Le Burkina Faso poursuit la structuration de sa médecine traditionnelle. Plus de 18 médicaments issus de cette pratique sont désormais homologués et reconnus pour leur utilisation dans le pays, selon le ministère de la Santé.
L’information a été communiquée par Mariam Bagagnan, directrice de la médecine traditionnelle et alternative. Elle intervient alors que le pays célèbre la 14e Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative, organisée parallèlement à la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle.
Les activités ont débuté dimanche à Manga, dans la région du Nazinon, et se poursuivront jusqu’au 5 septembre.
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Plus de 80 % de la population concernée
L’enjeu de cette reconnaissance est important dans un pays où la médecine traditionnelle occupe une place significative dans les pratiques de santé. « À ce jour, plus de 18 médicaments traditionnels sont homologués et reconnus pour leur utilisation », a indiqué Mariam Bagagnan. La responsable précise également que plus de 80 % de la population burkinabè a recours à la médecine traditionnelle.
Face à cette forte utilisation, les autorités souhaitent renforcer l’encadrement du secteur. Il s’agit notamment d’améliorer les conditions d’autorisation d’exercice des praticiens et de renforcer les procédures d’homologation des produits. Le gouvernement entend également développer l’évaluation de l’efficacité et de l’innocuité des médicaments traditionnels avant leur utilisation.
Rapprocher savoirs traditionnels et recherche scientifique
La valorisation de la médecine traditionnelle doit toutefois s’accompagner d’un rapprochement avec la recherche scientifique et les normes sanitaires. À l’ouverture de la manifestation, la gouverneure de la région du Nazinon, Massadolo Yvette Nacoulma/Sanou, a appelé à mieux exploiter les connaissances et ressources endogènes du pays. Elle a toutefois insisté sur la nécessité de les inscrire dans une démarche scientifique et réglementaire.
« La souveraineté sanitaire ne signifie ni repli sur soi, ni rejet de la science », a-t-elle déclaré.
Pour les autorités régionales, l’objectif est donc de favoriser une complémentarité entre les connaissances traditionnelles, la recherche scientifique et la réglementation sanitaire. La protection des patients demeure au cœur de cette démarche.
Vers l’intégration des médicaments traditionnels améliorés
La 14e Semaine nationale est placée sous le thème de l’introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies. Cette orientation traduit la volonté des autorités de donner une place plus structurée aux produits traditionnels dans le système de santé, tout en maintenant des exigences en matière de qualité et de sécurité.
Plusieurs activités sont prévues jusqu’au 5 septembre. Elles comprennent notamment des expositions, des consultations, des formations et des actions de prévention. Des opérations de plantation de plantes médicinales sont également programmées. Des échanges réuniront par ailleurs les praticiens de la médecine traditionnelle et les professionnels de santé. Ces rencontres doivent contribuer à améliorer la collaboration entre les deux approches et à favoriser une meilleure connaissance des pratiques et produits utilisés.
Avec l’homologation progressive des médicaments traditionnels, le Burkina Faso cherche ainsi à encadrer un secteur déjà largement utilisé par sa population. L’objectif est de valoriser ce patrimoine thérapeutique tout en renforçant les garanties de qualité, d’efficacité et de sécurité pour les patients.




