CAN 2026 : Amir Abdou dévoile les raisons derrière plusieurs absences chez les Étalons

À quelques jours des prochaines échéances internationales, le sélectionneur des Étalons du Burkina Faso, Amir Abdou, a levé le voile sur les principales absences de sa dernière liste. Le technicien a notamment expliqué les cas de Cyriaque Irié, Bertrand Traoré, Sacha Bansé et Mohamed Zongo.

Face aux interrogations suscitées par certains forfaits, Amir Abdou a détaillé ses choix ce jeudi 17 septembre 2026. Ses explications reposent notamment sur la disponibilité des joueurs, leur état de forme et le temps de jeu en club.

Le cas de Cyriaque Irié est lié, selon le sélectionneur, aux conditions dans lesquelles le joueur souhaitait rejoindre la sélection. L’attaquant aurait souhaité ne participer qu’à deux rencontres afin de pouvoir passer son permis de conduire. Une demande à laquelle Amir Abdou n’a pas donné suite.

« Le joueur a décidé de passer son permis de conduire… Il voulait venir pour deux matchs, j’ai refusé. Il faut respecter l’équipe nationale, ce n’est pas un moulin », a expliqué le sélectionneur. Il précise avoir échangé avec le président plutôt qu’avec l’agent du joueur avant de prendre sa décision.

L’absence de Bertrand Traoré répond à une autre logique. Le capitaine des Étalons, qui vient de rejoindre un nouveau club, doit selon Amir Abdou disposer du temps nécessaire pour retrouver progressivement son meilleur niveau.

« Bertrand, il faut le laisser prendre ses marques, c’est le capitaine », a indiqué le technicien. Il rappelle avoir échangé avec lui avant son départ en club et pendant sa préparation individuelle. Malgré son absence de la liste, le sélectionneur assure que Traoré demeure un joueur important pour l’équipe nationale et que son retour se fera lorsqu’il sera à nouveau performant.

Pour Sacha Bansé, la décision résulte directement d’un échange entre le joueur et le sélectionneur. Après une année marquée par une blessure, le milieu estime avoir besoin de retrouver son niveau avant de revenir en sélection.

Amir Abdou affirme avoir tenté de le convaincre de rejoindre les Étalons, sans succès. « Je vais jouer pour le pays, mais il faut que je sois à 100% », lui aurait répondu le joueur. Le sélectionneur s’est également expliqué sur le cas de Mohamed Zongo, dont l’absence avait suscité des interrogations. Malgré son talent, le jeune joueur ne dispose actuellement d’aucun temps de jeu en club, une situation qui a pesé dans la décision du technicien.

« Mohamed c’est un jeune joueur qui a beaucoup de talent mais qui a zéro temps de jeu en club. Il fallait être cohérent ! », a-t-il déclaré. Pour Amir Abdou, la sélection doit reposer sur les performances et la situation sportive des joueurs, plutôt que sur leur popularité.

Les Étalons vont désormais se concentrer sur leurs prochaines rencontres. Le Burkina Faso affrontera d’abord le Bénin le 25 septembre 2026, avant de rencontrer la République centrafricaine le 28 septembre dans le cadre des qualifications pour la CAN.

Les hommes d’Amir Abdou auront ensuite rendez-vous avec l’Argentine pour un match amical programmé le 3 octobre 2026. Ces différentes rencontres doivent permettre au sélectionneur de poursuivre la préparation de son groupe tout en évaluant les joueurs disponibles pour ces échéances.

AES : de l’alliance de défense à la construction d’un espace politique et économique commun

Le 16 septembre 2023, le Burkina Faso, le Mali et le Niger posaient les premières bases de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec la signature de la Charte du Liptako-Gourma. Trois ans plus tard, l’initiative née autour de la défense collective s’est progressivement étendue à la politique, à l’économie, à la diplomatie et aux institutions.

À l’origine, la création de l’AES intervient dans un contexte de fortes tensions entre les trois pays et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les changements politiques intervenus au Mali en 2020 et 2021, au Burkina Faso en 2022 et au Niger en juillet 2023 ont profondément modifié les relations entre ces États et l’organisation régionale.

Les sanctions prises contre le Mali et le Burkina Faso, puis celles visant le Niger après le renversement du président Mohamed Bazoum, ont favorisé un rapprochement entre Bamako, Ouagadougou et Niamey. La menace d’une intervention militaire de la CEDEAO au Niger a également renforcé cette convergence. Les trois capitales ont alors choisi de mettre en avant leur solidarité face à des défis sécuritaires et politiques qu’elles considéraient comme communs.

La Charte du Liptako-Gourma devait initialement permettre de mutualiser les efforts en matière de défense et de sécurité. L’objectif affiché était notamment de renforcer la protection des populations des trois pays. Mais cette coopération a rapidement dépassé le seul domaine militaire.

Au fil des mois, de nouveaux secteurs ont intégré cette dynamique. Économie, infrastructures, agriculture, énergie, transports, culture et diplomatie sont progressivement devenus des axes de coopération. L’ambition affichée s’est ainsi déplacée vers la construction de mécanismes communs et le renforcement de l’autonomie des trois États dans plusieurs secteurs stratégiques.

De la rupture avec la CEDEAO à la Confédération

Un tournant intervient en janvier 2024, lorsque le Burkina Faso, le Mali et le Niger annoncent conjointement leur décision de quitter la CEDEAO. Leur retrait devient effectif en janvier 2025, marquant une nouvelle étape dans la trajectoire de l’AES.

Quelques mois auparavant, le 6 juillet 2024 à Niamey, les trois chefs d’État avaient déjà franchi un autre cap avec la création de la Confédération des États du Sahel. L’alliance défensive s’inscrivait désormais dans un cadre politique et institutionnel plus large.

Depuis cette transformation, plusieurs structures confédérales ont été mises en place. La création du Parlement de la Confédération des États du Sahel constitue notamment une étape vers l’organisation d’un espace institutionnel commun et la représentation des populations des trois pays dans ce nouveau cadre.

Sur le plan économique, la mise en place de la Banque confédérale de l’AES ouvre également une nouvelle perspective. Elle doit notamment contribuer au financement des projets communs et accompagner les ambitions de développement économique portées par les trois États.

Cette évolution institutionnelle s’accompagne d’une volonté de développer des moyens d’information et de communication à l’échelle de l’espace confédéral. La radio « Daandè Liptako » et la télévision de l’AES, Tafouk TV, ont ainsi été mises en place pour renforcer la communication autour de cette nouvelle dynamique.

Une coopération sécuritaire qui reste centrale

La défense demeure toutefois au cœur du rapprochement entre les trois pays. Après plusieurs opérations et mécanismes de coordination entre les forces burkinabè, maliennes et nigériennes, la création d’une force unifiée de l’AES marque une nouvelle étape dans la mutualisation des capacités militaires.

La coopération ne se limite cependant plus aux questions de sécurité. Sur le plan diplomatique, les trois États cherchent désormais à coordonner davantage leurs positions sur différents dossiers régionaux et internationaux.

Cette démarche vise notamment à défendre leur souveraineté, à diversifier leurs partenariats et à renforcer leur capacité de négociation avec d’autres États et organisations internationales.

L’intégration économique constitue également l’un des principaux chantiers de la Confédération. Dans cette perspective, la Banque confédérale occupe une place centrale dans les ambitions de financement des projets structurants communs.

Trois ans après la signature de la Charte du Liptako-Gourma, l’AES présente donc un visage différent de celui de septembre 2023. L’organisation née comme un mécanisme de défense collective s’est progressivement transformée en un projet plus large, avec des ambitions politiques, économiques, diplomatiques et institutionnelles.

L’AES reste ainsi un projet en construction, dont les fondations ont été posées dans un contexte de crise sécuritaire et de profondes recompositions politiques dans le Sahel. De la solidarité défensive instaurée par la Charte du Liptako-Gourma à l’édification d’une Confédération, son évolution traduit la volonté affichée du Burkina Faso, du Mali et du Niger de bâtir progressivement un cadre commun de coopération et d’intégration.

Burkina Faso : FasoSign, la nouvelle étape de la dématérialisation de l’administration

La transformation digitale de l’administration burkinabè franchit un nouveau cap. Le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a officiellement lancé, le 15 septembre 2026 à Ouagadougou, FasoSign, la plateforme nationale de signature électronique.

Après la mise en ligne de plusieurs dizaines de services publics, le gouvernement s’attaque désormais à l’un des derniers obstacles aux procédures entièrement numériques : la signature des documents.

Jusqu’à présent, certaines démarches pouvaient être engagées et traitées en ligne, mais restaient conditionnées à une signature manuscrite. Les documents devaient alors être imprimés avant d’être signés physiquement. Les ordres de mission générés et validés sur les plateformes CIM et CIM-EXT en sont un exemple.

Avec FasoSign, cette étape peut désormais être effectuée à distance, sous réserve des dispositions requises. La plateforme permet de produire, valider, signer, transmettre et conserver des documents numériques, tout en garantissant leur authenticité, leur intégrité et leur traçabilité.

Pour Jean Emmanuel Ouédraogo, l’objectif est de faire de la signature électronique une pratique courante dans l’administration. « FasoSign ne doit pas être une option, mais doit être une obligation pour pouvoir assurer une Administration qui fonctionne de façon moderne, qui assure des services de qualité aux citoyens et surtout dans la célérité », a-t-il déclaré.

La ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabané, considère FasoSign comme davantage qu’un outil informatique. Elle le présente comme « une infrastructure nationale et un service de confiance au cœur de la transformation digitale » du Burkina.

Selon la ministre, une administration ne peut être pleinement électronique lorsque ses actes doivent encore être imprimés, transportés et signés manuellement. Le dispositif doit donc réduire les déplacements des agents et des usagers, mais aussi les délais de traitement.

La plateforme devrait également limiter les dépenses liées à l’impression, au transport et à l’archivage physique des documents. Elle répond par ailleurs à un enjeu de souveraineté numérique, puisque les clés, les certificats et les actes signés sont placés sous la responsabilité de l’État burkinabè.

Lors de la présentation du dispositif, le Directeur général de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Oumarou Sanou, a détaillé son fonctionnement et ses mécanismes de sécurité. Il a indiqué que FasoSign est déjà interconnectée à plusieurs plateformes, dont SIGED, CIMEXT et SYCAD.

Cette interconnexion doit permettre d’étendre progressivement la signature électronique à un nombre croissant de procédures administratives.

Le lancement de FasoSign s’inscrit dans les douze chantiers de la transformation digitale à l’horizon 2030. Il accompagne notamment les objectifs de « Zéro papier dans l’administration publique » et de « Zéro cash dans les services publics ».

Plus d’une centaine de plateformes étant déjà en exploitation, le gouvernement veut désormais s’assurer que FasoSign soit effectivement adoptée. Le Premier ministre a demandé au ministère chargé de la Transition digitale, aux départements ministériels et aux institutions publiques de préparer rapidement un chronogramme de vulgarisation et d’utilisation.

Avec FasoSign, le Burkina Faso cherche donc à faire de la signature électronique un mode normal de fonctionnement de son administration. À terme, cette évolution doit contribuer à rapprocher les services publics des citoyens et à réduire les délais d’attente.

Burkina Faso : l’abattoir moderne de Fada N’Gourma affiche 58,34 % d’avancement

Le chantier de construction de l’abattoir moderne de Fada N’Gourma franchit une nouvelle étape. Au lundi 14 septembre 2026, le taux d’exécution physique des travaux s’établissait à 58,34 %, pour un investissement de plus de 3,5 milliards de FCFA.

Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Camarade Commandant Ismaël Sombié, s’est rendu sur le site dans le cadre du suivi de la campagne agropastorale 2026-2027 dans la région du Goulmou.

L’infrastructure est réalisée dans le cadre de l’« Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028 ». Elle s’inscrit également dans l’opération spéciale « Zéro exportation de bétail sur pied », qui vise à renforcer la transformation et la valorisation de la production animale au Burkina Faso.

À terme, l’abattoir devrait pouvoir traiter quotidiennement 70 bovins, 200 petits ruminants et 40 porcs. Il doit contribuer à accroître les capacités d’abattage et de transformation tout en améliorant les conditions d’hygiène et la sécurité sanitaire des produits d’origine animale.

Le projet comprend un bâtiment administratif, des parcs de stabulation pour les bovins, les ovins-caprins et les porcs, ainsi que des quais de débarquement et des magasins. Une infirmerie, une cafétéria et des installations dédiées au traitement et à la gestion des déchets sont également prévues.

L’ouvrage disposera par ailleurs d’un poste d’eau autonome, d’un groupe électrogène et d’un système de vidéosurveillance. Il comprendra une unité complète d’abattage pour les bovins et les ovins-caprins, une ligne réservée aux porcs ainsi qu’une machine destinée à la production de compost.

Un chantier qui progresse malgré les défis

À l’issue de sa visite, Ismaël Sombié a salué le travail réalisé sur le chantier et la mobilisation des différents acteurs. Il a relevé les difficultés liées aux conditions initiales de mise en œuvre du projet.

« Nous sommes face à un projet particulièrement important, avec l’ambition de disposer d’un abattoir moderne, fonctionnel et conforme aux normes actuelles, notamment en matière d’hygiène, de sécurité sanitaire et de traitement des produits d’origine animale », a-t-il souligné.

Selon le ministre, contrairement à certains sites où des infrastructures existaient déjà et devaient être réhabilitées, adaptées ou complétées, le projet de Fada N’Gourma a nécessité de partir pratiquement de zéro.

« Sur certains sites, il existait déjà des infrastructures qu’il fallait réhabiliter, adapter ou compléter. Ici, il a fallu pratiquement partir de zéro. Le défi était donc beaucoup plus important. Malgré cela, nous constatons aujourd’hui qu’un travail considérable a été réalisé », a-t-il relevé.

Le ministre a également salué l’implication des autorités administratives et locales, des entreprises, des équipes techniques et des Forces de défense et de sécurité dans la poursuite des travaux. Il les a encouragés à maintenir cette mobilisation jusqu’à l’achèvement du projet.

Un investissement destiné à toute la chaîne de valeur

Au-delà de l’infrastructure elle-même, le futur abattoir doit soutenir le développement de la filière bétail-viande et la valorisation des productions animales dans la région du Goulmou. L’ouvrage doit permettre d’améliorer les conditions d’abattage, de renforcer la sécurité sanitaire des aliments et de créer davantage de valeur autour de la production animale. Il devrait également stimuler les activités économiques liées à la filière.

L’ambition est d’en faire une infrastructure structurante au bénéfice des éleveurs, des commerçants, des transformateurs, des consommateurs et de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur. Ismaël Sombié a toutefois insisté sur la nécessité de garantir la conformité de l’ouvrage avec les ambitions fixées lors de sa conception.

« C’est au moment de la réception et de la mise en service que nous devons pouvoir constater que l’ouvrage réalisé correspond effectivement à ce qui avait été conçu et présenté », a-t-il fait observer.

Avec un taux d’exécution de 58,34 %, le chantier présente des perspectives jugées encourageantes par le ministre. Le suivi doit se poursuivre jusqu’à l’achèvement et la mise en service de l’abattoir, destiné à soutenir la transformation des productions animales et le développement de la région du Goulmou.

SAMAO 2026 : le Burkina Faso appelle à une meilleure maîtrise des ressources minières de l’AES

Le Burkina Faso veut franchir une nouvelle étape dans la gestion de ses ressources naturelles et de celles de l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES). À Ouagadougou, le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé les trois pays de l’alliance à renforcer leur maîtrise des richesses de leur sous-sol.

Le Chef du Gouvernement présidait, mardi 15 septembre 2026, la cérémonie d’ouverture officielle de la 8e édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), couplée à la première édition de la Semaine de l’Énergie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES).

Placée sous le thème « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les États africains », la rencontre rassemble des ministres des pays de l’AES, des experts, des investisseurs ainsi que plusieurs délégations africaines et internationales.

Dans son discours, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a lié la question des ressources naturelles à celle de la souveraineté. Pour lui, la possession de richesses minières ne constitue qu’une première étape.

« Mais posséder des ressources ne suffit pas. Le véritable enjeu est de les connaître, de les sécuriser, de les transformer et d’en répartir équitablement les retombées », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a identifié quatre priorités pour donner une portée concrète à cette ambition : la sécurisation des territoires et des infrastructures, la transformation locale et le contenu local, la maîtrise de la gouvernance ainsi que la maîtrise énergétique.

Cette approche suppose, selon lui, de développer les industries de transformation et de renforcer la présence des entreprises nationales dans les marchés et les chaînes d’approvisionnement. L’énergie constitue également une condition essentielle de cette transformation. « Il n’y a pas d’industrialisation sans énergie disponible, fiable et abordable », a rappelé le Chef du Gouvernement.

Le rapprochement entre la SAMAO et la SEMH-AES doit, dans cette logique, favoriser une mise en commun des capacités des pays de l’Alliance. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo souhaite voir émerger des projets communs, des infrastructures partagées ainsi qu’une coopération accrue dans la recherche, la formation et l’innovation.

Les États de l’AES restent par ailleurs ouverts aux investisseurs. Le Premier ministre a toutefois défendu des partenariats fondés sur la transparence, l’équilibre et le respect de la souveraineté des pays concernés.

« Nous attendons des investisseurs qu’ils contribuent à la création de valeur locale, au transfert de technologies et de compétences, au financement de l’industrialisation et au développement durable de nos territoires », a-t-il déclaré.

Le gouvernement burkinabè entend également encourager les entreprises nationales à renforcer leurs capacités afin de prendre une place plus importante dans la valeur générée par les secteurs minier, énergétique et des hydrocarbures.

La jeunesse figure également parmi les priorités évoquées. Le Premier ministre l’a invitée à se positionner sur les opportunités liées à ces secteurs : « formez-vous, innovez, entreprenez ». Les métiers des mines, de l’énergie, des hydrocarbures et de la transformation industrielle doivent, selon lui, devenir des domaines d’investissement pour les ingénieurs, techniciens, chercheurs et entrepreneurs de l’AES.

Le président du comité d’organisation, Doulage Sanou, a pour sa part salué la mobilisation des différents acteurs. Le programme prévoit des panels, des sessions techniques, des rencontres d’affaires, des expositions et des visites de terrain.

Les discussions doivent porter sur plusieurs enjeux, dont la gouvernance et la transformation des ressources minières, l’exploitation artisanale, l’électrification rurale et l’approvisionnement en hydrocarbures. Le Premier ministre attend de ces échanges des propositions concrètes et des projets susceptibles d’accélérer les transformations industrielle et énergétique de l’espace AES.

Après la cérémonie d’ouverture, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a visité les stands consacrés aux secteurs minier, énergétique et des hydrocarbures. Il a échangé avec les exposants, salué leur mobilisation et encouragé la poursuite de leurs efforts.

Cette visite a prolongé le message porté à l’ouverture de la SAMAO et de la SEMH-AES : pour les pays de l’AES, la souveraineté sur les ressources passe désormais par une meilleure maîtrise de leur exploitation, de leur transformation et des retombées économiques qui en découlent.

Burkina Faso : Ibrahim Traoré aux étudiants, « Rien n’est une fatalité »

À l’Université Nazi-Boni de Bobo-Dioulasso, le capitaine Ibrahim Traoré a livré, vendredi 11 septembre 2026, un message largement tourné vers la confiance et l’action. Au lendemain de l’inauguration du complexe d’amphithéâtres, le président du Faso s’est adressé aux étudiants, aux enseignants et à l’ensemble de la jeunesse burkinabè pour défendre une conviction : le pays peut changer de trajectoire à condition de croire en ses capacités et de passer des paroles aux actes.

Pour Ibrahim Traoré, cette rencontre ne devait pas être réduite à une simple cérémonie d’inauguration. Il y voit plutôt l’occasion de transmettre une vision de l’avenir du Burkina Faso. Il a d’abord rendu hommage aux Forces combattantes, estimant que leur engagement a permis de maintenir les conditions nécessaires à la tenue de cette rencontre à Bobo-Dioulasso. Il a invité les étudiants à les applaudir et à les encourager pour leur combat sur le terrain.

Le chef de l’État a ensuite défendu la nécessité de croire dans les capacités du pays face aux critiques qui accompagnent les orientations prises par son gouvernement. Il a notamment assumé les accusations de « populisme » régulièrement adressées à son pouvoir. Selon lui, ces critiques ne doivent pas détourner la jeunesse de l’essentiel : travailler à construire une économie davantage maîtrisée par les Burkinabè.

L’exemple de TEXFORCES-BF a occupé une place importante dans son intervention. Inauguré deux jours plus tôt à Bobo-Dioulasso, le complexe textile représente, selon le président du Faso, une illustration de cette volonté de produire localement. Il a rappelé que l’unité a été financée à hauteur de 17 milliards de FCFA et qu’elle appartient entièrement à l’État burkinabè. Pour lui, ce modèle doit être distingué des infrastructures financées et contrôlées par des investisseurs privés.

Ibrahim Traoré a également insisté sur la capacité industrielle de l’usine. De la transformation du coton jusqu’à la production de tissus, le complexe doit permettre de développer une chaîne de valeur plus complète. Il a notamment expliqué que l’unité peut produire différents types de tissus destinés à la confection, au-delà des seules tenues des Forces de défense et de sécurité. Il a cité, entre autres, les uniformes des pompiers et les possibilités offertes aux stylistes et confectionneurs burkinabè.

Cette logique doit désormais s’étendre à d’autres secteurs. Le président a annoncé la construction prochaine d’une industrie de tannerie, avec l’objectif de mieux valoriser le cuir produit au Burkina Faso. Il a également appelé les étudiants à privilégier les formations techniques, estimant que l’industrialisation du pays nécessitera une main-d’œuvre capable de faire fonctionner, entretenir et reproduire les équipements industriels.

Le message adressé à la jeunesse dépasse donc la seule question de l’emploi. Ibrahim Traoré veut voir émerger une génération capable de créer ses propres entreprises et de transformer les matières premières disponibles sur le territoire. Il a cité les travaux réalisés dans les laboratoires, notamment autour des plantes, des huiles essentielles et des matériaux issus de l’argile et de la terre rouge.

Cette dernière ressource pourrait d’ailleurs devenir le cœur d’un prochain programme baptisé « Tanmiougou », terme signifiant « terre rouge ». Le chef de l’État explique vouloir valoriser cette matière afin de réduire certaines importations, notamment dans le secteur des matériaux de construction. Il estime que le Burkina Faso dispose des ressources et des compétences nécessaires pour produire localement une partie des matériaux aujourd’hui importés.

Dans cette vision, les économies réalisées sur les importations doivent être réinvesties dans l’économie nationale et dans la jeunesse. Le président du Faso appelle ainsi les étudiants à ne pas limiter leurs ambitions aux formations qu’ils suivent actuellement. Il les encourage à observer leur environnement, à identifier les besoins et à imaginer de petites unités industrielles capables, progressivement, de constituer une chaîne de production plus importante.

Il a également plaidé pour une plus grande solidarité entre entrepreneurs. Les futurs projets, selon lui, devraient davantage être conçus collectivement afin de mobiliser plus facilement des ressources et d’améliorer leurs chances de réussite. Il a relevé que certains projets financés par les fonds publics au cours des deux dernières années rencontrent des difficultés et pourraient ne pas atteindre les résultats prévus.

Cette transformation économique doit, dans son esprit, permettre au Burkina Faso de réduire sa dépendance aux importations et de renforcer ses exportations. Ibrahim Traoré a notamment appelé les commerçants qui importaient certains produits à changer de modèle pour rechercher désormais des marchés à l’extérieur et produire au Burkina Faso. Le textile, la chaussure et d’autres activités pourraient ainsi devenir des secteurs d’exportation vers les pays de la sous-région.

Mais derrière cette ambition économique, le président du Faso veut surtout transmettre un état d’esprit. « Rien n’est une fatalité », a-t-il insisté devant les étudiants, en revenant sur la situation du Burkina Faso en 2022. Il a rappelé les prévisions pessimistes qui annonçaient alors l’effondrement du pays, faute de ressources financières, de munitions ou de capacités à maintenir l’État en fonctionnement.

Pour lui, le refus de cette fatalité explique les transformations qu’il dit observer aujourd’hui dans plusieurs secteurs. Il a évoqué l’augmentation des effectifs des Forces combattantes, les investissements dans la santé et la construction de nouvelles infrastructures éducatives. L’objectif affiché est de poursuivre cette dynamique jusqu’à faire du Burkina Faso une puissance au cœur de l’Afrique de l’Ouest.

L’éducation occupe une place centrale dans cette stratégie. Ibrahim Traoré estime que la modernisation des universités doit permettre aux étudiants de bénéficier de meilleures infrastructures, mais aussi d’un enseignement davantage lié à la pratique. Il a annoncé la poursuite de la construction d’amphithéâtres et le renforcement des laboratoires, tout en évoquant la nécessité de construire une cité universitaire et un restaurant universitaire à Nazi-Boni.

Le chef de l’État a également insisté sur la responsabilité des pouvoirs publics en matière d’éducation et de santé. « C’est un devoir pour nous, gouvernants, d’assurer l’éducation et la santé à nos populations », a-t-il déclaré, estimant que l’échec serait constaté si ces services essentiels ne pouvaient être assurés à l’ensemble de la population dans les meilleurs délais.

Le président a enfin appelé les étudiants à dépasser les divisions et à privilégier l’action collective. Il souhaite notamment voir se développer une collaboration plus étroite entre étudiants, forces de sécurité, entrepreneurs et autres composantes de la société. L’immersion patriotique des étudiants s’inscrit, selon lui, dans cette volonté de modifier les rapports entre les différentes catégories de la population.

À l’Université Nazi-Boni, le message d’Ibrahim Traoré s’est donc voulu à la fois économique, éducatif et patriotique. Le président a demandé aux étudiants de croire en leurs capacités, de se former, d’entreprendre et de participer à la transformation du pays. Pour lui, le Burkina Faso ne doit plus subir les contraintes qui lui sont imposées : il doit apprendre à produire, à transformer et à construire par lui-même.

« Tant que vous ne vous mettez pas cela dans la tête, vous êtes faibles », a-t-il lancé aux étudiants, les appelant à se convaincre qu’ils peuvent réaliser ce qui paraît aujourd’hui impossible. Dans sa vision, cette confiance constitue l’une des conditions du changement de paradigme qu’il appelle de ses vœux. Et ce changement, a-t-il répété, ne pourra se faire sans la jeunesse.

Burkina Faso : 11 boulangeries mises à l’arrêt pour non-respect du poids réglementaire du pain

Le contrôle du poids des baguettes se durcit au Burkina Faso. Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2026, l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) a mené une opération inopinée dans les boulangeries de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Sur les 33 établissements inspectés, 11 ont été sanctionnés pour non-respect du poids réglementaire fixé à 160 grammes.

L’opération a permis aux agents de l’Agence de vérifier la conformité des baguettes commercialisées dans les deux principales villes du pays. Plusieurs établissements ne respectaient pas les exigences fixées par la réglementation, conduisant l’ABNORM à prendre des mesures immédiates.

Les responsables des 11 boulangeries concernées ont ainsi reçu l’ordre d’arrêter leur production. Pour l’Agence, le respect du poids réglementaire constitue une obligation légale et participe directement à la protection des consommateurs.

La reprise de l’activité ne pourra intervenir qu’après la correction des irrégularités relevées. Les établissements concernés devront également apporter les preuves de leur mise en conformité et s’acquitter des amendes prévues par la réglementation en vigueur.

La surveillance du marché renforcée

À travers cette opération, l’ABNORM entend renforcer le contrôle des produits proposés aux consommateurs. Le poids de la baguette fait partie des éléments soumis aux exigences réglementaires et son non-respect peut entraîner des sanctions.

L’Agence rappelle ainsi aux acteurs de la boulangerie que le poids du pain « n’est pas négociable ». Les contrôles ne devraient d’ailleurs pas se limiter à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. De nouvelles opérations sont annoncées sur l’ensemble du territoire national. L’objectif est de vérifier de manière plus large le respect des normes applicables au secteur et de détecter les éventuels manquements.

Pour les boulangeries, l’opération constitue donc un avertissement. Le respect du poids réglementaire ne relève pas seulement d’une exigence technique, mais également d’une obligation envers les consommateurs qui achètent leurs produits. L’ABNORM appelle enfin les consommateurs à rester vigilants. Ils sont invités à signaler toute baguette dont le poids leur semble insuffisant, ainsi que toute autre anomalie constatée.

Avec ces premières sanctions, l’Agence entend ainsi rappeler que les établissements qui ne respectent pas les exigences réglementaires s’exposent à des mesures pouvant aller jusqu’à l’arrêt de leur production.

Jeux de l’AES : le Burkina domine le tir à l’arc traditionnel

Les archers burkinabè ont marqué de leur empreinte la compétition de tir à l’arc traditionnel disputée mercredi 9 septembre 2026 à Ouagadougou. Dans les différentes catégories engagées, les représentants du Burkina Faso ont occupé les premières places, confirmant leur domination sur les cibles.

La finale masculine individuelle a notamment offert un duel entièrement burkinabè entre Ollo Boutoté et Kapounè Hien. À 25 mètres de la cible, les deux archers se sont livrés une bataille serrée au cours des neuf tirs prévus pour chacun. La première série de trois flèches s’est soldée par une égalité, avec 12 points pour chacun. Boutoté avait réalisé 9-3-0, contre 8-4-0 pour Hien.

La deuxième série permet à Kapounè Hien de prendre progressivement le dessus. Il cumule 25 points après avoir inscrit 7-6-0, tandis qu’Ollo Boutoté ne marque que 6 points avec une série de 5-1-0, portant son total à 18 points.

Dos au mur, Boutoté tente alors de relancer la finale. Il frappe une zone à 8 points dès son premier tir de la dernière série. Mais Kapounè Hien répond immédiatement avec un tir à 9 points, avant d’enchaîner avec 5 points puis 1 point. Son adversaire ne parvient plus à revenir, avec un tir à 0 point puis un tir hors cadre (HC) sur ses deux dernières tentatives.

Kapounè Hien décroche ainsi la première place devant Ollo Boutoté. Gildas Palé complète le podium en troisième position, offrant au Burkina Faso un triplé dans l’épreuve masculine individuelle.

La domination burkinabè s’est également confirmée chez les dames. Opposée à la Malienne Ramatoulaye Traoré en finale à 15 mètres, la Burkinabè Yéri Jeannet Kambou s’est imposée au terme des trois tours. Elle a successivement réalisé 2-0-0, 2-0-0 puis 3-0-HC, alors que sa rivale enregistrait HC-0-0, 0-0-0 puis 0-HC-HC.

La troisième place féminine est également revenue à une représentante du Burkina Faso, Kabako Kam. Le pays a par ailleurs confirmé son avantage dans les compétitions par équipes et en mixte, en occupant à chaque fois la première place.

Le Niger termine deuxième dans ces deux catégories, tandis que le Mali complète le classement à la troisième place. Les résultats permettent ainsi au Burkina Faso de s’imposer dans l’ensemble des catégories du tir à l’arc traditionnel au programme de cette journée.

La compétition se poursuit ce jeudi avec les épreuves de tir olympique. Les éliminatoires sont prévues dans la matinée sur le terrain annexe du stade du 4-Août, avant les finales programmées dans l’après-midi à partir de 15 heures.

TEXFORCES-BF : 17 milliards de FCFA de capital pour une nouvelle ambition textile au Burkina Faso

Le Burkina Faso a officiellement mis en service une nouvelle pièce de son ambition industrielle. Inauguré mercredi 9 septembre 2026 à Logofourousso, près de Bobo-Dioulasso, le Complexe industriel Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF) est le résultat d’un projet lancé deux ans plus tôt. Entre décisions institutionnelles, installation de la gouvernance, mobilisation des financements et construction du site, l’infrastructure aura progressivement pris forme pour devenir un outil présenté comme stratégique pour le pays.

L’histoire commence le 6 mars 2024. Réuni sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, alors président de la Transition, le Conseil des ministres adopte un décret portant création de la société d’économie mixte « Textile des Forces armées du Burkina Faso », connue sous le sigle TEXFORCES-BF. Sa mission est alors clairement définie : confectionner et commercialiser des tenues professionnelles destinées aux corps militaires, paramilitaires et civils.

La création de cette société intervient dans un contexte sécuritaire particulier. Le Burkina Faso cherche notamment à mieux maîtriser la production et la circulation des tenues utilisées par ses Forces de défense et de sécurité. Jusqu’alors, une importante partie des tenues, attributs et équipements militaires était importée, alors que le pays dispose d’une importante production de coton.

Avec TEXFORCES-BF, l’ambition change donc de dimension. Il ne s’agit plus seulement de produire une matière première destinée à l’exportation, mais d’en transformer une partie sur place afin de conserver davantage de valeur ajoutée au Burkina Faso. Le projet doit progressivement couvrir plusieurs étapes de la chaîne, de la fibre au produit fini.

Le même jour, le gouvernement nomme Karzoum Eugène Sondo, Conseiller des affaires économiques, au poste de directeur général de la nouvelle société. Le projet entre alors dans sa phase d’opérationnalisation.

Un peu plus d’un mois plus tard, le 27 avril 2024, le capitaine Ibrahim Traoré pose la première pierre du futur complexe industriel à Logofourousso, dans la commune de Bobo-Dioulasso. Le chantier donne une traduction concrète à l’ambition affichée. Au-delà de la production textile destinée aux forces, TEXFORCES-BF doit également contribuer à la relance industrielle de Bobo-Dioulasso, à la création d’emplois et au développement de la transformation locale du coton.

La gouvernance se consolide dans la foulée. Le Général de Brigade Ismaël Kiswendsida Diaouari, chef d’état-major particulier du Président du Faso, est désigné président du conseil d’administration. Il défend une approche fondée sur la conservation au Burkina de la valeur ajoutée, des emplois, des compétences et des devises générés par la filière coton.

Le financement constitue ensuite une étape déterminante. Le plan d’affaires initial dépasse 15,6 milliards de FCFA. Mais l’augmentation des capacités prévues, notamment le passage de 6 à 12 tonnes par jour pour la filature et le tissage, impose de rechercher des ressources supplémentaires.

En juin 2025, la Loterie nationale burkinabè (LONAB) est ainsi autorisée à investir 2 milliards de FCFA pour prendre 20 % du capital de TEXFORCES-BF. La Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) rejoint également l’actionnariat avec un investissement de plus de 7 milliards de FCFA. Ces opérations portent le capital social de la société à 17 milliards de FCFA.

Parallèlement, le chantier avance vers la mise en place d’un complexe intégré. Implanté sur 9 hectares à Logofourousso, le site doit réunir plusieurs activités : filature, tissage, tricotage, finition-teinture et confection. L’objectif est ainsi de limiter la fragmentation de la production et de renforcer la maîtrise de la chaîne textile sur le territoire national.

Les capacités prévues donnent la mesure des ambitions du projet. Le tissage doit pouvoir atteindre 20 millions de mètres de tissu par an, tandis que le tricotage est appelé à produire entre 5 et 6 millions de pièces. La finition-teinture doit, elle aussi, atteindre jusqu’à 20 millions de mètres de tissu par an.

La confection doit permettre de produire entre 4 et 6 millions de tenues chaque année, auxquelles s’ajouteront plus de 5 millions de T-shirts et plus d’un million de paires de chaussettes.

Ces objectifs ne constituent toutefois qu’une première étape. À terme, TEXFORCES-BF ambitionne de transformer jusqu’à 50 000 tonnes de coton par an, de porter la capacité de tissage à 100 millions de mètres de tissu et de dépasser 20 millions de pièces finies chaque année.

Le 9 septembre 2026, l’inauguration du complexe vient finalement concrétiser ce parcours engagé en 2024. De la création de la société à la mobilisation des investisseurs, en passant par la pose de la première pierre et la construction des unités de production, TEXFORCES-BF aura franchi plusieurs étapes avant d’entrer dans sa phase opérationnelle.

À travers cette infrastructure, le Burkina Faso entend désormais disposer d’un outil capable de transformer davantage de son coton sur place, tout en répondant à une partie de ses besoins en tenues professionnelles. Le complexe de Logofourousso marque ainsi l’aboutissement d’un projet industriel dont les ambitions dépassent la seule confection pour les forces : il doit participer à la construction d’une filière textile davantage intégrée au niveau national.

JAES 2026 : Ouagadougou rassemble la jeunesse sahélienne autour du sport et de la fraternité

Ouagadougou accueille depuis le 8 septembre 2026 une importante rencontre sportive entre les jeunesses burkinabè, malienne et nigérienne. Les deuxièmes Jeux de la Confédération des États du Sahel (JAES) ont officiellement démarré au Palais des Sports de Ouaga 2000. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président de l’Assemblée législative du Peuple (ALP), Dr Ousmane Bougouma. Il représentait le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Derrière les confrontations sportives, les organisateurs veulent surtout créer un espace de rapprochement entre les peuples des trois pays. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent ainsi faire du sport un moyen de renforcer les liens entre leurs jeunesses.

Dans le message du Président du Faso, lu par la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum, cette ambition a été clairement rappelée. Les performances individuelles doivent désormais être perçues comme celles d’une même jeunesse partageant un destin commun.

« Qu’un athlète burkinabè gagne, qu’un athlète malien gagne ou qu’un athlète nigérien gagne, c’est notre jeunesse commune qui gagne. Car désormais, au-delà de nos frontières, nous avons un destin commun à construire », a-t-elle déclaré.

Le message adressé aux compétiteurs ne s’est toutefois pas limité à la recherche des médailles. Les autorités ont appelé les athlètes à faire preuve de discipline, de courage et de respect tout au long des Jeux. Elles les ont également invités à accepter la victoire avec humilité et la défaite avec dignité.

« Donnez le meilleur de vous-mêmes. Soyez disciplinés. Soyez courageux. Acceptez la victoire avec humilité et la défaite avec dignité. Ne trichez pas. Ne renoncez pas », a lancé la ministre.

Elle a également insisté sur la dimension personnelle de la compétition. Pour les autorités, le véritable défi dépasse le classement final et concerne aussi la capacité de chaque athlète à se dépasser.

« La véritable victoire n’est pas seulement celle que l’on inscrit sur un tableau de résultats. La véritable victoire, c’est celle que l’on remporte sur soi-même », a-t-elle souligné.

La directrice générale des Sports et des Loisirs, Valérie Badolo/Tapsoba, a également pris la parole au cours de la cérémonie. Elle a donné lecture du discours de la ministre en charge des Sports, présidente du Comité national d’organisation. Son message a porté sur la responsabilité des compétiteurs dans l’image qu’ils donneront de leurs pays.

Les performances compteront, mais le comportement des athlètes constituera aussi un élément important de cette deuxième édition. « Les médailles et les performances compteront. Mais votre comportement sur les terrains comptera tout autant », a déclaré Valérie Badolo.

Elle a souhaité que ces Jeux laissent une empreinte qui dépasse les résultats sportifs. L’objectif est de montrer une jeunesse sahélienne capable de se mesurer dans la compétition tout en préservant le respect et la fraternité.

Au total, 376 athlètes prennent part à cette édition, accompagnés de 164 encadreurs et officiels issus du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Les compétitions se poursuivront jusqu’au 16 septembre dans huit sites de la capitale burkinabè.

Onze disciplines figurent au programme. Il s’agit notamment du football, du handball, de la lutte, de la boxe, de l’athlétisme, du judo et du tir à l’arc.

Au-delà des résultats attendus sur les différents terrains, les JAES 2026 portent donc un message d’unité entre les trois pays membres de la Confédération des États du Sahel. L’accès gratuit aux sites de compétition doit permettre aux populations de participer largement à cette célébration sportive.

À Ouagadougou, le sport devient ainsi un espace de rencontre pour une jeunesse appelée à partager davantage qu’une compétition. Pendant plusieurs jours, les athlètes burkinabè, maliens et nigériens sont invités à défendre leurs couleurs tout en portant l’image d’une même communauté sahélienne.