Le Burkina Faso réorganise son système de santé. Réuni le jeudi 5 novembre 2026, le Conseil des ministres a adopté un décret modifiant l’organigramme du ministère de la Santé. Parmi les principales mesures annoncées figure la création d’une agence consacrée à la médecine traditionnelle, avec pour ambition de mieux valoriser les savoirs médicaux locaux.
Cette réforme entend également rapprocher les services de santé des populations et renforcer la coordination des structures sanitaires sur l’ensemble du territoire. Présentée par le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, elle introduit plusieurs changements dans l’organisation du département.
La nouvelle architecture prévoit notamment la création d’un Secrétariat général adjoint chargé de la coordination, de l’organisation et du fonctionnement des établissements hospitaliers et des sociétés d’État. L’objectif est d’assurer un suivi plus soutenu de ces structures, dans un contexte où les populations expriment des attentes croissantes en matière de qualité des soins.
Le décret prévoit également la mise en place de nouvelles structures spécialisées. Il s’agit notamment d’un Secrétariat permanent consacré à la lutte contre le sida, les infections sexuellement transmissibles (IST), les hépatites virales et la tuberculose, ainsi que d’un Secrétariat technique chargé de l’intelligence sanitaire.
Autre innovation majeure : la création du Faso Center for Disease Control (Faso CDC), appelé à renforcer les capacités nationales de surveillance et de riposte face aux maladies. La réforme prévoit aussi la mise en place de l’Agence burkinabè de médecine traditionnelle et alternative (ABMTA), destinée à contribuer à la mise en œuvre de la politique nationale dans ce domaine.
À travers cette nouvelle structure, les autorités entendent accorder une place plus importante aux pratiques médicales traditionnelles et mieux valoriser le patrimoine thérapeutique national.
Le réaménagement concerne également l’organisation territoriale des services sanitaires. Des directions provinciales de la Santé seront créées afin de renforcer l’encadrement administratif et la gestion de proximité. À cela s’ajoute la mise en place de centres hospitaliers provinciaux, rattachés à des groupements hospitaliers régionaux.
Enfin, cette restructuration s’accompagne de suppressions de structures existantes. Le décret prévoit notamment la dissolution de la Société de gestion de l’équipement et de la maintenance biomédicale (SOGEMAB), dont les attributions seront transférées à la Direction des infrastructures, des équipements et de la maintenance. Le Secrétariat technique chargé de la multisectorialité pour la nutrition sera également supprimé, ses missions devant être reprises par la Direction de la nutrition.

