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REMA 2026 : Ouagadougou réunit les acteurs de la musique africaine

Ouagadougou accueille, du 22 au 24 octobre 2026, la 9e édition des Rencontres musicales africaines (REMA). Venus de 18 pays,…

Ouagadougou accueille, du 22 au 24 octobre 2026, la 9e édition des Rencontres musicales africaines (REMA). Venus de 18 pays, des artistes et des professionnels de la culture se retrouvent autour d’un objectif commun : renforcer la visibilité des talents africains et structurer une industrie musicale capable de générer davantage de revenus et d’emplois. Au programme figurent des concerts, des rencontres professionnelles et un forum consacré à l’intelligence artificielle.

La cérémonie de lancement s’est tenue le mercredi 21 octobre dans la capitale burkinabè. Placée sous le thème « Followers : de passifs à actifs », cette édition met l’accent sur la capacité des artistes à transformer leurs abonnés sur les réseaux sociaux en un public véritablement engagé.

Pour Mohamed Kaboré, plus connu sous le nom d’Alif Naaba et directeur des REMA, le développement de l’industrie musicale africaine passe notamment par le partage d’expériences, le renforcement des réseaux professionnels et la promotion des artistes émergents. Il estime que la présence de milliers d’abonnés sur les plateformes numériques ne garantit pas, à elle seule, le succès d’une carrière.

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« Avoir des milliers d’abonnés ne signifie pas toujours disposer d’un public engagé, capable de soutenir concrètement une carrière musicale », a-t-il souligné. L’enjeu consiste donc à mobiliser ces communautés pour qu’elles écoutent et partagent les œuvres, assistent aux spectacles et contribuent au financement des projets artistiques.

Cinq artistes burkinabè mis en lumière

La programmation prévoit deux soirées de concerts, dont une dédiée aux talents locaux. À travers le programme « Focus », cinq artistes burkinabè sélectionnés par un comité national bénéficieront d’une mise en avant particulière. Damo Fama, L’Élue, Fereké Wassa, Moussa Dabré et Eunice Goula présenteront leurs créations lors d’un concert gratuit prévu le jeudi 22 octobre à la Cité de la Musique.

Au-delà de la promotion artistique, les REMA entendent contribuer à faire de la musique un véritable levier économique. Représentant le ministre chargé de la Culture, Michel Saba a rappelé le rôle de la culture dans la transformation sociale, la consolidation de l’identité nationale et le renforcement de la souveraineté.

« Nous devons faire de la musique un véritable secteur économique capable de générer des emplois, de soutenir l’entrepreneuriat culturel, d’offrir des perspectives à notre jeunesse et de contribuer significativement à l’émergence économique de notre pays », a-t-il déclaré.

Financement, droits d’auteur et accès aux marchés

Le responsable a également mis en avant les difficultés qui freinent le développement de l’industrie musicale africaine. Parmi elles figurent le financement de la création, la rémunération équitable des artistes, la protection du droit d’auteur et des droits voisins, la distribution des œuvres et l’accès aux marchés.

Pour y répondre, le ministère préconise le renforcement des compétences des professionnels, la recherche de mécanismes de financement innovants et le développement de partenariats entre les secteurs public et privé. Les participants sont également invités à formuler des propositions concrètes pour soutenir les artistes et les entreprises culturelles.

L’Union européenne a, pour sa part, réaffirmé son soutien au secteur. Son ambassadeur au Burkina Faso, Philippe Bronchain, a salué la qualité des REMA et souligné les disparités de rémunération entre les artistes africains et américains sur les plateformes numériques.

Selon lui, une meilleure visibilité de la musique africaine pourrait favoriser l’arrivée de nouveaux sponsors et renforcer les capacités des professionnels du secteur.

À travers cette 9e édition, les REMA entendent ainsi faire évoluer la place des artistes africains dans l’économie numérique et encourager la transformation de leur audience en un soutien concret à leurs carrières.

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