Ibrahim Traoré appel à la probité et à la souveraineté médiatique

Lors de la montée des couleurs à Ouagadougou, le Capitaine Ibrahim Traoré Burkina Faso a appelé à bannir la corruption, à renforcer la solidarité nationale et à rejeter l’influence des médias étrangers.

 

Le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré Burkina Faso, a présidé, ce lundi 6 octobre 2025, la traditionnelle montée des couleurs. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la seconde phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JNEPPC).

À l’issue de la cérémonie, le Chef de l’État a délivré un message en trois points. Il a d’abord interpellé tous les acteurs impliqués dans les marchés publics ainsi que les demandeurs d’audiences auprès des institutions à proscrire toute forme de corruption.

« Nous sommes en révolution, et chacun doit comprendre que pour obtenir un marché, il suffit d’être en règle et de travailler correctement. Il n’est pas question de verser un seul franc pour y parvenir », a insisté le Président du Faso. Il a également précisé que les demandes d’audience doivent transiter uniquement par les canaux officiels, à savoir les services de protocole et le bureau des conseillers.

Évoquant les soutiens au programme Faso Mêbo, le Capitaine Ibrahim Traoré Burkina Faso a annoncé que la plateforme Faso Arzèka, désormais hébergée au Trésor public, recueillera les contributions financières des citoyens et des amis du Burkina. « Une fenêtre a été créée dans chaque région pour permettre à tous de contribuer au développement de leur localité », a-t-il expliqué. Sur le plan de la communication, le Chef de l’État a salué le succès des Universités africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO). Il a rendu hommage aux « BIR-C » et aux « Wayiyans » pour leurs efforts dans la lutte contre la désinformation des médias impérialistes.

Enfin, Ibrahim Traoré Burkina Faso a exhorté les Africains à se détourner des médias étrangers, qu’ils financent souvent par des abonnements ou des participations au capital, alors même que ces médias nuisent à leurs intérêts. Il a invité les sociétés d’État à se retirer du capital de ces organes et les ministères à résilier leurs contrats d’abonnement.

Burkina : polémique autour du nouveau Code de la famille

La promulgation du nouveau Code des personnes et de la famille Burkina Faso suscite la controverse. Dre Lydia Rouamba, sociologue à l’INSS, critique une disposition qu’elle juge défavorable à l’égalité entre hommes et femmes.

 

L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté, le lundi 1er septembre 2025, le projet de loi portant Code des personnes et de la famille Burkina Faso. Ce nouveau texte remplace l’ancien, en vigueur depuis plus de trente ans. La loi n°012-2025/ALT est entrée en vigueur après sa promulgation, le 25 septembre 2025, par le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré.

Dans une tribune intitulée « Mariage monogamique ou polygamique : un choix désormais illusoire au Burkina Faso », Dre Lydia Rouamba, Maîtresse de recherche en sociologie à l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS/CNRST), exprime son désaccord vis-à-vis de certaines dispositions qu’elle considère comme un « grand recul ».

Pour elle, malgré des avancées notables en faveur des femmes, l’introduction de la possibilité de passer d’un régime monogamique à un régime polygamique constitue une mesure profondément inquiétante. Elle estime qu’elle trahit l’esprit d’équité et de justice que le texte prétend promouvoir.

« Le silence protège parfois, mais il peut aussi tuer », écrit-elle, affirmant que face à certaines décisions politiques, se taire revient à approuver.

Elle rappelle que le projet initial adopté en Conseil des ministres permettait ce changement de régime matrimonial — une option qui n’existait pas auparavant. Dre Rouamba explique avoir déjà dénoncé cette mesure, estimant qu’elle représentait une régression historique et une menace pour les droits des femmes.

Lors de l’adoption du texte par l’ALT, cette disposition avait été retirée (Dossier 118, texte issu de la CAGIDH). Beaucoup s’étaient alors félicités de cette suppression. Cependant, à la surprise générale, la mesure a été réintroduite avant la promulgation finale de la loi (Décret n°2025-1232/PF portant promulgation de la loi n°012-2025/ALT du 1er septembre 2025). Pour la chercheuse, il s’agit d’un recul grave. « Sous couvert du respect des traditions, on consolide la domination masculine et on renforce la vulnérabilité des femmes », déplore-t-elle. Elle évoque le parallèle avec le Mali, où la pression sociale et religieuse a aussi conduit à une régression des droits féminins dans le code familial.

Selon elle, cette nouvelle version du Code des personnes et de la famille Burkina Faso transforme le mariage en un engagement fragile. L’homme peut, à tout moment, imposer une coépouse à sa femme, ce qui vide de sens le principe du consentement mutuel. Elle interroge : « Quelle est l’utilité d’une telle mesure, alors que la polygamie n’a jamais été interdite ? »

Pour Dre Rouamba, la parole donnée devrait avoir du poids, surtout dans une société où le consentement des femmes est souvent soumis à la pression. « Combien de femmes peuvent s’opposer à la décision d’un mari sans craindre le rejet ou la marginalisation ? », questionne-t-elle, redoutant que cette loi n’alimente les tensions, la jalousie et la rancune au sein des familles. La sociologue souligne que le pays, déjà éprouvé par le terrorisme, ne peut se permettre d’affaiblir davantage sa cohésion sociale. Elle juge préoccupant que, dans ce contexte, les droits des femmes soient relégués au second plan.

« Une société qui hiérarchise les droits humains mine ses propres fondations », prévient-elle.

Dre Rouamba conclut sa tribune en appelant à une réflexion collective : « La loi est promulguée, mais l’accepter ne signifie pas s’y résigner. En tant que chercheurs, notre mission est d’éclairer la société et d’aider à penser l’avenir avec rigueur et esprit critique. »

Burkina Faso : le Tour cycliste du Faso 2025 s’élance pour dix étapes palpitantes

Le Tour cycliste du Faso 2025 s’annonce palpitant avec dix étapes sur 1177,6 km. Les Étalons locaux visent à reprendre le maillot jaune et à affirmer la stature internationale de la compétition.

 

La 36ᵉ édition du Tour international du Faso aura lieu du 24 octobre au 2 novembre 2025 au Burkina Faso. La course parcourra neuf régions du pays, totalisant 1177,6 kilomètres répartis sur dix étapes. Les cyclistes prendront le départ à Ouagadougou pour un itinéraire exigeant, qui mettra à l’épreuve l’endurance et la stratégie des équipes participantes.

En préparation de cette compétition, le Comité national d’organisation (CNO) a été mis en place le 26 août 2025 à Ouagadougou. Douze commissions composent ce comité, chacune assurant la supervision d’aspects clés tels que la logistique, la santé, l’hébergement, l’administration et la communication.

L’édition 2025 se veut une vitrine de la force et de la résilience du Burkina Faso, avec pour objectif principal pour l’équipe nationale, les Étalons cyclistes, de reconquérir le maillot jaune, perdu face au Marocain Mohcine El Kouraji en 2024. Malgré le retrait controversé du Tour du Faso du calendrier UCI, lié à la participation russe l’an dernier, l’épreuve conserve son prestige continental et continue d’attirer des équipes venues d’Afrique et d’Europe.

Burkina Faso : Qnet dissoute, plus de 2 000 victimes recensées

Le gouvernement a prononcé la dissolution de l’association Qnet, accusée d’escroquerie et de pratiques frauduleuses. Plus de 2 000 victimes ont été identifiées au Burkina Faso.

 

Le gouvernement burkinabè a acté, ce jeudi en Conseil des ministres, la dissolution de l’Association professionnelle des représentants indépendants Qnet. L’organisation, déjà suspendue depuis plusieurs années, ne pourra plus exercer au Burkina Faso. La décision s’appuie sur l’article 80 de la loi du 17 juillet 2025 relative à la liberté d’association, en raison d’activités jugées illicites et contraires à ses statuts.

Qnet faisait l’objet d’une enquête judiciaire pour des pratiques qualifiées de frauduleuses, assimilées à de l’escroquerie, de l’arnaque et même du trafic de personnes. Le rapport de la justice fait état de plus de 2 000 victimes identifiées et de 1 300 plaintes déposées, avec des pertes financières estimées à plus d’un milliard de francs CFA. Les autorités invitent les populations à la vigilance, face aux offres suspectes circulant sur internet et au sein de réseaux parallèles.

Cette dissolution s’inscrit dans la volonté du gouvernement de transition de renforcer la lutte contre les structures exploitant la vulnérabilité sociale et économique des citoyens, et d’empêcher la reproduction de tels systèmes.

Koudougou : quatre enfants sauvés des griffes de trafiquants grâce à la police municipale

La police municipale de Koudougou a déjoué ce lundi une tentative de trafic d’enfants. Quatre mineurs destinés aux sites aurifères ont été sauvés grâce à une collaboration citoyenne.

 

Quatre enfants mineurs ont été arrachés, ce lundi, aux mains de trafiquants par la police municipale de Koudougou. Les réseaux criminels exploitant la vulnérabilité des jeunes dans la région de Nando viennent une fois encore d’être neutralisés. Cet épisode met en lumière la persistance d’un trafic organisé qui frappe durement l’avenir de la jeunesse.

Grâce à la vigilance citoyenne et à des renseignements précis, les forces de la Police municipale ont intercepté un convoi et empêché le départ de quatre enfants, âgés de 12 à 16 ans. Ces jeunes devaient être acheminés vers les sites aurifères de Poura et même vers un pays voisin. Le réseau avait changé ses méthodes, prévoyant un transit par Koudougou avant Sabou, où une seconde équipe devait assurer leur transfert vers les zones d’exploitation.

Cette stratégie démontre la froide organisation de ces trafiquants qui traitent les enfants comme de simples marchandises à déplacer. Si cette opération constitue une victoire pour la sécurité publique, elle rappelle que le trafic d’enfants demeure une menace récurrente et adaptative.

La Police municipale a renouvelé son appel à la vigilance de tous. Elle souligne que seule une coopération étroite entre citoyens et forces de sécurité peut briser les chaînes de ce fléau. Elle insiste aussi sur l’importance de la prévention, notamment par des actions de sensibilisation comme les théâtres-fora et les émissions radiophoniques, afin de protéger durablement les enfants contre cette exploitation.

À New York, le Burkina Faso affirme sa voix face à l’ONU et défend l’AES

En marge de l’Assemblée générale, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a exposé à António Guterres la position du Burkina Faso sur la lutte contre le terrorisme, la création de l’AES et les réformes nécessaires de l’ONU.

 

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a rencontré le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, samedi 27 septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette audience a permis au chef du Gouvernement burkinabè de réaffirmer la vision du pays face aux défis actuels. Il a d’abord exprimé sa reconnaissance pour le soutien logistique et humanitaire de l’ONU. Il a présenté les efforts du Burkina Faso pour reconquérir l’ensemble du territoire et améliorer les conditions de vie des populations, citant l’impact des initiatives présidentielles sur le quotidien des Burkinabè.

Concernant l’Alliance des États du Sahel (AES), il a rappelé qu’elle est une initiative souveraine portée par trois pays, visant la lutte commune contre le terrorisme et un développement solidaire. Il a dénoncé la présence récurrente de matériel militaire sophistiqué dans les bases ennemies démantelées, pointant la responsabilité de parrains du terrorisme.

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également critiqué la campagne de communication menée par la France et ses relais contre les pays de l’AES, qualifiant cette stratégie d’acharnement d’un ancien colon en réaction à la rupture d’accords jugés inéquitables. « Nous ne sommes pas venus à l’ONU pour nous apitoyer, mais pour affirmer que notre salut réside dans le sursaut patriotique », a-t-il déclaré. Le Premier ministre a exhorté les Nations unies à dénoncer clairement les soutiens financiers et logistiques au terrorisme, tout en appelant à une réforme profonde pour préserver leur crédibilité et leur utilité auprès des peuples.

António Guterres, de son côté, a rappelé les souvenirs positifs de ses séjours au Burkina Faso et exprimé sa tristesse face aux souffrances causées par les attaques terroristes. Il a réaffirmé l’engagement de l’ONU à accompagner le pays dans ses efforts de développement.

Cette rencontre a constitué une occasion stratégique pour livrer directement au Secrétaire général de l’ONU la position officielle du Burkina Faso et de l’AES, témoignant de la volonté du gouvernement burkinabè de maintenir un dialogue constructif avec l’organisation internationale.

Ganzourgou : les orpailleurs entre solidarité, patriotisme et hommage aux autorités

À Zorgho, l’Association des orpailleurs du Ganzourgou a honoré autorités coutumières et administratives, après son don de 400 tonnes de ciment à Faso Mêbo.

 

L’Association des orpailleurs pour le Développement du Ganzourgou (AODG) continue d’affirmer son ancrage patriotique et sa capacité de mobilisation. Après avoir offert 400 tonnes de ciment à l’initiative présidentielle Faso Mêbo le 31 août dernier, elle a organisé, dimanche 28 septembre 2025 à Zorgho, une cérémonie d’hommage dédiée aux autorités coutumières et administratives de la province.

Chefs traditionnels, responsables locaux et représentants des communautés ont répondu massivement à l’appel. L’événement, rythmé par des prestations artistiques et des allocutions, a notamment été marqué par la remise de 146 attestations de reconnaissance aux figures coutumières et administratives du Ganzourgou. Pour Boureima Nikiéma, chargé de l’organisation, ce geste traduit la gratitude des orpailleurs envers leurs encadreurs. « Si nous avons pu offrir 400 tonnes de ciment à Faso Mêbo, c’est parce que nous avons été bien accompagnés. Honorer les autorités coutumières était donc un devoir », a-t-il affirmé.

Présent au nom du parrain, le Capitaine Tissologo Zakaria, le Capitaine Raphaël Yonli a salué cette démarche, rappelant l’importance de l’orpaillage comme secteur de contribution nationale. « Longtemps marginalisé, il prouve aujourd’hui qu’il peut participer activement au développement du pays. Le don de ciment en est l’illustration », a-t-il déclaré, tout en exprimant la reconnaissance des autorités nationales.

En signe de gratitude particulière, les orpailleurs ont également remis 15 grammes d’or au parrain de la cérémonie.

Avec ce double engagement — soutien à Faso Mêbo et hommage aux autorités coutumières — l’AODG se positionne comme un acteur social et patriotique au service de la cohésion et du développement, tant pour le Ganzourgou que pour l’ensemble du Burkina Faso.

Ouédraogo à l’ONU : le Burkina appelle à une réforme et à la souveraineté

À la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a livré la déclaration du Burkina Faso, appelant à une ONU réformée, défendant la souveraineté nationale et affirmant l’engagement du pays au sein de l’AES.

 

Le Premier ministre, Son Excellence Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a pris la parole, ce samedi 27 septembre 2025, à la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies pour prononcer la déclaration du Burkina Faso. Mandaté par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, il a porté un message clair, mêlant lucidité, dignité et revendication de souveraineté.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a salué le thème de la session, « Mieux ensemble : plus de 80 ans au service de la paix, du développement et des droits humains », tout en dressant un bilan critique des trajectoires de l’Organisation. Il a évoqué une « désillusion collective » face à des occasions manquées, dénonçant notamment l’exclusion persistante de l’Afrique du Conseil de sécurité, la politisation de ses décisions et l’efficacité mitigée des opérations de maintien de la paix. Sur la lutte contre le terrorisme, le Premier ministre a fustigé son instrumentalisation par certaines puissances cherchant, selon lui, à s’accaparer les ressources africaines.

Il a rappelé l’effort national de solidarité incarné par le Fonds de Soutien Patriotique — qui a recueilli plus de 413 milliards FCFA depuis 2023 — et a mis en avant les progrès militaires ayant permis la reconquête de plus de 72 % du territoire. Il a rendu hommage aux Forces de défense et de sécurité, aux Volontaires pour la Défense de la Patrie et aux martyrs, tout en affirmant que les priorités souveraines du Burkina Faso demeurent non négociables.

Le Premier ministre a réitéré l’engagement du Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, dans la construction de la Confédération des États du Sahel (AES), qu’il a présenté comme un choix de dignité, d’indépendance et de solidarité régionale. « L’AES n’est ni un isolement ni une fermeture : c’est l’affirmation de notre droit à disposer de nous-mêmes », a-t-il insisté, rappelant l’héritage de figures panafricanistes telles que Thomas Sankara et Patrice Lumumba. Dans son propos, le chef du gouvernement a aussi appelé à une réforme audacieuse du Conseil de sécurité afin d’assurer une représentation permanente de l’Afrique. Il a dénoncé l’usage des sanctions unilatérales contre des États comme Cuba, le Venezuela, la Russie, l’Iran ou le Nicaragua et plaidé pour une gouvernance financière internationale plus équitable, respectueuse de la souveraineté des nations. Pour le Burkina Faso, le multilatéralisme doit être un cadre de coopération sincère et non un instrument de domination.

En conclusion, la déclaration du Burkina ONU portée par Rimtalba Ouédraogo a été un appel vibrant à un multilatéralisme rénové et juste. Le Premier ministre a clos son intervention sur un message d’espérance et de fermeté : « Vive une ONU réformée et crédible ! Vive la Confédération des États du Sahel ! Vive le Burkina Faso, digne, souverain et debout ! La Patrie ou la Mort, Nous Vaincrons ! »

Burkina Faso : 36 nouveaux guideurs aériens tactiques prêts à appuyer la lutte antiterroriste

L’armée de l’air burkinabè a renforcé ses effectifs avec la sortie de 36 nouveaux Guideurs Aériens Tactiques Avancés (GATA), formés pour optimiser la coordination entre forces terrestres et aériennes dans la lutte contre le terrorisme.

 

La base aérienne 210 de Bobo-Dioulasso a accueilli, le 11 septembre dernier, la cérémonie de clôture de la formation de 36 nouveaux Guideurs Aériens Tactiques Avancés (GATA). Placée sous le patronage du lieutenant-colonel Richard T. Bonkoungou, représentant le chef d’état-major de l’armée de l’air, cette promotion marque une étape supplémentaire dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso.

Le commandant Théodore Kabré a rappelé le rôle stratégique des GATA dans les opérations militaires. Ces spécialistes assurent la coordination entre forces aériennes et terrestres, permettant des frappes précises et adaptées aux besoins du terrain. Formés à l’identification et à la désignation d’objectifs, à la correction des tirs en temps réel et à l’évaluation des dommages, les nouveaux guideurs ont obtenu une moyenne de 16,38/20, preuve de leur rigueur et de leur engagement.

Le lieutenant-colonel Bonkoungou a souligné que la demande en appui aérien sur le terrain ne cesse de croître. Selon lui, l’arrivée de ces soldats renforcera l’efficacité des missions de reconquête et contribuera à une meilleure occupation spatiale. S’exprimant au nom de ses camarades, le lieutenant Ben Idriss Sanon a expliqué que la formation, composée d’une phase théorique et d’exercices pratiques, les a préparés à conduire des missions concrètes. Ils maîtrisent désormais les techniques de guidage pour les frappes aériennes et l’utilisation optimale des aéronefs.

La cérémonie de clôture a été marquée par une démonstration illustrant les compétences acquises au cours de la formation. Avec ces nouveaux GATA, l’armée de l’air burkinabè dispose d’atouts supplémentaires pour relever les défis sécuritaires et soutenir les opérations sur le terrain.

Burkina Faso : moins de jours fériés pour économiser près de 17 milliards F CFA par an

Le gouvernement burkinabè a adopté un projet de loi réduisant le nombre de jours chômés et payés de 15 à 11, afin d’alléger le coût pour l’État et renforcer son budget.

 

Chaque jour chômé et payé coûte à l’État burkinabè environ 4,22 milliards F CFA, selon une étude du ministère de l’Économie et des Finances. Fort de ce constat, le Conseil des ministres du 11 septembre 2025 a adopté un projet de loi visant à rationaliser le calendrier des jours fériés. L’objectif : économiser près de 16,88 milliards F CFA par an au profit du budget national.

Désormais, les jours chômés et payés se limiteront aux dates suivantes :

– 1er janvier ;

– 8 mars ;

– 1er mai ;

– 15 mai ;

– 11 décembre ;

– 25 décembre ;

– Ascension ;

– Assomption ;

– Ramadan ;

– Tabaski ;

– Mouloud.

À ces jours s’ajoutent des journées de commémoration et de recueillement, instituées en mémoire de moments forts de l’histoire nationale :

– 3 janvier ;

– 4 août ;

– 5 août ;

– 15 octobre ;

– 31 octobre ;

– 1er novembre.

Ces journées resteront travaillées, mais en horaires continus, définis par un communiqué des ministères concernés.

Parmi les principales innovations, le texte supprime la disposition qui rendait automatiquement chômé et payé le lendemain d’une fête tombant un dimanche. Il requalifie également certaines dates emblématiques, comme le soulèvement populaire du 3 janvier, la proclamation de l’indépendance du 5 août et la journée nationale des martyrs du 31 octobre, en simples journées de recueillement.

Enfin, la journée du 15 mai, dédiée aux coutumes et traditions, est intégrée comme jour férié pour réaffirmer la laïcité de l’État. Ce projet de loi, qui réduit de 15 à 11 le nombre de jours fériés, sera transmis à l’Assemblée législative de Transition pour adoption.

Burkina Faso : le nouvel ambassadeur des Pays-Bas promet de renforcer la coopération bilatérale

Le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu, le 10 septembre 2025, les copies figurées des lettres de créance de Pieter D. Smidt van GELDER, nouvel ambassadeur des Pays-Bas au Burkina Faso.

 

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur a reçu, dans la soirée du mercredi 10 septembre 2025, l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas nouvellement accrédité au Burkina Faso.

Son Excellence Pieter D. Smidt van GELDER est venu remettre à Karamoko Jean Marie Traoré les copies figurées des lettres par lesquelles Sa Majesté le Roi Willem-Alexander l’accrédite en qualité d’ambassadeur auprès du Burkina Faso. Arrivé il y a une semaine dans le pays des Hommes intègres, le diplomate néerlandais a salué la rapidité avec laquelle les autorités l’ont accueilli. Il y voit le reflet de « l’excellence des relations entre les deux pays ».

Le nouvel ambassadeur a indiqué vouloir poursuivre les projets déjà initiés par son prédécesseur et en lancer de nouveaux en partenariat avec le gouvernement burkinabè. Notamment dans les secteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’entrepreneuriat des jeunes. Il a également annoncé la venue prochaine d’un envoyé spécial des Pays-Bas pour le Sahel. Et cela afin de consolider les liens entre Amsterdam et l’Alliance des États du Sahel (AES). Pour le ministre burkinabè des Affaires étrangères, le gouvernement reste disposé à travailler étroitement avec le Royaume des Pays-Bas afin de pérenniser les chantiers engagés dans un esprit de partenariat mutuellement bénéfique. Il a insisté sur les valeurs de respect, de dialogue, d’écoute et de sincérité, jugées essentielles dans les relations avec les partenaires.

En souhaitant un bon séjour au diplomate néerlandais, Karamoko Jean Marie Traoré a salué la qualité du partenariat avec les Pays-Bas, qui, malgré un contexte difficile, sont restés aux côtés du peuple burkinabè. Avant sa nomination à Ouagadougou, Pieter D. Smidt van GELDER a occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment au Ghana, au Soudan et au Tchad.

Le Premier ministre lance les États généraux de la décentralisation à Ouagadougou

Ouagadougou a accueilli, ce mercredi 10 septembre 2025, l’ouverture officielle des États généraux de la décentralisation. Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a donné le coup d’envoi de ces assises nationales, placées sous le signe de la refondation de la gouvernance locale.

Le Premier ministre a présidé ce mercredi 10 septembre 2025 à Ouagadougou, la cérémonie d’ouverture des États généraux de la décentralisation au Burkina Faso. La rencontre s’est tenue en présence du Secrétaire général du ministère de la Fonction publique, Suanyaba Rodrigue Oboulbiga, représentant le ministre Mathias Traoré.

Placées sous le thème : « Quelle décentralisation pour un développement local et une meilleure contribution à la sécurisation du territoire ? », ces assises nationales prolongent les consultations régionales organisées dans les 13 régions du pays. Dans son allocution, le Premier ministre a rappelé que ce rendez-vous marque une étape clé dans « la marche collective vers la refondation de l’État et le renforcement de la gouvernance locale ». Il a souligné que l’organisation de ces États généraux s’inscrit dans la dynamique initiée par le Président du Faso à travers la Révolution progressiste populaire. Une orientation qui vise une refondation audacieuse, inclusive et durable de la nation.

Selon le ministre, ces assises traduisent une volonté politique forte. Celle de redonner toute leur place aux collectivités territoriales dans la gouvernance nationale. Il a insisté sur l’engagement du chef de l’État à promouvoir une décentralisation ancrée dans les réalités socio-culturelles. Toutefois tournée vers les besoins des populations et adaptée aux enjeux de souveraineté, de résilience et de transformation structurelle.

Le Premier ministre a appelé les participants à la lucidité, au patriotisme et à l’engagement durant ces trois jours de réflexion. Il a précisé que ce cadre de concertation permettra d’évaluer le système de gouvernance territoriale. Puis, de l’adapter aux réalités sécuritaires et politiques du pays. Et enfin, de poser les bases d’un modèle de décentralisation plus inclusif et efficace.

« Les consultations régionales ont nourri une réflexion riche et contextualisée. Il nous revient maintenant, au niveau national, de transformer ces contributions en une vision claire et ambitieuse pour une décentralisation rénovée et souveraine », a-t-il conclu.

Ces États généraux rassemblent notamment les 13 gouverneurs de région, aux côtés de nombreux autres acteurs de la gouvernance locale.

Burkina Faso : la Police nationale lance son premier commissariat mobile à Ouagadougou

La Police nationale innove. Pour la première fois au Burkina Faso, un commissariat mobile a été mis en service ce mardi 2 septembre 2025. L’initiative vise à rapprocher les services de sécurité des citoyens.

 

Un commissariat qui se déplace vers les citoyens

Le dispositif a été présenté par l’inspecteur général de police, Thierry Tuina, premier responsable de l’institution. Il s’agit d’un camion spécialement aménagé, équipé pour offrir les mêmes services qu’un commissariat traditionnel. Ce sont en effet, des courants : l’établissement de cartes nationales d’identité ; la légalisation de documents ; la patrouilles motorisées ; l’assistance aux victimes ; la collecte de renseignements ; l’actions de sensibilisation.

« Nous avons conçu ce concept pour atteindre les populations et répondre aux questions d’insécurité urbaine », a expliqué Thierry Tuina.

Répondre à un contexte sécuritaire complexe

Le directeur général de la Police nationale a rappelé que la criminalité s’accroît dans un monde instable. Selon lui, il faut adapter en permanence l’écosystème sécuritaire aux réalités locales.

« Nos concitoyens ont besoin de sécurité, socle basique de tout développement humain durable », a-t-il souligné.

Une innovation appelée à se développer

Le commissariat mobile restera d’abord actif dans la commune de Ouagadougou. Mais la Police nationale envisage déjà l’acquisition d’autres véhicules pour déployer ce concept à travers le pays. Une stratégie qui s’inscrit dans la vision de police de proximité et de sécurité au quotidien.

Une initiative saluée par les populations

La cérémonie de lancement a eu lieu dans l’arrondissement n°7, à Nagrin. Les autorités locales et coutumières ont salué une réponse concrète aux besoins de sécurité. Elles voient dans ce projet une avancée pour leur communauté et pour tous les Burkinabè.

Burkina Faso : une nouvelle loi criminalise l’homosexualité et modifie le code de la famille

L’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté un code criminalisant l’homosexualité à Ouagadougou, le 1er septembre 2025, afin d’affirmer la souveraineté et redéfinir les règles sociales et familiales du pays.

 

Depuis le 1er septembre 2025, le Burkina Faso dispose d’une loi qui interdit et criminalise l’homosexualité. L’Assemblée législative de transition a adopté à l’unanimité un nouveau code de la personne et de la famille. Le président Ibrahim Traoré doit promulguer ce texte, qui introduit pour la première fois des sanctions contre les pratiques homosexuelles.

Selon le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, les peines prévues vont de deux à cinq ans d’emprisonnement, assorties d’amendes. Il précise que les ressortissants étrangers reconnus coupables ne seront pas incarcérés, mais expulsés du territoire burkinabè. Jusqu’ici, aucune loi ne ciblait directement les personnes homosexuelles, qui vivaient dans la discrétion.

Cette décision marque donc un tournant juridique et sociétal dans le pays. Au-delà de la question de l’homosexualité, le nouveau code introduit d’autres changements importants. Il modifie notamment les conditions d’accès à la nationalité burkinabè par le mariage et reconnaît désormais les unions religieuses et coutumières.

Pour les autorités, ce texte illustre la volonté du Burkina Faso de réaffirmer son indépendance culturelle et politique. Il reflète également un choix de société ancré dans les traditions locales et distinct des influences extérieures.

 

A LIRE AUSSI :https://journaldufaso.com/burkina-faso-adoption-nouveau-code-famille/

Le ministre des Affaires étrangères reçoit les représentants de la Suisse et du Canada

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu ce 1er septembre 2025 la nouvelle Cheffe de la coopération suisse et l’ambassadeur du Canada pour renforcer les liens bilatéraux et préparer de futurs programmes de coopération alignés sur les priorités du Burkina Faso.

 

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu ce lundi 1er septembre 2025 l’ambassadeur du Canada, Tina Guthrie, ainsi que la nouvelle Cheffe du Bureau de la Coopération suisse, Stefanie Burri.

Lors de son audience avec Mme Burri, le ministre a évoqué le futur programme de coopération Burkina Faso–Suisse pour la période 2026-2029, qui s’alignera sur les priorités nationales. La diplomate suisse a souligné son intention de renforcer les initiatives conjointes dans divers domaines en respectant les principes de dialogue, d’écoute et de non-ingérence. Karamoko Jean Marie Traoré a, pour sa part, salué la coopération bilatérale, vieille d’une cinquantaine d’années, et ses résultats satisfaisants au profit des deux peuples. Il a insisté sur la volonté des deux parties de consolider ces liens historiques.

Dans une autre rencontre, le ministre a échangé avec l’ambassadeur du Canada, Tina Guthrie, sur les perspectives de la coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines diplomatique et académique. Ces audiences confirment l’engagement du Burkina Faso à entretenir et développer ses relations internationales.

Burkina Faso : le DGPN reçoit l’Ambassadeur de Chine pour renforcer la coopération sécuritaire

Dans la soirée du 19 août 2025, l’Inspecteur Général de Police Thierry Dofizouho TUINA, Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), a accueilli en audience l’Ambassadeur de la République Populaire de Chine au Burkina Faso, ZHAO Deyong, accompagné du chef de chancellerie, M. GU Zhen, et du Directeur Politique, M. TANG Ran.

Selon l’Ambassadeur ZHAO, cette visite s’inscrit dans le cadre du septième anniversaire de la reprise des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la Chine. Elle a permis de réaffirmer l’engagement de la Chine à soutenir le Burkina Faso dans ses efforts de développement, de lutte contre le terrorisme et de consolidation de sa souveraineté.

Le DGPN, se réjouissant de cette visite, a salué la qualité des relations entre les deux pays et a remercié la Chine pour son soutien constant à la Police Nationale, notamment sur les plans logistique, matériel et humain, avec un accent particulier sur le renforcement des capacités et le partage d’expérience.

Cette rencontre, qui a pris des allures de réunion de travail, a également donné l’occasion au DGPN de présenter les progrès réalisés dans la pacification du pays, notamment la reconquête de la quasi-totalité du territoire national, assurant ainsi un environnement sûr pour les investisseurs.

Enfin, la séance a permis de dégager des perspectives de coopération et de soutien futur entre la Police Nationale et les autorités chinoises, avec la participation des directeurs techniques et du Chef de la Division de la Coopération.

La Police Nationale, fidèle à sa mission, confirme ainsi son engagement au service des citoyens et de la sécurité nationale.

Indépendance du Burkina Faso : l’Iran réaffirme son amitié et propose un renforcement des liens

À l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso, la République islamique d’Iran a renouvelé ses félicitations et exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale.

 

Le 5 août 2025, le Burkina Faso célébrait le 65e anniversaire de sa proclamation d’indépendance. Dans ce cadre symbolique, la République islamique d’Iran a adressé un message officiel de félicitations, saluant le peuple burkinabè et réaffirmant son attachement à des relations solides entre les deux pays.

Une amitié réaffirmée sur la scène diplomatique

« Le ministère des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran présente ses plus sincères félicitations au noble peuple et au gouvernement du Burkina Faso à l’occasion de la fête de son indépendance, et souhaite une plus grande expansion de la coopération entre les deux Nations », a indiqué la diplomatie iranienne dans une publication sur le réseau social X (ex-Twitter).

Ce message s’inscrit dans une dynamique de rapprochement croissant entre Téhéran et Ouagadougou, amorcée depuis l’arrivée au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré en 2022. Les deux pays partagent désormais une volonté commune de diversification de leurs partenariats stratégiques, dans un contexte géopolitique régional en recomposition.

Conférence des pays sans littoral : le Burkina Faso appelle à un nouvel ordre économique mondial

À Awaza, la délégation burkinabè appelle à un renforcement des partenariats et à une meilleure inclusion des pays sans littoral dans les circuits économiques mondiaux.

 

Du 5 au 8 août 2025, la ville d’Awaza, au Turkménistan, accueille la 3e Conférence des pays en développement sans littoral (PDSL). Initiée par les Nations unies, cette rencontre vise à élaborer un programme de coopération renouvelé autour du thème « Progresser grâce aux partenariats ».

Le Burkina Faso y est représenté par une délégation de haut niveau, conduite par le ministre d’État, Emile Zerbo, et le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré. Ces représentants participent activement aux débats, tables rondes et sessions techniques, aux côtés de 31 autres pays sans accès direct à la mer.

Lutter contre une marginalisation structurelle

À l’ouverture, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a rappelé un fait marquant : les PDSL représentent 7 % de la population mondiale, mais à peine 1 % du PIB global. Une situation qu’il qualifie de « conséquence d’un système économique mondial inadapté, plutôt que d’une fatalité géographique ».

Les PDSL, dont 15 sont situés en Afrique, doivent relever de nombreux défis. En effet, ils supportent des coûts de transport élevés, dépendent fortement des infrastructures des pays de transit et disposent d’un accès limité aux marchés mondiaux. Le Burkina Faso, en proie à une insécurité persistante, s’efforce malgré tout de maintenir une diplomatie économique active et d’explorer de nouvelles opportunités de partenariat.

Le Burkina Faso au cœur des réflexions

Dans une déclaration prononcée au nom de la Confédération des États du Sahel (AES), Emile Zerbo a insisté sur la nécessité d’un changement profond. « Nos pays, en dépit de leur position enclavée, sont porteurs d’innovations et de dynamiques sociales qu’il faut mieux intégrer dans les politiques internationales de développement », a-t-il affirmé.

Le ministre burkinabè a appelé à une plus grande solidarité internationale en faveur des PDSL, soulignant l’importance d’un accès équitable au financement climatique, à l’investissement dans les infrastructures logistiques et à la diversification des économies locales.

Lancement du Programme d’actions d’Awaza

L’un des enjeux majeurs de cette conférence est le lancement du Programme d’actions d’Awaza, une feuille de route ambitieuse qui guidera les politiques de soutien aux PDSL pour la prochaine décennie. Ce programme repose sur quatre priorités :

  1. Renforcer le commerce, le transit et la connectivité régionale ;

  2. Accélérer la transformation structurelle et la diversification économique ;

  3. Appuyer l’action climatique et la résilience aux chocs environnementaux ;

  4. Mobiliser davantage de financements et de partenariats internationaux.

Par ailleurs, ils envisagent de nouer des partenariats avec des organisations comme la Banque mondiale, l’Union africaine ou la BAD pour accompagner les réformes structurelles

Une voix africaine unie pour plus d’équité

La participation des délégations africaines, notamment celles du Burkina Faso, du Niger, du Mali, de l’Éthiopie et de l’Ouganda, a permis de porter une voix continentale commune. Plusieurs représentants ont plaidé pour que les règles du commerce international soient adaptées aux réalités spécifiques des pays sans littoral.

Les discussions se poursuivent jusqu’au 8 août. D’ici là, le Burkina Faso entend renforcer ses alliances et faire entendre sa vision d’un développement fondé sur l’endogénéité, la résilience et la coopération entre pays confrontés aux mêmes défis géographiques.

Burkina Faso : Les intérêts sur les emprunts obligataires UEMOA désormais imposables à partir du 1er août 2025

À compter de ce Vendredi, les intérêts générés par les emprunts obligataires émis dans l’espace UEMOA seront soumis à l’impôt sur les bénéfices au Burkina Faso. Cette réforme marque la fin de l’exonération systématique qui était jusque-là appliquée de fait, sans ancrage légal clair.

 

La décision a été officialisée par une circulaire du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, signée le 23 juin 2025. Elle s’inscrit dans la mise en œuvre de la Directive n°01/2008/CM/UEMOA, qui prévoit l’exonération des intérêts des emprunts obligataires émis par les États membres. Toutefois, cette disposition n’avait jamais été formellement transposée dans le droit fiscal burkinabè. Résultat : une exonération pratiquée dans les faits, mais juridiquement fragile, ayant généré un manque à gagner fiscal pour le Budget national. Ce qui change à partir du 1er août 2025.

Désormais, les intérêts perçus sur les nouveaux emprunts contractés à partir du 1er août 2025, émis par d’autres États de l’UEMOA (Côte d’Ivoire, Sénégal, Niger, etc.) ou leurs collectivités territoriales, seront imposables au Burkina Faso. En revanche, les titres émis par l’État burkinabè ou ses démembrements (collectivités locales, établissements publics, etc.) restent exonérés.

 Autrement dit : Si vous prêtez à l’État burkinabè, vous restez exonéré d’impôt sur les intérêts. Si vous prêtez à un autre État de l’UEMOA, vous serez imposé sur les intérêts générés. Il faut noter que cette mesure ne s’applique pas rétroactivement : les emprunts contractés avant le 1er août 2025 restent soumis à l’ancien régime.

Santé : Première transplantation rénale réussie au Burkina Faso

Le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans son histoire médicale. C 29 juillet 2025, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo a réalisé avec succès la toute première transplantation rénale. L’annonce a été faite ce mercredi par le ministre de la Santé, Dr Robert Kargougou, lors d’une conférence de presse.

 

En effet, la rencontre s’est tenue en présence de l’ambassadeur de Türkiye, de nombreux professionnels de santé et de journalistes. Cette prouesse médicale survient dans une dynamique impulsée par les hautes autorités sanitaires, avec le soutien du chef de l’État. L’objectif est de renforcer durablement le système de santé burkinabè. Mais aussi, d’améliorer la prise en charge des insuffisances rénales chroniques, et réduire les évacuations sanitaires vers l’étranger. Dr Robert Kargougou a salué cette réussite comme un tournant décisif. Pour lui, cette première transplantation rénale marque un pas concret vers la souveraineté sanitaire. Elle illustre également les fruits d’une coopération étroite entre les équipes médicales burkinabè et turques.

« C’est une avancée majeure pour notre système de santé. Cette opération ouvre la voie à d’autres interventions spécialisées au niveau national », a déclaré le ministre.

Le directeur général du CHU de Tengandogo, Lin Somda, a exprimé sa fierté de voir ce projet aboutir après seulement 13 mois de préparation. De ce fait,  il a souligné l’importance du soutien de la Fondation turque de don d’organes. En effet, celle-ci a largement contribué au renforcement des capacités du personnel et à l’aménagement des infrastructures nécessaires. Ali Özer, chef de la délégation médicale turque, à lui, salué l’excellence de la coopération avec les professionnels burkinabè. Il a précisé que la donneuse a été opérée par voie laparoscopique, sans aucune complication. Et le rein greffé fonctionne parfaitement.

Boureima Ouédraogo, urologue au CHU de Tengandogo, a expliqué que cette opération est le résultat de deux années de travail. Il a confirmé que la transplantation s’est déroulée dans des conditions optimales. Avec une donneuse et une receveuse en bonne santé. Pour le Pr Gérard Coulibaly, néphrologue et coordonnateur du Programme national de transplantation, il s’agit d’un véritable soulagement pour les malades. Il a rappelé que ce programme encadre l’ensemble des processus liés au don et à la greffe d’organes, tissus et cellules humaines au Burkina Faso.

En conclusion, le ministre de la Santé a exprimé sa reconnaissance au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour son appui constant. Il a également salué l’engagement des équipes médicales nationales et la coopération fructueuse avec la Türkiye, qui a permis un transfert de compétences bénéfique pour les jeunes médecins burkinabè.

Élection au HCR : la Suisse cherche l’appui du Burkina Faso pour sa candidature

Le Burkina Faso a reçu, le 23 juillet 2025, la candidate suisse au poste de haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Une rencontre diplomatique stratégique, dans un contexte marqué par de lourds défis humanitaires au Sahel.

 

Une candidature diplomatique en quête de soutien africain

Le mercredi 23 juillet 2025, la candidate suisse au poste de haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Christine Schraner Burgener, a été reçue à Ouagadougou par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Cette audience s’inscrit dans le cadre d’une tournée visant à solliciter l’appui du Burkina Faso à sa candidature.

Lors de cette rencontre, les deux diplomates ont échangé sur les grands enjeux humanitaires auxquels fait face le pays des Hommes intègres, en particulier la question des déplacés internes, victimes du conflit sécuritaire. Le ministre burkinabè a insisté sur la nécessité de changer de regard sur ces populations. Selon lui, « il faut cesser de voir les déplacés uniquement comme une charge, mais aussi comme des acteurs potentiels du développement ».

Christine Schraner Burgener a salué cette approche, qu’elle a dit partager, affirmant que « l’autonomie des réfugiés et déplacés est essentielle pour construire des solutions durables ». Avant son audience, elle s’était rendue à Kaya pour rencontrer directement des déplacés internes et observer leurs conditions de vie.

Au-delà du simple soutien électoral, cette visite a aussi permis de faire entendre la voix du Burkina Faso sur la scène diplomatique. Le ministre burkinabè a exprimé un souhait clair à la candidate suisse au poste de Haut-Commissaire. Il souhaite qu’elle défende la cause des déplacés internes sahéliens une fois élue au HCR. Il a insisté sur la situation critique au Burkina Faso, au Mali et au Niger, membres de l’AES.

Ce geste de la Suisse illustre l’importance croissante des pays africains dans les élections des grandes institutions internationales. Pour le Burkina Faso, c’est également l’occasion de renforcer ses liens diplomatiques tout en mettant à l’agenda mondial la crise humanitaire qui secoue son territoire.

Burkina Faso : 43 % de la population a moins de 15 ans

Avec 43 % de sa population âgée de moins de 15 ans, le Burkina Faso fait face à une pression démographique qui bouleverse ses équilibres économiques et sociaux. Cette pyramide des âges, révélée par l’INSD en 2019, dessine le portrait d’un pays jeune, mais confronté à de lourds défis structurels.

 

Une dépendance économique élevée

Cette jeunesse, bien que porteuse d’avenir, engendre un taux de dépendance économique élevé. Une large partie de la population n’est pas encore en âge de produire des richesses. Les actifs supportent donc seuls le coût de l’éducation, de la santé et de la protection sociale de millions d’enfants. Ce déséquilibre freine l’épargne des ménages et limite les investissements à long terme.

 

Des services sociaux sous pression

Le poids des jeunes pousse les infrastructures de base à leurs limites. Les écoles, centres de santé et programmes sociaux peinent à répondre à la demande croissante. Chaque année, des milliers d’enfants naissent dans un système qui peine à les accompagner correctement vers l’âge adulte. Faute d’accès équitable à l’éducation et à la santé, ces enfants risquent de devenir une génération sacrifiée.

 

Un dividende démographique à construire

Pourtant, cette jeunesse représente un potentiel économique considérable, à condition de l’intégrer pleinement au marché du travail. Cela suppose des politiques ambitieuses : réforme de l’éducation, création d’emplois décents, soutien à l’entrepreneuriat jeune et accès au financement. Sans cela, le pays pourrait voir naître une instabilité sociale liée au chômage massif des jeunes.

 

Une nécessité de planification

À court terme, l’État devrait renforcer la planification familiale et investir davantage dans la santé reproductive. À moyen terme, il faudrait accélérer l’industrialisation, renforcer les filets sociaux et développer les filières agricoles pour absorber cette main-d’œuvre future.

Le Burkina Faso vit une transition démographique inachevée, où le potentiel cohabite avec le risque. La jeunesse massive du pays appelle une réponse stratégique, volontariste et coordonnée. Sans cela, le poids démographique actuel pourrait devenir un frein au développement durable.

 

A LIRE AUSSI :TRANSITION ECOLOGIQUE AU FASO ??https://journaldufaso.com/interdiction-sachet-plastique-burkina/

Apres La république Arabe d’Égypte : Le Haut Conseil économique arabe s’engage aux côtés du Burkina Faso

Le « pays des hommes Intègre » continue d’attirer des nation amis. Apres un forum économique entre hommes d’affaires égyptiens et burkinabè ; et la signature d’un mémorandum d’entente en matière de consultations politiques et diplomatiques avec la république Arabe d’Égypte, le Haut Conseil économique arabe a affirmé, ce 22 juillet 2025, son soutien au Burkina Faso à travers une coopération renforcée, marquée par un don de vivres, un appui humanitaire ciblé et l’ouverture prochaine d’un bureau national.

Le Burkina Faso, confronté à une crise humanitaire persistante aggravée par les déplacements internes massifs, vient de bénéficier d’un appui stratégique de la part du Haut Conseil économique arabe. Cette structure, affiliée au système des Nations Unies, s’est engagée à accompagner les autorités burkinabè dans la mobilisation rapide de ressources et dans la promotion de leur cause auprès des instances internationales.

La ministre de l’Action humanitaire, le commandant Passowendé Pélagie Kaboré, a accueilli une délégation du Conseil. Le président du Conseil, Hassan Abuzaid Hani M., conduisait cette délégation en visite officielle. Les deux parties ont échangé sur l’urgence humanitaire et les besoins des populations déplacées. À l’issue de la rencontre, un geste concret a marqué l’engagement du Conseil. La délégation a annoncé la remise de 10 tonnes de vivres. Ces vivres iront aux personnes déplacées internes et aux communautés hôtes les plus vulnérables.

 

Un appui en phase avec les priorités humanitaires nationales

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte d’urgence humanitaire au Burkina Faso, où plus de 2 millions de personnes déplacées ont été recensées depuis le début de la crise sécuritaire. La ministre Kaboré a salué ce soutien comme un signal fort de solidarité arabe, tout en présentant les priorités de son département. Celles-ci reposent sur le Plan national de réponse humanitaire (PNRH) et la Stratégie nationale de relèvement, deux cadres d’intervention axés sur l’autonomisation des bénéficiaires et la réduction de leur dépendance à l’aide d’urgence.

Selon la ministre, le partenariat avec le Haut Conseil ne se limite pas à l’aide ponctuelle. Il vise à renforcer l’impact structurel de l’action humanitaire à travers des mécanismes de financement durables, des projets d’infrastructure communautaire, et des conseils stratégiques aux États membres. Cet engagement s’inscrit dans une dynamique régionale de coopération Sud-Sud.

 

En marche vers l’installation d’un bureau national

L’une des retombées majeures de cette visite est l’annonce de l’ouverture prochaine d’un bureau du Haut Conseil économique arabe à Ouagadougou. Ce bureau servira de relais local pour coordonner les projets de développement, faciliter l’accès aux financements et accompagner la mise en œuvre des initiatives communes.

D’après Hassan Abuzaid Hani M., le Burkina Faso bénéficie aujourd’hui d’une attention particulière en raison de son rôle central dans la zone sahélienne, mais aussi en raison de la résilience affichée par sa population face aux défis sécuritaires et économiques.

 

Une coopération multidimensionnelle

Outre le volet humanitaire, les échanges ont permis d’identifier plusieurs domaines de coopération potentielle : sécurité alimentaire, relèvement économique, infrastructures, autonomisation des femmes, accompagnement des jeunes, transformation locale des ressources, ou encore amélioration des capacités institutionnelles.

Cette approche globale témoigne d’une volonté de passer d’une aide d’urgence à une solidarité structurante, en ligne avec la vision du Burkina Faso pour un développement souverain et inclusif. La présence d’acteurs non étatiques comme le Haut Conseil économique arabe dans la scène humanitaire marque un tournant dans la diversification des partenaires du pays.

 

Une dynamique à suivre

L’engagement du Haut Conseil économique arabe ouvre une nouvelle phase de coopération internationale pour le Burkina Faso, centrée sur la dignité des populations vulnérables et l’efficacité de l’aide. Ce partenariat, encore à ses débuts, sera scruté dans les mois à venir pour en évaluer les impacts concrets sur le terrain.

Quand l’acte se joint à la parole : Un nouveau mémorandum pour intensifier la coopération entre le Caire et Ouaga

Le Burkina Faso et la République arabe d’Égypte ont franchi un nouveau cap diplomatique ce 23 juillet 2025, avec la signature d’un mémorandum d’entente en matière de consultations politiques et diplomatiques. Ce jalon s’inscrit dans la dynamique d’approfondissement des relations entre Ouagadougou et Le Caire.

 

Cette signature intervient dans le cadre de la visite officielle du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Ahmed Mohamed Abdellaty, accompagné d’une importante délégation diplomatique et économique. Accueilli par son homologue burkinabè Karamoko Jean Marie Traoré, le chef de la diplomatie égyptienne a réaffirmé l’engagement de son pays à renforcer les liens stratégiques avec le Burkina Faso, sur fond de convergence panafricaine.

Le mémorandum signé vise à institutionnaliser un dialogue régulier entre les deux ministères des Affaires étrangères, avec pour ambition de consolider les axes de coopération. Les domaines ciblés sont vastes : sécurité, énergie, agriculture, infrastructures, transformation alimentaire et pharmaceutique, culture, mais aussi tolérance religieuse et lutte contre l’extrémisme violent.

Cette initiative diplomatique s’accompagne d’un volet économique notable. En effet, plus d’une trentaine d’hommes d’affaires égyptiens ont fait le déplacement à Ouagadougou, illustrant la volonté des deux États d’ancrer cette coopération dans des actions concrètes. Une rencontre économique bilatérale a d’ailleurs eu lieu en parallèle, à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso.

Pour le ministre burkinabè Karamoko Jean Marie Traoré, ce rapprochement entre Le Caire et Ouagadougou traduit une vision commune entre les présidents Ibrahim Traoré et Abdel Fattah Al-Sissi, tournée vers une Afrique forte, solidaire et autosuffisante. Il a également souligné que ce partenariat s’inscrit pleinement dans la logique de coopération Sud-Sud portée par la Confédération des États du Sahel (AES).

Ce nouvel accord ouvre ainsi la voie à une coopération stratégique multisectorielle, au service du développement, de la sécurité et de la stabilité des deux pays.

La Russie offre 700 tonnes de vivres au Burkina Faso

La Fédération de Russie a remis officiellement ce 22 Juillet, plus de 700 tonnes de pois cassés jaunes au Programme alimentaire mondial au Burkina Faso. D’une valeur de 2,5 millions de dollars, cette aide alimentaire vise à soutenir les populations vulnérables affectées par la crise sécuritaire. La cérémonie de remise s’est tenue dans les locaux du PAM à Ouagadougou. Elle a vu la présence du Chargé d’Affaires a.i. de Russie et du Directeur pays du PAM. L’aide sera acheminée vers les zones les plus touchées par l’insécurité alimentaire.

 

Rappelons que cette contribution s’inscrit dans les efforts conjoints de la Russie et du PAM pour renforcer la sécurité alimentaire au Burkina Faso. Mais aussi, elle tend à répondre à l’ urgence humanitaire provoquée par la crise sécuritaire et les déplacements internes.

Lors de la cérémonie, les deux parties ont salué cette collaboration. En effet, le représentant de la Russie a insisté sur le caractère solidaire de ce don, qu’il a qualifié de “geste d’amitié envers le peuple burkinabè”. Il a également rappelé que la Russie reste attachée à la coopération internationale dans le domaine humanitaire, en particulier en Afrique.

Le représentant du PAM a, quant à lui, exprimé la gratitude de l’institution pour cet appui jugé crucial, soulignant que cette cargaison permettra de “nourrir des milliers de personnes vulnérables dans les zones les plus touchées par la faim”.

Ce nouveau soutien russe intervient également dans un contexte géopolitique où la Russie renforce progressivement ses relations bilatérales avec plusieurs pays africains, notamment par le biais de la diplomatie humanitaire. Pour le Burkina Faso, ce type de partenariat apparaît comme un levier important de résilience face aux chocs multiformes qui affectent le pays.

À 70 ans, il parcourt 110 km à vélo pour soutenir Faso Mêbo

À 70 ans, Boureima Kagambèga a pédalé de Manga à Ouagadougou. Objectif : offrir deux sacs de ciment au programme Faso Mêbo. Un geste de foi en l’avenir du Burkina.

 

Un vieux vélo, deux sacs de ciment, 110 kilomètres d’engagement

Mardi 15 juillet 2025. Le soleil s’est levé tôt sur Kalamtoèga, un village de la commune de Manga. À 70 ans, Boureima Kagambèga s’élance sur sa bicyclette, le regard droit, la volonté chevillée au corps. Son but : rallier Ouagadougou, distant de 110 kilomètres, pour soutenir le programme présidentiel Faso Mêbo. Dans son sac, pas de vivres, pas de vêtements. Seulement l’espoir et l’argent pour deux sacs de ciment.

 

Un citoyen qui croit à la reconstruction nationale

« Depuis le lancement de Faso Mêbo, je cherchais un moyen de contribuer », confie-t-il avant le départ.

« J’ai vendu quelques chèvres, économisé sur mes récoltes. Et j’ai réuni de quoi acheter deux sacs de ciment. »

Boureima ne veut pas envoyer l’argent par Mobile Money. Il veut remettre le ciment en mains propres. Pour lui, ce périple est plus qu’un effort physique. C’est une déclaration d’amour à son pays. C’est aussi une manière de répondre, à sa façon, à l’appel lancé par le Capitaine Ibrahim Traoré.

 

Une traversée symbolique

Son vélo est usé, mais solide. À coups de pédales, Boureima traverse les pistes poussiéreuses, les villages encore endormis. Des enfants le saluent. Des commerçants l’encouragent. Quelques jeunes veulent même le suivre. Mais il continue seul. Chaque coup de pédale est un acte de résistance silencieuse, un cri contre le découragement

 

« Je veux faire ma part »

À chaque pause, il raconte son projet avec simplicité.

« Je n’ai pas beaucoup. Mais j’ai le cœur. Si chacun fait sa part, on va bâtir ce pays. »

Ces mots touchent les passants. Certains filment. D’autres offrent un peu d’eau, une banane, un sourire. Le message passe. L’acte inspire. L’engagement populaire prend ici la forme d’un vieil homme, d’un vélo, et de deux sacs de ciment.

 

À l’arrivée, l’émotion

Son visage est marqué par la fatigue, mais son regard brille d’une fierté immense. À l’entrée de Ouagadougou, Boureima est accueilli par des riverains émus. Des photos, des applaudissements, des accolades. Il achète les deux sacs de ciment comme promis. Il demande à les déposer dans un point de collecte officiel.

 

Une action, mille symboles

Ce geste, aussi modeste soit-il, incarne une forme radicale de patriotisme. Loin des discours, il dit tout du lien qui unit les Burkinabè à leur terre. Dans une période difficile, où les défis sont immenses, des hommes comme Boureima rallument l’espérance. Son initiative rejoint celles de milliers d’anonymes qui participent à Faso Mêbo.

 

Faso Mêbo : bien plus qu’un programme

Faso Mêbo est né d’une volonté de reconstruire le Burkina Faso avec ses propres forces. Il mobilise l’État, les collectivités, mais surtout le peuple. Chaque don, chaque chantier, chaque engagement citoyen est un maillon de cette chaîne nationale. Boureima Kagambèga en est désormais un symbole vivant.

 

Quand l’engagement populaire devient contagieux

Depuis la diffusion de l’histoire sur les réseaux sociaux, de nombreux Burkinabè annoncent vouloir faire de même. Des dons de ciment, des collectes communautaires, des actions spontanées voient le jour. L’engagement populaire se propage, s’organise, et devient une véritable force de transformation. Le gouvernement salue ces élans et prévoit de recenser toutes les initiatives individuelles liées à Faso Mêbo.

 

Le pouvoir du geste ordinair

Ce n’est pas la valeur marchande des deux sacs qui émeut. C’est le symbole. Celui d’un homme qui, malgré son âge, refuse l’inaction. Celui d’un citoyen qui croit que l’avenir du Faso repose sur l’action collective, et non sur la plainte. L’engagement populaire, dans sa forme la plus pure, s’est incarné ce 15 juillet entre Manga et Ouaga.

 

Burkina Faso : cinq médailles au Championnat du Monde de MMA GAMMA

Le Ministre des Sports, Roland Somda, a reçu ce jeudi la délégation burkinabè de retour du Championnat du Monde de MMA GAMMA, tenu à São Paulo du 16 au 22 juin 2025.

Conduite par Abraham Mano, président de l’AB MMA, l’équipe a décroché cinq médailles : deux en argent pour Israël Mano, et trois en bronze pour Hamza Kambou, Amadou Traoré et Ben Ali Toé.

Le Burkina Faso accueillera le Championnat du Monde de  MMA GAMMA en juin 2026. Le président mondial de la MMA GAMMA sera en visite en terre burkinabè en août 2025.

Par ailleurs, Dr Gérald Ouédraogo a rejoint la communauté médicale internationale de GAMMA, renforçant la représentation burkinabè dans ce sport en pleine ascension.

Le ministre a salué ces performances et réaffirmé son appui au développement du MMA au Burkina.

FAO : Le Burkina Faso élu au Conseil lors de la 44e session à Rome

Le Burkina Faso a été élu au Conseil de la FAO, lors de la 44e session tenue à Rome. Une avancée diplomatique pour la souveraineté alimentaire.

Une session stratégique pour la souveraineté alimentaire mondiale

Du 28 juin au 4 juillet 2025, la capitale italienne Rome a accueilli la 44e session de la Conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Le Burkina Faso, représenté par Son Excellence Cyrille GANOU/BADOLO, Ambassadeur et Représentante permanente à Rome, a pris une part active aux travaux.

 

Une élection conjointe Burkina-Niger au Conseil de la FAO

Moment fort de cette session : l’élection du Burkina Faso et du Niger au Conseil de la FAO. Les deux pays membres de la Confédération des États du Sahel (CES) ont présenté une candidature conjointe. Celle-ci a été validée pour un mandat de trois ans.

Selon le calendrier adopté, le Niger siègera au Conseil du 1er juillet 2025 au 31 décembre 2026. Le Burkina Faso prendra le relais du 1er janvier 2027 au 30 juin 2028.

Une participation marquée par un plaidoyer fort

Dans son intervention, l’Ambassadrice Cyrille GANOU/BADOLO a salué les efforts engagés par le Burkina Faso pour atteindre la souveraineté alimentaire. Elle a mis en avant les résultats des initiatives impulsées par le Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Elle a également lancé un appel à un changement de paradigme dans les partenariats multilatéraux, appelant à plus de justice, de respect mutuel et de solidarité dans la coopération internationale.

 

Des réformes majeures au menu des travaux

Outre les élections, la session a examiné plusieurs points stratégiques :

  • Deux propositions d’amendement des textes fondamentaux de la FAO ;

  • Le Plan à moyen terme 2026-2029 ;

  • Le Programme de travail et le budget 2026-2027 ;

  • Le Cadre stratégique révisé 2022-2031 ;

  • La situation globale de l’alimentation et de l’agriculture.

L’élection d’un nouveau Président indépendant du Conseil a également eu lieu, dans un contexte de redéfinition des priorités mondiales en matière de sécurité alimentaire.

Une reconnaissance pour le Burkina Faso

L’élection du Burkina Faso au sein du Conseil de la FAO représente une avancée diplomatique majeure. Elle vient reconnaître les efforts fournis sur le terrain, mais aussi la volonté du pays de participer activement à la gouvernance internationale des systèmes alimentaires.

Banque mondiale : croissance, inflation et pauvreté en baisse au Burkina Faso

La Banque mondiale a présenté son rapport sur la situation économique du Burkina Faso. L’édition d’avril 2025 met en lumière des signes encourageants de reprise malgré un contexte difficile. Le Burkina Faso, bien que sous contexte sécuritaire difficile, observe de bons résultats.

Une croissance économique portée par les services

Selon la Banque mondiale, la croissance du produit intérieur brut (PIB) est passée de 3 % en 2023 à 4,9 % en 2024. Cette amélioration est attribuée principalement au secteur des services, qui contribue à 3,1 points de pourcentage (PP). L’agriculture, soutenue par une amélioration progressive de la sécurité, a ajouté 1,9 PP.

Inflation en hausse, mais contenue

Le taux d’inflation est passé de 0,7 % en 2023 à 4,2 % en 2024, sous l’effet de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Ce taux reste supérieur à la moyenne régionale de l’UEMOA, qui s’établit à 3,6 %.

La Banque mondiale prévoit cependant une baisse à 3 % en 2025, à mesure que les contraintes d’approvisionnement s’estompent.

La pauvreté en net recul, surtout en milieu rural

Malgré la hausse des prix, le taux d’extrême pauvreté est en diminution. Il est passé à 23,2 %, avec une baisse plus marquée en zone rurale (-3,5 PP) qu’en zone urbaine (-1,6 PP).

Déficit budgétaire maîtrisé, dette en baisse d’ici 2027

Le déficit budgétaire s’est réduit, passant de 6,5 % à 5,6 % du PIB entre 2023 et 2024. Cette amélioration est due à la baisse des dépenses publiques, notamment de la masse salariale et des subventions, ainsi qu’à une meilleure mobilisation des recettes.

La Banque mondiale recommande de poursuivre cet effort pour ramener le déficit à 3 % du PIB d’ici à 2027, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA.

L’accès à l’électricité, principal défi structurel

En 2023, seulement 26 % des ménages burkinabè avaient accès à l’électricité. En milieu rural, ce chiffre tombe à 7 %. Pourtant, le potentiel solaire du pays est immense, estimé à 96 GWc, soit 129 fois la capacité actuelle de production (738,5 MW).

La Banque mondiale préconise des réformes et investissements massifs dans tous les segments du secteur électrique pour améliorer l’accès.

 

Des perspectives positives à l’horizon 2027

Le rapport prévoit que la croissance économique atteindra 5 % d’ici 2027, tandis que l’inflation devrait se stabiliser à 3 %. La pauvreté, quant à elle, continuerait de baisser à un rythme d’environ 1 point de pourcentage par an.

Le rapport de la Banque mondiale met en évidence une résilience économique croissante du Burkina Faso. Toutefois, des efforts restent nécessaires, notamment dans le secteur énergétique et dans la réduction des inégalités sociales.

 

 

 

 

Médaille de Bronze en Poche: les badistes burkinabè créent la surprise à l’Air Badminton africain

Sur les plages du Ghana, où le sable brûle autant que les regards des compétiteurs, les athlètes burkinabè ont fait vibrer l’Afrique de l’Ouest. Du 1er au 6 juillet 2025, sans expérience du jeu sur plage, ils ont pourtant décroché une médaille de bronze historique à l’issue du Championnat d’Afrique d’air Badminton de la zone 2

 

Une première participation et déjà une place sur le podium

Au bord de la mer, les raquettes burkinabè ont frappé plus fort que les préjugés. Face à des adversaires plus aguerris à l’air Badminton, les représentants du Faso ont résisté au vent, au sable, à la chaleur… et à tous les pronostics.

« Sans plage, personne ne croyait vraiment en nos chances », glisse l’un des encadreurs.

« Et pourtant, nous avons hissé notre drapeau sur le podium. »

L’équipe s’est d’abord confrontée aux géants de la sous-région : Nigeria, Ghana, Sierra Leone. Des confrontations intenses, rythmées par la poussière et les cris des supporters, avec pour seul décor, l’océan. Les Burkinabè ne se sont pas contentés de figurer : ils ont brillé. En remportant plusieurs matchs clés, ils s’ouvrent la voie de la demi-finale.

Malgré une courte défaite à ce stade, les badistes du Burkina Faso rebondissent lors du match de classement pour arracher une troisième place, inattendue mais méritée. L’euphorie était totale. Les cris de joie, les accolades, les drapeaux agités… tout rappelait une victoire finale.

 

Plus de 100 athlètes venus de 11 pays

Ils s’étaient tous donné rendez-vous pour cette compétition inédite. Dans cette marée humaine d’ambition et de sueur, la délégation burkinabè s’est taillée une place parmi les meilleurs. Ce bronze vaut de l’or, car il symbolise une percée dans une discipline encore jeune au pays.

« Cette médaille, c’est la preuve qu’avec de la volonté, du cœur et un peu de sable, on peut tout accomplir », commente un joueur, les pieds encore pleins de sel et l’âme fière.

L’air Badminton, version outdoor du badminton classique, se pratique sur des terrains non conventionnels, notamment des plages. Un défi logistique pour le Burkina Faso, pays sans façade maritime. Pourtant, l’équipe nationale a su s’adapter, s’entraîner sur des terrains sablonneux improvisés, parfois à la lisière de Ouagadougou.

Ce parcours inspirant nourrit déjà les rêves. À peine rentrés, les joueurs évoquent de nouvelles ambitions : un camp d’entraînement permanent, des tournois locaux, la préparation de la prochaine édition. Le Burkina veut désormais s’ancrer durablement dans la discipline.