Burkina Faso : le procès de Lionel Bilgo renvoyé au 18 septembre, les deux prévenus restent en détention

Le procès de l’ancien ministre Wendkouni Joël Lionel Bilgo et de son collaborateur Vincent de Paul Kaboré n’aura finalement duré que quelques instants. Ouverte ce vendredi 4 septembre 2026 au Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, l’audience a été renvoyée au 18 septembre prochain.

Gérant de la Société immobilière Traoré et frères (SITRAF), Lionel Bilgo comparaît aux côtés de Vincent de Paul Kaboré, directeur exécutif de la structure. Les deux hommes sont poursuivis pour « exercice illégal d’activités de promotion foncière » et « publicité d’activités de promotion immobilière sans autorisation préalable ».

Dès l’ouverture des débats, le procureur du Faso a demandé le renvoi de l’affaire. Le parquet souhaite procéder à des actes de poursuite complémentaires. La demande a été accueillie par le tribunal, fixant ainsi la prochaine audience au 18 septembre.

Cette décision a immédiatement conduit les avocats de la défense à solliciter la liberté provisoire de leurs clients. Ils ont également proposé, à titre alternatif, un placement sous contrôle judiciaire.

Pour la défense, rien ne justifie le maintien en détention des deux prévenus. Les avocats ont notamment rappelé que Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré s’étaient présentés volontairement aux services de police. Ils estiment également qu’il n’existe aucun risque de fuite ni de pression sur les témoins, l’activité de la SITRAF étant désormais à l’arrêt.

Les deux prévenus ont eux-mêmes pris la parole pour demander leur remise en liberté dans l’attente du jugement sur le fond. L’ancien ministre s’est notamment présenté comme disponible pour répondre aux sollicitations de la justice. « Nous sommes à la disposition de la justice, de nuit comme de jour », a déclaré Lionel Bilgo, appelant à ce que toute la lumière soit faite rapidement sur cette affaire.

Le ministère public a cependant rejeté cette demande. Dans son réquisitoire, le procureur du Faso a estimé qu’aucune garantie ne permettait d’écarter le risque que les prévenus tentent de suborner des témoins ou échappent aux poursuites.

Pour soutenir cette position, le parquet s’est appuyé sur de récents précédents. Il a notamment rappelé que des personnes ayant exercé de hautes responsabilités avaient déjà bénéficié d’une liberté provisoire avant de se soustraire aux poursuites judiciaires.

Après avoir entendu les arguments des deux parties, le président du tribunal a finalement rejeté la demande de liberté provisoire. Le dossier est donc renvoyé au 18 septembre 2026, le temps pour le parquet de compléter les investigations.

En attendant cette nouvelle audience, Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré restent détenus à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso.

Burkina Faso : près de 20 000 infractions routières détectées par les caméras en août

Les caméras de vidéo-verbalisation ont enregistré 19 910 infractions routières au Burkina Faso entre le 1er et le 31 août 2026. Le chiffre a été communiqué ce vendredi 4 septembre par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, lors d’une conférence de presse consacrée à la vidéo-verbalisation et aux accidents de la circulation.

Le non-port de la ceinture de sécurité arrive largement en tête des infractions relevées. Il représente 71,31% des cas constatés par les caméras. Les excès de vitesse constituent la deuxième catégorie, avec 15,36% des infractions. Viennent ensuite le non-respect de la signalisation lumineuse, qui représente 12,26%, et l’usage manuel du téléphone portable au volant, avec 1,07%.

Ces infractions ont également généré des amendes. Sur la période allant du 1er au 31 août, le montant total s’élève à 146 559 000 francs CFA.

Mais seule une partie de cette somme a déjà été recouvrée. Au 31 août, 16,1 millions de francs CFA avaient été effectivement payés, soit environ 10% du montant total des amendes générées. Les données communiquées par le ministre mettent ainsi en évidence l’ampleur des comportements sanctionnés par la vidéo-verbalisation, mais aussi l’écart encore important entre les amendes établies et celles effectivement acquittées.

Burkina Faso : les contrôles se durcissent à Ouagadougou contre la hausse illégale du prix du ciment

La lutte contre la spéculation sur le ciment se renforce à Ouagadougou. La Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), avec l’appui de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) et de la Brigade Laabal, multiplie les contrôles dans plusieurs quartiers de la capitale.

Les équipes ont ciblé plusieurs points de distribution de ciment afin de vérifier le respect des règles en vigueur. Ces opérations ont conduit à l’interpellation et à la sanction de vendeurs pour différents manquements.

Parmi les infractions relevées figurent notamment la hausse injustifiée du prix du ciment, l’irrégularité du poids des sacs, la publicité mensongère et le stockage illicite. Face à ces pratiques, la BMCRF a procédé au scellement de certains points de vente.

D’autres vendeurs ont été conduits par la Brigade Laabal pour effectuer des travaux d’intérêt général. Ils devront également payer les amendes prévues par la réglementation en vigueur.

La BMCRF entend maintenir la pression sur les contrevenants. Les opérations de contrôle vont se poursuivre dans les différents points de distribution afin de veiller au respect du prix réglementaire du ciment et de limiter les pratiques spéculatives.

Les autorités appellent également les populations à contribuer à cette lutte en signalant les cas de fraude dont elles seraient témoins. Pour effectuer un signalement, plusieurs numéros verts sont mis à leur disposition : 80 00 11 84, 80 00 11 85 et 80 00 11 86.

Mali : les pluies ont déjà fait 13 morts et près de 2 800 sinistrés depuis le début de l’hivernage

La saison des pluies continue de faire des victimes au Mali. Depuis le début de l’hivernage, 13 personnes ont perdu la vie et 17 autres ont été blessées à travers le pays. Près de 2 800 personnes sont également touchées par les intempéries.

Le Comité technique de gestion de la crise d’inondation a actualisé le bilan mercredi 2 septembre. Les données font état de 355 ménages affectés, soit exactement 2 790 personnes. Les autorités recensent par ailleurs 153 effondrements liés aux différents phénomènes météorologiques enregistrés depuis le début de la saison.

Le bilan national comprend six cas d’inondation, dix épisodes de foudre et quatre épisodes de vents violents. Les données disponibles ne précisent toutefois pas la répartition des décès et des blessés selon les phénomènes ou les régions concernées.

La situation s’est fortement dégradée en moins de trois semaines. Le précédent bilan, rendu public le 13 août, faisait état de six décès, 11 blessés, 20 effondrements et 927 personnes affectées. Depuis cette date, sept personnes supplémentaires ont perdu la vie et le nombre de sinistrés a presque triplé.

Cette nouvelle évolution rappelle la vulnérabilité du Mali face aux intempéries. En août 2025, les pluies avaient déjà provoqué 21 décès et touché 9 155 personnes. La saison précédente avait été encore plus meurtrière, avec 76 morts et près de 260 000 sinistrés. Face à l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement avait alors décrété l’état de catastrophe nationale.

Le mois de septembre appelle à maintenir la vigilance. Des activités pluvio-orageuses faibles à modérées sont annoncées sur l’ensemble du territoire. Ces épisodes pourraient s’accompagner de vents violents, d’éclairs et de nouveaux cas de foudroiement.

La situation des cours d’eau fait également l’objet d’une surveillance. Les niveaux poursuivent leur hausse, malgré des écoulements globalement normaux à déficitaires. Le district de Bamako concentre particulièrement l’attention. De fortes précipitations pourraient rapidement faire sortir les marigots naturels de leur lit et provoquer des crues soudaines.

Pour limiter les conséquences de ces phénomènes, la Protection civile maintient ses équipes d’intervention rapide. Les opérations de curage des caniveaux et de nettoyage des collecteurs se poursuivent. Les autorités travaillent aussi à libérer les lits des marigots, avec l’appui de volontaires et de brigadiers citoyens.

Les populations sont invitées à limiter leurs déplacements pendant les orages et à éviter les axes submergés. En cas de fortes intempéries, il est recommandé de se mettre à l’abri dans un bâtiment solide. Les autorités demandent également de s’éloigner des arbres et des câbles électriques.

Une assistance rapide doit enfin être apportée aux familles affectées par les intempéries, alors que le pays entame un mois de septembre placé sous haute surveillance météorologique.

Immersion patriotique : les acteurs culturels formés au maniement des armes

À Badnoogo, l’ambiance était différente de celle des espaces habituellement fréquentés par les professionnels de la culture. Jeudi 3 septembre 2026, des acteurs culturels engagés volontairement dans une immersion patriotique ont pris part à une séance d’exercice de tir. Le centre d’instruction et de tir du Groupement spécial d’intervention de la police nationale (GSIPN), situé dans la commune de Saaba, a accueilli cette étape de leur formation à l’Académie de police.

Pour ces professionnels de la culture, l’exercice a permis de se familiariser avec le maniement de plusieurs types d’armements. Avant de passer aux tirs, les participants ont reçu des explications sur le fonctionnement des armes. Ils ont également été briefés sur les techniques de démontage et de remontage.

La formation a notamment porté sur le RPG7 et ses roquettes antipersonnel et antichar. Les participants ont aussi découvert l’arme collective de calibre 12/7, destinée aux combats aériens et terrestres à distance. La kalachnikov, le P.A. et l’AKMS figuraient également parmi les armements présentés durant cette séance.

Le commissaire principal de police Issa Zongo, commandant du GSIPN, a salué la participation volontaire des acteurs culturels à cette initiative. Il les a félicités pour leur engagement et leur implication dans cette expérience particulière. « Vous avez touché du doigt les métiers des armes. Vous devriez être fiers de vous », leur a-t-il lancé.

Le commandant du GSIPN a également exprimé sa reconnaissance à l’Académie de police pour la confiance accordée. Il a, dans le même temps, encouragé les encadreurs pour les efforts déployés dans l’accompagnement des participants.

Du côté des appelés, l’expérience a été accueillie favorablement. Marius Diessongo, représentant des participants, a salué cette séance de tir au nom de ses camarades. Il a également remercié le ministère chargé de la Culture pour les connaissances acquises au cours de leur immersion.

Au-delà de l’apprentissage technique, les participants retiennent surtout une expérience liée à la maîtrise de soi. « C’est une expérience sur la gestion du stress, le dépassement de soi. À la fin, on tire un résultat satisfaisant », a expliqué Marius Diessongo.

Cette séance intervient dans les derniers jours de l’immersion patriotique volontaire. Menée en partenariat avec le ministère de la Sécurité, celle-ci réunit au total 25 acteurs culturels à l’Académie de police. La formation, commencée le 20 août, doit prendre fin ce vendredi 4 septembre 2026. Après plusieurs jours consacrés à différents apprentissages, les professionnels de la culture arrivent ainsi au terme d’une expérience qui leur aura permis de sortir temporairement de leurs cadres professionnels habituels pour découvrir d’autres dimensions de l’engagement patriotique.

Hommage à Sankara : Cémestin Simporé appelle la jeunesse à s’engager pour la Nation

Les sonneries militaires ont de nouveau retenti au Mémorial Thomas-Sankara. Jeudi 3 septembre 2026, le Burkina Faso a marqué son 11e cérémonial d’hommage militaire au capitaine-président Thomas Sankara et à ses compagnons. La cérémonie s’est tenue sous la présidence du ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simporé.

À la place du Mémorial Thomas-Sankara, le protocole militaire a rythmé cette séquence de recueillement. La sonnerie aux morts et les honneurs ont été assurés par le groupement d’escorte et d’honneur de la Gendarmerie nationale. La cavalerie et l’escadron d’escorte ont notamment pris part au cérémonial, en présence du personnel du ministère de la Guerre et de la Défense patriotique.

Pour Célestin Simporé, ce rendez-vous mensuel dépasse le simple devoir de mémoire. Il constitue également une manière de réaffirmer l’engagement du Burkina Faso en faveur de la dignité, de la souveraineté et de la justice sociale. Le ministre a rappelé la place particulière occupée par Thomas Sankara dans l’histoire du pays et dans les aspirations à l’émancipation collective.

« Thomas Sankara fut, pour beaucoup d’entre nous, un visage de la lutte pour l’émancipation collective. Il défendait avec courage et vigueur l’idée que notre peuple doit reprendre en main son destin, libéré des dépendances et des fatalités qui entravent le progrès », a déclaré le ministre de la Guerre et de la Défense patriotique.

Le cérémonial rend également hommage aux valeurs défendues par le père de la Révolution de 1983. Célestin Simporé a cité notamment la promotion des droits de l’homme, l’émancipation de la femme, l’accès universel à l’éducation et à la santé, la lutte contre la corruption ainsi que la construction d’un État au service des populations. Selon lui, ces principes continuent d’occuper une place dans l’action publique. « Ses valeurs demeurent une boussole pour nos politiques publiques et pour le quotidien de nos concitoyens », a-t-il assuré.

Dans son intervention, le ministre a également élargi l’hommage à toutes celles et tous ceux qui œuvrent au quotidien pour le pays. Il a salué l’engagement des forces de défense et de sécurité, des Volontaires pour la défense de la patrie, des agents civils de l’État, des enseignants, des personnels de santé, des agriculteurs et des acteurs de la société civile. À ses yeux, leurs efforts constituent l’une des principales forces du Burkina Faso.

La jeunesse occupe aussi une place centrale dans cette vision. Célestin Simporé l’a invitée à puiser dans la mémoire des grandes figures nationales pour trouver les ressorts nécessaires à l’innovation, à la défense de la dignité humaine et à la construction d’une société plus juste. « Soyez des citoyens engagés, critiques, solidaires et responsables. Que les idéaux du père de la Révolution 1983 soient aussi une source d’inspiration pour la Révolution progressive populaire sous le leadership du capitaine Ibrahim Traoré », a-t-il exhorté.

Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a pour sa part rappelé que ce cérémonial mensuel a été institué par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Il a souligné l’importance accordée à la mémoire de Thomas Sankara dans la construction du « Nouveau Burkina ».

Pour le ministre chargé de la Culture, cette construction ne peut être dissociée d’une dynamique révolutionnaire. « Nous ne pouvons pas construire le Burkina Nouveau si nous ne nous inscrivons pas dans une dynamique révolutionnaire », a-t-il affirmé. Il a également insisté sur la dimension symbolique du site qui accueille chaque mois cette cérémonie.

« Au-delà du cérémonial militaire qui se tient au mémorial, le site revêt un caractère mémoriel et symbolique, au point où partout en Afrique, les gens souhaiteraient visiter le Mémorial », a poursuivi Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.

Le projet de construction du Mémorial Thomas-Sankara continue par ailleurs d’être mis en œuvre. Le ministre a appelé les Burkinabè à s’impliquer davantage afin de faire du site une référence internationale. « J’invite les Burkinabè à s’engager résolument pour la mise en œuvre du projet faire du Mémorial une référence internationale », a-t-il déclaré.

Dans cette dynamique, le ministère de la Guerre et de la Défense patriotique a apporté une contribution de 5 millions de francs CFA aux travaux du Mémorial. Une participation qui vient accompagner la poursuite de ce projet présenté comme un lieu majeur de mémoire autour de l’héritage de Thomas Sankara.

Burkina Faso : les acteurs culturels appelés à devenir les porte-voix du renouveau culturel

À deux jours de la fin de leur immersion patriotique, les 22 acteurs culturels de la première promotion ont reçu un message clair. Dans la soirée du mercredi 2 septembre 2026, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, s’est rendu à l’Académie de Police de Pabré pour rencontrer les participants.

Depuis le 22 août, ces professionnels de la culture suivent volontairement une formation qui s’achèvera le 4 septembre. Pendant deux semaines, ils expérimentent une immersion inédite pour des acteurs culturels burkinabè. Le programme a été élaboré avec le ministère de la Sécurité. Il combine apprentissages humains, intellectuels et patriotiques avec des enseignements directement liés aux métiers de la culture.

Les participants ont ainsi alterné exercices physiques, modules pratiques et enseignements consacrés notamment à la loi portant statut de l’artiste. Pour Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, également porte-parole du gouvernement, cette expérience répond à une orientation assumée par la Révolution Progressiste Populaire (RPP). La culture doit, selon lui, occuper une place centrale dans l’édification du Burkina Faso nouveau. Il s’est appuyé sur le Manifeste de la RPP pour rappeler que « le réarmement culturel est un défi central qui doit garantir la pérennité de la Révolution ».

Le ministre veut désormais voir les artistes et professionnels de la culture utiliser leur savoir-faire comme un moyen de défendre les valeurs, l’identité et le patrimoine national. Musiciens, cinéastes, comédiens, plasticiens ou journalistes culturels sont ainsi invités à participer, chacun dans son domaine, au renouveau culturel voulu par les autorités. Leur création doit aussi contribuer à donner davantage de visibilité au Burkina Faso au-delà de ses frontières.

Face aux appelés, le ministre a résumé cette attente en une formule forte : « Vous devez constituer le bataillon qui va mener en première ligne le combat pour le renouveau culturel du Burkina ». Il les a surtout encouragés à ne pas considérer cette formation comme une simple parenthèse. À leur retour, ils devront transformer les enseignements reçus en engagement concret au service du pays. Le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a également salué la démarche des participants.

Il a insisté sur leur responsabilité dans la transmission des valeurs et dans la lutte contre l’acculturation. Leurs productions artistiques et culturelles constituent, selon lui, un levier important pour porter ce combat. Mahamoudou Sana a par ailleurs félicité l’Académie de Police pour la qualité de l’encadrement assuré durant la formation. Du côté des participants, les premiers enseignements semblent déjà se faire sentir.

La comédienne Nicole Sanou estime notamment que cette expérience lui a permis de prendre davantage conscience de ses responsabilités. « Cette formation m’a plus sensibilisée », témoigne-t-elle. Avec les autres appelés, elle entend désormais mettre sa voix et ses actions au service d’un objectif commun : contribuer à rendre le Burkina Faso fier de ses acteurs culturels. Le 4 septembre marquera la fin de cette première immersion patriotique destinée aux professionnels de la culture.

Après deux semaines d’exercices et d’apprentissage, les 22 participants sont désormais invités à prolonger l’expérience au-delà de l’Académie de Police de Pabré. Leur créativité, leurs productions et leurs acquis sont appelés à devenir des outils au service des valeurs et du patrimoine culturel burkinabè.

Burkina Faso : la Police lance la BRICIR pour traquer les auteurs d’incivisme routier

La Police nationale durcit le ton contre l’incivisme routier. À Ouagadougou, une nouvelle unité dédiée aux infractions sur les routes a été officiellement lancée ce mercredi 2 septembre 2026. Baptisée Brigade de recherche et d’investigation contre l’incivisme routier (BRICIR), elle aura pour mission de traquer plusieurs catégories de contrevenants.

La cérémonie de lancement s’est tenue à la Direction générale de la police nationale (DGPN), en présence du ministre de la Sécurité. La nouvelle brigade doit notamment s’attaquer aux contrevenants identifiés grâce à la e-verbalisation, mais qui n’ont pas réglé leurs amendes.

Les auteurs de délits de fuite et les personnes impliquées dans des accidents de la circulation figurent également dans le viseur de la BRICIR. Cette unité motorisée fonctionnera avec des équipes constituées de binômes.

Son champ d’action ne se limite toutefois pas au recouvrement des contraventions. La brigade devra contribuer à combattre les infractions au Code de la route ainsi que les stationnements irréguliers ou dangereux. Elle aura également pour rôle de prévenir, constater et réprimer les actes d’incivisme commis sur la voie publique.

« La brigade que nous nous apprêtons à lancer n’est pas une unité de contrôle de plus, mais une réponse appropriée à la situation d’incivisme », a expliqué le directeur général de la Police nationale, Thierry Dofizouho Tuina.

Avant leur déploiement, les agents affectés à cette nouvelle unité ont reçu une formation spécifique. Celle-ci a notamment porté sur l’éthique et la déontologie policières dans le cadre des contrôles routiers. Les policiers ont également été formés aux techniques de contrôle et d’intervention adaptées aux infractions routières.

« Fini la sensibilisation », prévient le ministre de la Sécurité

Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, entend donner une orientation clairement répressive à cette nouvelle brigade. Principal initiateur de sa création, il estime que la phase de sensibilisation doit désormais laisser place aux sanctions.

« Fini la sensibilisation. Cette brigade est là pour réprimer », a martelé le ministre.

Il a notamment averti les automobilistes qui commettent des infractions au feu tricolore. Même lorsqu’une infraction remonte à plusieurs semaines, la BRICIR pourra mener des investigations pour retrouver son auteur et obtenir le paiement de l’amende.

Mahamadou Sana a également annoncé une autre conséquence possible. Les contrevenants pourraient être conduits à Faso Mêbo pour effectuer des travaux d’intérêt commun. Pour Thierry Dofizouho Tuina, l’objectif est de mettre fin aux comportements consistant à profiter de l’absence apparente des forces de l’ordre. « Jusque-là, les gens ont l’habitude de regarder de gauche à droite pour voir s’il n’y a pas un policier ou un VADS et ils brûlent le feu. C’est fini ça », a-t-il déclaré.

Le directeur général de la Police nationale a par ailleurs appelé les agents de la BRICIR à mesurer l’importance de leur mission. « Vous portez sur vos épaules une immense responsabilité. Vous êtes le bouclier de nos concitoyens sur nos routes », leur a-t-il lancé.

Il les a exhortés à faire preuve de fermeté, tout en respectant les exigences de professionnalisme, de rigueur et d’intégrité. Le dispositif doit désormais s’étendre au-delà de Ouagadougou. Des instructions ont été données pour installer des brigades similaires dans les autres chefs-lieux de région du Burkina Faso.

Avec la BRICIR, les autorités burkinabè veulent donc franchir un nouveau cap dans la lutte contre l’incivisme routier. Le message adressé aux usagers est désormais sans ambiguïté : les infractions pourront être recherchées et sanctionnées même après leur commission.

Burkina Faso-Égypte : une coopération renforcée contre le financement du terrorisme

Le Burkina Faso et l’Égypte veulent renforcer leur coopération face au terrorisme. Les deux pays misent notamment sur une approche globale pour couper les réseaux de financement des groupes terroristes. Cette orientation est ressortie des échanges entre les chefs de leur diplomatie au Caire.

En visite en Égypte depuis le 31 août, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a rencontré mardi son homologue égyptien Badr Abdelatty. La rencontre s’est ensuite élargie aux délégations des deux pays.

Les discussions ont largement porté sur la défense et la sécurité. Le Burkina Faso reste confronté depuis plusieurs années aux attaques de groupes jihadistes. Dans ce contexte, Ouagadougou et Le Caire ont affiché leur volonté de consolider leur coopération face aux menaces terroristes.

Les deux parties veulent surtout agir au-delà des opérations sécuritaires. Elles ont insisté sur la nécessité de s’attaquer aux mécanismes qui alimentent financièrement le terrorisme. Cette stratégie doit également s’accompagner d’actions sur les causes socio-économiques des crises.

« La paix n’a pas de limite, elle est pour tous ou elle ne l’est pas », a déclaré Karamoko Jean Marie Traoré. Le ministre burkinabè appelle ainsi les États à parvenir à une lecture commune des causes profondes des crises. Il souhaite également une mobilisation collective autour des solutions favorisant la paix.

La coopération économique a aussi occupé une place importante dans les échanges. Les deux pays souhaitent développer davantage leurs relations commerciales et encourager les investissements. Au Caire, la deuxième édition du forum réunissant des hommes d’affaires égyptiens et burkinabè est actuellement organisée.

Cette rencontre intervient après une première édition tenue en 2025 au Burkina Faso. Pour Karamoko Jean Marie Traoré, ces rendez-vous doivent permettre de transformer les intentions en réalisations concrètes. Il a donc encouragé les opérateurs économiques à multiplier les contacts et les échanges.

« L’Afrique a un potentiel, nous devons être acteurs et bénéficiaires de ce potentiel », a-t-il affirmé. Le ministre burkinabè plaide ainsi pour une meilleure appropriation des ressources et des espaces économiques du continent par les Africains.

Les discussions entre Ouagadougou et Le Caire ont également couvert plusieurs secteurs sociaux et stratégiques. L’éducation, la santé, la recherche, la formation et la culture figurent parmi les domaines évoqués. Le renforcement des capacités a également été inscrit au menu des échanges.

Au cours de sa visite, Karamoko Jean Marie Traoré a par ailleurs transmis au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi un message du capitaine Ibrahim Traoré. Le président burkinabè y exprime son « amitié, fraternité et solidarité » à l’égard de son homologue égyptien.

Les deux pays entendent désormais poursuivre leurs discussions. Ils veulent notamment finaliser plusieurs accords sectoriels et donner davantage de contenu à leur coopération Sud-Sud.

 

Burkina Faso : les recettes publiques atteignent 308 milliards FCFA en août

Le Burkina Faso a mobilisé 308 milliards de francs CFA de recettes publiques au cours du mois d’août 2026. Ce montant dépasse de 43 milliards de francs CFA l’objectif fixé par les autorités, selon les données publiées mardi par le ministère de l’Économie et des Finances.

Les recettes collectées par les services des douanes, des impôts et du Trésor public ont atteint 116,22 % des prévisions mensuelles. Celles-ci étaient établies à 265 milliards de francs CFA. Le résultat traduit donc un excédent de 43 milliards de francs CFA, soit une performance supérieure de 16,2 % à l’objectif initial. Concrètement, pour chaque tranche de 100 francs CFA attendue, l’État a finalement mobilisé environ 116 francs CFA.

Une performance saluée par le gouvernement

Le ministère de l’Économie et des Finances n’a pas communiqué le détail de la contribution de chaque régie financière au montant global. Les 308 milliards de francs CFA regroupent toutefois les recettes provenant notamment des douanes, des impôts et du Trésor public. Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a salué cette performance dans un message publié mardi sur Facebook.

« Cette performance remarquable témoigne de la forte mobilisation des équipes, de l’efficacité croissante de nos administrations et de notre capacité collective à générer les ressources nécessaires au financement souverain de notre développement », a-t-il déclaré.

Le ministre a également mis en avant le rôle des contribuables dans cette dynamique. Il a salué « la confiance et le civisme fiscal des contribuables », qu’il considère comme des partenaires de l’action publique et du développement national.

L’État mise sur les ressources intérieures

Cette progression intervient dans un contexte où le Burkina Faso cherche à renforcer durablement la mobilisation de ses ressources internes. Pour les autorités, l’amélioration des recettes constitue un levier essentiel pour accroître les capacités financières de l’État et assurer le financement de ses priorités nationales.

Cette stratégie vise également à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des financements extérieurs, dans un environnement marqué par des contraintes importantes sur l’accès aux ressources internationales. Avec 308 milliards de francs CFA collectés en août pour un objectif de 265 milliards, les régies financières affichent ainsi une performance supérieure aux prévisions.

Le dépassement de 43 milliards de francs CFA confirme la volonté des autorités de maintenir la mobilisation des recettes publiques au cœur du financement du développement national.