Le Burkina Faso veut donner une nouvelle dimension à la coopération entre la Russie et les pays africains. À l’occasion du troisième sommet Russie-Afrique, organisé à Moscou, Ouagadougou a appelé, jeudi, à traduire les engagements politiques en réalisations concrètes, particulièrement dans la formation des jeunes, le transfert de technologies et le développement des compétences.
Au deuxième jour de cette rencontre, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a porté le message du président Ibrahim Traoré lors d’un panel de haut niveau. Dans son intervention, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de faire de cette troisième édition un tournant dans les relations entre Moscou et le continent.
« Ce 3e Sommet doit être celui de la mise en œuvre de ce partenariat stratégique », a-t-il déclaré.
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Pour le Burkina Faso, cette évolution passe notamment par un renforcement de la formation des étudiants africains en Russie. Les autorités burkinabè souhaitent voir davantage de jeunes accéder aux technologies de pointe et aux secteurs stratégiques. Elles défendent également une coopération reposant sur le respect mutuel, la réciprocité et un véritable transfert de compétences.
La maîtrise des ressources au cœur des partenariats
Au-delà de la formation, Ibrahim Traoré a plaidé pour une diversification des partenariats internationaux. Cette orientation doit permettre aux États africains de mieux maîtriser leurs ressources et de conserver la liberté de choisir leurs partenaires, selon leurs intérêts.
Le président burkinabè a également évoqué la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Il a salué les efforts des forces engagées dans la lutte contre les groupes jihadistes dans la région.
Sur la scène internationale, son message a porté sur le respect du droit international et la réforme des institutions mondiales. Ibrahim Traoré estime que l’Afrique doit occuper une place correspondant à son statut d’acteur à part entière dans les relations internationales.
« L’Afrique ne veut être ni un champ de bataille, ni un réservoir de matières premières, ni un vote dans une assemblée. Elle veut être une terre de dignité », a-t-il affirmé.
Moscou et les pays africains à l’heure de la concrétisation
Le troisième sommet Russie-Afrique se tient dans un contexte où plusieurs pays du continent cherchent à diversifier leurs relations économiques et diplomatiques. Pour Ouagadougou, l’enjeu est désormais de dépasser les déclarations d’intention afin de faire émerger des projets tangibles, notamment dans les domaines de l’éducation, de la technologie et du développement des capacités locales.
L’appel lancé par le Burkina Faso à Moscou traduit ainsi une attente centrale : faire du partenariat russo-africain un cadre de coopération dont les retombées soient directement perceptibles pour les populations.




