La Police nationale durcit le ton contre l’incivisme routier. À Ouagadougou, une nouvelle unité dédiée aux infractions sur les routes a été officiellement lancée ce mercredi 2 septembre 2026. Baptisée Brigade de recherche et d’investigation contre l’incivisme routier (BRICIR), elle aura pour mission de traquer plusieurs catégories de contrevenants.
La cérémonie de lancement s’est tenue à la Direction générale de la police nationale (DGPN), en présence du ministre de la Sécurité. La nouvelle brigade doit notamment s’attaquer aux contrevenants identifiés grâce à la e-verbalisation, mais qui n’ont pas réglé leurs amendes.
Les auteurs de délits de fuite et les personnes impliquées dans des accidents de la circulation figurent également dans le viseur de la BRICIR. Cette unité motorisée fonctionnera avec des équipes constituées de binômes.
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Son champ d’action ne se limite toutefois pas au recouvrement des contraventions. La brigade devra contribuer à combattre les infractions au Code de la route ainsi que les stationnements irréguliers ou dangereux. Elle aura également pour rôle de prévenir, constater et réprimer les actes d’incivisme commis sur la voie publique.
« La brigade que nous nous apprêtons à lancer n’est pas une unité de contrôle de plus, mais une réponse appropriée à la situation d’incivisme », a expliqué le directeur général de la Police nationale, Thierry Dofizouho Tuina.
Avant leur déploiement, les agents affectés à cette nouvelle unité ont reçu une formation spécifique. Celle-ci a notamment porté sur l’éthique et la déontologie policières dans le cadre des contrôles routiers. Les policiers ont également été formés aux techniques de contrôle et d’intervention adaptées aux infractions routières.
« Fini la sensibilisation », prévient le ministre de la Sécurité
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, entend donner une orientation clairement répressive à cette nouvelle brigade. Principal initiateur de sa création, il estime que la phase de sensibilisation doit désormais laisser place aux sanctions.
« Fini la sensibilisation. Cette brigade est là pour réprimer », a martelé le ministre.
Il a notamment averti les automobilistes qui commettent des infractions au feu tricolore. Même lorsqu’une infraction remonte à plusieurs semaines, la BRICIR pourra mener des investigations pour retrouver son auteur et obtenir le paiement de l’amende.
Mahamadou Sana a également annoncé une autre conséquence possible. Les contrevenants pourraient être conduits à Faso Mêbo pour effectuer des travaux d’intérêt commun. Pour Thierry Dofizouho Tuina, l’objectif est de mettre fin aux comportements consistant à profiter de l’absence apparente des forces de l’ordre. « Jusque-là, les gens ont l’habitude de regarder de gauche à droite pour voir s’il n’y a pas un policier ou un VADS et ils brûlent le feu. C’est fini ça », a-t-il déclaré.
Le directeur général de la Police nationale a par ailleurs appelé les agents de la BRICIR à mesurer l’importance de leur mission. « Vous portez sur vos épaules une immense responsabilité. Vous êtes le bouclier de nos concitoyens sur nos routes », leur a-t-il lancé.
Il les a exhortés à faire preuve de fermeté, tout en respectant les exigences de professionnalisme, de rigueur et d’intégrité. Le dispositif doit désormais s’étendre au-delà de Ouagadougou. Des instructions ont été données pour installer des brigades similaires dans les autres chefs-lieux de région du Burkina Faso.
Avec la BRICIR, les autorités burkinabè veulent donc franchir un nouveau cap dans la lutte contre l’incivisme routier. Le message adressé aux usagers est désormais sans ambiguïté : les infractions pourront être recherchées et sanctionnées même après leur commission.




