Emploi des jeunes : le Burkina Faso veut renforcer sa coopération avec l’OIT

En vue de renforcer les politiques d’emploi et d’entrepreneuriat des jeunes. Le Directeur de Cabinet du Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi (MSJE). Monsieur Evariste Metuole Dabiré, a accordé une audience à Madame Ndeye Coumba Diop. La directrice du Bureau de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Abidjan. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique d’un Partenariat OIT Burkina, en vue d’une collaboration entre le Burkina Faso et les partenaires techniques et financiers pour la promotion d’un développement économique inclusif.

 

Trois axes majeurs de coopération

La responsable régionale de l’OIT, dont le bureau couvre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), la Côte d’Ivoire et le Bénin, a exprimé la volonté ferme de son institution d’accompagner le ministère Burkinabè en charge de l’emploi dans la mise en œuvre de son agenda stratégique.

Les échanges ont porté principalement sur trois domaines prioritaires :

  • La création d’emplois décents pour les jeunes,
  • La formalisation de l’économie informelle,
  • Le renforcement de l’entrepreneuriat.

À ce titre, Madame Diop a évoqué plusieurs leviers d’action. Ce partenariat OIT Burkina pourrait mobiliser un soutien aux efforts du gouvernement burkinabè, notamment l’organisation d’un Salon national de l’Emploi. Ce cadre permettrait un dialogue structuré entre les institutions, les employeurs, les jeunes chercheurs d’emploi et les partenaires au développement autour des défis du marché du travail.

 

Une coopération en phase avec les priorités nationales

Pour sa part, Monsieur Evariste Metuole Dabiré a salué l’intérêt manifeste de l’OIT. Il a souligné la cohérence de cette coopération avec les ambitions nationales en matière d’autonomisation des jeunes. Aussi a t-il rappelé que le département ministériel accorde une place centrale à la lutte contre le chômage. En particulier dans les zones vulnérables, et que toute initiative structurante visant à améliorer l’accès des jeunes à des activités génératrices de revenus est la bienvenue.

Ce partenariat OIT Burkina ouvre ainsi la voie à une coopération renforcé entre le MSJE et l’OIT, dans un contexte où la jeunesse burkinabè représente un levier stratégique pour la résilience économique et sociale du pays.

 

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Terrorisme : « J’ai été enrôlé dans le terrorisme » : le cri d’alerte d’un jeune repenti du groupe Nousra

C’est avec le regard droit, la voix tremblante mais assurée, que Daouda, 18 ans, un repenti du terrorisme a choisi de parler. Ancien membre du groupe terroriste Nousra, il a décidé de raconter son histoire. Pour prévenir, alerter et  éviter que d’autres jeunes ne tombent, comme lui, dans ce qu’il appelle aujourd’hui un piège mortel.

« Je m’appelle Daouda. J’ai été enrôlé dans le terrorisme. Aujourd’hui, je veux mettre en garde mes frères. »

Il n’avait que 16 ans lorsqu’il a rejoint les rangs de Nousra. Une décision prise sous l’influence d’un ancien camarade de classe, revenu au village avec de l’argent, une moto, et des discours bien rôdés.

« Ils envoient souvent des jeunes comme moi, qu’on connaît. Ils promettent l’argent, une formation, parfois même des femmes. »

Séduit, Daouda accepte. Il part, convaincu qu’un avenir meilleur l’attend. Mais très vite, la réalité le frappe de plein fouet.

« Là-bas, c’était la misère. On dormait dehors. On manquait de tout. Si les chefs ne réussissaient pas à voler ou à piller, c’était à nous de vendre nos propres affaires pour financer le groupe. »

Pas de salaire. Pas de formation. Juste la peur, les ordres, les punitions. Et l’angoisse permanente d’être tué lors des affrontements.

C’est grâce à une opération des Forces de défense et de sécurité (FDS) qu’il parvient à s’échapper. Depuis, il vit caché, aidé par les autorités. Il a décidé de témoigner, convaincu qu’il peut encore sauver d’autres jeunes.

« Ne croyez pas à leurs mensonges. Vous n’y trouverez rien d’autre que la souffrance. Restez avec vos familles. Travaillez. Dénoncez ceux qui veulent vous enrôler. »

Son message est clair. Et les autorités l’appuient. Les FDS et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) intensifient leurs opérations. Elles appellent tous les combattants à déposer les armes.

« Sinon, ils seront traqués, éliminés, et ne serviront que de repas aux charognards », préviennent les forces armées.

Ces derniers mois, plusieurs groupes de terroristes, affaiblis, ont choisi de se rendre. Les offensives les repoussent chaque jour un peu plus loin dans les brousses et forêts.

Quant à ce repenti du terrorisme, il espère tourner la page. Il veut se reconstruire, aider les autres, et témoigner aussi souvent que nécessaire.

« J’ai survécu. Et maintenant, je veux aider les autres à ne pas sombrer. »

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Burkina : le président de transition appelle au « calme » et à la « prudence »

Le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba prône l’apaisement alors que la situation sécuritaire reste confuse à Ouagadougou où des tirs nourris sont entendus depuis la nuit de jeudi.Les vieux démons se réveillent encore au Burkina Faso.

Le pays des hommes intègres, dirigé par une junte après le renversement du président Roch Marc Christian Kaboré, est actuellement secoué par « un mouvement d’humeur de certains éléments des Forces armées nationales » de l’aveu des autorités de transition.

Au regard de la situation, pour le moins confuse, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, le président du Faso, a invité « les populations à observer la plus grande prudence et à rester calme face à certaines informations qui circulent notamment sur les réseaux sociaux » dans un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence de la République.

Poursuivant, l’actuel homme fort de Ouagadougou indique que « des pourparlers sont en cours pour ramener le calme et la sérénité ». Jusque-là, « aucun membre du gouvernement n’a été arrêté. C’est une crise interne à l’armée et les échanges se poursuivent au sein de la grande muette pour un dénouement sans écueils », a précisé le porte-parole du gouvernement, Wendkouni Lionel Bilgo, à la télévision privée BF1.

Arrivé au pouvoir en janvier dernier, le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba avait promis de relever le défi de la guerre contre les groupes jihadistes responsables de la déstabilisation du Nord du pays. Pourtant, après neuf mois de transition, le chef de l’État burkinabè ne semble pas en mesure de mettre fin à l’insurrection jihadiste qui continue même à gagner du terrain.

Ces dernières semaines, plusieurs incidents liés à l’activité des insurgés islamistes affiliés à Al Qaïda ou à l’État islamique ont été enregistrés dans la région du Sahel, au Nord du pays. C’est le principal foyer jihadiste au Burkina.

Les deux dernières attaques meurtrières visant des convois d’approvisionnement sous escorte militaires à Djibo, à plus de 200 kilomètres au Nord de Ouagadougou, illustrent la détérioration de la situation sécuritaire dans ce pays du Sahel.

Burkina Faso : Blaise Compaoré de retour, huit ans après sa chute

Exilé depuis octobre 2014 en Côte d’Ivoire, l’ancien chef de l’Etat est arrivé jeudi en début d’après-midi dans la capitale burkinabé.Annoncé à 12 heures 30, l’avion transportant l’ancien président burkinabé arrivé a atterri à la base militaire de Ouagadougou, peu avant 14 heures.

Blaise Compaoré est accompagné de son épouse Chantal Terrasson de Fourgès Compaoré et du ministre ivoirien de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur.

En exil en Côte d’ivoire depuis 2014 après son départ du pouvoir précipité par un soulèvement populaire, Blaise Compaoré va participer vendredi 8 juillet à une rencontre qui doit réunir les anciens chefs de l’Etat burkinabé et le président de la transition, le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba.

Cette rencontre de « haut niveau » s’inscrit dans le cadre de la réconciliation nationale, un thème cher à la junte au pouvoir à la recherche de solutions contre l’insécurité dans le Nord et l’Est du pays liée à l’activité de groupes jihadistes affiliés à l’Etat islamique ou à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Mais le retour temporaire de Blaise Compaoré n’est pas du goût d’une partie des burkinabé. Les avocats des ayant-droits de Thomas Sankara et de ses douze compagnons assassinés le 15 octobre 1987 ont demandé son arrestation à sa descente d’avion.

Blaise Compaoré qui a régné sur le Burkina Faso pendant 27 ans, a été condamné à la perpétuité par le tribunal militaire de Ouagadougou pour l’assassinat de Thomas Sankara. A la suite de ce verdict, un mandat d’arrêt avait été décerné à son encontre.

Mercredi 6 juillet, le gouvernement burkinabé a précisé dans un communiqué que la rencontre prévue demain « n’entrave pas les poursuites judiciaires engagées contre certains ».

Procès Sankara au Burkina Faso : l’ex-président Blaise Compaoré condamné à la perpétuité

L’ex-président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a été condamné à la perpétuité dans le cadre du procès Sankara, a annoncé mercredi le tribunal judiciaire de Ouagadougou.

Le tribunal militaire de Ouagadougou a rendu son jugement, mercredi 6 avril, dans l’affaire des assassins présumés de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara. Quatorze accusés comparaissaient dans ce procès, notamment l’ancien chef d’État Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, son chef de la sécurité. Blaise Compaoré a été condamné à la perpétuité.

Le tribunal militaire de Ouagadougou a également condamné à la perpétuité le commandant de sa garde Hyacinthe Kafando et le général Gilbert Diendéré, un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987.

Le général Diendéré purge déjà une peine de 20 ans de prison pour sa participation à une tentative de coup d’État en 2015, un an après la chute de Blaise Compaoré suite à une insurrection populaire.

Les trois hommes sont condamnés pour « attentat à la sûreté de l’État ». Blaise Compaoré et Gilbert Diendéré sont également reconnus coupables de « complicité d’assassinat » et Hyacinthe Kafando, soupçonné d’avoir mené le commando qui a tué Thomas Sankara, d' »assassinat ». Ils ont quinze jours pour faire appel de ces lourdes sentences.

Les juges sont allés au-delà des réquisitions du Parquet militaire, qui avait demandé 30 ans de prison contre Blaise Compaoré et Kafando, et 20 ans contre Gilbert Diendéré.

Huit autres accusés ont été condamnés à des peines allant de trois ans à vingt ans de prison. Trois accusés, enfin, ont été acquittés.

Source : France 24