Burkina Faso : le Fonds de soutien patriotique dépasse 250 milliards FCFA en neuf mois

Le Fonds de soutien patriotique (FSP) a déjà dépassé son objectif annuel. Entre le 1er janvier et le 29 septembre 2026, le mécanisme a mobilisé exactement 250 158 437 479 FCFA, soit 125 % de la prévision fixée à 200 milliards FCFA.

Le ministère de l’Économie a rendu publics ces chiffres mercredi, mettant en évidence une progression soutenue des ressources collectées depuis le début de l’année. Les prélèvements et taxes constituent la principale source de financement, avec 100,9 milliards FCFA, soit 40,37 % du montant total mobilisé.

Dans le détail, les prélèvements appliqués aux produits importés ont généré 16,03 milliards FCFA. Les retenues obligatoires sur les salaires des travailleurs du secteur public se sont élevées à 29,9 milliards FCFA. Pour le secteur privé, elles ont rapporté 5,7 milliards FCFA sur la seule période allant du 1er au 29 septembre.

La téléphonie et la télévision ont également contribué à cette mobilisation, avec 18,7 milliards FCFA de prélèvements.

À travers une publication consacrée à ces résultats, le ministre de l’Économie, Aboubakar Nacanabo, a adressé ses remerciements au peuple burkinabè : « Merci au vaillant peuple burkinabè ».

La progression des recettes apparaît particulièrement nette au cours du troisième trimestre. Au 28 juin 2026, le FSP avait déjà mobilisé plus de 162,3 milliards FCFA, correspondant à plus de 81 % de son objectif annuel. En trois mois, environ 88 milliards FCFA supplémentaires sont donc venus alimenter le fonds, permettant de franchir largement la barre des 200 milliards FCFA prévue pour l’ensemble de l’année.

Créé en janvier 2023, le Fonds de soutien patriotique constitue l’un des mécanismes mobilisés par le Burkina Faso pour financer la lutte contre le terrorisme et renforcer ses capacités de défense. Il repose notamment sur les contributions volontaires des citoyens, des entreprises et de la diaspora, auxquelles s’ajoutent des taxes et prélèvements spécifiques.

Les ressources collectées permettent notamment de prendre en charge les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), à travers leur paiement, leur équipement et leur approvisionnement en carburant. Elles participent également au financement de l’acquisition de matériels stratégiques, de tenues et d’équipements de campement destinés aux forces armées.

Sur la période 2023-2025, la mobilisation cumulée du FSP avait atteint environ 496,9 milliards FCFA, selon les données du ministère de l’Économie. Ce niveau était déjà supérieur aux prévisions initiales.

Burkina Faso : les Douanes collectent 126 milliards FCFA en septembre, au-dessus de leur objectif

Les Douanes burkinabè terminent le mois de septembre sur une note positive. Elles ont mobilisé 126 milliards de FCFA de recettes, dépassant de 9 milliards l’objectif fixé à 117 milliards de FCFA.

Cette performance a été saluée par le directeur général des Douanes, Yves Kafando. Dans un message adressé à ses collaborateurs, il a mis en avant « l’engagement, la détermination et les efforts collectifs » ayant permis d’atteindre ce niveau de mobilisation.

« Nous avons démontré notre capacité collective à atteindre des résultats remarquables. Continuons à avancer ensemble », a déclaré le directeur général.

Malgré ce dépassement, Yves Kafando appelle les agents à maintenir leurs efforts jusqu’à la fin de la période afin de consolider les résultats enregistrés. L’objectif est de préserver cette dynamique alors que les Douanes abordent le dernier trimestre de l’exercice budgétaire avec un niveau de recettes supérieur aux prévisions.

En parallèle, l’administration douanière entend poursuivre ses opérations de lutte contre la fraude. Le directeur général a annoncé que les résultats de ces opérations feront prochainement l’objet d’une présentation à la presse.

Ces actions devraient notamment contribuer à renforcer la sensibilisation sur les conséquences de la fraude et, par conséquent, à soutenir les efforts de mobilisation des ressources publiques.

Avec les 126 milliards de FCFA enregistrés en septembre contre 117 milliards prévus, les Douanes burkinabè affichent ainsi un dépassement de 9 milliards de FCFA par rapport à leur objectif mensuel, dans un contexte où les recettes publiques restent un enjeu majeur pour le financement de l’action de l’État.

Burkina Faso : Karamoko Jean Marie Traoré renforce les liens avec l’Iran et l’Algérie

En marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean Marie Traoré, a multiplié les échanges diplomatiques. Le mercredi 30 septembre 2026, il s’est notamment entretenu avec ses homologues de la République islamique d’Iran et de l’Algérie, autour des perspectives de coopération entre leurs pays.

Avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, les discussions ont porté sur le renforcement des relations entre Ouagadougou et Téhéran, mais également sur les perspectives de rapprochement entre l’Iran et la Confédération des États du Sahel (AES).

À cette occasion, le chef de la diplomatie iranienne a exprimé sa reconnaissance aux autorités burkinabè pour la participation de Karamoko Jean Marie Traoré aux obsèques du Guide suprême iranien, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, ainsi que pour la solidarité manifestée par Ouagadougou à l’égard de Téhéran face aux agressions extérieures.

Abbas Araghchi a également fait part de la volonté de l’Iran de consolider ses relations avec les pays de l’AES. Il a ainsi souhaité l’organisation prochaine d’une rencontre réunissant la République islamique d’Iran et la Confédération des États du Sahel.

Une proposition accueillie favorablement par le Burkina Faso. Karamoko Jean Marie Traoré a salué la dynamique de coopération entre les deux pays et estimé que la qualité des relations bilatérales ouvrait la voie à de nouvelles initiatives dans des secteurs présentant un intérêt commun pour les peuples burkinabè et iranien.

Concernant la concertation envisagée entre Téhéran et l’AES, le ministre burkinabè a indiqué qu’il entendait prendre attache avec ses homologues du Mali et du Niger afin d’échanger sur les modalités de son organisation.

Avec l’Algérie, le Burkina Faso entend également donner une nouvelle impulsion à ses relations bilatérales. Lors d’une audience sollicitée par le ministre d’État, ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, celui-ci a exprimé la disponibilité de son pays à renforcer le dialogue avec Ouagadougou afin de donner davantage de substance à leur coopération.

Karamoko Jean Marie Traoré a assuré que le Burkina Faso s’inscrivait dans la même dynamique. Selon lui, la profondeur des relations historiques entre les deux pays constitue une base pour relancer leur coopération et préserver les intérêts de leurs populations, qui partagent plusieurs valeurs communes.

Le chef de la diplomatie burkinabè a par ailleurs salué la participation de l’Algérie à l’événement parallèle organisé par la Confédération des États du Sahel en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Il s’est également félicité de la décrispation des tensions entre l’Algérie et les deux autres membres de l’AES, le Mali et le Niger. Pour le ministre burkinabè, cette évolution contribue à préserver les liens sociaux et historiques qui unissent les peuples de la région, au-delà des divergences politiques susceptibles de survenir.

Burkina Faso : 136 nouveaux officiers spécialistes rejoignent les Forces armées

Les Forces armées burkinabè renforcent leurs effectifs avec l’arrivée de 136 nouveaux officiers spécialistes. Ils ont officiellement rejoint les rangs de l’armée mardi, à l’issue de leur formation à l’Académie militaire Georges-Namoano (AMGN).

La cérémonie de sortie de la 16e promotion des élèves officiers spécialistes s’est déroulée au camp Guillaume-Ouédraogo, à Ouagadougou, en présence du chef d’état-major général des armées, le général de division Moussa Diallo.

Cette nouvelle promotion est composée de 136 jeunes officiers. Parmi eux, 103 ont été recrutés par voie de concours directs, tandis que 33 sont issus du continuum de formation. Leur cursus leur a permis d’acquérir des compétences dans 29 spécialités.

Avec leur intégration dans les Forces armées nationales, ces nouveaux sous-lieutenants viennent renforcer les ressources humaines disponibles dans différents domaines spécialisés. Leur arrivée doit ainsi contribuer au développement des capacités techniques et opérationnelles de l’armée.

À l’occasion de la cérémonie, le général Moussa Diallo a félicité les nouveaux officiers pour le parcours accompli au cours de leur formation. Il les a également appelés à demeurer attachés aux valeurs d’honneur, de discipline et de loyauté.

Pour le chef d’état-major général des armées, ces principes constituent le socle de leur engagement et doivent guider leur action au service de la patrie.

La sortie de la 16e promotion intervient dans un contexte où les Forces armées burkinabè poursuivent le renforcement de leurs capacités humaines et opérationnelles, alors que le pays fait face depuis plusieurs années à une situation d’insécurité.

ONU : Karamoko Jean Marie Traoré échange avec Antonio Guterres et la directrice exécutive de l’UNFPA

En marge des activités diplomatiques à New York, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a échangé avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, ainsi qu’avec la directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Diené Keita.

Le 28 septembre 2026, le secrétaire général de l’ONU a reçu en audience le chef de la diplomatie burkinabè. Les discussions ont principalement porté sur les enjeux sécuritaires et climatiques, ainsi que sur les relations de coopération entre les Nations unies et le Burkina Faso.

Au cours de l’entretien, Antonio Guterres a notamment souligné que le programme d’action des Nations unies au Burkina Faso s’inscrit dans les priorités définies par les autorités nationales. Selon lui, l’action de l’organisation dans le pays est ainsi alignée sur les orientations retenues par le gouvernement burkinabè.

Plus largement, le secrétaire général de l’ONU a indiqué que l’Afrique occupera une place importante dans les prochaines actions de l’organisation. Il a évoqué, à ce propos, la nécessité de corriger ce qu’il considère comme une injustice persistante à l’égard du continent, notamment en matière de représentation au Conseil de sécurité et au sein des instances décisionnelles des institutions de Bretton Woods.

Antonio Guterres a également évoqué les difficultés liées au poids de la dette africaine et au manque de financements consacrés à l’adaptation au changement climatique.

De son côté, Karamoko Jean Marie Traoré a salué la pertinence de l’action des Nations unies sur le terrain au Burkina Faso. Il a également adressé ses « vives et sincères félicitations » à Antonio Guterres pour l’héritage qu’il s’apprête à laisser après dix années passées à la tête de l’organisation.

Le ministre burkinabè a par ailleurs réitéré ses réserves à l’égard de certains discours sur la situation sécuritaire au Sahel. Il a estimé que les pays membres de la Confédération des États du Sahel ont, au fil du temps, mieux identifié ce qu’ils considèrent comme la nature du problème sécuritaire dans la région, devenu, selon lui, un instrument de politique étrangère pour certains États.

Le ministre des Affaires étrangères a poursuivi ses échanges à New York le 29 septembre, avec une rencontre au siège de l’UNFPA avec sa directrice exécutive, Diené Keita.

La responsable de l’agence onusienne a réaffirmé l’engagement de l’UNFPA à poursuivre une collaboration étroite avec le Burkina Faso afin d’apporter des réponses concrètes aux besoins des populations.

Diené Keita a également salué les efforts déployés par le Burkina Faso dans la gestion des questions liées aux populations. Elle a estimé que ces initiatives mériteraient d’être davantage valorisées.

Dans cette perspective, la directrice exécutive de l’UNFPA envisage une visite au Burkina Faso. Celle-ci devrait lui permettre de mieux appréhender les réalités du terrain et d’adapter davantage l’appui de l’agence aux initiatives portées par le gouvernement.

Pour sa part, Karamoko Jean Marie Traoré a indiqué que le Burkina Faso accordait de l’importance à son partenariat avec l’UNFPA, notamment au regard de l’impact de ses interventions sur le terrain.

Le chef de la diplomatie burkinabè a assuré que les autorités nationales restent disposées à renforcer et à consolider cette coopération avec l’agence des Nations unies.

Burkina Faso : 1 888 agents de santé achèvent leur immersion patriotique à Loumbila

À Loumbila, une nouvelle promotion de professionnels de santé vient de boucler une étape particulière avant de rejoindre ses futures structures d’affectation. Après dix jours de formation civique et militaire, 1 888 agents recrutés en 2025 ont officiellement achevé, lundi 28 septembre 2026, leur immersion patriotique. Baptisée « Les sentinelles de la santé », cette promotion doit contribuer au renforcement des effectifs des futurs centres médicaux communaux (CMC), dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS).

La cérémonie officielle de sortie s’est tenue à l’Institut national de formation des personnels de l’éducation (INFPE), ex-ENEP de Loumbila. Organisée par le Bureau national des grands projets du Burkina (BN-GPB), en collaboration avec le ministère de la Santé, cette immersion s’inscrit dans la volonté de renforcer les ressources humaines du système sanitaire national.

Au total, 1 888 professionnels ont pris part à la formation, répartie en deux vagues. La première cohorte a été accueillie du 6 au 16 septembre, tandis que la seconde a effectué son immersion du 18 au 28 septembre 2026.

Cette promotion réunit plusieurs catégories de professionnels : médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, infirmiers, sages-femmes et maïeuticiens, technologistes biomédicaux ainsi que techniciens spécialisés.

La cérémonie de clôture a notamment été rythmée par des démonstrations de secourisme au combat et des exercices de tir effectués par les appelés. Une remise symbolique d’attestations aux stagiaires a également eu lieu, sous la conduite du ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Kargougou.

« Un amour et un engagement plus fermes à servir notre patrie »

Au nom de la promotion, Viviane Ky, sa déléguée, a insisté sur les enseignements tirés de cette immersion, notamment en matière de patriotisme et d’engagement professionnel.

« Nous sommes venus ici en tant que professionnels de santé, nous repartons toujours en tant que professionnels de santé, mais avec un amour et un engagement plus fermes à servir notre patrie », a-t-elle déclaré.

Pour la représentante des bénéficiaires, la mission des agents de santé ne se limite pas aux soins dispensés dans les établissements sanitaires. Elle implique également de porter auprès des patients et des communautés les valeurs attachées au service de la nation.

Viviane Ky a ainsi réaffirmé l’engagement de la promotion à exercer ses missions « avec compétence, dignité et humanité ». Désormais, les « sentinelles de la santé » sont appelées à mettre en pratique ces valeurs dans leurs différentes structures d’affectation.

Discipline, éthique et sens du devoir

Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Kargougou, a pour sa part rappelé la finalité de cette immersion : préparer les nouvelles recrues aux exigences liées à l’exercice du service public.

Il a particulièrement insisté sur la discipline, l’éthique, la disponibilité et le sens du devoir, tout en exhortant les agents à rejoindre leurs postes d’affectation, à respecter les règles de déontologie et à veiller à la préservation des biens publics.

Les 1 888 recrues se répartissent notamment entre 492 médecins généralistes, 78 pharmaciens généralistes, 4 chirurgiens-dentistes généralistes, 21 médecins spécialistes, 10 pharmaciens spécialistes, 542 infirmiers, 351 sages-femmes et maïeuticiens, 173 technologistes biomédicaux, 42 techniciens supérieurs en imagerie médicale et 175 techniciens d’hygiène hospitalière.

Pour le ministre, la réussite de cette immersion ne se mesurera pas uniquement à la formation reçue à Loumbila. Elle devra surtout se traduire dans le comportement des agents et dans la qualité des soins apportés aux populations.

Le directeur exécutif du Bureau national des grands projets du Burkina (BN-GPB), le professeur Amidou Sawadogo, a également appelé les appelés à faire preuve d’intégrité et d’humanisme dans l’exercice de leurs professions.

Des ressources humaines pour les futurs centres médicaux communaux

Cette formation accompagne la mise en œuvre de l’Initiative présidentielle pour la santé. Celle-ci prévoit notamment la construction de 55 centres médicaux communaux à travers le Burkina Faso, ainsi que la réalisation de services d’anesthésie-réanimation.

L’enjeu est donc également de disposer des ressources humaines nécessaires au fonctionnement de ces nouvelles infrastructures sanitaires. À travers cette immersion patriotique, les autorités burkinabè entendent préparer les professionnels appelés à prendre part à cette nouvelle étape du renforcement du système de santé national.

ONU : le Burkina Faso porte la voix de la Confédération des États du Sahel

Voici en intégralité la déclaration du Burkina Faso, prononcée au nom de la Confédération des États du Sahel (AES), par le ministre des Affaires étrangères burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, à l’occasion de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies.

«Monsieur le Président,.Excellences, Mesdames et Messieurs,

J’ai l’insigne honneur de porter, depuis cette tribune, la voix de Leurs Excellences Le camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, Chef de l’État et Président de la Confédération des États du Sahel (AES) ; Le Général d’Armée Assimi GOITA Président de la Transition, Chef
de l’Etat de la République du Mali et Le Général d’Armée Abdourahamane TIANI, Président de la République du Niger, Chef de l’Etat.

En leurs noms, la Confédération des États du Sahel vous adresse, Monsieur le Président, ses chaleureuses félicitations pour votre élection à la présidence de la 81ᵉ session. Elle vous formule ses vœux de succès dans l’accomplissement de votre mandat et s’associe à la fierté du peuple ami de Bangladesh. À Son Excellence Madame Annalena BAERBOCK, nous réitérons notre positive appréciation pour la conduite avec dextérité, des travaux de la 80ᵉ session.

Monsieur le Président,
C’est avec le cœur habité par la mémoire de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes du Burkina Faso, du Mali et du Niger, innocentes victimes du terrorisme, que je prends la parole. Mais c’est aussi avec la fierté tirée de la résilience des populations du Sahel, et de l’espoir porté par la bravoure des forces de défense et de sécurité de la Confédération, ainsi que du rôle crucial joué par les Volontaires pour la défense de la patrie que je suis commis à la mission noble de porter cette déclaration.

Aussi, voudrais-je avoir une pensée pieuse aux familles endeuillées, aux communautés meurtries et à toutes celles et tous ceux dont la vie a été affectée par la barbarie terroriste.

Depuis plus d’une décennie, cette violence aveugle est entretenue, armée, financée et instrumentalisée par des réseaux criminels et leurs soutiens, déterminés à soumettre le Sahel par la peur. Mais qu’ils l’entendent ici: ils n’y parviendront pas.

Je m’incline avec un profond respect devant la mémoire des forces de défense et de sécurité de la Confédération des Etats du Sahel, nos volontaires pour la défense de la patrie et toutes nos forces patriotiques tombés sur le champ d’honneur.

En évoquant leur mémoire, j’ai une pensée pieuse pour le Général d’Armée Sadio CAMARA lâchement assassiné le 25 avril 2026 pour son engagement pour la paix au Mali et au Sahel.
Le sacrifice suprême que nos héros ont consenti est la semence de liberté, de justice et de souveraineté auxquelles aspirent nos peuples opprimés. Il est la source nourricière quotidienne de notre détermination collective à reconquérir l’intégrité de nos territoires, à défendre notre dignité et à garantir notre droit sacré de vivre libres, en paix et en sécurité.

Au peuple de la Confédération des Etats du Sahel, y compris sa diaspora, je rends un hommage appuyé et leur renouvelle ma fierté. Le courage, la résilience, l’engagement et la mobilisation dont ils font preuve chaque jour, en soutien aux efforts des Chefs d’État de la
Confédération AES, demeurent le centre de gravité de notre marche vers la souveraineté, la stabilité et le développement.

À tous les peuples d’Afrique et du monde qui partagent notre lutte et qui se reconnaissent dans l’idéal de paix, de dignité et de liberté, porté par la Confédération AES, je réitère ma gratitude.

Monsieur le Président,
La dynamique confédérale engagée et assumée par nos États, loin d’être un isolement, est la traduction du refus de la fatalité et de la tutelle chronique ainsi que du rejet de l’indignation sélective devant le drame humain. Elle est le signe de la volonté partagée de nos États, de sortir du cercle vicieux de la domination structurelle et de l’exploitation profondément enracinées dans les relents colonialistes et néocolonialistes. Elle porte en elle l’espérance de la renaissance du Sahel central, longtemps étiqueté sous tous les qualificatifs dévaluants.

La nouvelle marche engagée depuis le 16 septembre 2023 par l’adoption de la Charte du Liptako-Gourma, consolidée par la création de la Confédération des États du Sahel le 06 juillet 2024, a dévoilé un nouvel horizon pour les peuples de l’AES.

Chaque pan de territoire reconquis, chaque base terroriste détruite, chaque combat gagné sur les forces du mal, chaque école réouverte, chaque village réinstallé, chaque réforme initiée, nous rapproche de ce nouvel horizon défendu avec détermination par le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Le Général d’Armée Assimi GOITA et le Général d’Armée Abdourahamane TIANI.
Sous leur leadership éclairé, contre vents et marrées, l’Alliance des États du Sahel s’affirme chaque jour en prenant en main et en assumant son destin. Un destin de dignité, de prospérité, de liberté et de justice.

Elle s’affirme grâce à la mobilisation d’un peuple sur un espace commun pour un destin partagé : « Un peuple, un espace, un destin » : cette devise guide chacune de nos actions et s’incarne dans l’opérationnalisation de la Force unifiée de la Confédération, tout comme elle s’incarne dans la création de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement. Elle s’incarne dans la consolidation des relations entre l’ensemble des institutions des pays de l’AES, tout comme elle s’incarne dans le renforcement des liens historiques séculaires entre les communautés et les forces vives de notre espace. Enfin, cette devise vit dans la cohésion diplomatique des trois Etats, illustrée, de la plus belle des manières, par le présent discours prononcé au nom des Etats de la Confédération AES, au nom des Peuples de la Confédération AES et au nom de la Diaspora de la Confédération AES.

Monsieur le Président,
L’AES salue le choix du thème de la présente session : « Reconstruire la confiance, gérer la transformation : une Organisation pour tous ».

En lui tout seul, ce thème est un aveu indéniable : l’aveu d’une confiance érodée entre les membres du fait des doubles standards, des positions partiales, de l’injustice institutionnalisée, de l’instrumentalisation des institutions et des procédures ; l’aveu que notre Organisation peine à s’adapter aux changements pourtant flagrants, d’un monde en constante évolution ; et l’aveu de reconnaissance que notre organisation, hélas, n’est plus pour tous, mais appartient davantage à des acteurs choisis selon leur puissance et leurs intérêts.

Les couplets d’espoir déclinés dans la Charte des Nations Unies et faisant l’éloge de la paix, sont méprisés, le droit international martyrisé et torturé par des membres dont la propension à la domination, au néocolonialisme et à l’hégémonie est sans appel.

Oui il faut reconstruire la confiance ; c’est une ambition que nous partageons. Mais cela suggère que notre Organisation cesse d’être le porte-voix ou le faire-valoir de quelques puissances pour devenir la maison commune des peuples, égaux en dignité, égaux en droits et égaux en souveraineté. C’est à la lumière de cette exigence, et de ce qui se joue au Sahel, que nous prenons part à ces délibérations.

Pour la Confédération des États du Sahel, reconstruire la
confiance rime impérativement avec l’arrêt immédiat des soutiens étatiques aux terroristes, car le terrorisme ne saurait continuer à être un instrument de la politique étrangère de certaines puissances.

La Confédération des États du Sahel n’est pas confrontée à une simple addition de groupes terroristes isolés. Nous faisons face à une entreprise persistante de déstabilisation, soutenue par des moyens considérables et orientée contre le droit de nos peuples à vivre en paix, à choisir leurs dirigeants, à disposer de leurs ressources et à exercer pleinement leur souveraineté.
Les attaques terroristes, notamment celles perpétrées les 25 avril et 04 juillet 2026 en République du Mali ; le 18 juin et les 29 et 30 août 2026 en République du Niger, illustrent parfaitement ce constat.

Disons-le sans détour : les chaînes d’approvisionnement, les capacités techniques et l’emploi coordonné de tels moyens conventionnels ne naissent pas du néant. Derrière le bras meurtrier du terroriste se dessinent des soutiens structurés, y compris étatiques, mus par la volonté de reconquérir des avantages et des privilèges perdus. Nous demandons à la communauté internationale de regarder les faits en face, d’enquêter avec sérieux et de condamner, sans calcul géopolitique, tous ceux qui financent, arment, renseignent ou protègent les terroristes. Le silence, face à de tels agissements, n’est plus de la prudence, mais une complicité.

Monsieur le Président,
Reconstruire la confiance rime également avec le respect
strict de la souveraineté des États ; il rime avec le développement du partenariat et non de l’asservissement ; il rime avec une justice affranchie des velléités néocolonialistes. Toute chose contraire à l’instrumentalisation de certains mécanismes internationaux de défense des droits humains à des fins de pression politique contre nos pays, tel le rôle mal choisi par le Parlement européen pour justifier une éventuelle offensive néocoloniale à travers ses résolutions mal fondées contre le Sahel.

Monsieur le Président
La confiance ne peut renaître dans une Organisation qui invoque le droit pour les uns et tolère l’arbitraire pour les autres, qui exige des faibles ce qu’elle n’ose pas demander aux puissants.
La promotion et la protection des droits fondamentaux constituent, pour nos États, une responsabilité pleinement assumée. Nous l’exerçons dans un contexte de violence extrême imposée à nos populations par des terroristes. Lorsque nos États adoptent des mesures
exceptionnelles, strictement encadrées par leurs législations nationales et leurs obligations internationales, ils agissent pour protéger les populations, préserver l’ordre public et garantir la sécurité nationale. Car le premier droit humain est le droit à la vie ; la première liberté d’un peuple est de ne pas vivre sous la terreur.

Nous constatons que ces mesures font trop souvent l’objet de lectures partielles et sélectives, sans considération suffisante pour les réalités du terrain. La Confédération réaffirme son attachement à un traitement impartial, objectif et non sélectif des droits humains. Elle appelle à un dialogue fondé sur le respect mutuel, la bonne foi et la rigueur des faits. Nous acceptons l’examen impartial et objectif ; en revanche nous rejetons le procès politique. Oui pour le respect du droit ; mais nous refusons son instrumentalisation.

C’est précisément en raison de manquements graves, d’une sélectivité persistante et d’une politisation devenue manifeste que nos États ont souverainement décidé de se
retirer de la Cour pénale internationale et ont formellement notifié leur retrait du Statut de Rome.
Justice internationale, oui ; justice à géométrie variable, non. La Confédération demeure attachée à des institutions multilatérales indépendantes, impartiales et crédibles.

Monsieur le Président,
La Confédération des États du Sahel s’érige contre la
domination, l’exploitation et le mépris.
Elle adhère à la vision d’une Afrique réhabilitée dans sa dignité, qui choisit sa propre voie, qui s’assume, qui s’émancipe des contraintes et des pesanteurs d’autrefois, pour être maitresse de son destin.

À cet égard, la Confédération des États du Sahel salue l’adoption, le 25 mars 2026, par l’Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution reconnaissant la traite
transatlantique des Africains réduits en esclavage et le système d’asservissement racial comme le crime le plus grave contre l’humanité. C’est le lieu de réitérer nos vives
félicitations aux plus Hautes autorités de la République du Ghana et à l’ensemble des communautés afrodescendantes qui ont porté ce dossier avec le soutien de tous, pour franchir ce pas décisif vers la justice.

Cette reconnaissance historique, inscrite dans une marche noble, doit ouvrir la voie à la vérité, à la mémoire, aux réparations et à une transformation réelle des rapports internationaux hérités de l’esclavage et de la colonisation.

C’est également le lieu de saluer la récente adoption, il y a à peine trois semaines, le 04 septembre dernier, de la résolution A/80/L.104, visant à redonner sa grandeur naturelle à l’Afrique après plusieurs siècles de sous- estimation et de minimisation de la taille de notre cher continent. Nous félicitions les plus Hautes Autorités de la République togolaise pour avoir porté, avec dextérité, la mission qui lui a été confiée dans le cadre du plaidoyer ayant permis cette victoire légitime.

Monsieur le Président,
Sur le chapitre de la paix et de la sécurité internationale, notre monde reste confronté à la multiplication des conflits armés, à l’émergence de nouvelles crises et au retour de la loi du plus fort. Les approches unilatérales, les sanctions hors du droit, les interventions sélectives et les doubles standards fragilisent l’ordre international et mettent à rude épreuve le système multilatéral.

La Confédération AES appelle à la cessation immédiate des violences contre les populations civiles, à un accès humanitaire sans entrave et à une solution politique juste et durable. L’incapacité du Conseil de sécurité à prévenir ou à résoudre durablement ces crises révèle les limites d’un système qui protège trop souvent les intérêts de puissances au détriment de la vie humaine.

Sur le chapitre du développement, la Confédération demeure préoccupée par l’aggravation des vulnérabilités climatiques, la multiplication des crises humanitaires, et l’utilisation malveillante des technologies de l’information et de l’intelligence artificielle à des fins de manipulation et de déstabilisation. Les conclusions du Forum politique de haut niveau de juillet 2026 confirment que la communauté internationale demeure éloignée des Objectifs de développement durable. À quatre années de l’échéance de 2030, le temps n’est plus aux déclarations rituelles : il est à l’action, au financement équitable et à la justice économique.

Face à ces défis, des réponses collectives, ambitieuses et solidaires s’imposent. Le Pacte pour l’avenir, le Compromis de Seville, le Programme d’action de Doha, l’initiative UN80 et le Programme d’action d’Awaza pour les Pays en développement sans littoral peuvent contribuer à rendre le système multilatéral plus efficace, plus inclusif et davantage orienté vers les résultats, à condition qu’ils ne restent pas des promesses. Nos priorités doivent être clairement définies : réduire la fracture numérique, renforcer la résilience climatique, investir dans le capital humain, consolider les systèmes de santé et d’éducation, soutenir l’industrialisation, assurer la participation effective des jeunes et des femmes aux décisions. La solidarité internationale est nécessaire ; mais l’expérience de l’AES démontre aussi que la mobilisation des ressources internes, appuyée sur la confiance, la solidarité nationale et la participation citoyenne, est le premier levier de la libération économique.

Monsieur le Président,
La Confédération des États du Sahel soutient les efforts engagés dans le cadre de l’Initiative UN80, convaincue que notre Organisation doit connaître une profonde mue pour répondre aux défis contemporains. Mais la réforme ne saurait être un prétexte pour réduire davantage la présence des Nations Unies dans les pays. Elle doit être politique, démocratique et courageuse dans les redistributions des voix, des responsabilités et des pouvoirs.

La réforme du Conseil de sécurité ne peut plus attendre. Elle doit renforcer la transparence et la redevabilité, mettre fin aux doubles standards, adapter l’Organe à la réalité géopolitique. La Confédération AES réaffirme réitère son soutien au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte.

La crédibilité de l’Organisation des Nations Unies dépendra de sa capacité à faire respecter, avec la même rigueur et sans distinction, la Charte, le droit international et l’égalité souveraine des États. Dans cet esprit, la Confédération AES réitère son appel à la levée de toutes les mesures coercitives unilatérales contraires au droit international, y compris l’embargo imposé à la République de Cuba. La réforme de la gouvernance mondiale doit également transformer l’architecture financière internationale : représentation plus équitable des pays en développement dans les institutions financières internationales, traitement juste de la dette, accès réel aux financements du développement, commerce international plus équitable et respect des priorités nationales.

Monsieur le Président,
La Confédération AES demeure résolument engagée à œuvrer, aux côtés de tous les États membres des Nations Unies, à l’avènement d’un ordre international plus juste, plus équitable et plus solidaire, fondé sur la dignité des peuples, l’égalité souveraine des États, la justice internationale et le règlement pacifique des différends. Mais notre coopération ne sera jamais synonyme de soumission, et notre ouverture ne signifiera jamais l’abandon de nos intérêts vitaux.

C’est à cette condition seulement que nous pourrons restaurer la confiance entre les Nations, rendre sa crédibilité à notre Organisation et offrir aux générations présentes et futures un monde plus sûr, plus prospère et plus respectueux des aspirations de tous les peuples.

Nous ne demandons à personne la permission d’exister. Nous ne sollicitons de personne un certificat de souveraineté. Nous avançons, unis et debout, parce que notre cause est juste et parce que notre avenir nous appartient.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégation, Mesdames et Messieurs,
A titre national, je voudrais maintenant porter à l’attention de notre auguste Assemblée quelques considérations sur la situation de mon pays.

Le Burkina Faso s’est engagé dans une dynamique de transformation profonde, portée par la Révolution progressiste populaire. À l’heure où nous nous apprêtons à en commémorer le quatrième anniversaire, nous pouvons, avec responsabilité et lucidité, relever les avancées enregistrées dans plusieurs domaines de la vie nationale.

Sur le plan économique, le Burkina Faso poursuit résolument ses efforts en faveur d’une transformation structurelle de son économie et d’un développement davantage fondé sur ses propres potentialités. En synergie avec les autres États membres de la Confédération des États du Sahel, notre pays œuvre à renforcer ses capacités productives, à valoriser ses ressources nationales et à promouvoir davantage la transformation locale de nos matières premières.
Dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie notamment, des initiatives présidentielles importantes sont mises en œuvre afin de stimuler la production nationale, de créer des emplois et de renforcer la participation de nos populations à l’activité économique.

Sous le leadership du Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, Président du Faso, le Burkina Faso a fait le choix de placer le peuple au cœur de toute dynamique, en encourageant la création de nouvelles unités de production et de transformation et en favorisant une meilleure valorisation de nos ressources. À travers des initiatives porteuses d’espoir, notamment les six grandes initiatives présidentielles, notre économie se dynamise et se consolide progressivement.
Notre ambition est de fortifier les bases d’un développement endogène, durable et inclusif, tout en poursuivant la refondation profonde de notre société et le renforcement de notre souveraineté économique.

Cette transformation concerne également les infrastructures, dont le développement accompagne progressivement la dynamique de modernisation et de transformation structurelle de notre économie.

Le Plan RELANCE 2026-2030 constitue, à cet égard, un cadre majeur pour consolider cette orientation et accompagner les mutations engagées dans notre pays.
En comptant d’abord sur nos propres forces, en faisant le choix d’exploiter et de transformer localement nos ressources, nous entendons créer davantage de valeur au sein de notre économie et faire en sorte que les richesses de notre pays bénéficient prioritairement à nos populations.

Sur le plan sécuritaire, le Burkina Faso, en coordination avec les pays de notre confédération, poursuit ses efforts en vue de restaurer durablement la paix, la sécurité et la cohésion sociale sur l’ensemble de son territoire.

Plus de 74 %du territoire national sont désormais sous son contrôle. Nos Forces de défense et de sécurité, ainsi que nos Volontaires pour la défense de la Patrie, poursuivent leurs opérations contre les groupes terroristes et les bandes criminelles.

Ces évolutions se traduisent notamment par la reconquête de plusieurs villages et localités, le retour progressif de milliers de personnes dans leurs lieux de résidence, la réouverture de dizaines d’établissements scolaires, ainsi que la reprise des activités dans plusieurs centres de santé et la réinstallation progressive de l’administration.

Ces avancées qui ne cessent de se consolider, sont le fruit des efforts et des sacrifices consentis par notre peuple, ainsi que de l’engagement de l’ensemble des acteurs mobilisés pour le rétablissement de la paix et de la sécurité.

Monsieur le Président,
Au Moyen-Orient, nous demeurons particulièrement préoccupés par la situation du peuple palestinien et les souffrances endurées par les populations civiles de Gaza. Face à cette tragédie, le Burkina Faso réaffirme son attachement à une solution politique durable fondée sur
la coexistence de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte -à -côte dans la paix et la sécurité, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies.

Sur un autre registre, le Burkina Faso demeure préoccupé par les conséquences des mesures coercitives unilatérales imposées à certains États, notamment à Cuba et au Nicaragua, dont les répercussions affectent durement les populations. Nous appelons, à cet égard, à privilégier le dialogue, la coopération et le respect mutuel entre les États.

S’agissant de la question du Sahara occidental, le Burkina Faso, fidèle aux principes consacrés par la Charte des Nations Unies, réaffirme son attachement au processus politique conduit sous les auspices du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Nous encourageons la poursuite des efforts visant à parvenir à une solution politique négociée entre parties, conformément aux résolutions pertinentes Conseil de sécurité.

Tout autant nous réaffirmons notre attachement principe d’une seule Chine.

Monsieur le Président,
À travers ces différentes considérations, le Burkina Faso voudrait réaffirmer une conviction essentielle : notre Organisation ne pourra répondre pleinement aux défis de notre temps que si elle demeure fidèle aux principes qui ont présidé à sa création.

Nous demeurons convaincus que, par le dialogue, la solidarité et la détermination, les Nations Unies ensemble avec nos peuples peuvent surmonter les épreuves auxquelles ils sont confrontés et construire les fondements d’un avenir de paix, de dignité et de prospérité partagée.

Un peuple – Un espace – Un destin.
Vive la Confédération des Etats du Sahel debout
Vive le Sahel debout.
Vive L’Afrique unie.
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons !

Je vous remercie».

Burkina Faso : RAFFINOR-BF, la première raffinerie d’or du pays, officiellement inaugurée

Le Burkina Faso vient de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation de ses ressources minières. Ce lundi 28 septembre 2026, à Ouagadougou, le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, a officiellement inauguré RAFFINOR-BF, la toute première raffinerie d’or du pays.

Implantée sur un site de 5 hectares à Ouaga 2000, cette infrastructure industrielle repose sur des équipements de pointe. Elle matérialise la volonté des autorités burkinabè de mettre progressivement fin à l’exportation de l’or sous sa forme brute et de faire davantage bénéficier le pays de la valeur générée par sa principale ressource minière.

L’investissement consacré à la réalisation de cette unité dépasse 11 milliards de francs CFA. Pour son démarrage, RAFFINOR-BF dispose d’une capacité de production annoncée à 164 tonnes d’or par an. Une extension est déjà programmée afin de porter cette capacité à 500 tonnes annuelles.

La raffinerie rassemble plusieurs installations destinées à couvrir les différentes étapes du traitement du métal précieux. Elle comprend notamment une fonderie, un laboratoire d’analyse de pointe, un espace de stockage sécurisé ainsi qu’une bijouterie intégrée.

Grâce à ces équipements, l’or pourra être traité jusqu’à atteindre un niveau de pureté de 99,99 %. La production est ainsi destinée à répondre aux exigences de la norme internationale Good Delivery.

Au-delà de ses performances industrielles, RAFFINOR-BF doit également jouer un rôle dans la stratégie économique du Burkina Faso. Portée par une main-d’œuvre locale qualifiée, l’infrastructure doit permettre au pays de conserver davantage de valeur issue de sa production aurifère et de renforcer sa maîtrise de la chaîne de valeur.

L’or occupe en effet une place centrale dans l’économie burkinabè, notamment en tant que pilier de la stabilité financière et réserve de valeur du pays. Avec cette raffinerie, le métal précieux produit au Burkina Faso sera désormais transformé sur le territoire national avant sa commercialisation internationale.

Le projet avait franchi une première étape en novembre 2023 avec la pose de sa première pierre. Son aboutissement traduit désormais l’ambition affichée de renforcer la transformation locale de l’or, d’accroître la valeur ajoutée conservée au Burkina Faso et de mieux organiser la commercialisation de la production aurifère nationale.

CAN 2032 : Ibrahim Traoré juge possible une organisation commune des pays de l’AES

Organiser la Coupe d’Afrique des nations 2032 dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) reste un chantier de taille. Entre les infrastructures sportives à renforcer, les capacités d’hébergement à développer et les impératifs de sécurité, le Burkina Faso, le Mali et le Niger auraient plusieurs défis à relever. Mais pour Ibrahim Traoré, cette perspective est loin d’être hors de portée.

Interrogé sur la possibilité de voir les trois pays de l’AES porter ensemble l’organisation de la CAN 2032, le président du Faso a écarté l’idée que les limites actuelles puissent constituer un obstacle définitif.

« Oui, si on veut, on peut. Le mot impossible, il faut écarter ça du vocabulaire. 2032, c’est encore loin. Si on veut, on peut. Et trois pays, c’est largement suffisant », a-t-il déclaré.

Dans cette vision, le Burkina Faso, le Mali et le Niger pourraient donc construire une candidature commune reposant sur leur coopération et sur une accélération des investissements. Le capitaine Ibrahim Traoré estime que les années qui séparent les trois pays de l’échéance de 2032 peuvent permettre de rattraper les retards et de préparer progressivement les conditions nécessaires à l’accueil d’une compétition de cette ampleur.

Pour le chef de l’État burkinabè, la construction d’infrastructures sportives ne constitue plus un obstacle insurmontable. Il estime même que le Burkina Faso pourrait, à lui seul, relever le défi s’il décidait d’organiser la compétition.

« Si on se met au sérieux, même le Burkina seul, si on décide qu’en 2032 on accueille la CAN, on va le faire. Aujourd’hui, construire un stade, ce n’est plus un mythe », a-t-il affirmé.

Le président assure d’ailleurs que le Burkina Faso travaille déjà à un vaste programme d’équipements sportifs, dans lequel les stades occupent une place importante.

Mais accueillir une CAN ne se résume pas aux enceintes sportives. La capacité à héberger les délégations, les supporters et les visiteurs constitue un autre volet essentiel de la préparation. À cela s’ajoute la question sécuritaire, particulièrement importante pour les trois pays de l’AES.

Sur ce point, Ibrahim Traoré assure que des capacités d’hébergement existent déjà et que les conditions de sécurité devront être réunies pour permettre aux visiteurs de circuler dans les différents pays en toute sécurité.

Au-delà de la compétition elle-même, une éventuelle CAN organisée dans l’espace de l’AES pourrait également servir de catalyseur à des projets de modernisation. Le développement des villes hôtes, le renforcement des infrastructures et l’amélioration des capacités d’organisation constitueraient autant de retombées potentielles pour les trois pays.

Ibrahim Traoré, lui, ne considère pas cette ambition comme démesurée. « Ce n’est pas la mer à boire. C’est bien possible. Ce n’est même pas trop ambitieux. C’est bien possible, et on va le faire », a-t-il assuré.

Burkina Faso : Ibrahim Traoré détaille les acquis et les ambitions de la Révolution progressiste populaire

À quelques jours de la date anniversaire de son accession au pouvoir, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a livré dimanche 27 septembre 2026 un long bilan de l’action menée au Burkina Faso. Face aux journalistes, le chef de l’État a passé en revue les principaux chantiers engagés depuis quatre ans, de la défense à l’économie, en passant par l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’éducation et les relations internationales.

Sur le front sécuritaire, Ibrahim Traoré s’est félicité du niveau d’aguerrissement des combattants burkinabè. Selon lui, l’armée dispose désormais de ressources humaines compétentes, dynamiques et déterminées, auxquelles s’ajoute un équipement conséquent destiné aussi bien à la lutte contre le terrorisme qu’à la préparation de la guerre pour la souveraineté du pays.

Le président du Faso a également assuré que plusieurs localités avaient été reconquises et que des populations avaient pu y être réinstallées, avec les moyens nécessaires au développement local durable. Il a estimé que l’armée est aujourd’hui capable de se déployer rapidement partout sur le territoire et dispose d’une puissance de feu importante, tandis que le courage des combattants engagés demeure, selon lui, sans limite.

Sur le plan économique, le chef de l’État a défendu la trajectoire de la Révolution progressiste populaire (RPP), qu’il juge « bonne et satisfaisante ». « En 4 ans, le pays se porte mieux », a-t-il déclaré, mettant en avant une économie qu’il estime dynamique et plusieurs indicateurs de performance au vert.

Il a notamment évoqué les efforts engagés pour assainir le milieu des affaires et renforcer la gouvernance. La régie des recettes, a-t-il relevé, affiche une croissance nette. Du côté des douanes, le président estime que la fraude constituait l’un des facteurs qui tiraient l’économie vers le bas. La lutte contre ce phénomène doit donc se poursuivre, avec un dispositif juridique et pénal appelé à devenir plus sévère.

Entreprises publiques et entrepreneuriat communautaire

La multiplication des entreprises et unités de transformation appartenant à l’État ne constitue pas, selon Ibrahim Traoré, une menace pour le secteur privé. Pour lui, il existe de la place pour tous les acteurs. Il appelle toutefois les entreprises privées à revoir leur approche afin de participer davantage aux objectifs collectifs du pays.

Le président du Faso a notamment cité la Société nouvelle huilerie et savonnerie Citec (SN-Citec) et la Nouvelle société sucrière de la Comoé (SN-SOSUCO), dont les chiffres d’affaires auraient progressé depuis leur nationalisation.

« Quand on les avait privatisées, c’était des étrangers qui avaient le dessus. Ça ne marche pas ainsi. L’Etat est capable. On a repris et on gère bien », a-t-il déclaré.

Pour accélérer l’industrialisation, le chef de l’État considère par ailleurs que la lutte contre la fraude reste indispensable. L’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC) a également occupé une place importante dans les échanges. Ibrahim Traoré considère cette initiative comme audacieuse, malgré les actes de sabotage qu’il affirme avoir été commis à ses débuts par certains Burkinabè.

Il a notamment cité la création de la Société burkinabè de tomate (SOBTO-SA) à Bobo-Dioulasso et la finalisation de la SOBTO-Tenkodogo. Avec le développement de l’industrie extractive, les souscripteurs à l’APEC pourraient, selon lui, voir les résultats s’accélérer.

Autoroute Ouagadougou-Bobo et maîtrise des infrastructures

Concernant le projet d’autoroute reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso, Ibrahim Traoré a expliqué que le Burkina Faso avait changé de paradigme dans la réalisation de ses infrastructures. Les travaux se poursuivent malgré les pluies. Le chef de l’État affirme que le pays dispose des ingénieurs, des ressources humaines et de plusieurs matières premières nécessaires à la réalisation des ouvrages, notamment la latérite, l’eau et le granit. Des centrales de concassage sont également en cours d’installation.

Seuls le carburant et le bitume, selon lui, ne sont pas disponibles localement. Sur la question du coût de la vie, Ibrahim Traoré a reconnu que la flambée des prix sur les marchés internationaux échappe au contrôle de l’État. Il a toutefois assuré que des mesures étaient prises pour réduire la pression sur les consommateurs.

Il a notamment souligné que, même si le Burkina Faso ne produit pas de pétrole, le prix du carburant y reste inférieur à celui pratiqué dans certains autres pays. Le président a par ailleurs mis en garde les commerçants qui fixent leurs prix à leur convenance.

Dans cette lutte, Faso Yaar doit prendre une nouvelle dimension. De grands entrepôts doivent prochainement être construits afin que cette structure puisse fonctionner comme des magasins de stockage où les commerçants viendraient s’approvisionner. Les produits concernés seront importés exclusivement par l’État, selon le chef de l’État.

Agriculture : cap sur la production en toute saison

L’Offensive agropastorale et halieutique a également été présentée comme l’un des acquis majeurs de ces dernières années. Son succès, selon Ibrahim Traoré, a conduit à la mise en place d’une deuxième phase, baptisée Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique pour la période 2026-2028.

L’objectif affiché est de permettre aux populations de produire en toute saison. L’État prévoit notamment de maintenir la disponibilité des semences et des engrais à proximité des producteurs.

Le président du Faso a également affirmé qu’en trois ans, les aménagements de barrages et de retenues d’eau réalisés par l’État représentaient deux à trois fois ceux effectués durant toute l’histoire du Burkina Faso.

Une opération qualifiée de « commando » doit désormais permettre d’intensifier l’aménagement des terres et d’améliorer les systèmes d’irrigation. Il est notamment prévu de passer progressivement de l’irrigation gravitaire à l’irrigation par aspersion, avec pour ambition de quintupler les superficies exploitées.

Patriotisme, formation et rétention des compétences

Autre chantier évoqué : l’immersion patriotique. Ibrahim Traoré la présente comme une nouvelle formule destinée à discipliner la population et à renforcer les valeurs patriotiques. Il a toutefois tenu à distinguer ce dispositif de la question de la création de réservistes.

Les programmes d’immersion ont commencé avec les bacheliers, auxquels il s’agit d’inculquer des valeurs de patriotisme et d’engagement citoyen. Dans le même temps, le gouvernement a décidé de maintenir au Burkina Faso les meilleurs bacheliers.

« Pourquoi l’Afrique doit accepter qu’on pille ses cerveaux en plus de ses ressources naturelles ? », s’est interrogé le président.

Il a insisté sur la nécessité de former les ingénieurs burkinabè dans le pays et de limiter la fuite des compétences vers l’étranger. Interrogé sur la possibilité pour les étudiants de se former hors du Burkina Faso avant de revenir, Ibrahim Traoré a estimé que certains pourraient subir à l’extérieur un « lavage de cerveau » susceptible de les éloigner de leurs attaches.

Il a néanmoins estimé que les conditions nécessaires devaient être créées pour permettre aux étudiants patriotes qui souhaitent revenir de le faire.

Énergie : la souveraineté comme priorité

Sur le dossier énergétique, Ibrahim Traoré a également défendu une conception stricte de la souveraineté. Il a notamment évoqué le projet de centrale nucléaire et estimé que la présence d’étrangers dans sa réalisation poserait la question de l’indépendance réelle du pays.

« On n’est pas pressé. Ça va prendre le temps qu’il faut. Mais, ce sont des Burkinabè qui vont y travailler », a-t-il assuré.

Pour atteindre l’indépendance énergétique, le président considère également nécessaire de renforcer les infrastructures de transport et les capacités nationales de production d’énergie.

AES : accélérer l’intégration et la coopération

Le chef de l’État burkinabè a par ailleurs abordé la situation au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a dénoncé les tentatives de déstabilisation dont le Mali et le Niger auraient été victimes et estimé que ces événements ne seraient pas les derniers.

Il a appelé les populations à se préparer à toute éventualité et déclaré ne pas être surpris par le refus de certains pays de reconnaître leur implication.

L’opérationnalisation de la force unifiée de l’AES se poursuit, selon lui, « lentement mais sûrement ». Ibrahim Traoré a toutefois estimé que la mise en place des différentes instances de la confédération devait encore gagner en rapidité et en efficacité.

La lutte contre les tracasseries rencontrées par les citoyens sur les différents corridors constitue également une priorité. Chaque pays doit, selon lui, mettre en place une structure dédiée à cette question, le Burkina Faso ayant déjà engagé cette démarche.

Les ressources de la banque de l’AES continuent par ailleurs de se constituer grâce aux taxes prélevées. La prochaine étape consistera à déterminer les projets qui bénéficieront de ces financements.

Sur la monnaie de l’AES, le président du Faso a appelé les populations à rester à l’écoute.

Concernant les rapports avec la CEDEAO, Ibrahim Traoré estime que les deux espaces doivent pouvoir cohabiter afin de faciliter la libre circulation des personnes et des biens. Il a également salué l’intérêt de la CEDEAO pour de nouveaux partenariats avec la Russie, qu’il considère comme disposant de nombreux atouts.

Le projet d’une candidature commune des pays de l’AES pour l’organisation de la CAN 2032 n’est, selon lui, pas irréaliste. « Si on veut, on peut, même le Burkina seul le peut. Ce n’est pas la mer à boire », a-t-il assuré.

Avec la France et l’Union européenne, pas de retour aux anciennes relations

Les relations avec la France ont également été abordées. Interrogé sur une éventuelle reprise des relations diplomatiques, Ibrahim Traoré a indiqué qu’un retour aux relations antérieures n’était pas envisageable.

« Non retour, c’est trop dire, mais, nos relations ne peuvent être comme avant », a-t-il déclaré, évoquant les accusations de volonté de déstabilisation formulées à l’encontre de la France.

Le président du Faso a également tenu un discours ferme sur la question de la sécurité et des personnes considérées comme des espions ou des traîtres, évoquant la peine de mort.

Avec l’Union européenne, les relations ne sont pas davantage au beau fixe. Le Burkina Faso se réserve, selon lui, le droit de mettre fin à la coopération en cas de manque de respect, notamment après une résolution adoptée par des députés du Parlement européen.

Concernant le retrait des pays de l’AES de la Cour pénale internationale (CPI), Ibrahim Traoré a salué la décision des trois États. Il a de nouveau critiqué la juridiction, qu’il a qualifiée d’« instrument de l’impérialisme et de domination », lui reprochant notamment son silence face aux souffrances des populations.

Vers une nouvelle Constitution

Enfin, le président du Faso a été interrogé sur son rapport à la démocratie et sur l’avenir institutionnel du Burkina Faso.

À la question de savoir s’il était anti-démocrate, Ibrahim Traoré a répondu que le pays se trouvait actuellement dans une révolution et qu’il entendait mettre en place un système propre au Burkina Faso.

« Il y aura une nouvelle constitution, mais en attendant, il faut tuer l’esprit politicien », a-t-il déclaré.

Le président en exercice de l’AES s’est dit confiant quant à l’avenir de la confédération et de la Révolution progressiste populaire. Selon lui, les décisions actuellement prises constituent des choix audacieux qui pourraient marquer un nouveau départ pour l’Afrique si elles aboutissent.