À Ouagadougou, le paysage urbain connaît une profonde mutation. Les tas d’ordures qui encombraient certaines artères, les herbes envahissantes sur les trottoirs et les épaves abandonnées en bordure de route disparaissent progressivement. Depuis le lancement de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo, devenue depuis lors l’Agence Faso Mêbo, la capitale affiche un visage plus propre et plus accueillant.
Aux premières heures de la matinée, sur l’axe reliant l’échangeur de l’Est à l’Université Joseph Ki-Zerbo en passant par le marché de Dassasgho et la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), les équipes sont déjà à l’œuvre. Balais, pelles et camions-bennes se succèdent dans une organisation bien rodée pour assainir les espaces publics.
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Sur ce tronçon autrefois marqué par l’insalubrité, le changement saute désormais aux yeux. Les déchets ont disparu, les caniveaux sont dégagés et les abords des voies retrouvent progressivement leur éclat. « Avant, on évitait même de passer ici à cause des odeurs et des moustiques. Aujourd’hui, on respire », témoigne un habitant du quartier.
Cette scène se répète dans plusieurs secteurs de la capitale. Lancée en octobre 2024, Faso Mêbo, qui signifie « construction de la patrie » en mooré, s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux leviers de transformation urbaine à Ouagadougou.
Pour de nombreux habitants, les résultats sont perceptibles. Les trottoirs sont dégagés, les caniveaux curés et plusieurs espaces publics réhabilités. « On a l’impression de redécouvrir notre ville. C’est plus agréable de circuler, de travailler et même d’accueillir des visiteurs », confie une commerçante du centre-ville.
Selon le directeur général de l’Agence Faso Mêbo, le commandant Zoodnoma Ahmed Sakandé, l’initiative dépasse largement le cadre du simple nettoyage urbain.
« L’objectif est d’installer durablement une culture de la propreté, du respect de l’espace public et du bien commun », explique-t-il.
Le programme repose sur plusieurs axes majeurs : l’embellissement et le pavage des villes, l’assainissement permanent, l’aménagement des quartiers enclavés ainsi que la réalisation d’infrastructures structurantes.
Dans cette dynamique, la Brigade Laabal joue un rôle central. Cette unité est chargée d’accompagner les actions de sensibilisation et de veiller au respect des règles de civisme dans les espaces publics. Selon son responsable, le commandant Wendpanga Franck Octave Kabré, la propreté urbaine participe également à la sécurité collective.
« Une ville propre est une ville plus sûre. Nos équipes ne se limitent pas au contrôle. Elles sensibilisent aussi les populations afin qu’elles deviennent actrices du changement », souligne-t-il.
La brigade intervient notamment contre les actes d’incivisme, l’occupation anarchique de l’espace public, l’insalubrité, les nuisances sonores ainsi que certaines activités illicites. Le succès de Faso Mêbo repose également sur l’implication de plusieurs acteurs institutionnels et citoyens. Le ministère de la Sécurité, des associations et diverses organisations apportent un soutien matériel et financier à l’initiative.
Le secrétaire général du ministère de la Sécurité, le commandant Hamed Ouédraogo, estime que le projet participe à la construction d’un cadre de vie plus sain et plus sécurisé. Dans cette optique, le ministère a remis à l’Agence Faso Mêbo un appui composé d’un chèque de 7 millions de francs CFA et de cinq tonnes de ciment. D’autres structures ont également manifesté leur adhésion au projet. C’est le cas de l’Association des retraités de la SOTRACO qui a offert une demi-tonne de ciment en soutien aux actions engagées.
Au-delà de l’assainissement, Faso Mêbo contribue également à la lutte contre le chômage. Plusieurs emplois temporaires ont été créés au profit des jeunes et des femmes dans les domaines du nettoyage, de la logistique, de la communication et de la supervision des chantiers.
Pour le commandant Sakandé, le programme constitue aussi un cadre de formation aux valeurs de discipline, de responsabilité et d’éthique professionnelle. La mairie de Ouagadougou salue également les retombées positives de l’initiative. Selon Adama Zerbo, responsable des relations internationales et du protocole à la municipalité, Faso Mêbo permet de mieux coordonner les efforts de gestion urbaine.
« La question des déchets dépassait souvent les capacités de la mairie. Aujourd’hui, nous disposons d’un cadre structuré qui facilite les interventions et produit des résultats visibles », explique-t-il.
Les effets du programme sont déjà perceptibles dans plusieurs quartiers. Les voies sont plus praticables, les espaces verts connaissent une nouvelle dynamique et plusieurs ronds-points ont été réaménagés. L’avenue Thomas-Sankara fait notamment l’objet d’importants travaux d’embellissement comprenant le pavage, l’engazonnement et le curage des caniveaux afin d’améliorer l’assainissement et le cadre de vie.
Pour Djamilatou Ouédraogo, étudiante à l’Université Joseph Ki-Zerbo, les changements sont particulièrement visibles sur certains axes longtemps affectés par les inondations et l’accumulation des déchets. Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent. Les responsables du programme insistent sur la nécessité d’ancrer durablement les comportements citoyens afin que les acquis soient préservés.
« Faso Mêbo ne doit pas être une action ponctuelle. Il faut en faire une véritable culture nationale », estime le commandant Kabré.
Face aux premiers résultats obtenus à Ouagadougou, les autorités ont décidé d’étendre l’initiative à d’autres villes du Burkina Faso. Pour les promoteurs du projet, Faso Mêbo représente aujourd’hui bien plus qu’un programme d’assainissement. Il incarne une démarche de mobilisation citoyenne, de cohésion sociale et de reconstruction nationale.
Le 22 janvier 2026, le gouvernement a franchi une nouvelle étape en créant officiellement l’Agence Faso Mêbo afin de renforcer le cadre institutionnel du programme et d’assurer une meilleure mise en œuvre des projets.
À travers cette initiative, Ouagadougou redécouvre progressivement son attractivité. Plus qu’un changement de décor, Faso Mêbo contribue à promouvoir de nouvelles valeurs de civisme, de patriotisme et de responsabilité collective au sein de la population.




