Coopération Ghana-Burkina : Accra et Ouagadougou renforcent la sécurité des leurs corridors commerciaux

Entre le Ghana et le Burkina Faso, la coopération en matière de défense franchit une nouvelle étape. Les deux pays ont conclu, ce mardi 11 août 2026, un accord destiné à renforcer la sécurité des principaux corridors commerciaux qui relient leurs territoires, avec une attention particulière portée à l’escorte des convois transfrontaliers.

L’accord a été signé par le ministre ghanéen par intérim de la Défense, Dr Cassiel Ato Baah Forson, et le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique du Burkina Faso, le général de division Célestin Simporé. La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs responsables des deux pays, venus accompagner cette nouvelle étape de la coopération bilatérale.

Côté ghanéen, le vice-ministre de la Défense Ernest Brogya Genfi et le directeur général du ministère, Emmanuel Kartey, figuraient notamment parmi les personnalités présentes. Le Burkina Faso était également représenté par son ambassadeur au Ghana, David Kabre.

Le chef d’état-major des Forces armées ghanéennes, le lieutenant-général William Agyapong, ainsi que plusieurs responsables des directions du ministère ghanéen de la Défense et des Forces armées ghanéennes ont également assisté à la signature, aux côtés des membres de la délégation burkinabè.

Derrière cet accord se trouve un enjeu directement lié à la circulation des marchandises entre les deux pays. Accra et Ouagadougou veulent renforcer la protection des axes commerciaux essentiels et mieux sécuriser les convois face aux menaces susceptibles de perturber les déplacements et l’approvisionnement.

La coopération nouvellement engagée doit également contribuer à préserver la stabilité économique des deux pays. La sécurisation des routes d’approvisionnement stratégiques apparaît ainsi comme un élément central du dispositif, alors que ces corridors jouent un rôle important dans les échanges transfrontaliers.

Au-delà de la seule question sécuritaire, l’accord vient donc consolider les relations entre le Ghana et le Burkina Faso dans le domaine de la défense. Il traduit la volonté des deux États de coordonner davantage leurs efforts pour protéger les axes commerciaux et préserver la continuité des échanges entre leurs populations et leurs économies.

Burkina Faso : les Forces combattantes neutralisent un chef terroriste à Barani

Dans la région du Sourou, une opération menée par les forces combattantes burkinabè a porté un coup aux groupes armés actifs dans la zone. Le 25 juillet 2026, un affrontement survenu dans la forêt de Kinséré, dans la commune de Barani, a notamment conduit à la neutralisation de Barry Manga Sangaré, présenté comme un chef terroriste actif dans cette zone.

L’opération s’inscrivait dans le cadre d’une série d’offensives engagées contre les sanctuaires des groupes armés dans les forêts de la province de la Kossin. C’est au cours de l’une de ces opérations qu’une unité des forces combattantes a été confrontée à un groupe de terroristes dans la forêt de Kinséré.

Selon les informations communiquées, les affrontements ont entraîné la neutralisation de 15 membres du groupe armé. Parmi eux figurait Barry Manga Sangaré, présenté comme l’un des responsables actifs sur la base de Kinséré.

Âgé de 32 ans, Barry Manga Sangaré aurait rejoint les groupes terroristes en 2018. Il aurait ensuite reçu une formation au maniement des armes sur une base située dans un pays voisin, avant de prendre part à plusieurs opérations dirigées contre les forces combattantes et les populations civiles dans la région du Sourou.

Son implication aurait notamment été relevée lors de plusieurs attaques et mouvements de groupes armés dans la zone. Les dernières manœuvres qui lui sont attribuées auraient été observées les 12 et 20 juillet 2026, quelques jours avant l’affrontement de Kinséré.

Sa neutralisation est présentée par les forces burkinabè comme un revers important pour les groupes armés actifs dans la région. Elle intervient alors que les opérations militaires se poursuivent dans plusieurs zones considérées comme des sanctuaires de groupes terroristes.

Pour les autorités, ces actions s’inscrivent dans une dynamique plus large de reconquête et de sécurisation du territoire national. L’objectif affiché reste de réduire les capacités opérationnelles des groupes armés et de renforcer progressivement la sécurité des populations.

Immersion patriotique : 43 professionnels des médias plongent au cœur des réalités des forces de sécurité

À Pabré, le rapprochement entre les forces de sécurité et les médias prend une nouvelle forme. Depuis le 10 août 2026, 43 professionnels de la presse participent à une immersion patriotique de six jours à l’Académie de Police, située à quelques kilomètres de Ouagadougou. L’initiative entend créer un contact direct entre ceux qui assurent la sécurité du pays et ceux qui rendent compte de la réalité du terrain.

Organisée par la Direction de la Communication et des Relations Presse du ministère de la Sécurité avec l’Académie de Police, cette immersion doit permettre aux participants de mieux comprendre les missions, les contraintes et les exigences auxquelles sont confrontées les Forces de sécurité intérieure dans l’exercice de leurs fonctions.

La cérémonie de lancement a été présidée par le directeur général de l’Académie de Police, le commissaire divisionnaire de Police Lassina Traoré, représentant le ministre de la Sécurité. Face aux professionnels des médias, il a insisté sur la portée stratégique de leur mission dans le contexte sécuritaire actuel.

Pour le responsable, l’engagement contre le terrorisme ne se joue pas uniquement dans les opérations. Il se poursuit également sur le terrain de l’information et de la communication. « La victoire ne se construit pas uniquement sur le terrain des opérations, mais également dans le domaine de l’information et de la communication », a-t-il déclaré.

Cette proximité recherchée doit également permettre aux journalistes de mieux saisir les valeurs qui structurent l’action des Forces de sécurité intérieure. Discipline, intégrité, patriotisme et sens du devoir constituent ainsi les principaux repères présentés aux participants durant leur séjour.

Six jours au plus près des réalités sécuritaires

Pendant six jours, les 43 professionnels de la presse vont vivre plusieurs activités conçues pour leur donner une meilleure connaissance de l’environnement dans lequel travaillent les forces de sécurité. Leur programme comprend notamment des séances sportives, l’école du soldat, des conférences et différents exercices pratiques.

L’immersion prévoit également des modules consacrés au secourisme, à la gestion du stress et à la sécurité en milieu hostile. Ces enseignements doivent aider les participants à mieux mesurer les risques auxquels peuvent être confrontés les professionnels intervenant dans des zones soumises à de fortes contraintes sécuritaires.

Mais derrière ces exercices, l’objectif est surtout de rapprocher deux univers qui évoluent au contact des mêmes réalités. D’un côté, les forces chargées de protéger les populations. De l’autre, les médias appelés à informer le public sur la situation du pays.

Pour le ministère de la Sécurité, cette connaissance réciproque doit favoriser davantage de confiance et de responsabilité dans les relations entre les Forces de sécurité intérieure et les professionnels de l’information.

À travers cette immersion patriotique, les autorités veulent ainsi encourager une collaboration plus étroite entre les deux secteurs. Une démarche qui vise, au-delà de la formation, à renforcer la résilience nationale, à contribuer à la défense de la Nation et à promouvoir une information responsable dans un contexte sécuritaire particulièrement exigeant.

Forum humanitaire AES : le Burkina Faso veut passer de l’urgence à la résilience

Ouagadougou accueille depuis lundi une nouvelle rencontre consacrée aux réponses humanitaires dans l’espace de la Confédération des États du Sahel. Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé l’ouverture de la deuxième édition du Forum humanitaire de l’AES, organisée conjointement avec la deuxième réunion des ministres chargés du Genre des trois pays membres.

Les délégations du Burkina Faso, du Mali et du Niger sont réunies autour d’un même constat : les crises qui frappent le Sahel dépassent désormais le seul cadre humanitaire. Les enjeux sécuritaires, climatiques et économiques imposent une réponse davantage coordonnée entre les États de la Confédération.

Placée sous le thème « De l’urgence à la résilience : vers un modèle d’action humanitaire intégré pour l’AES », cette deuxième édition veut justement faire évoluer les pratiques. Il ne s’agit plus seulement d’intervenir lorsque survient une crise, mais aussi de renforcer les capacités des populations et des structures locales afin de mieux faire face aux difficultés dans la durée.

C’est dans cette perspective que Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a appelé à repenser l’action humanitaire. Pour le chef du gouvernement burkinabè, l’aide ne doit pas se limiter à répondre aux besoins immédiats. Elle doit également contribuer à créer les conditions permettant aux communautés de gagner progressivement en autonomie. « L’assistance ne saurait être une finalité en soi. L’action humanitaire doit répondre à l’urgence tout en préparant les conditions de l’autonomie », a-t-il déclaré.

Cette transformation passe également, selon lui, par une évolution des mécanismes de financement. Les participants sont ainsi invités à réfléchir à des ressources plus prévisibles et davantage issues des capacités propres aux États et aux communautés de l’espace AES.

La question de la coordination occupe également une place importante dans les échanges. Une meilleure organisation des interventions, un ciblage plus précis des bénéficiaires et un renforcement de la redevabilité sont présentés comme des conditions nécessaires pour rendre l’action humanitaire plus efficace.

Les travaux accordent par ailleurs une attention particulière à la place des femmes dans les réponses aux crises. Leur contribution à la cohésion sociale, aux activités économiques, à la prévention des conflits et à la reconstruction des communautés est mise en avant comme un levier essentiel de résilience.

À travers ce forum, le Burkina Faso, le Mali et le Niger cherchent ainsi à renforcer leur coopération dans un domaine directement lié aux conditions de vie de leurs populations. L’ambition affichée est de construire progressivement une réponse humanitaire davantage intégrée, capable de répondre aux urgences tout en préparant les communautés sahéliennes à mieux résister aux crises futures.

Centrale de Koudougou : une nouvelle unité de 25 MW renforce la production électrique du Burkina Faso

Après Pabré et Bobo-Dioulasso, Koudougou franchit à son tour une nouvelle étape dans le renforcement de l’offre électrique nationale. Dans la région de Nando, le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a inauguré ce lundi 10 août 2026 une centrale thermique de 25 mégawatts. L’infrastructure doit contribuer à répondre davantage aux besoins énergétiques des populations et des activités économiques du centre-ouest du pays.

L’ouvrage vient ainsi renforcer le dispositif national de production d’électricité avec une installation composée de 28 groupes électrogènes. Sa réalisation aura nécessité 347 jours de travaux, dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise libanaise BUTEC Power Generation. Le coût global de l’infrastructure est établi à 15 397 403 948,787 FCFA.

Au-delà de sa capacité de production, cette centrale doit permettre de rapprocher davantage l’électricité des zones de consommation. Pour les autorités, l’enjeu est également de réduire la forte concentration de la production autour de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, en donnant progressivement aux régions leurs propres capacités énergétiques.

Lors de l’inauguration, Yacouba Zabré Gouba a présenté cette mise en service comme une nouvelle étape dans cette orientation. « Cette centrale de Koudougou constitue une étape importante dans le renforcement de notre capacité de production et dans notre volonté de donner davantage de capacités énergétiques aux régions », a souligné le ministre.

Pour le gouvernement, l’objectif dépasse toutefois la seule augmentation de la production. Il s’agit également de progresser vers une plus grande autonomie énergétique en développant les capacités nationales et en rapprochant les infrastructures des populations. « Notre ambition est de renforcer progressivement l’autonomie énergétique du Burkina Faso en développant les capacités de production et en rapprochant l’électricité des populations et des activités économiques », a déclaré Yacouba Zabré Gouba, annonçant que d’autres réalisations du même type devraient voir le jour.

Le partenaire technique du projet affiche également sa satisfaction. Sleiman Abi Ghanem, administrateur général de BUTEC Power Generation, a salué la confiance accordée par les autorités burkinabè à son entreprise pour la réalisation de l’ouvrage. Il a assuré que l’engagement du groupe dans le pays ne se résume pas à ses intérêts commerciaux.

« Au-delà du business, BUTEC est engagée au Burkina Faso et reste soucieuse de contribuer au bien-être des populations », a-t-il affirmé.

Avec sa capacité de 25 MW, la centrale de Koudougou devient ainsi un nouveau point d’appui du réseau national de production électrique. Sa mise en service traduit la volonté des autorités de répartir davantage les capacités énergétiques sur le territoire et de faire de la production locale un levier de renforcement de la souveraineté énergétique du Burkina Faso.

Académie technologique : 250 élèves retenus pour la première promotion au Burkina Faso

Le Burkina Faso donne forme à son ambition de renforcer ses compétences dans les sciences et les technologies. À Ouagadougou, les autorités ont annoncé ce lundi la sélection des 250 candidats qui composeront la première promotion de l’Académie technologique du Faso (ATF), une nouvelle institution appelée à participer à la stratégie de souveraineté technologique du pays.

L’annonce a été faite par le directeur de cabinet du président du Faso dans un communiqué consacré aux résultats du recrutement. Pour constituer cette première cohorte, les autorités se sont appuyées sur les parcours scolaires des candidats ainsi que sur leurs performances au baccalauréat.

Les 250 admis sont issus des séries scientifiques et techniques C, D, E, F1, F2, F3 et F4. Ils proviennent des différentes régions du territoire national, donnant ainsi à cette première promotion une représentation à l’échelle du pays. Une liste complémentaire comprenant 28 candidats a également été constituée.

Les résultats peuvent être consultés sur la plateforme dédiée au recrutement de l’Académie technologique du Faso. Les candidats retenus sont désormais invités à se préparer à leur intégration, alors que la rentrée académique est annoncée pour le 1er octobre 2026.

Les modalités pratiques liées à cette rentrée seront communiquées ultérieurement par l’administration de l’établissement. Les autorités ont, à cette occasion, adressé leurs félicitations aux candidats sélectionnés et salué l’ensemble des postulants pour l’intérêt porté à cette nouvelle structure.

À travers l’Académie technologique du Faso, le gouvernement entend mettre l’accent sur une formation de haut niveau dans les domaines scientifiques et technologiques. L’objectif affiché est de développer davantage les compétences disponibles au niveau national et de préparer des profils capables de répondre aux besoins technologiques du pays.

La création de cette institution s’inscrit ainsi dans une orientation plus large des autorités burkinabè : renforcer les capacités locales, développer l’expertise nationale et réduire progressivement la dépendance extérieure dans les secteurs liés aux technologies. Avec cette première cohorte de 250 élèves, l’ATF entame donc sa mission au cœur de cette ambition de souveraineté technologique.

Attaque à San : l’armée malienne affirme avoir repoussé l’assaut, le JNIM revendique la caserne

L’aube de ce dimanche a été marquée par de violents combats autour de l’emprise militaire de San, dans la région de Ségou, au centre du Mali. À 5h30, une attaque a visé la base des Forces armées maliennes (FAMa). Quelques heures plus tard, les versions des protagonistes divergeaient encore sur l’issue des affrontements.

Dans un « Flash Info », l’état-major malien affirme avoir rapidement riposté à l’assaut. Selon les autorités militaires, « la tentative a été repoussée » et la situation est désormais « sous contrôle ». L’armée assure ainsi que son emprise de San demeure sous son contrôle après l’attaque.

Le contingent russe Africa Corps, déployé aux côtés des forces maliennes, livre une version similaire. Il affirme que des combattants de la coalition JNIM et FLA ont tenté de prendre la base tenue par le 23e régiment des FAMa. Selon cette source, l’unité commandée par le lieutenant-colonel El Oumrani aurait réussi à repousser l’offensive.

Africa Corps avance également un bilan de plus de 40 assaillants tués au cours des combats. Dans une vidéo relayée par le contingent russe, le lieutenant-colonel El Oumrani affirme que l’attaque a été repoussée et que la base « n’a pas chuté ». Des opérations de ratissage se poursuivaient également dans les environs de la position militaire, selon son témoignage.

Mais à quelques kilomètres de cette version officielle, un récit totalement différent circulait sur les canaux affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Une publication présentée comme émanant de ce groupe jihadiste affirme avoir pris « le contrôle total de la caserne de l’armée malienne dans la ville de San ».

Africa Corps conteste toutefois cette revendication. Le contingent russe affirme que des combattants jihadistes ont diffusé plusieurs vidéos tournées aux abords de la base pour annoncer leur prétendue victoire sur les réseaux sociaux, avant de quitter les environs de l’emprise militaire.

Dans l’immédiat, aucun bilan indépendant ne permettait de départager les différentes versions concernant les pertes ou le contrôle effectif de la caserne. Les informations disponibles reposent donc principalement sur les déclarations des forces maliennes, d’Africa Corps et des canaux affiliés au JNIM.

Cette attaque survient alors que les positions militaires maliennes sont régulièrement ciblées par des groupes armés. Plusieurs garnisons ont été visées ces derniers mois dans différentes régions du pays, illustrant la persistance de la pression sécuritaire à laquelle les forces maliennes sont confrontées.

Burkina Faso : les motocyclistes sans casque désormais refoulés par les forces de l’ordre

Le temps de la sensibilisation semble laisser place à celui de la fermeté au Burkina Faso. Les autorités annoncent un renforcement des contrôles visant les motocyclistes qui circulent sans casque, avec une consigne claire donnée aux forces de l’ordre : les contrevenants seront désormais refoulés.

Après près de deux années de campagnes de sensibilisation, le gouvernement veut accélérer l’application de l’obligation du port du casque pour les conducteurs et les passagers de motocyclettes. Dans une vidéo publiée samedi sur la page officielle du ministère de la Sécurité, le ministre Mahamadou Sana a directement interpellé les usagers qui continuent de circuler sans équipement de protection.

Le ministre estime que la majorité des usagers ont désormais adopté le casque. « Actuellement en circulation, sur 100 personnes, 90 ont mis le casque. Vous êtes les seuls qui faites la sourde oreille », a-t-il déclaré, appelant les derniers récalcitrants à se conformer aux règles.

Derrière ce durcissement, les autorités mettent en avant la gravité du bilan des accidents de la circulation. Mahamadou Sana a notamment indiqué que 649 personnes avaient perdu la vie sur les lieux d’accidents entre janvier et juillet 2026, sans compter les décès enregistrés ultérieurement dans les établissements hospitaliers.

Face à cette situation, les forces de police et de gendarmerie sont appelées à appliquer strictement les nouvelles consignes. « Désormais, s’ils aperçoivent quelqu’un sans son casque, qu’ils le refoulent. Qu’il reparte de là où il est venu », a déclaré le ministre de la Sécurité.

Les cyclistes sont également dans le viseur des autorités. Mahamadou Sana leur reproche notamment de ne pas respecter les feux de signalisation et les a avertis que des mesures pourraient également les concerner.

Ces nouvelles instructions interviennent alors que le dispositif de contrôle routier s’est progressivement renforcé ces derniers mois. Policiers, gendarmes et agents de l’Office national de la sécurité routière participent aux opérations, tandis que la vidéo-verbalisation a également été introduite.

À l’approche de la rentrée scolaire prévue en septembre, le ministre insiste particulièrement sur la protection des enfants transportés à moto. Il déplore notamment les situations dans lesquelles des parents portent un casque tout en laissant leurs enfants circuler sans protection. « On n’admettra pas que nos enfants restent sur la route », a-t-il déclaré.

Le port du casque demeure obligatoire au Burkina Faso. Mais malgré les campagnes menées depuis plusieurs mois, son respect reste encore inégal. Avec ce nouveau tour de vis, les autorités veulent désormais transformer la sensibilisation en une application plus rigoureuse de la règle.

Burkina Faso : le prix du gasoil passe à 750 FCFA pour contenir le coût des subventions

Le prix du gasoil augmente au Burkina Faso. Depuis dimanche, le litre est désormais vendu à 750 FCFA, soit une hausse de 75 FCFA par rapport au tarif précédent fixé à 675 FCFA. Le gouvernement maintient toutefois les subventions sur les carburants et le gaz butane afin de limiter l’impact de cette décision sur les ménages.

L’annonce a été faite à la télévision nationale par Abdoul Salam Gampéné, secrétaire général de la Primature et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures. Cette hausse constitue la première augmentation du gasoil depuis août 2022.

La décision intervient alors que les cours internationaux des produits pétroliers progressent. Elle tient également compte de l’appréciation du dollar face au franc CFA, qui renchérit le coût des importations.

Selon Abdoul Salam Gampéné, le coût réel du gasoil atteindrait environ 1 050 FCFA le litre sans intervention de l’État. Les subventions accordées à ce produit ont déjà représenté 60 milliards de FCFA au premier semestre 2026. Elles pourraient dépasser 135 milliards de FCFA sur l’ensemble de l’année si le prix était resté inchangé.

Le gouvernement évoque également la progression de la consommation nationale et des approvisionnements transfrontaliers. Le prix du gasoil au Burkina Faso, inférieur à celui pratiqué dans plusieurs pays voisins, favoriserait ces mouvements.

Les chiffres communiqués par les autorités illustrent cette hausse de la demande. La consommation nationale a atteint 365 millions de litres durant les six premiers mois de 2026. Elle pourrait avoisiner 730 millions de litres à la fin de l’année.

Le Super 91, lui, conserve son tarif de 850 FCFA le litre. Son coût réel est pourtant évalué à environ 920 FCFA sans subvention.

Sur le front du gaz butane, le gouvernement maintient également son soutien. La bouteille de 6 kg reste accessible à 2 000 FCFA, alors que son prix sans subvention serait d’environ 4 300 FCFA. Celle de 12 kg demeure vendue à 5 500 FCFA, contre un coût réel estimé à près de 8 960 FCFA.

Avec cette nouvelle grille, le gouvernement cherche donc à trouver un équilibre entre la hausse des coûts d’approvisionnement et la protection du pouvoir d’achat. L’exécutif entend ainsi réduire la pression exercée par les subventions énergétiques sur les finances publiques, tout en maintenant un soutien aux produits jugés essentiels.

Burkina Faso : le gouvernement met en demeure l’artiste Kosa Pic de retirer de toutes les plateformes, ses contenus jugés contraires aux bonnes mœurs

Le ministère burkinabè en charge de la Culture a adressé une mise en demeure à l’artiste Kosa Pic, lui ordonnant de retirer immédiatement de toutes les plateformes de diffusion les contenus considérés comme contraires aux bonnes mœurs, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à l’interdiction d’exercer.

Selon les informations rapportées par l’Agence d’information du Burkina (AIB), cette décision s’inscrit dans le cadre de l’application de la réglementation encadrant les productions artistiques et culturelles au Burkina Faso. Les autorités avertissent que le non-respect de cette injonction pourrait entraîner une interdiction d’exercer des activités artistiques sur le territoire national.

Révélé au grand public en 2023, Kosa Pic s’est fait connaître grâce à des chansons aux paroles explicites, principalement axées sur des thématiques liées à la sexualité, suscitant de nombreuses controverses. En septembre 2024, le Conseil supérieur de la Communication (CSC) avait déjà appelé les citoyens et les médias à ne pas diffuser le clip « Zaaka », estimant qu’il contenait « des images érotiques voire pornographiques » ainsi que des paroles jugées vulgaires et indécentes.

Cette affaire avait conduit à des poursuites judiciaires contre l’artiste. En juillet 2025, après un bref séjour en détention, Kosa Pic avait été condamné à six mois de prison avec sursis et à une amende de 250 000 FCFA, également assortie de sursis, pour la diffusion de cette œuvre.

À travers cette nouvelle mise en demeure, les autorités burkinabè réaffirment leur volonté de veiller au respect des dispositions encadrant les contenus culturels et de préserver les valeurs morales définies par la réglementation nationale.