à exposer un utilisateur à une escroquerie ou à d’autres formes d’infractions.

Le premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo attendu au sommet Russie-Afrique à Moscou

Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a quitté Ouagadougou ce lundi 26 octobre 2026 pour Moscou, en Russie. Il représente le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, au troisième Sommet Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre, ainsi qu’au Forum économique et humanitaire organisé en marge de la rencontre.

Après les éditions de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023, ce rendez-vous doit permettre aux dirigeants africains et aux autorités russes de faire le point sur leur coopération. Les participants examineront notamment la mise en œuvre du plan d’action 2023-2026 et définiront les prochaines orientations du partenariat. Une déclaration finale et un nouveau plan d’action pour la période 2027-2029 sont également attendus.

Commerce, énergie et souveraineté au cœur des échanges

Les discussions porteront sur plusieurs secteurs stratégiques, dont le commerce, les investissements, la sécurité alimentaire et énergétique ainsi que la souveraineté des États. Le Forum économique et humanitaire abordera aussi le développement industriel, les transferts de technologies, le numérique, l’intelligence artificielle et les usages pacifiques de l’énergie nucléaire. La santé, l’éducation et la formation figureront également parmi les sujets à l’ordre du jour.

À la tête de la délégation burkinabè, Jean Emmanuel Ouédraogo défendra les priorités du Burkina Faso. Ouagadougou entend notamment promouvoir des projets liés à la transformation locale des ressources, à la maîtrise des technologies et à la formation des jeunes. Ces domaines de coopération visent à renforcer les capacités productives du pays et à soutenir sa souveraineté économique.

Ouagadougou et Moscou veulent approfondir leur coopération

En marge du sommet, le chef du gouvernement burkinabè doit tenir des entretiens bilatéraux et recevoir plusieurs interlocuteurs. Ces rencontres doivent permettre d’explorer de nouvelles pistes de partenariat dans les domaines de la sécurité et du développement.

Cette participation s’inscrit dans la dynamique de rapprochement entre le Burkina Faso et la Russie. Les deux pays ont signé, le 12 février 2026, un accord sur les fondements de leurs relations. Selon les autorités burkinabè, cette démarche vise à diversifier les partenariats du pays, sur la base de la souveraineté nationale, de l’égalité et des intérêts réciproques, afin de répondre aux défis sécuritaires, humanitaires et économiques.

Burkina Faso : la Ligue de la souveraineté lancée en janvier 2027

Le Burkina Faso s’apprête à lancer une nouvelle compétition dédiée au développement du football local. Présentée officiellement le 24 octobre 2026 à Ouagadougou, la Ligue de la souveraineté se déroulera de janvier à juin 2027. Réservée exclusivement aux joueurs burkinabè, elle vise à détecter de nouveaux talents, à dynamiser le football régional et à promouvoir le patrimoine culturel du pays.

Le projet a été présenté par Adama Guira, responsable exécutif de l’initiative, en présence de la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, ainsi que des gouverneurs et des directeurs régionaux chargés des sports.

Selon la Direction de la communication du ministère des Sports, cette compétition doit offrir aux joueurs des différentes régions un cadre pour progresser et gagner en visibilité. Elle ambitionne également d’identifier de nouveaux talents susceptibles d’intégrer les différentes catégories des sélections nationales.

Le football régional au cœur du projet

La Ligue de la souveraineté entend renforcer la détection des talents en dehors des principaux pôles sportifs. Elle doit permettre aux jeunes joueurs des régions de bénéficier de nouvelles possibilités de progression et contribuer à une meilleure structuration du football à la base.

Le projet prévoit également des mesures en faveur de la protection sociale des acteurs mobilisés. Selon le ministère, ceux-ci percevront un salaire et seront déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). L’objectif est de leur offrir une meilleure couverture sociale et de favoriser leur épanouissement professionnel.

Les anciens footballeurs vivant en région devraient aussi participer à cette dynamique. Leur expérience pourra servir à l’encadrement des jeunes, à la formation et à la transmission des savoir-faire. Cette implication doit également leur ouvrir des perspectives de reconversion dans le football local.

Huit équipes attendues en play-offs

Sur le plan sportif, la compétition sera organisée autour de deux poules, A et B. À l’issue de la première phase, les quatre meilleures équipes de chaque groupe accéderont aux play-offs. Huit formations participeront ainsi à la phase décisive du tournoi.

Au-delà des résultats sportifs, la Ligue de la souveraineté entend mettre en valeur les identités régionales, les traditions et le patrimoine culturel burkinabè. Le rendez-vous doit favoriser les échanges entre les populations et contribuer au renforcement de la cohésion sociale.

Prévue sur six mois, de janvier à juin 2027, cette nouvelle compétition ambitionne ainsi de faire du football un levier de détection des talents, de valorisation des compétences locales et de rapprochement entre les régions du Burkina Faso.

Rome inaugure un monument en hommage à Thomas Sankara

La mémoire de Thomas Sankara s’invite au cœur de Rome, en Italie. Le 24 octobre 2026, un monument à l’effigie de l’ancien président burkinabè a été inauguré au parc Thomas Sankara, dans le troisième arrondissement de la capitale italienne. La cérémonie a également marqué le lancement de la campagne internationale de collecte de fonds pour la construction du Mémorial Thomas Sankara au Burkina Faso.

Réalisée par l’artiste burkinabè Hamed Sékou Ouattara et offerte par Madi Sakandé, l’œuvre prend la forme d’un prisme en acier de deux mètres de hauteur et de 70 centimètres de largeur. Elle représente le capitaine Thomas Sankara, figure de la Révolution burkinabè.

La cérémonie a été présidée par le ministre burkinabè chargé de la Culture, Gilbert Ouédraogo. Plusieurs personnalités diplomatiques y ont pris part, notamment l’ambassadrice du Burkina Faso en Italie, Cyrille Ganou/Badolo, et l’ambassadeur auprès du Saint-Siège, Régis Kevin Bationo. Des représentants de la diaspora burkinabè, de la Confédération des États du Sahel (AES) ainsi que les ambassadeurs du Mali et du Niger étaient également présents.

Un symbole d’amitié entre Rome et Ouagadougou

Baptisé Thomas Sankara le 17 septembre 2025, le parc accueille désormais ce monument destiné à faire vivre les idéaux de fraternité, de justice et d’émancipation défendus par l’ancien dirigeant burkinabè.

Pour Paolo Emilio Marchionne, président de la municipalité du troisième arrondissement de Rome, cette initiative doit renforcer les liens entre les peuples italien et burkinabè. Elle vise également à promouvoir le dialogue et une vision de l’humanité fondée sur la fraternité.

L’ambassadrice du Burkina Faso en Italie a, pour sa part, salué le choix de rendre hommage à Thomas Sankara. Elle a souligné la portée universelle de son héritage, estimant qu’il dépasse les frontières nationales et les générations. Elle a également invité la jeunesse à poursuivre les idéaux de transformation sociale et de responsabilité associés à son engagement.

Le ministre Gilbert Ouédraogo a lui aussi insisté sur la dimension universelle de cet hommage. Selon lui, cette initiative rappelle que le combat pour la dignité humaine, la justice et l’émancipation des peuples dépasse les frontières. Il a par ailleurs salué l’hospitalité du peuple italien et évoqué la réciprocité de l’exemption de visa entre les deux pays pour les missions officielles.

« Une brique pour Sankara » pour financer le mémorial

Au-delà de l’inauguration, la rencontre a servi de cadre au lancement officiel de la campagne internationale de collecte de fonds baptisée « Une brique pour Sankara ». Cette initiative vise à mobiliser des contributions pour financer la construction du Mémorial Thomas Sankara au Burkina Faso.

La création du parc romain doit notamment son aboutissement à l’engagement de Matteo Pietro Sante, un jeune Italien qui, inspiré par les idéaux de l’ancien président burkinabè, a contribué à mobiliser les autorités locales autour du projet.

Avec ce monument, les promoteurs entendent prolonger la mémoire de Thomas Sankara hors des frontières du Burkina Faso. L’initiative associe ainsi hommage historique, rapprochement entre les peuples et mobilisation internationale autour du futur mémorial.

Burkina Faso : 67,2 milliards de FCFA pour soutenir les ménages vulnérables

Le Burkina Faso prévoit de mobiliser 67,2 milliards de FCFA pour renforcer l’autonomie économique des ménages pauvres et vulnérables. Le Conseil des ministres du 22 octobre 2026 a donné son accord à la ratification du financement de 120 millions de dollars accordé par l’Association internationale de développement (IDA), une institution du Groupe de la Banque mondiale.

Ce financement est destiné au Projet d’autonomisation économique des ménages pauvres et vulnérables pour la résilience et la protection sociale adaptative (PARPS). Les accords de crédit et de don correspondants ont été signés le 14 juillet 2026 entre le Burkina Faso et l’IDA. Le programme sera déployé sur cinq ans dans l’ensemble du pays, avec une attention particulière accordée aux régions des Koulsé, de Yaadga, du Nakambé, de Nando, des Bankui et du Sourou.

120 000 ménages ciblés par le programme

Le PARPS ambitionne d’organiser 120 000 ménages vulnérables en coopératives communautaires autour d’activités économiques. Le projet prévoit la création de 4 800 coopératives et de 1 200 unités économiques locales pour soutenir les activités de production et de transformation.

Le programme doit également s’appuyer sur le déploiement progressif du Registre social unique (RSU). Ce dispositif doit permettre de mieux identifier les bénéficiaires et d’améliorer le ciblage des interventions sociales.

Des investissements dans le stockage et la logistique

Une partie du financement sera consacrée au renforcement des capacités logistiques et de stockage. Le projet prévoit notamment l’acquisition de huit véhicules, de 20 camions monoblocs, de 20 camions-bennes et de deux camions-citernes.

Le volet infrastructures comprend également la construction de six magasins d’une capacité de 5 000 tonnes chacun, de deux entrepôts modernes de stockage et de 20 magasins pouvant accueillir chacun 1 000 tonnes.

À travers ces investissements, le gouvernement entend faciliter les activités économiques des ménages ciblés et améliorer leurs capacités de production et de conservation.

Un programme axé sur la résilience économique

Au-delà des infrastructures et de l’organisation en coopératives, le PARPS vise à renforcer la protection sociale adaptative. L’objectif est d’aider les ménages vulnérables à développer des activités génératrices de revenus et à mieux faire face aux chocs économiques et sociaux.

L’accord du Conseil des ministres constitue une étape vers la ratification des accords de financement. La procédure s’inscrit dans le cadre de la loi n° 23-2025/ALT du 29 décembre 2025, qui habilite le gouvernement à autoriser par ordonnance la ratification des accords et conventions de financement conclus avec les partenaires techniques et financiers.

Burkina Faso : près de 400 motos saisies à Ouagadougou pour défaut de casque

La Police nationale a intensifié les contrôles du port du casque à Ouagadougou. Dans la nuit du 23 octobre 2026, une opération menée dans le cadre de l’initiative « Bouclier tête durcie » a abouti à la saisie de près de 400 motos en seulement trois heures.

Cette intervention nocturne fait suite au constat des services de police selon lequel certains conducteurs de motocyclettes abandonnent le port du casque à la tombée de la nuit. Pour renforcer le respect de cette mesure de sécurité routière, des équipes ont été déployées à plusieurs carrefours stratégiques de la capitale burkinabè.

L’opération a été conduite par le directeur régional de la Police nationale du Kadiogo, le contrôleur général de police Aguima Abdoulaziz Yonli. Il était accompagné du commissaire central de police de Ouagadougou et du commandant de la Brigade anti-criminalité (BAC).

La police appelle à faire du casque un réflexe

À l’issue des contrôles, le responsable régional a exhorté les usagers de la route à porter systématiquement leur casque, aussi bien le jour que la nuit. Il a insisté sur la nécessité de considérer cet équipement comme un moyen essentiel de protection de la vie.

« On n’a pas une tête de secours à la maison, on n’en a qu’une seule et nous devons la protéger. Si nous le faisons, c’est d’abord pour notre propre bien et ensuite pour celui de notre famille. Protégeons nos vies ! », a-t-il déclaré.

Aguima Abdoulaziz Yonli a également salué le travail des policiers mobilisés sur le terrain, en les félicitant pour les résultats obtenus et le professionnalisme dont ils ont fait preuve durant l’opération.

Avec l’initiative « Bouclier tête durcie », la Police nationale entend renforcer le respect du port du casque et sensibiliser les conducteurs de deux-roues aux risques liés à son absence. Au-delà de l’obligation réglementaire, le casque constitue une protection essentielle contre les traumatismes crâniens en cas d’accident.

Tour du Faso 2026 : les préparatifs s’accélèrent avant le départ du 30 octobre

À neuf jours du départ, le Burkina Faso intensifie les préparatifs de la 37ᵉ édition du Tour du Faso. Prévue du 30 octobre au 8 novembre 2026, cette compétition cycliste internationale se disputera en dix étapes sur un parcours de 2 387,970 km. Des équipes africaines et européennes sont attendues, tandis que le pays hôte engagera trois formations nationales.

Le point sur l’organisation a été fait le 21 octobre 2026 au Stade du 4-Août de Ouagadougou, lors d’une conférence de presse réunissant le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi (MSJE) et le Comité national d’organisation (CNO). Les responsables ont présenté l’état d’avancement des préparatifs de cette nouvelle édition.

Dix étapes à travers huit régions

Selon la Direction de la communication du ministère chargé des Sports, le parcours totalise 2 387,970 km, dont 1 399,970 km de course effective et 988 km de transbordement.

Les coureurs traverseront huit régions du Burkina Faso : le Kadiogo, les Koulsé, le Nando, le Bankui, le Guiriko, le Nakambé, le Nazinon et l’Oubri. Ce tracé doit permettre aux participants de parcourir plusieurs territoires du pays tout au long de la compétition.

Des équipes africaines et européennes attendues

Plusieurs nations ont annoncé leur participation, notamment la Belgique, le Maroc, le Bénin, le Niger, le Mali, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Hollande, l’Algérie, le Rwanda et l’Afrique du Sud.

Le Burkina Faso sera représenté par trois équipes nationales. Celles-ci auront pour objectif de rivaliser avec les formations étrangères et de défendre les couleurs du pays sur les différentes étapes.

Au nom du Comité national d’organisation, la vice-présidente, Valérie Badolo/Tapsoba, a souligné l’importance du Tour du Faso pour le développement du cyclisme burkinabè. Elle a salué l’engagement des autorités ainsi que la mobilisation des commissions d’organisation, des partenaires et des sponsors.

Le président du CNO et de la Fédération burkinabè de cyclisme, Ignace Amédée Berewoudougou, a également exprimé sa reconnaissance aux professionnels des médias et aux différents acteurs impliqués dans la préparation de l’événement. Il a insisté sur leur contribution à la couverture médiatique et à la visibilité de cette compétition internationale.

Une vitrine pour le Burkina Faso

Au-delà de la compétition sportive, le Tour du Faso représente une occasion de promouvoir le patrimoine culturel, les potentialités touristiques et le savoir-faire burkinabè. À travers les différentes étapes, les organisateurs entendent mettre en valeur les territoires traversés et renforcer l’attractivité du pays auprès des participants et des spectateurs.

Le départ étant prévu le 30 octobre, les derniers jours de préparation seront déterminants pour finaliser l’organisation de cette 37ᵉ édition.

Burkina Faso : l’État mobilise des terrains pour des projets immobiliers et d’assainissement

Le gouvernement burkinabè accélère ses projets d’aménagement urbain et d’infrastructures. Réuni le jeudi 22 octobre 2026 à Ouagadougou, le Conseil des ministres a adopté plusieurs décrets déclarant d’utilité publique urgente des terrains destinés à des projets immobiliers, à l’assainissement pluvial et à la construction d’infrastructures marchandes. Les mesures concernent notamment la rocade Nord, la route nationale n°2, le barrage n°4 de Ouagadougou et la Cité Tonkar de Gaoua.

La séance ordinaire était présidée par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Au titre du ministère de l’Économie et des Finances, neuf rapports ont été examinés et adoptés. Plusieurs décisions portent sur la mobilisation de réserves foncières nécessaires à la réalisation des projets d’aménagement.

Des réserves foncières pour les projets immobiliers à Ouagadougou

La Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) prévoit de développer des projets immobiliers le long de la rocade Nord de Ouagadougou. Pour permettre leur réalisation, le Conseil des ministres a déclaré d’utilité publique urgente une bande de terrain de 70 mètres de largeur de part et d’autre de l’emprise routière, dans l’arrondissement n°4.

Le premier périmètre couvre un tronçon de 9,6 kilomètres, entre le giratoire et le passage supérieur de Kossodo et l’échangeur du Nord, en passant par le carrefour dénivelé de l’Aéroport de Donsin. Un second tronçon, long de 6,872 kilomètres, s’étend entre ce carrefour et l’échangeur du Nord.

Une mesure similaire concerne la route nationale n°2, dans les arrondissements n°8 et 9. Là aussi, la SONATUR prévoit un projet de développement immobilier sur une bande de 70 mètres de part et d’autre de l’emprise routière.

Dans l’arrondissement n°9, le périmètre concerné s’étend sur 11,6 kilomètres, depuis l’intersection de la rue 21.69 avec la RN2 jusqu’à la voie de contournement. Dans l’arrondissement n°8, il couvre 11,534 kilomètres, du pont situé à proximité de la pharmacie Sig-Nonghin jusqu’à cette même voie.

Ces deux décrets doivent permettre à l’État de mobiliser les terrains nécessaires à la mise en œuvre de ses programmes immobiliers.

Le barrage n°4 au cœur du renforcement de l’assainissement

Le Conseil des ministres a également adopté un décret portant déclaration d’utilité publique urgente de la quatrième phase du Projet de renforcement du réseau d’assainissement des eaux pluviales de Ouagadougou (PRAVO) et du Projet de pôle métropolitain Kadiogo-Massili.

Les trois premières phases du PRAVO ont permis de construire des canaux majeurs et d’améliorer la gestion hydraulique sur près de 30 % de la superficie urbaine de la capitale. Toutefois, le bassin du marigot Kadiogo, qui concentre 47 % des eaux de ruissellement de Ouagadougou, demeure insuffisamment aménagé.

La quatrième phase prévoit notamment la réalisation du barrage n°4 de Ouagadougou, sur une emprise foncière d’environ 1 053 hectares. Le projet sera accompagné de l’aménagement d’un pôle métropolitain intégré autour du barrage, baptisé « Pôle métropolitain Kadiogo-Massili », sur une superficie de 300 hectares.

Le recours à la procédure d’urgence d’expropriation pour cause d’utilité publique doit permettre de mobiliser les terrains nécessaires à ces aménagements et de respecter les délais fixés par le gouvernement.

Gaoua : un terrain de 8 375 m² destiné aux infrastructures marchandes

À Gaoua, dans la région du Djôrô, le gouvernement a également déclaré d’utilité publique urgente un terrain situé à la Cité Tonkar, au secteur 7, pour la réalisation d’infrastructures marchandes.

D’une superficie de 8 375 m², le site était initialement destiné à accueillir un centre commercial. Il a ensuite été morcelé en quatre parcelles prévues pour la construction de bâtiments commerciaux, avant d’être provisoirement cédé à des particuliers.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, les parcelles n’ont pas été mises en valeur et le terrain fait l’objet d’un conflit. Face à cette situation, l’État a décidé de déclarer le site d’utilité publique urgente afin de permettre sa réappropriation et la réalisation d’infrastructures commerciales destinées à l’intérêt général.

À travers ces différentes décisions, le gouvernement entend mobiliser les réserves foncières nécessaires à ses projets immobiliers, renforcer l’assainissement pluvial de Ouagadougou et développer les infrastructures marchandes de Gaoua.

Burkina Faso : une société viticole de 9,8 milliards FCFA annoncée à Bobo-Dioulasso

Le Burkina Faso prévoit de renforcer la transformation industrielle de sa production agricole avec la création de la Société viticole du Burkina Faso (SOVIB). Annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 22 octobre 2026, cette société d’économie mixte sera implantée à Bobo-Dioulasso. Le projet nécessite un investissement estimé à 9,8 milliards de FCFA.

Selon le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Serge Poda, la SOVIB disposera d’un capital initial d’un milliard de FCFA. Sa répartition prévoit une participation de l’État à hauteur de 45 %, celle de BRAFASO à 10 % et celle du secteur privé burkinabè à 45 %.

La future unité industrielle aura notamment pour objectif de transformer les raisins produits au Burkina Faso. Le gouvernement entend ainsi favoriser la valorisation de la production locale et développer une activité industrielle autour de cette matière première.

« La SOVIB permettra la création de centaines d’emplois et la transformation des raisins produits au Burkina Faso », a déclaré Serge Poda.

La réalisation du projet devra désormais se concrétiser à travers la mise en place de la société et le développement de son unité industrielle à Bobo-Dioulasso.

REMA 2026 : Ouagadougou réunit les acteurs de la musique africaine

Ouagadougou accueille, du 22 au 24 octobre 2026, la 9e édition des Rencontres musicales africaines (REMA). Venus de 18 pays, des artistes et des professionnels de la culture se retrouvent autour d’un objectif commun : renforcer la visibilité des talents africains et structurer une industrie musicale capable de générer davantage de revenus et d’emplois. Au programme figurent des concerts, des rencontres professionnelles et un forum consacré à l’intelligence artificielle.

La cérémonie de lancement s’est tenue le mercredi 21 octobre dans la capitale burkinabè. Placée sous le thème « Followers : de passifs à actifs », cette édition met l’accent sur la capacité des artistes à transformer leurs abonnés sur les réseaux sociaux en un public véritablement engagé.

Pour Mohamed Kaboré, plus connu sous le nom d’Alif Naaba et directeur des REMA, le développement de l’industrie musicale africaine passe notamment par le partage d’expériences, le renforcement des réseaux professionnels et la promotion des artistes émergents. Il estime que la présence de milliers d’abonnés sur les plateformes numériques ne garantit pas, à elle seule, le succès d’une carrière.

« Avoir des milliers d’abonnés ne signifie pas toujours disposer d’un public engagé, capable de soutenir concrètement une carrière musicale », a-t-il souligné. L’enjeu consiste donc à mobiliser ces communautés pour qu’elles écoutent et partagent les œuvres, assistent aux spectacles et contribuent au financement des projets artistiques.

Cinq artistes burkinabè mis en lumière

La programmation prévoit deux soirées de concerts, dont une dédiée aux talents locaux. À travers le programme « Focus », cinq artistes burkinabè sélectionnés par un comité national bénéficieront d’une mise en avant particulière. Damo Fama, L’Élue, Fereké Wassa, Moussa Dabré et Eunice Goula présenteront leurs créations lors d’un concert gratuit prévu le jeudi 22 octobre à la Cité de la Musique.

Au-delà de la promotion artistique, les REMA entendent contribuer à faire de la musique un véritable levier économique. Représentant le ministre chargé de la Culture, Michel Saba a rappelé le rôle de la culture dans la transformation sociale, la consolidation de l’identité nationale et le renforcement de la souveraineté.

« Nous devons faire de la musique un véritable secteur économique capable de générer des emplois, de soutenir l’entrepreneuriat culturel, d’offrir des perspectives à notre jeunesse et de contribuer significativement à l’émergence économique de notre pays », a-t-il déclaré.

Financement, droits d’auteur et accès aux marchés

Le responsable a également mis en avant les difficultés qui freinent le développement de l’industrie musicale africaine. Parmi elles figurent le financement de la création, la rémunération équitable des artistes, la protection du droit d’auteur et des droits voisins, la distribution des œuvres et l’accès aux marchés.

Pour y répondre, le ministère préconise le renforcement des compétences des professionnels, la recherche de mécanismes de financement innovants et le développement de partenariats entre les secteurs public et privé. Les participants sont également invités à formuler des propositions concrètes pour soutenir les artistes et les entreprises culturelles.

L’Union européenne a, pour sa part, réaffirmé son soutien au secteur. Son ambassadeur au Burkina Faso, Philippe Bronchain, a salué la qualité des REMA et souligné les disparités de rémunération entre les artistes africains et américains sur les plateformes numériques.

Selon lui, une meilleure visibilité de la musique africaine pourrait favoriser l’arrivée de nouveaux sponsors et renforcer les capacités des professionnels du secteur.

À travers cette 9e édition, les REMA entendent ainsi faire évoluer la place des artistes africains dans l’économie numérique et encourager la transformation de leur audience en un soutien concret à leurs carrières.