Apres Niamey le président Béninois Romuald Wadagni est arrivé cet apres midi a Ouagadougou

Le président béninois Romuald Wadagni est arrivé ce mardi à Ouagadougou pour une visite d’amitié et de travail placée sous le signe du renforcement des relations entre le Bénin et le Burkina Faso.

 

En provenance de Niamey, où il s’était entretenu avec les autorités nigériennes, le chef de l’État béninois a été accueilli à l’aéroport international de Ouagadougou par le président du Faso, Ibrahim Traoré. La cérémonie protocolaire a été marquée par les honneurs militaires ainsi que l’exécution des hymnes nationaux des deux pays, symbolisant la volonté commune de consolider les liens entre les États voisins.

Selon la Présidence du Faso, les deux dirigeants ont d’abord tenu un entretien en tête-à-tête au salon d’honneur de l’aéroport avant de poursuivre leurs échanges au palais présidentiel de Koulouba lors d’une séance de travail élargie.

Cette visite intervient dans un contexte régional marqué par de nombreux défis sécuritaires et économiques. Les discussions devraient notamment porter sur le renforcement de la coopération bilatérale, la lutte contre l’insécurité dans les zones frontalières, le développement des échanges économiques et les questions liées à l’intégration régionale.

Pour les deux pays, qui partagent une frontière commune et des préoccupations sécuritaires similaires, cette rencontre traduit une volonté de renforcer le dialogue politique et la coordination face aux enjeux qui touchent l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

L’étape burkinabè s’inscrit dans la tournée régionale entamée par Romuald Wadagni après son investiture. Elle intervient quelques heures après sa visite au Niger et confirme l’importance accordée par le nouveau président béninois au rapprochement avec les États du Sahel.

Ouagadougou : Faso Mêbo transforme progressivement le visage de la capitale

À Ouagadougou, le paysage urbain connaît une profonde mutation. Les tas d’ordures qui encombraient certaines artères, les herbes envahissantes sur les trottoirs et les épaves abandonnées en bordure de route disparaissent progressivement. Depuis le lancement de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo, devenue depuis lors l’Agence Faso Mêbo, la capitale affiche un visage plus propre et plus accueillant.

 

Aux premières heures de la matinée, sur l’axe reliant l’échangeur de l’Est à l’Université Joseph Ki-Zerbo en passant par le marché de Dassasgho et la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), les équipes sont déjà à l’œuvre. Balais, pelles et camions-bennes se succèdent dans une organisation bien rodée pour assainir les espaces publics.

Sur ce tronçon autrefois marqué par l’insalubrité, le changement saute désormais aux yeux. Les déchets ont disparu, les caniveaux sont dégagés et les abords des voies retrouvent progressivement leur éclat. « Avant, on évitait même de passer ici à cause des odeurs et des moustiques. Aujourd’hui, on respire », témoigne un habitant du quartier.

Cette scène se répète dans plusieurs secteurs de la capitale. Lancée en octobre 2024, Faso Mêbo, qui signifie « construction de la patrie » en mooré, s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux leviers de transformation urbaine à Ouagadougou.

Pour de nombreux habitants, les résultats sont perceptibles. Les trottoirs sont dégagés, les caniveaux curés et plusieurs espaces publics réhabilités. « On a l’impression de redécouvrir notre ville. C’est plus agréable de circuler, de travailler et même d’accueillir des visiteurs », confie une commerçante du centre-ville.

Selon le directeur général de l’Agence Faso Mêbo, le commandant Zoodnoma Ahmed Sakandé, l’initiative dépasse largement le cadre du simple nettoyage urbain.

« L’objectif est d’installer durablement une culture de la propreté, du respect de l’espace public et du bien commun », explique-t-il.

Le programme repose sur plusieurs axes majeurs : l’embellissement et le pavage des villes, l’assainissement permanent, l’aménagement des quartiers enclavés ainsi que la réalisation d’infrastructures structurantes.

Dans cette dynamique, la Brigade Laabal joue un rôle central. Cette unité est chargée d’accompagner les actions de sensibilisation et de veiller au respect des règles de civisme dans les espaces publics. Selon son responsable, le commandant Wendpanga Franck Octave Kabré, la propreté urbaine participe également à la sécurité collective.

« Une ville propre est une ville plus sûre. Nos équipes ne se limitent pas au contrôle. Elles sensibilisent aussi les populations afin qu’elles deviennent actrices du changement », souligne-t-il.

La brigade intervient notamment contre les actes d’incivisme, l’occupation anarchique de l’espace public, l’insalubrité, les nuisances sonores ainsi que certaines activités illicites. Le succès de Faso Mêbo repose également sur l’implication de plusieurs acteurs institutionnels et citoyens. Le ministère de la Sécurité, des associations et diverses organisations apportent un soutien matériel et financier à l’initiative.

Le secrétaire général du ministère de la Sécurité, le commandant Hamed Ouédraogo, estime que le projet participe à la construction d’un cadre de vie plus sain et plus sécurisé. Dans cette optique, le ministère a remis à l’Agence Faso Mêbo un appui composé d’un chèque de 7 millions de francs CFA et de cinq tonnes de ciment. D’autres structures ont également manifesté leur adhésion au projet. C’est le cas de l’Association des retraités de la SOTRACO qui a offert une demi-tonne de ciment en soutien aux actions engagées.

Au-delà de l’assainissement, Faso Mêbo contribue également à la lutte contre le chômage. Plusieurs emplois temporaires ont été créés au profit des jeunes et des femmes dans les domaines du nettoyage, de la logistique, de la communication et de la supervision des chantiers.

Pour le commandant Sakandé, le programme constitue aussi un cadre de formation aux valeurs de discipline, de responsabilité et d’éthique professionnelle.  La mairie de Ouagadougou salue également les retombées positives de l’initiative. Selon Adama Zerbo, responsable des relations internationales et du protocole à la municipalité, Faso Mêbo permet de mieux coordonner les efforts de gestion urbaine.

« La question des déchets dépassait souvent les capacités de la mairie. Aujourd’hui, nous disposons d’un cadre structuré qui facilite les interventions et produit des résultats visibles », explique-t-il.

Les effets du programme sont déjà perceptibles dans plusieurs quartiers. Les voies sont plus praticables, les espaces verts connaissent une nouvelle dynamique et plusieurs ronds-points ont été réaménagés. L’avenue Thomas-Sankara fait notamment l’objet d’importants travaux d’embellissement comprenant le pavage, l’engazonnement et le curage des caniveaux afin d’améliorer l’assainissement et le cadre de vie.

Pour Djamilatou Ouédraogo, étudiante à l’Université Joseph Ki-Zerbo, les changements sont particulièrement visibles sur certains axes longtemps affectés par les inondations et l’accumulation des déchets.  Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Les responsables du programme insistent sur la nécessité d’ancrer durablement les comportements citoyens afin que les acquis soient préservés.

« Faso Mêbo ne doit pas être une action ponctuelle. Il faut en faire une véritable culture nationale », estime le commandant Kabré.

Face aux premiers résultats obtenus à Ouagadougou, les autorités ont décidé d’étendre l’initiative à d’autres villes du Burkina Faso. Pour les promoteurs du projet, Faso Mêbo représente aujourd’hui bien plus qu’un programme d’assainissement. Il incarne une démarche de mobilisation citoyenne, de cohésion sociale et de reconstruction nationale.

Le 22 janvier 2026, le gouvernement a franchi une nouvelle étape en créant officiellement l’Agence Faso Mêbo afin de renforcer le cadre institutionnel du programme et d’assurer une meilleure mise en œuvre des projets.

À travers cette initiative, Ouagadougou redécouvre progressivement son attractivité. Plus qu’un changement de décor, Faso Mêbo contribue à promouvoir de nouvelles valeurs de civisme, de patriotisme et de responsabilité collective au sein de la population.

Bénin : Romuald Wadagni entame une tournée au Niger et au Burkina Faso dans l’espoir de relancer le dialogue régional

Moins de deux semaines après son entrée en fonction, le président béninois Romuald Wadagni débute ce mardi une visite officielle au Niger et au Burkina Faso. Cette tournée régionale traduit sa volonté de renforcer les relations politiques et sécuritaires avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).

 

Selon les services du protocole d’État béninois, le chef de l’État effectuera d’abord une étape à Niamey où il doit rencontrer son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Il poursuivra ensuite son déplacement à Ouagadougou, où il est attendu dans l’après-midi pour des échanges avec les autorités burkinabè.

Cette initiative diplomatique intervient seulement neuf jours après son investiture du 24 mai et s’inscrit dans la continuité des engagements exprimés lors de sa prise de fonction. À cette occasion, Romuald Wadagni avait insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les pays ouest-africains face aux défis sécuritaires qui affectent la région.

« Dans une sous-région confrontée à la menace terroriste, nos États doivent travailler ensemble », avait-il notamment déclaré, plaidant pour davantage de concertation, de dialogue et de solidarité entre voisins.

La visite revêt une importance particulière dans un contexte où les relations entre le Bénin et certains pays de l’AES ont traversé plusieurs périodes de tension ces dernières années. Les rapports entre Cotonou et Niamey se sont notamment détériorés après le changement de régime intervenu au Niger en juillet 2023.

Les accusations formulées par les autorités nigériennes concernant une supposée présence de bases militaires étrangères sur le territoire béninois, rejetées par le gouvernement de Cotonou, ainsi que la fermeture prolongée de la frontière commune, avaient contribué à refroidir les relations bilatérales.

Des signes d’apaisement étaient toutefois apparus lors de la cérémonie d’investiture du président béninois. Plusieurs représentants des pays de l’AES y avaient participé, notamment le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, ainsi que les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso et du Mali, respectivement Jean-Marie Traoré et Abdoulaye Diop.

Les déplacements prévus à Niamey et à Ouagadougou constituent ainsi les premières grandes initiatives diplomatiques du nouveau président béninois envers les États sahéliens. Ils témoignent d’une volonté affichée de renouer un dialogue constructif et de développer une coopération plus étroite sur les questions sécuritaires, économiques et politiques.

Après ces étapes au Niger et au Burkina Faso, Romuald Wadagni devrait poursuivre sa tournée dans plusieurs pays de la région, notamment au Togo, en Côte d’Ivoire et au Ghana, selon diverses sources diplomatiques. Cette série de visites illustre la priorité accordée par le nouveau président béninois au renforcement de l’intégration régionale et à la consolidation des relations entre les États d’Afrique de l’Ouest.

Coupe du Faso 2026 : Vitesse FC décroche son premier sacre face au Sporting des Cascades

Vitesse FC a inscrit son nom au palmarès de la Coupe du Faso en remportant l’édition 2026 à l’issue d’une finale disputée ce samedi 31 mai au Stade du 4-Août de Ouagadougou. Le club de Bobo-Dioulasso a pris le dessus sur le Sporting Football des Cascades lors de la séance des tirs au but, sous les yeux du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

 

Cette finale représentait une occasion de revanche pour le Sporting des Cascades, déjà battu lors de l’édition précédente par le Rahimo FC. De son côté, Vitesse FC disputait la première finale de Coupe du Faso de son histoire et rêvait d’un premier trophée national.

La rencontre a tenu toutes ses promesses. Le Sporting des Cascades a été le premier à trouver le chemin des filets, prenant ainsi l’avantage au score. Mais Vitesse FC a rapidement réagi pour revenir à hauteur de son adversaire. À l’issue du temps réglementaire, les deux équipes restaient dos à dos, rendant inévitable l’épreuve des tirs au but.

Lors de cette séance décisive, les deux formations ont fait preuve de sang-froid. Le jeune talent Mohamed Zongo, récemment annoncé du côté de Chelsea FC, a ouvert le score pour le Sporting. En face, l’expérimenté Assami Sansan Dah a permis à Vitesse FC de rester dans la course.

Au terme d’une série particulièrement serrée, le club de Bobo-Dioulasso s’est finalement imposé 6 tirs au but à 5, s’offrant ainsi le premier trophée majeur de son histoire.

Cette victoire constitue également une consécration pour Mamadou Zongo, ancienne figure du football burkinabè et fondateur de Vitesse FC. Sous sa direction, le club franchit une étape historique et confirme sa progression sur la scène nationale.

Pour le Sporting des Cascades, la désillusion est en revanche immense. Après la finale perdue en 2025, le club de Banfora échoue une nouvelle fois aux portes du titre et devra encore patienter pour soulever la prestigieuse Coupe du Faso.

Burkina Faso : une nouvelle société industrielle créée pour produire localement des compteurs d’eau intelligents

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa politique d’industrialisation avec la création de la Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques (SOCIMAH), une entreprise à capitaux mixtes qui aura pour mission de fabriquer et d’assembler sur le territoire national des équipements destinés au secteur de l’eau.

 

La décision a été entérinée vendredi lors du Conseil des ministres à travers l’adoption d’un décret instituant cette nouvelle société d’économie mixte, dont l’État détiendra la majorité du capital. Les autorités ambitionnent ainsi de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations tout en renforçant les capacités industrielles nationales.

Selon le gouvernement, le développement rapide des infrastructures d’approvisionnement en eau potable entraîne une hausse constante des besoins en matériels hydrauliques, notamment en compteurs d’eau, équipements de maintenance et produits utilisés pour le traitement de l’eau.

Actuellement, la quasi-totalité de ces équipements provient de l’étranger. Cette situation expose le Burkina Faso aux fluctuations des marchés internationaux ainsi qu’aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) figure parmi les principaux consommateurs de ces équipements. Chaque année, l’établissement public acquiert plus de 130 000 compteurs d’eau afin d’accompagner l’extension du réseau de distribution sur l’ensemble du territoire.

Face à cette dépendance, les autorités ont choisi de miser sur une production nationale. La SOCIMAH aura notamment pour vocation de concevoir et d’assembler des compteurs d’eau intelligents à prépaiement, mais aussi divers matériels et outillages destinés aux infrastructures hydrauliques.

La nouvelle entreprise disposera d’un capital initial fixé à un milliard de francs CFA. Sa structure actionnariale prévoit une participation majoritaire de l’État burkinabè à hauteur de 70 %, tandis que les investisseurs privés détiendront les 30 % restants.

Au-delà de l’objectif de satisfaction de la demande nationale, le projet vise également à favoriser le transfert de technologies, à renforcer les compétences techniques locales et à générer de nouveaux emplois qualifiés dans le secteur industriel.

Les autorités espèrent par ailleurs que cette initiative contribuera à l’émergence d’une véritable filière industrielle spécialisée dans les équipements hydrauliques, capable à terme de soutenir le développement économique du pays.

La création de la SOCIMAH s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à promouvoir la transformation locale des produits et à renforcer la souveraineté économique du Burkina Faso à travers la production nationale de biens jusque-là largement importés.

Burkina Faso : hommage aux Casques bleus et appel à renforcer les investissements en faveur de la paix

Le Burkina Faso et les Nations Unies ont commémoré vendredi à Ouagadougou la 78ᵉ édition de la Journée internationale des Casques bleus. Cette célébration a été l’occasion de rendre hommage aux personnels engagés dans les opérations de maintien de la paix et de souligner l’importance d’un soutien accru aux mécanismes internationaux de prévention des conflits.

 

Organisée autour du thème « Investir dans la paix », la cérémonie a réuni plusieurs responsables gouvernementaux, représentants diplomatiques et acteurs du système onusien. Les travaux ont été conduits par le ministre des Affaires étrangères, Jean Marie Traoré, aux côtés du coordonnateur résident par intérim des Nations Unies au Burkina Faso, Maurice Azonnankpo.

Un moment de recueillement a marqué la commémoration avec le dépôt de gerbes en mémoire des Casques bleus disparus lors de missions de maintien de la paix à travers le monde.

S’exprimant devant les participants, Maurice Azonnankpo a mis en avant l’engagement du Burkina Faso au sein des opérations des Nations Unies. Il a rappelé que depuis l’entrée du pays dans ces missions en 1998, plus de 20 000 soldats burkinabè ont servi sous le drapeau onusien dans différentes zones de conflit.

Le représentant des Nations Unies a également relayé le message du Secrétaire général de l’organisation, soulignant que les investissements consacrés au maintien de la paix constituent un levier essentiel pour bâtir des sociétés plus stables et plus résilientes. Il a ainsi invité la communauté internationale à poursuivre son soutien aux initiatives de prévention et de résolution des crises.

De son côté, le ministre Jean Marie Traoré a salué le professionnalisme et le dévouement des militaires engagés dans les missions internationales. Selon lui, cette participation a contribué à renforcer la crédibilité du Burkina Faso sur la scène internationale et à consolider son image de partenaire engagé en faveur de la paix mondiale.

Le chef de la diplomatie burkinabè a également rendu hommage aux 48 Casques bleus burkinabè ayant perdu la vie au cours de leur engagement. Il a estimé que leur sacrifice demeurera gravé dans la mémoire collective du pays ainsi que dans l’histoire des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

Réaffirmant l’attachement du Burkina Faso aux principes de solidarité entre les peuples et de coopération internationale, Jean Marie Traoré a souligné que cet engagement reste compatible avec la vision souverainiste portée par les autorités nationales, fondée sur la défense des intérêts du pays et des aspirations des populations.

Célébrée chaque année le 29 mai, la Journée internationale des Casques bleus rend hommage aux femmes et aux hommes qui participent aux missions de maintien de la paix des Nations Unies dans différentes régions du monde, souvent au péril de leur vie.

Burkina Faso-Mali : coopération sécuritaire renforcée sur fond de nouvel afflux de réfugiés à Koro

Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, effectue depuis le 31 mai 2026 une mission de travail à Bamako où il s’entretient avec les autorités maliennes sur les enjeux sécuritaires communs aux deux pays. Cette rencontre intervient alors qu’un nouveau mouvement de réfugiés burkinabè est signalé dans la région malienne de Bandiagara.

 

À son arrivée dans la capitale malienne, le ministre burkinabè a été reçu par son homologue, le général de division Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile du Mali. Les échanges portent principalement sur le renforcement de la collaboration entre les services de sécurité des deux États dans un contexte de menaces persistantes le long de leur frontière commune.

Le Burkina Faso et le Mali, qui appartiennent avec le Niger à la Confédération des États du Sahel (AES), ont intensifié ces dernières années leurs mécanismes de coopération pour faire face aux défis sécuritaires. Les autorités des deux pays travaillent notamment à une meilleure coordination des opérations de surveillance, à la sécurisation des corridors stratégiques et à la protection des populations exposées aux violences armées.

Cette visite diplomatique et sécuritaire se déroule alors que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a signalé l’arrivée de nouveaux réfugiés burkinabè dans la localité de Koro, située à proximité de la frontière.

Selon les informations communiquées par l’agence onusienne, les premiers déplacements ont été observés à partir du 26 mai 2026. Les personnes concernées proviennent principalement de plusieurs villages de la commune de Toéni, dans la province du Sourou, au nord-ouest du Burkina Faso.

Parmi les localités citées figurent notamment Kwarémenguel, Sané, Sangha, Sia, Gana, Goulo et Sôrô. Les familles déplacées, composées en majorité de femmes, d’enfants et de personnes âgées, auraient fui des attaques survenues dans leurs zones de résidence avant de rejoindre le territoire malien à pied ou à moto.

Sur place, les équipes du HCR, en collaboration avec les autorités maliennes et différents partenaires humanitaires, poursuivent les opérations d’identification et d’évaluation des besoins des nouveaux arrivants.

Les besoins prioritaires concernent l’accès à un hébergement d’urgence, à la nourriture, à l’eau potable, aux soins médicaux, aux produits d’hygiène ainsi qu’à un accompagnement psychosocial.

La région de Koro accueille déjà une importante population réfugiée venue du Burkina Faso. D’après les données humanitaires disponibles, plus de 165 000 réfugiés burkinabè et nigériens étaient enregistrés au Mali au début de l’année 2026.

Dans la seule zone de Koro, les statistiques du HCR faisaient état, à la fin du mois de février, de plus de 51 000 arrivées recensées depuis avril 2025. Plus de 67 000 réfugiés burkinabè y étaient officiellement enregistrés, tandis que plusieurs milliers d’autres étaient encore en cours de préenregistrement.

Cette pression démographique croissante met à rude épreuve les infrastructures et services sociaux des localités d’accueil. Les secteurs de la santé, de l’eau, de l’assainissement, de l’alimentation et de l’hébergement figurent parmi les plus affectés.

Face à cette situation, les organisations humanitaires appellent à une mobilisation accrue des partenaires afin de répondre aux besoins des réfugiés tout en soutenant les communautés hôtes.

Les discussions engagées entre Bamako et Ouagadougou devraient également permettre d’examiner les réponses à apporter aux défis sécuritaires transfrontaliers, dans un contexte marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs zones frontalières des deux pays.