Lutte contre la corruption : une récompense annoncée pour les dénonciations au Burkina Faso

À Ouagadougou, le gouvernement burkinabè renforce son dispositif anticorruption. Une prime pouvant atteindre 30 millions de FCFA est promise aux dénonciateurs.

 

Le ministre burkinabè de la Justice et des Droits humains, Rodrigue Bayala, a annoncé l’instauration d’une récompense destinée aux personnes signalant des faits de corruption et d’infractions assimilées. Cette mesure a été présentée lors d’une conférence de presse tenue le 17 avril 2026 à Ouagadougou.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts engagés par les autorités pour améliorer le recouvrement des créances publiques, notamment les chèques impayés, les dettes bancaires et les décisions de justice en faveur de l’État.

Selon le ministre, toute personne disposant d’informations pertinentes est invitée à les transmettre aux services compétents, notamment à la police judiciaire. Il a assuré que des garanties strictes de confidentialité seront accordées aux dénonciateurs afin de protéger leur identité.

Le montant de la récompense peut atteindre jusqu’à 30 millions de FCFA. Le dispositif prévoit un mécanisme proportionnel, avec une prime équivalente à 3 % des montants recouvrés, dans la limite d’un milliard de FCFA.

Par ailleurs, les autorités ont rappelé que l’émission de chèques sans provision pour le règlement des dettes publiques constitue une infraction assimilée à la corruption. Dans ce cadre, une liste des entreprises concernées devrait être prochainement rendue publique.

Les créances suivies par l’Agent judiciaire de l’État sont estimées à plus de 107 milliards de FCFA. Elles couvrent plusieurs catégories, notamment les créances bancaires, les dettes issues de décisions judiciaires et celles liées aux démembrements de l’État.

Le ministre a également indiqué que des mesures réglementaires sont en cours pour renforcer les contraintes administratives pesant sur les débiteurs, notamment à travers l’exigence d’une attestation de non-engagement auprès de l’Agent judiciaire de l’État.

En matière de sanctions, les complices encourent les mêmes peines que les auteurs principaux. Toutefois, ceux qui coopèrent avec les autorités pourraient bénéficier d’une exemption ou d’une récompense, conformément aux textes en vigueur.

De son côté, l’Agent judiciaire de l’État, Karfa Gnanou, a souligné que certaines créances pourraient devenir imprescriptibles, notamment lorsque les fonds issus d’infractions sont transférés hors du territoire national.

Les autorités burkinabè affichent ainsi leur volonté de renforcer la lutte contre la corruption et d’assainir la gestion des finances publiques, dans un contexte de mobilisation accrue des ressources internes.

Le Burkina Faso lance la vidéo-verbalisation pour lutter contre l’incivisme routier et moderniser le contrôle.

Le Burkina Faso franchit un nouveau cap dans la modernisation du contrôle routier. Le ministre en charge de la Sécurité, Mahamadou Sana, a procédé au lancement de la phase pilote de la vidéo-verbalisation.

 

Le pays expérimente ainsi un dispositif technologique destiné à lutter contre l’insécurité et l’incivisme routiers. Ce système permet de sanctionner plusieurs infractions, notamment le non-respect des feux tricolores, les excès de vitesse, l’usage du téléphone au volant ou encore le non-port de la ceinture de sécurité ou du casque. Une fois l’infraction constatée, un message est automatiquement envoyé au propriétaire du véhicule, accompagné de l’amende à régler via la plateforme Faso Azerka.

Dans cette phase initiale, seuls les véhicules sont concernés. Toutefois, les équipes techniques travaillent déjà à l’intégration des engins à deux roues dans le dispositif. La phase pilote couvre actuellement Ouagadougou, avant une extension progressive à l’ensemble du territoire national.

Au-delà de la sécurité routière, cette innovation vise également à renforcer les recettes publiques. Selon les estimations, elle pourrait générer plus de 50 millions de francs CFA par jour. Le ministre Mahamadou Sana a expliqué que l’objectif est d’intégrer pleinement les outils technologiques dans les méthodes de contrôle. « Désormais, ce sont les caméras qui constateront les infractions, généreront les contraventions et notifieront les usagers », a-t-il indiqué. Il a ajouté que ce système mettra fin aux échanges souvent conflictuels entre agents de police et usagers, les infractions étant désormais appuyées par des preuves visuelles.

Selon lui, cette approche permettra également de mobiliser davantage de ressources pour l’État. « La sécurité nécessite des moyens importants. Il nous faut aussi réfléchir à des mécanismes de financement à travers nos méthodes de travail », a-t-il souligné.

Le directeur général des transmissions et de l’informatique, Zakaria Hebié, a précisé que cette solution vient compléter la plateforme e-Contravention déjà en place. Le dispositif repose sur des caméras haute définition et des algorithmes intelligents capables de lire les plaques d’immatriculation et d’identifier les infractions en temps réel. Les données sont ensuite transmises automatiquement à la plateforme e-contravention, qui génère l’amende et envoie une notification par SMS.

Le système se distingue également par son interconnexion avec plusieurs bases de données, notamment celles de la DGTTM et de la plateforme Faso Azerka. Cette phase pilote permettra de tester la fiabilité des équipements, d’ajuster les procédures et de recueillir les retours des usagers et des agents. Les autorités prévoient également un important volet de sensibilisation afin de faciliter l’appropriation de ce dispositif par la population.

À terme, le gouvernement ambitionne de déployer cette technologie sur l’ensemble du territoire national, y compris sur les grands axes routiers.

BOAD : plus de 131 milliards FCFA décaissé pour soutenir des projets stratégiques au Burkina Faso

La Banque ouest-africaine de développement renforce son appui au Burkina Faso avec plus de 131 milliards FCFA de financements, orientés vers des secteurs clés.

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a validé un volume global de 501,568 milliards de FCFA de nouveaux financements à l’issue de la session ordinaire de son Conseil d’administration tenue les 25 et 26 mars 2026. Sur ce montant, 131,468 milliards de FCFA sont alloués au Burkina Faso.

Au total, 17 opérations ont été approuvées en faveur de plusieurs États membres, notamment le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Pour le Burkina Faso, ces financements concernent quatre projets considérés comme prioritaires, dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie et de la sécurité alimentaire.

Dans le secteur agricole, la BOAD a accordé une enveloppe de 50 milliards de FCFA pour appuyer la filière coton. Ce financement permettra l’acquisition de 120 000 tonnes d’intrants agricoles pour la campagne cotonnière 2026-2027, avec pour ambition d’améliorer les rendements et de renforcer le poids du coton dans l’économie nationale.

Sur le plan énergétique, un prêt de 16,468 milliards de FCFA a été octroyé à la SONABEL pour l’extension du centre solaire photovoltaïque de Koudougou. Le projet vise à porter la capacité de production à 40 MWc, avec un système de stockage par batterie de 10 MW/30 MWh. Cette infrastructure devrait améliorer l’accès à l’électricité, stabiliser le réseau et réduire les émissions de CO₂.

Par ailleurs, la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures bénéficie d’un financement de 45 milliards de FCFA destiné à l’importation d’environ 500 000 m³ de produits pétroliers. Cette opération vise à sécuriser l’approvisionnement énergétique dans un contexte de tensions sur les marchés.

Enfin, une ligne de refinancement de 20 milliards de FCFA a été accordée à Coris Bank International (CBI SA). Ce financement doit soutenir des projets d’énergies renouvelables et renforcer les capacités de stockage alimentaire à travers la Société nationale de gestion des stocks de sécurité, dans le cadre de la campagne 2025-2026.

À travers ces engagements, la Banque ouest-africaine de développement confirme son rôle de partenaire majeur du développement au Burkina Faso. Ces investissements devraient contribuer à renforcer la résilience économique du pays, tout en soutenant la transition énergétique et la sécurité alimentaire.

Burkina Faso : une Charte de la Révolution adoptée pour refonder le cadre institutionnel

Les députés burkinabè ont adopté à l’unanimité une nouvelle Charte de la Révolution. Ce texte remplace la Charte de la transition et redéfinit les bases politiques et institutionnelles du pays.

L’Assemblée législative du peuple a adopté, à l’unanimité, le projet de loi portant Charte de la Révolution, lors d’une séance plénière tenue le vendredi 27 mars 2026 à Ouagadougou.

Avec cette adoption, la Charte de la transition cesse d’être en vigueur au Burkina Faso. Elle est désormais remplacée par un nouveau texte que les autorités présentent comme un cadre institutionnel renforcé, adapté aux évolutions politiques en cours.

Selon le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, cette réforme s’imposait afin de doter le pays d’un instrument juridique solide, capable d’intégrer les transformations politiques, administratives et institutionnelles engagées, tout en répondant aux attentes des populations.

Le ministre a notamment évoqué la dissolution des partis et formations politiques. Cette décision entraîne la suppression de leur représentation au sein de l’organe législatif. En conséquence, les sièges précédemment attribués à ces entités ont été redistribués afin de maintenir l’équilibre institutionnel et éviter une réduction du nombre de députés.

Par ailleurs, la réorganisation territoriale, marquée par la création de quatre nouvelles régions, a été intégrée dans cette nouvelle architecture institutionnelle. Ces entités disposeront désormais de représentants au sein de la composante des personnalités issues des forces vives régionales.

Autre élément central de cette réforme, la proclamation de la Révolution progressiste populaire (RPP), qui consacre une nouvelle orientation politique. Celle-ci repose sur des principes de défense nationale, d’engagement patriotique et de rupture avec les modèles jugés impérialistes et néocoloniaux.

La Charte de la Révolution entérine ainsi la RPP comme socle politique du dispositif institutionnel. Elle introduit également des changements symboliques dans l’organisation des institutions, avec la nouvelle appellation de « Gouvernement du peuple » et « Assemblée législative du peuple », en remplacement des anciennes dénominations liées à la transition.

Les députés estiment que ce texte permettra de consolider le cadre institutionnel du pays, en assurant à la fois la cohérence des réformes engagées et la stabilité politique dans un contexte de transformation profonde.

Adoptée à l’unanimité des 70 votants, la Charte de la Révolution marque une nouvelle étape dans la redéfinition de l’organisation politique du Burkina Faso.

Ibrahim Traoré appelle à consommer local : « Le consommer local doit devenir un réflexe quotidien »

À l’ouverture des Journées nationales d’engagement patriotique, le président burkinabè appelle à un changement des habitudes de consommation pour renforcer la souveraineté économique.

Le président du Faso, Ibrahim Traoré, a exhorté, jeudi, les Burkinabè à privilégier les produits locaux, à l’occasion du lancement de la 3ᵉ édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).

Dans une adresse prononcée à Ouagadougou, le chef de l’État a placé cette édition sous le signe de la souveraineté alimentaire et du patriotisme économique. Il a appelé à une mobilisation collective pour réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations.

« Observons ce que nous mangeons », a-t-il déclaré, dénonçant la forte présence des produits importés dans les habitudes alimentaires. Selon lui, cette situation traduit une forme de dépendance économique qu’il assimile à une manifestation moderne de l’impérialisme.

Le président a notamment pointé les importations de produits de grande consommation, alors que les productions locales issues de zones agricoles comme Bagré, le Sourou ou Samendeni peinent à être écoulées.

Face à ce constat, il a invité à un sursaut patriotique impliquant l’ensemble des acteurs, notamment les consommateurs, les commerçants et les institutions publiques. « Le consommer local doit devenir un réflexe quotidien », a-t-il insisté, appelant administrations, écoles et ménages à adopter des produits burkinabè.

Le slogan retenu pour cette édition, « Mon assiette, ma fierté », traduit cette volonté de transformation des comportements. Pour le chef de l’État, chaque acte de consommation locale contribue à soutenir les producteurs et à dynamiser l’économie nationale.

Il a également alerté sur les conséquences à long terme de la dépendance alimentaire, estimant que la maîtrise de la consommation constitue un levier essentiel de souveraineté.

Dans la même dynamique, il a invité les commerçants à valoriser les produits locaux dans leurs points de vente, une approche qui pourrait, selon lui, contribuer à lutter contre la vie chère.

Prévues du 26 mars au 9 avril 2026, les JEPPC se veulent un cadre de sensibilisation et d’engagement autour des valeurs de patriotisme, de civisme et de développement endogène.

En conclusion, Ibrahim Traoré a appelé les populations à faire de leur consommation un acte engagé, au service d’un Burkina Faso plus autonome et résilient.

Burkina Faso : l’armée regagne du terrain après sept ans de recul

Après plusieurs années de pression sécuritaire, les forces burkinabè enregistrent des avancées significatives. En février 2026, plusieurs localités stratégiques ont été reprises à l’issue d’opérations offensives d’envergure.

 

 Les Forces combattantes ont intensifié leurs opérations sur plusieurs fronts au cours du mois de février. Ces actions ont permis de reprendre le contrôle de zones stratégiques perdues depuis sept ans, tout en infligeant d’importantes pertes aux groupes armés, selon des sources sécuritaires relayées par l’Agence d’information du Burkina.

Les Forces de défense et de sécurité, appuyées par les Volontaires pour la défense de la patrie, ont mené des offensives en profondeur à la mi-février. Ces opérations ont abouti à la reconquête de plusieurs localités abandonnées depuis 2019, notamment Tongomayel, Béléhédé et Pobé-Mengao.

Sur le terrain, ces actions ont donné lieu à des affrontements soutenus. Les jeunes unités des compagnies expéditionnaires Sahel se sont particulièrement illustrées, enregistrant des résultats jugés décisifs.

Le 16 février 2026, des éléments du BIR 29, engagés dans une mission de reconnaissance dans la zone de Pini, au nord de Dî, ont affronté des individus armés. Les assaillants ont été neutralisés et du matériel de guerre récupéré.

Le même jour, à Kantchari, dans la région du Goulmou, deux suspects circulant à vélo ont été repérés. À l’approche des Forces, ils ont pris la fuite, abandonnant leur bicyclette ainsi qu’une arme.

Trois jours plus tard, le 19 février, une unité du Groupe d’intervention spécial du BIR 27, basée à Diapaga, a neutralisé deux individus armés lors d’une opération de reconnaissance dans la même zone.

Le 22 février 2026, une attaque a visé une position des Forces à Djembédé, dans la région du Nakambé. L’assaut a été rapidement contenu, contraignant les assaillants à battre en retraite en abandonnant du matériel.

Le même jour, dans la zone de Lankoué, située dans le Sourou, l’unité Lycaon a mené une embuscade contre un groupe armé. Plusieurs combattants ennemis ont été neutralisés.

Entre le 23 et le 25 février 2026, sur la base de renseignements opérationnels, la FORSATEC Horonya a lancé une offensive ciblée dans les zones de Koro, Lei et Bantoro, à proximité du fleuve Mouhoun. L’opération a permis de neutraliser plusieurs assaillants, d’en capturer certains et de saisir un important arsenal.

Le 24 février, des unités du 18e BIR ont intercepté des individus soupçonnés de collecter des informations sur les mouvements des Forces dans la zone de Lekoro. Ces derniers ont été neutralisés.

Enfin, le 27 février 2026, une attaque a été signalée contre une position des Forces à Kombouari, dans la région de Fada N’Gourma. La riposte a été immédiate. Les assaillants ont été mis en déroute, abandonnant armes et équipements sur le terrain.

Selon les sources sécuritaires, ces opérations témoignent d’un renforcement des capacités offensives des Forces combattantes. Elles traduisent également une volonté affirmée de poursuivre la reconquête du territoire national.

Loi de finances 2026 : les entreprises burkinabè à l’école des nouvelles règles fiscales

À Ouagadougou, la Chambre de commerce et ses partenaires ont lancé une matinée fiscale dédiée à la loi de finances 2026. L’objectif est de  permettre aux entreprises de mieux comprendre les nouvelles mesures fiscales et d’optimiser leur conformité vis-à-vis de l’État.

 

La Chambre de commerce et d’industrie, en partenariat avec la Direction générale des douanes et celle des impôts, a organisé une session de formation consacrée à la loi de finances 2026. Baptisée « matinée fiscale », cette rencontre se tient ce mardi 24 février 2026 à Ouagadougou. Elle vise à renforcer la compréhension des obligations fiscales des entreprises envers l’État.

Cette matinée fiscale 2026 a pour ambition de présenter en détail les principales innovations introduites dans la loi de finances 2026. Elle rassemble plusieurs acteurs du tissu économique, notamment des opérateurs économiques, des dirigeants d’entreprises et des responsables administratifs.

Le directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie, Seydou Tou, a souligné l’importance d’une telle initiative. Il a rappelé que les entreprises jouent un rôle central dans l’alimentation du budget national à travers les impôts.

« Les entreprises constituent les principaux contributeurs au budget de l’État. Il est donc essentiel qu’elles maîtrisent la loi de finances qui encadre leurs obligations fiscales. Cette session leur offre l’opportunité de poser des questions et d’obtenir des éclaircissements pour mieux s’acquitter de leurs devoirs », a-t-il expliqué.

Il a également exhorté les participants à tirer pleinement profit de cette matinée fiscale 2026 en s’appropriant les nouvelles mesures et en relayant l’information auprès des autres acteurs économiques. Il a, par ailleurs, salué la disponibilité des directions générales des douanes et des impôts pour leur accompagnement constant.

Parmi les principales innovations de la loi de finances 2026 figure l’instauration d’un paiement anticipé de 30 % sur la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cette disposition sera particulièrement expliquée aux entreprises au cours de cette matinée fiscale 2026.

Le représentant de la directrice générale des Impôts, Lassina Traoré, a précisé que les formateurs mettront un accent particulier sur les mécanismes de retenue à la source.

« La retenue à la source s’inscrit désormais dans les pratiques fiscales modernes. Cette année encore, elle est renforcée avec la retenue libératoire. En ce qui concerne la TVA, le taux de retenue passe de 20 % à 30 %, avec un champ d’application élargi », a-t-il indiqué.

Il a conclu en se voulant rassurant quant à la dynamique des réformes fiscales au Burkina Faso. Selon lui, les autorités fiscales poursuivent leurs efforts de communication afin de faciliter l’appropriation des mesures par les contribuables.

« Chaque année, l’administration fiscale intensifie ses actions de sensibilisation pour permettre aux contribuables de mieux comprendre et appliquer les dispositions fiscales », a-t-il affirmé.

Burkina Faso : l’Assemblée acte la fin des partis politiques

L’Assemblée législative de transition a adopté à l’unanimité la dissolution de tous les partis politiques au Burkina Faso. Une décision majeure qui s’inscrit dans la dynamique de refondation de l’État portée par les autorités de transition.

 

L’Assemblée législative de transition a validé, lundi, à l’unanimité, le projet de loi actant la dissolution des partis et formations politiques, ouvrant une nouvelle séquence dans la vie politique du Burkina Faso. Réunis en séance plénière, les 69 députés votants de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont adopté, lundi 9 février 2026, la dissolution des partis politiques au Burkina, sans aucune voix contre.

Cette décision entraîne l’abrogation de la loi de 2001 relative à la charte des partis et formations politiques, ainsi que celle de 2009 portant sur le financement des partis, des campagnes électorales et le statut de l’opposition. Présentant le texte, le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, a indiqué que cette réforme s’inscrit dans la volonté des autorités de transition de refonder l’État et de procéder à une réorganisation en profondeur du champ politique national.

Selon le gouvernement, les cadres juridiques en vigueur ont favorisé une multiplication de partis politiques dépourvus d’idéologie structurée, sans véritable base sociale ni implantation territoriale, contribuant progressivement à une perte de confiance des citoyens envers les institutions politiques.

L’exécutif estime que l’application de ces lois depuis l’avènement du multipartisme intégral a mis en évidence leur inadéquation avec les aspirations populaires et les défis sécuritaires auxquels le pays est confronté. Ces dispositifs ne répondraient plus aux exigences actuelles de refondation de l’État et de consolidation de l’unité nationale.

La dissolution des partis politiques au Burkina vise ainsi à ouvrir la voie à l’élaboration d’un nouveau cadre juridique, mieux adapté aux réalités socioculturelles et politiques du Burkina Faso.

Le projet de loi avait été adopté en Conseil des ministres le 29 janvier 2026. Présentée comme un levier pour mettre un terme aux clivages politiques, cette réforme s’inscrit pleinement dans le processus de refondation de l’État engagé par les autorités de la transition, autour de la dissolution des partis politiques au Burkina.

Corruption Burkina : sept agents de l’État lourdement sanctionnés

Après des dénonciations publiques du KORAG, les autorités burkinabè ont pris des sanctions disciplinaires sévères contre plusieurs agents de l’État impliqués dans des faits de corruption Burkina, marquant un nouveau signal de fermeté contre les dérives au sein de l’administration.

 

Le gouvernement burkinabè a annoncé des mesures disciplinaires à l’encontre de sept agents publics, dont quatre radiations, à la suite de la dénonciation d’actes de corruption Burkina rendus publics par le KORAG le 1er février 2026. Les sanctions touchent notamment des agents de sécurité, un médecin spécialiste et un agent des services domaniaux.

Réuni en Conseil des ministres, l’Exécutif a validé des sanctions fermes contre sept agents de l’État mis en cause dans des dossiers de corruption, selon une annonce du Ministère des Serviteurs du Peuple.

Ces décisions interviennent après les révélations diffusées par le KORAG, le 1er février 2026, faisant état de pratiques de corruption manifeste observées dans certains services administratifs.

D’après les précisions du ministre Mathias Traoré, quatre agents ont été purement et simplement révoqués. Il s’agit d’un adjudant de la Police nationale, de deux policiers municipaux et d’un agent domanial. Par ailleurs, trois autres agents – un adjudant de la Police nationale, un médecin spécialiste et un policier municipal – ont été traduits devant les conseils de discipline afin de répondre des faits qui leur sont reprochés.

Le Conseil des ministres a salué la rapidité avec laquelle les instances disciplinaires se sont saisies des dossiers. Il a également instruit les autorités compétentes d’achever, dans les meilleurs délais, les procédures encore pendantes.

À travers ces décisions, le gouvernement burkinabè réaffirme sa détermination à combattre la corruption Burkina au sein de l’administration et à rétablir la confiance entre l’État et les citoyens.

Le Burkina Faso était présente en Russie dans le cadre du 13ᵉ Forum international de Samara

Le Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Anuuyirtole Roland Somda, a représenté le Burkina Faso au 13ᵉ Forum international sur le sport tenu à Samara, en Russie, réaffirmant l’importance du sport comme levier de développement.

Le Burkina Faso a marqué sa présence au 13ᵉ Forum international sur le sport, qui s’est tenu le 6 novembre 2025 au stade des sports de Samara, en Russie. Le Ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Anuuyirtole Roland Somda, y a pris part aux séances plénières consacrées au partage d’expériences et aux perspectives de coopération dans le domaine sportif.

Cette rencontre internationale a réuni plusieurs délégations venues du monde entier pour échanger sur les politiques de développement du sport. Les discussions ont mis en avant les progrès réalisés par les différents pays et ont souligné la nécessité de renforcer les partenariats internationaux afin de promouvoir le sport comme facteur de paix, de cohésion sociale et de développement durable.

Dans son discours de clôture, le Président russe Vladimir Poutine a salué la participation active des délégations étrangères et souligné le rôle du sport en tant qu’investissement stratégique pour le développement socio-économique des nations. Il a également exprimé sa gratitude envers tous les pays engagés pour la jeunesse et la promotion du sport.

En prenant part à ce forum mondial aux côtés de son homologue du Mali, le Burkina Faso réaffirme son engagement à faire du sport un moteur de développement national et un outil de rayonnement international.

Le 31 octobre déclaré jour chômé et payé sur toute l’étendue du Burkina Faso

Le ministère de la Fonction publique a officialisé, ce lundi 27 octobre 2025, le caractère chômé et payé du vendredi 31 octobre sur tout le territoire national. Une décision prise dans le cadre du nouveau cadre légal des jours fériés adopté par le gouvernement.

 

Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale a annoncé, dans un communiqué rendu public ce lundi 27 octobre 2025, que le vendredi 31 octobre 2025 sera un jour chômé et payé à l’échelle nationale.

Cette mesure découle du nouveau cadre juridique adopté par le Conseil des ministres du 11 septembre 2025, portant sur la gestion des jours chômés, payés, ainsi que des journées de commémoration et de recueillement au Burkina Faso. Ce texte remplace la loi n°079-2015/CNT du 23 novembre 2015 relative aux fêtes légales et événements à caractère historique dans le pays. Dans le communiqué signé par le Secrétaire général du ministère, Sarayaba Rodrigue Oboulbiga, il est précisé que « les travailleurs et employés des secteurs public et privé bénéficieront pleinement de cette journée de repos conformément à la loi ». Cependant, les structures exerçant des activités continues devront garantir un service minimum.

Ce nouveau dispositif législatif s’inscrit dans la volonté du gouvernement burkinabè d’harmoniser le régime des jours fériés et de renforcer la cohérence entre vie professionnelle, traditions nationales et impératifs économiques. Il marque une étape supplémentaire dans l’effort de modernisation du cadre social et administratif du pays.

Élimination : les étalons ratent les barrages du Mondial 2026

Une élimination douloureuse pour les Étalons du Burkina Faso qui voient leur rêve mondialiste s’effondrer malgré une victoire face à l’Éthiopie. Les résultats du Nigeria et de la RDC leur ferment la porte du Mondial 2026.

 

Les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, zone Afrique, se sont achevées dans la soirée du mardi 14 octobre 2025. Le principal fait marquant pour les Burkinabè reste l’élimination des Étalons, malgré leur victoire 3-1 face à l’Éthiopie qui nourrissait encore leurs espoirs de qualification. Le retrait de l’Érythrée, ayant entraîné la suppression des points obtenus face au dernier de chaque groupe, a bouleversé le classement des meilleurs deuxièmes.

Malgré cette situation, les hommes de Brama Traoré pouvaient encore rêver après leur succès face aux Éthiopiens. Mais le Nigeria de Victor Osimhen a changé la donne. Troisième avant la dernière journée, il s’est imposé 4-0 à domicile contre le Bénin, leader du groupe C. L’Afrique du Sud, pour sa part, a dominé le Rwanda 3-0, s’emparant ainsi de la première place et validant son billet pour le Mondial 2026.

Grâce à sa meilleure différence de buts, le Nigeria a devancé le Burkina Faso dans le classement des meilleurs deuxièmes. Les espoirs burkinabè reposaient alors sur un faux pas de la RDC face au Soudan, mais les Congolais se sont imposés 1-0 à Kinshasa, scellant définitivement le sort des Étalons. Ces derniers terminent à la 5e place, pénalisés par un goal average défavorable. Le but encaissé face à l’Éthiopie aura finalement pesé lourd dans la balance. L’aventure mondiale s’arrête donc là pour les Étalons et leurs supporters.

Neuf pays africains — le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, le Sénégal, le Cap-Vert, le Ghana, l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire — représenteront directement le continent à la Coupe du monde 2026, prévue au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Quant au Gabon, à la RDC, au Cameroun et au Nigeria, ils disputeront les barrages africains, dont les affiches seront déterminées selon le classement FIFA d’octobre 2025. Le vainqueur de ces barrages affrontera ensuite une équipe d’un autre continent pour tenter de décrocher une place supplémentaire. En cas de succès, l’Afrique comptera dix représentants sur 48 à ce Mondial.

Pour le Burkina Faso, l’heure est désormais à la préparation de la CAN 2025 au Maroc, où les Étalons espèrent briller et offrir une belle revanche à leurs supporters.

Burkina Faso – Maroc : une alliance militaire qui se renforce face aux défis sécuritaires

Du 29 septembre au 2 octobre, le Burkina Faso et le royaume du Maroc ont tenu à Ouagadougou la deuxième réunion de leur commission militaire mixte, un véritable signe d’un partenariat stratégique de plus en plus solide dans un contexte sécuritaire assez tendu.

 

Le Burkina Faso et le Royaume du Maroc renforcent davantage leur collaboration militaire à travers la tenue de la deuxième réunion de la Commission militaire mixte, du 29 septembre au 2 octobre 2025, à Ouagadougou. En effet, organisée par la Direction générale de la coopération militaire et de défense du ministère burkinabè de la Défense et des Anciens Combattants, cette rencontre stratégique a réuni une délégation d’experts marocains et leurs homologues burkinabè. L’objectif principal était, d’une part, d’évaluer l’avancement des engagements pris lors de la précédente session, et, d’autre part, de définir de nouvelles perspectives de collaboration dans le cadre de la coopération militaire entre le Burkina Faso et le Maroc.

Les échanges ont mis en avant le rôle actif du Royaume du Maroc dans le renforcement des capacités de l’armée burkinabè, notamment à travers la formation de cadres dans les écoles militaires marocaines. dans la foulée, les domaines de la santé militaire et de la formation technique ont également bénéficié d’un appui significatif. Ainsi, cette deuxième session a permis aux deux parties d’examiner les voies d’un approfondissement de leur partenariat, tant sur le plan technique qu’opérationnel et logistique. En consolidant cette collaboration militaire Burkina Faso–Maroc, les deux nations réaffirment leur volonté commune de renforcer les capacités de leurs forces armées respectives face aux menaces sécuritaires régionales.

Pour rappel, le Burkina Faso et le Royaume du Maroc ont signé en 2024 un accord de coopération militaire et technique, marquant une nouvelle étape dans leur engagement à bâtir une colaboration militaire Burkina Faso–Maroc solide, durable et mutuellement bénéfique.

Burkina Faso : une rentrée scolaire 2025-2026 sous le signe de la résilience et de l’espérance

Chers enseignants, élèves, parents d’élèves, partenaires et acteurs de la communauté éducative, en ce 1er octobre 2025, je prends la parole à l’occasion de la rentrée pédagogique 2025-2026, placée sous le signe de la résilience, de la mobilisation collective et de l’espérance.

 

Cette rentrée intervient dans un contexte sécuritaire et humanitaire exigeant. Pourtant, notre engagement demeure clair : garantir à chaque enfant du Burkina Faso, où qu’il vive, son droit fondamental à une éducation de qualité. Cette année, près de 260 197 nouveaux élèves de CP1 franchiront les portes de nos écoles publiques et privées. Chaque inscription, chaque classe ouverte, représente une victoire nationale et illustre notre volonté collective de bâtir une école solide et résiliente.

Chers enseignants, vous êtes les piliers de cette mission. Dans les zones les plus fragiles comme dans les régions stables, vous incarnez la transformation silencieuse de notre Nation. Votre dévouement, souvent exercé dans des conditions difficiles, honore le pays. Le ministère vous rend hommage et vous encourage à poursuivre votre mission avec rigueur, passion et patriotisme. L’école est un bouclier contre l’obscurantisme, un moteur de développement et un outil de reconstruction sociale. Votre rôle est indispensable, votre mission est noble.

L’année scolaire 2025-2026 s’accompagne également de réformes destinées à rendre l’école plus inclusive, adaptée à nos réalités culturelles et ouverte sur le monde. Nous poursuivons la généralisation de l’enseignement de l’anglais, désormais étendu aux classes de CE2, CM1 et CM2, afin de préparer nos enfants à un environnement compétitif et globalisé. Nous renforçons également les conseils de l’école, espaces de dialogue et de concertation, et poursuivons la transformation progressive des écoles classiques en écoles bilingues. La bonne gouvernance des ressources humaines et financières demeure au cœur de nos actions, pour une gestion transparente et équitable, gage de confiance entre l’État, les enseignants, les parents et les partenaires.

Chers parents et partenaires, vous êtes des acteurs clés. Aux côtés des enseignants, vous devez accompagner, soutenir et encourager les élèves. La réussite des réformes et de cette année scolaire dépend de la synergie de tous nos efforts.

Chers élèves, vous êtes la relève et les bâtisseurs de demain. Par votre discipline, votre persévérance et votre patriotisme, vous consoliderez les acquis de la Révolution Progressiste Populaire. C’est par vos connaissances et vos valeurs que se dessinera l’avenir du Burkina Faso. Au nom du gouvernement, et conformément à la vision des plus hautes autorités du pays, je réaffirme que l’éducation restera une priorité nationale. Ensemble, malgré les épreuves, nous poursuivons l’objectif d’une école accessible, équitable et de qualité. Ensemble, faisons de chaque classe ouverte, chaque élève inscrit et chaque enseignant mobilisé, une victoire collective.

Burkina Faso : Ibrahim Traoré ouvre la rentrée judiciaire 2025-2026

Le président Ibrahim Traoré a assisté à l’audience solennelle de rentrée judiciaire. Une cérémonie placée sous le signe de la cohésion sociale et de la bonne gouvernance.

 

Le Président du Faso, Chef de l’État et garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, le Capitaine Ibrahim Traoré, a pris part ce mercredi 1er octobre 2025 à l’audience solennelle de rentrée judiciaire des cours et tribunaux du Burkina Faso pour l’année 2025-2026. Placée sous le thème : « Renforcement des relations entre la justice et les justiciables : gage de cohésion sociale, de bonne gouvernance et de développement », cette cérémonie marque le lancement officiel des activités judiciaires de l’année.

Par ce choix thématique, les juridictions burkinabè entendent rappeler leur mission essentielle dans l’édification d’un État de droit, le renforcement de la cohésion sociale et la consolidation d’une Nation résiliente face aux défis.

Traoré veut un Burkina maître de son or et de son agriculture

En recevant la presse le 29 septembre, le capitaine Ibrahim Traoré a réaffirmé sa volonté de reprendre la main sur l’exploitation aurifère. Le chef de l’État lie cette souveraineté minière aux progrès agricoles, gages selon lui d’une économie burkinabè plus juste et plus autonome.

 

Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, a réaffirmé le 29 septembre 2025 sa volonté de renforcer l’exploitation aurifère nationale. Dans un entretien accordé aux médias, il a insisté sur la nécessité pour le pays de gagner en autonomie et de tirer un maximum de bénéfices de ses ressources naturelles.

« Nous voulons exploiter notre or par nous-mêmes », a déclaré le chef de l’État. Le gouvernement a déjà pris le contrôle de plusieurs sites miniers et entend étendre ce modèle, soit en collaboration avec certaines sociétés déjà implantées, soit par une gestion entièrement nationale.

Le président a rappelé que l’ancien système, qui ne laissait que 10 % des revenus miniers à l’État, échappait largement au contrôle des autorités. « Nous assurons désormais une maîtrise directe pour garantir une part substantielle de ce qui provient de notre sous-sol », a-t-il souligné, estimant que cette réforme est essentielle pour stimuler la croissance économique.

Exploitation aurifère et essor agricole

Au-delà du secteur minier, Ibrahim Traoré a évoqué les avancées enregistrées dans le domaine agricole. Selon lui, la sécurisation de plusieurs zones a permis une nette hausse de la production, créant des opportunités pour la transformation locale et l’exportation. Pour mesurer concrètement les effets de ces changements, le président a expliqué qu’il mandate régulièrement des équipes pour observer l’évolution des prix de produits de base comme le maïs ou le mil. « Quand les prix baissent, c’est un indicateur positif pour les populations », a-t-il expliqué.

Sur le plan macroéconomique, le chef de l’État a insisté sur l’importance que les chiffres traduisent une amélioration réelle du quotidien des Burkinabè, en particulier des plus vulnérables. Une approche pragmatique, selon lui, qui traduit la volonté d’allier transparence et efficacité dans la gestion des ressources du pays.

Rahimo FC et l’USFA créent la surprise et qualifient le Burkina en Afrique

En battant respectivement l’AS Mangasport et l’AS Gbohloé-SU, Rahimo FC et l’USFA offrent au Burkina Faso une qualification inédite dans les compétitions africaines, confirmant la montée en puissance du football burkinabè.

 

Rahimo FC et l’Union sportive des Forces armées (USFA) ont validé dimanche soir, 28 septembre 2025, leur ticket pour les phases suivantes des compétitions africaines. Les académiciens de Bama se sont imposés au Gabon face à l’AS Mangasport en Ligue des champions CAF, tandis que l’USFA a dominé l’AS Gbohloé-SU au Togo en Coupe CAF. Une double qualification historique pour le football burkinabè, qui suscite la fierté nationale.

Peu d’observateurs croyaient à une telle performance après des résultats mitigés à l’aller. Rahimo FC avait concédé un nul (0-0) à domicile face à l’AS Mangasport, et l’USFA n’avait arraché qu’un court succès (1-0) face à l’AS Gbohloé-SU au stade du 4-Août de Ouagadougou.

Mais au retour, les deux clubs ont déjoué les pronostics. À Franceville, Rahimo FC a résisté durant 90 minutes (0-0) avant de s’imposer aux tirs au but (2-4). À Lomé, l’USFA a pris les devants dès l’entame de la seconde période, avant de sceller la victoire dans les ultimes instants du match (0-2).

Grâce à ces résultats, les deux représentants burkinabè poursuivent leur aventure continentale. Rahimo FC croisera l’Espérance sportive de Tunis entre les 17 et 19 octobre 2025, tandis que l’USFA défiera le Djoliba Athlétic Club de Bamako.

Koumana renaît : voyage au cœur d’un village burkinabè libéré du joug terroriste

Après deux années d’occupation, Koumana, village du Bankui, a été libéré par les FDS. Aujourd’hui, habitants et VDP reconstruisent leur quotidien.

Koumana, symbole de résilience : un village renaît après deux ans d’occupation terroriste

Après près de deux années passées sous la coupe des groupes armés, Koumana, village de la commune de Bondoukuy, dans la région du Bankui (ex-Boucle du Mouhoun), revit. Libéré en mars 2025 grâce à l’opération « Tourbillon vert 2 », il est aujourd’hui réinstallé, sous la protection des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Situé à une vingtaine de kilomètres au nord de Bondoukuy, ce village martyrisé par les terroristes affiche désormais les signes d’une renaissance. Champs cultivés, commerces ouverts, drapeau national hissé à l’entrée : tout témoigne du retour progressif à la normale. Sur le terrain, la vigilance reste de mise, mais les habitants, revenus de l’exil, goûtent à nouveau à la liberté et à la paix retrouvée.

Une libération sous haute surveillance

La reconquête de Koumana s’inscrit dans les efforts des autorités burkinabè pour reprendre le contrôle de l’ensemble du territoire. Lors d’une évaluation en juillet 2025, le ministre de la Défense, le général Célestin Simporé, avait affirmé que 72,7 % du pays était sous administration étatique. Koumana illustre concrètement cette avancée.

Escortés par les gendarmes de l’ESRI 2, sous le commandement du capitaine Yacouba Sankara, nous avons pu constater la transformation du village. L’armée a repoussé les terroristes, qui avaient installé leur bastion au marché central. Derrière eux, ils ont laissé des hangars incendiés et des infrastructures détruites, mais la détermination des FDS a permis de rétablir l’ordre.

Le rôle décisif des VDP

À Koumana, la sécurité quotidienne repose en grande partie sur les VDP. Kalachnikov en main, « Bélier », le chef local, assure que depuis leur déploiement, « l’ambiance est bonne et la population est revenue en nombre ». Chaque marché hebdomadaire attire à nouveau les foules, signe de confiance retrouvée.

Le président du Conseil villageois de développement (CVD), Abdoulaye, se souvient des longues années d’exil à Bobo-Dioulasso ou Ouagadougou. Mais aujourd’hui, il respire à nouveau. « Ici, le quotidien, c’est travailler aux champs, manger du maïs et du poisson, sans peur », confie-t-il.

Services sociaux en reconstruction

Si la sécurité est revenue, les infrastructures peinent encore à se relever. Le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) reste fermé, malgré les efforts de Lacina, agent de santé communautaire, considéré comme un héros local. Seul soignant sur place, il administre les premiers soins et transfère les cas graves vers Kéra ou Bondoukuy. Les habitants demandent avec insistance la réouverture du CSPS et la réhabilitation des écoles.

Sur le plan éducatif, un espoir renaît : des enseignants sont déjà revenus, et la rentrée scolaire 2025-2026 devrait marquer la reprise des cours. Certains, comme Lakenapin, instituteur devenu VDP, se disent prêts à reprendre la craie tout en continuant à défendre le village.

Un horizon de paix

À Koumana, la reconstruction est en marche. Les habitants reprennent leurs champs, les commerçants rouvrent leurs boutiques et les enfants s’apprêtent à retourner à l’école. Les cicatrices sont encore visibles, mais la fierté d’avoir résisté et l’espoir d’un avenir serein dominent.

Koumana incarne ainsi le chemin parcouru par le Burkina Faso dans sa lutte pour restaurer la souveraineté nationale. Un village hier martyrisé, aujourd’hui debout, symbole de la résilience d’un peuple qui refuse de céder à la peur.

Julius Maada BIO : la Sierra Leone aux côtés du Burkina Faso

En visite à Ouagadougou, le Président sierra-léonais Julius Maada BIO a réitéré le soutien de son pays au Burkina Faso dans sa lutte contre le terrorisme.

 

Le Président de la République de Sierra Leone, Dr Julius Maada BIO, a quitté Ouagadougou dans la soirée du mardi 16 septembre 2025, après une visite d’amitié et de travail de 24 heures. Durant son séjour, il a eu un entretien en tête-à-tête avec le Chef de l’État burkinabè, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, au palais de Koulouba. Les deux délégations ont ensuite tenu une séance de travail consacrée à des questions d’intérêt commun.

À l’issue des échanges, le Président Julius Maada BIO a réaffirmé l’appui de son pays au Burkina Faso dans sa lutte déterminée contre les groupes armés terroristes.

 

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Sécurité routière : le Ministre Mahamadou SANA passe à l’action à Koubri

Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2025, le Ministre de la Sécurité, Mahamadou SANA, a effectué une inspection surprise au poste de contrôle routier de Koubri pour veiller au respect du Règlement 14 de l’UEMOA.

 

Dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 septembre 2025, le Ministre de la Sécurité, Mahamadou SANA, a effectué une descente impromptue sur le poste de contrôle routier de Koubri. Accompagné du Directeur général de l’ONASER, du Coordonnateur national du Contrôle des Forces de Police (CONACFP) et du Directeur de la Communication et des Relations Presse (DCRP), il a constaté directement l’application du Règlement 14 de l’UEMOA, entré en vigueur le 1er septembre dernier.

Sous les projecteurs, les techniciens de l’ONASER ont mesuré les camions en circulation. Sur une dizaine de véhicules contrôlés, un camion dépassait la limite autorisée : 13,40 mètres au lieu des 12 mètres réglementaires. Face à cette infraction, le Ministre a ordonné l’immobilisation immédiate du véhicule, en attendant la mise en conformité et le paiement des amendes. Il a également exigé que les agents de contrôle responsables soient relevés et sanctionnés conformément aux procédures disciplinaires.

Cette fermeté a été applaudie par les chauffeurs et apprentis présents, qui estiment qu’une telle rigueur contribue à sécuriser leur secteur et à renforcer la sécurité routière. Le cortège ministériel s’est ensuite rendu au poste de péage de Boudtenga, sur la nationale n°4, où d’autres inspections ont été menées entre 1h et 3h du matin. La majorité des camions contrôlés étaient conformes aux nouvelles normes.

À l’issue de cette opération, le Ministre Mahamadou SANA a rappelé que le respect strict du Règlement 14 vise non seulement à protéger les infrastructures et les usagers, mais aussi à préserver la vie et la santé des chauffeurs routiers, souvent victimes d’accidents graves. Il a assuré que ces contrôles inopinés se poursuivront sur l’ensemble du territoire national.

Enfin, le Ministre a félicité les équipes de contrôle pour leur professionnalisme et leur intégrité. Selon l’ONASER, 916 camions hors normes ont déjà été mis en conformité depuis l’entrée en vigueur du Règlement 14, sans compter les ajustements réalisés dans les autres pays membres de l’UEMOA.

L’État Burkinabè retire le permis d’exploitation de Taparko Mining et reprend la main sur la mine d’or

Le gouvernement burkinabè a retiré le permis d’exploitation de la mine d’or de Taparko Mining S.A, citant des litiges judiciaires et des manquements aux engagements socio-économiques.

Le gouvernement burkinabè a tranché. Réuni en Conseil des ministres, jeudi 11 septembre 2025, l’exécutif a annoncé le retrait du permis d’exploitation industrielle de la mine d’or de Taparko. Ce permis était détenue par la société Taparko Mining S.A. Située dans la province du Namentenga, région du Centre-Nord, cette mine figure parmi les grands gisements aurifères du pays.

Selon les autorités, l’entreprise, anciennement SOMITA S.A, est empêtrée dans une série de litiges judiciaires. Compromettant ainsi l’atteinte des objectifs socio-économiques fixés.

« Ces différends sont de nature à menacer l’ordre public et à nuire à l’image du secteur minier », a précisé le gouvernement.

Le retrait du titre minier s’appuie sur l’article 126 du Code minier adopté en juillet 2024. Pour l’exécutif, cette décision doit permettre à l’État burkinabè d’assurer lui-même l’exploitation du site. L’objectif : générer davantage de revenus afin de répondre aux attentes sociales et de renforcer la lutte contre l’insécurité.

L’affaire Taparko n’est pas nouvelle. En mai 2023, la société malienne Skygold Resources avait annoncé la reprise des activités, suspendues depuis avril 2022. À l’époque, Alexander Hagan Mensa, directeur général de SOMITA S.A, justifiait l’arrêt par la détérioration du contexte sécuritaire au Burkina Faso. Cet arrêt brutal a provoqué un effondrement de la production : seulement 353 kg d’or vendus en 2022, contre 2,92 tonnes une année plus tôt. Le chiffre d’affaires s’est écroulé à 12,6 milliards de FCFA, contre 94,5 milliards en 2021.

Malgré ces difficultés, le secteur aurifère reste un pilier économique. D’après le rapport ITIE 2023 publié en mars dernier, la production nationale d’or a atteint un record de 57,35 tonnes en 2023, en hausse de 10 % sur un an, pour une valeur estimée à 2 161 milliards FCFA. L’État en a tiré 581,1 milliards FCFA de revenus, soit 20,1 % des recettes nationales.

L’or représente par ailleurs 75,5 % des exportations, dont près de la moitié vers la Suisse et 30 % vers les Émirats arabes unis. Le secteur fournit environ 25 000 emplois directs, dont 60 % occupés par des Burkinabè.

Le rapport souligne toutefois des défis persistants : renforcer les critères d’octroi des licences, publier davantage de données d’exportation et auditer plus rigoureusement les coûts pour garantir transparence et durabilité. Avec la reprise en main de Taparko, l’État burkinabè entend montrer sa détermination à mieux encadrer l’activité aurifère.

Burkina Faso : les visas deviennent gratuits pour tous les Africains

Le Burkina Faso a instauré, jeudi, la gratuité des visas pour les ressortissants africains. Une décision qui s’inscrit dans une stratégie panafricaniste d’intégration et de libre circulation.

 

Le gouvernement burkinabè a franchi une étape décisive en matière d’intégration régionale. À l’issue du Conseil des ministres du jeudi 11 septembre 2025, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a annoncé l’instauration de la gratuité des visas pour tous les ressortissants africains souhaitant se rendre au Burkina Faso.

« Désormais, tout ressortissant d’un pays africain désirant se rendre au Burkina Faso ne déboursera aucune somme pour s’acquitter des frais de visa », a déclaré le ministre.

Toutefois, la réforme ne supprime pas le visa en tant que tel. Les procédures d’obtention restent en vigueur, mais elles n’impliquent plus de coût financier. Cette mesure s’appuie sur un rapport additif à la loi des finances rectificative 2025. Elle s’inscrit dans une vision plus large : favoriser la libre circulation des personnes et des biens afin de stimuler le commerce, le tourisme et les relations diplomatiques.

Le ministre Sana, Commissaire divisionnaire de police, a rappelé que cette décision est conforme à la vision panafricaniste du président Ibrahim Traoré. Elle vise à raffermir les liens de fraternité entre les peuples africains et à renforcer l’intégration du continent.

« Cette réforme traduit la volonté politique du Burkina Faso de bâtir des ponts plutôt que des frontières », a souligné le Conseil des ministres.

Ouagadougou espère ainsi affirmer sa souveraineté et son rôle moteur dans la construction d’une Afrique unie. Quelques semaines plus tôt, le pays avait déjà signé un accord bilatéral de suppression réciproque de visas avec l’Italie.

Burkina Faso–Italie : exemption de visa pour les détenteurs de passeports officiels

Depuis le 19 août 2025, le Burkina Faso et l’Italie ont instauré une exemption réciproque de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service, pour des séjours de courte durée.

 

Les autorités italiennes ont informé le gouvernement burkinabè de l’exemption de visa pour les ressortissants du Burkina Faso détenteurs d’un passeport diplomatique ou de service, pour des séjours n’excédant pas 90 jours.

Dans un souci de réciprocité, le Burkina Faso a adopté la même mesure en faveur des citoyens italiens titulaires de passeports diplomatiques ou de service. Ces derniers peuvent désormais séjourner au Burkina Faso pour une durée maximale de 90 jours sans obligation de visa.

Cette décision conjointe illustre la qualité des relations de coopération entre les deux pays et leur volonté de renforcer les échanges diplomatiques et institutionnels. Les autorités rappellent toutefois aux détenteurs de passeports officiels burkinabè que l’exemption s’applique exclusivement au territoire italien et ne confère pas de droit de libre circulation dans l’ensemble de l’espace Schengen.

Burkina Faso-Egypte : les Etalons prêts à en découdre pour un billet pour le Mondial

Le sélectionneur des Etalons du Burkina Faso, Brama Traoré, s’est exprimé ce lundi 8 septembre 2025 en conférence de presse à la veille du match décisif contre l’Égypte, comptant pour la 8ᵉ journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Accompagné de l’avant-centre Ousseni Bouda, il s’est montré confiant quant à la possibilité d’une victoire cet après-midi au Stade du 4-Août.

 

Le duel du groupe A entre le Burkina Faso et les Pharaons s’annonce crucial pour la qualification directe au Mondial. Actuellement leaders avec 19 points, les Égyptiens devancent les Burkinabè, qui totalisent 14 points. Cependant, une victoire est donc impérative pour réduire l’écart et maintenir l’espoir d’un billet pour le Mondial. De ce fait, lors de la conférence de presse, où les Égyptiens étaient absents, l’optimisme régnait dans le camp burkinabè. En effet, le sélectionneur des étalons, Brama Traoré a déclaré.

« Les joueurs retrouvent leur stade fétiche, le Stade du 4-Août. Ils connaissent les attentes du public et sont mentalement prêts. »

Le coach compte sur le soutien des supporters pour faire la différence rapidement, tout en analysant les Pharaons comme « tactiquement solides défensivement » et capables d’être dangereux en contre-attaque.

Ousseni Bouda a de son côté assuré que l’équipe était dans une excellente ambiance et prête à relever le défi. « La pression est sur l’adversaire. Le public est avec nous, et c’est une fierté énorme.

«Nous voulons rendre fiers le pays, nos familles et nous-mêmes », a-t-il affirmé, enthousiaste à l’idée de retrouver l’atmosphère du Stade du 4-Août, encensé par ses coéquipiers Bertrand Traoré et Steve Yago.

Cette confrontation est déterminante pour les Etalons : une victoire les rapprocherait à deux points de l’Égypte, relançant complètement la course à la qualification. Un match nul laisserait un mince espoir, tandis qu’une défaite compromettrait définitivement le rêve d’un billet direct pour le Mondial. Forts de leur large succès contre Djibouti (6-0), les Burkinabè abordent ce match avec confiance et détermination. Le coup d’envoi est prévu cet après-midi à 16h00 GMT pour un affrontement qui s’annonce palpitant.

Burkina Faso : les “routes bitumées sur papier”, mythe ou réalité ?

Souvent évoquées comme symbole de détournements, les « routes bitumées sur papier » suscitent la méfiance au Burkina Faso. Le ministère des Infrastructures apporte des clarifications. Par ailleurs, il a insisté qu’il s’agit d’un mythe alimenté par la complexité des procédures et les délais de financement.

 

Au Burkina Faso, l’expression « routes bitumées sur papier » illustre fréquemment les soupçons de détournements liés aux projets routiers. Pour répondre à ces suspicions, le ministère des Infrastructures a publié, ce dimanche 7 septembre 2025, une mise au point sur sa page Facebook.

Selon Mamadou Yougbaré, directeur général de la normalisation et des études techniques, cette perception relève d’une confusion plutôt que d’une fraude. Il rappelle que la mise en œuvre d’une route est un processus long et complexe, qui passe par plusieurs phases : études techniques, mobilisation des financements, passation des marchés, exécution des travaux et contrôles stricts.

Ces étapes, insiste-t-il, peuvent s’étendre sur plusieurs années. C’est ce délai qui donne l’impression que certains projets restent « sur papier » en attendant d’être financés. Pour illustrer ses propos, il cite les cas de la RN29, de la RN11, de la RN10, de la RN20 et de la RN25. À ses yeux, les lenteurs constatées proviennent davantage des négociations avec les bailleurs et partenaires techniques que de malversations.

En définitive, affirme-t-il, les « routes bitumées sur papier » ne sont qu’un mythe nourri par la complexité des procédures et la durée des financements, et non par des détournements.

Modernisation de l’administration : le gouvernement burkinabè dresse un bilan encourageant

Avec un taux d’exécution des réformes passé de 31 % à 72 % en un an, le gouvernement burkinabè affiche sa volonté d’ancrer la modernisation et la transparence au cœur de l’administration publique.

 

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a présidé le 2 septembre 2025 à Ouagadougou la première session ordinaire du Conseil national de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance (CN-MABG). Cette rencontre a permis de faire le point sur la Stratégie nationale de modernisation de l’administration publique (SN-MAP). Selon le rapport 2024, le taux d’exécution des activités est passé de 31,86 % en 2023 à 72,89 % en 2024. Le gouvernement y voit un signe des avancées réalisées dans les réformes visant à rendre l’administration plus performante, transparente et accessible.

En ouvrant les travaux, le Premier ministre a rappelé que la vision du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, est de bâtir une administration souveraine et au service des citoyens. Il a insisté sur la nécessité de tourner la page de la lourdeur bureaucratique et de l’opacité, pour instaurer une gouvernance efficace. Le Chef du gouvernement a fixé de nouvelles priorités : renforcer la digitalisation, rationaliser les structures administratives et promouvoir la redevabilité. À partir de 2026, ces réformes devraient se traduire par une nouvelle stratégie nationale intégrant une gestion optimisée des ressources humaines, la mise en place d’un guichet virtuel unique et la publication d’un livre blanc sur les valeurs du service public.

De son côté, le ministre de la Fonction publique, Mathias Traoré, a souligné l’urgence d’accélérer les réformes institutionnelles et de développer l’administration électronique grâce à la simplification des procédures.

Un vaste réseau de fraudes foncières éclabousse magistrats et greffiers au Faso

Des magistrats, greffiers, agents des domaines et démarcheurs, ont été inculpés pour fraudes foncières et corruption à Ouagadougou, entre janvier 2021 et juin 2025, pour des ventes frauduleuses de parcelles.

 

Un réseau bien organisé

Après l’affaire “Sidaty Yoda” à Banfora, un nouveau scandale foncier secoue la justice burkinabè. Le Procureur général près la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso a révélé ce mardi 2 septembre 2025 l’existence d’un réseau impliquant démarcheurs, agents fonciers et acteurs judiciaires, dont un magistrat et des greffiers.

Leur méthode serait d’identifier des parcelles à Ouagadougou, attribuées ou non, puis établir de fausses ordonnances judiciaires pour légitimer des ventes ou muter des propriétés.

 

Des centaines d’ordonnances frauduleuses

Selon le communiqué, 385 ordonnances fausses ont été rendues entre janvier 2021 et juin 2025 par le juge Coulibaly Yaya, alors en poste au Tribunal de grande instance Ouaga I. Les vérifications au greffe ont montré qu’aucune demande officielle n’avait été enregistrée. Les numéros figurant sur ces documents étaient fictifs. En échange, les mis en cause recevaient entre 1 000 000 et 1 500 000 FCFA par dossier, ou parfois des parcelles en guise de contrepartie.

Des poursuites lourdes de conséquences

Les inculpés sont poursuivis pour stellionat, complicité, corruption d’agents publics, faux et complicité de faux en écriture publique. Conformément à la loi, ils seront jugés dans un autre ressort juridictionnel, à Bobo-Dioulasso. Cette affaire soulève de nouvelles inquiétudes sur la corruption dans le secteur foncier, déjà marqué par de nombreux litiges.

Burkina Faso : les prix des motos en forte baisse grâce aux contrôles économiques

Au Burkina Faso, le prix des motos, sujet de préoccupation majeure pour les citoyens, connaît une évolution positive. Ces dernières semaines, les opérations de contrôle menées par la Brigade Mobile de Contrôle Économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF) ont entraîné une baisse significative sur plusieurs modèles.

 

Des baisses notables sur les modèles populaires

La Sirius 115 originale, vendue auparavant à 1 025 000 FCFA, s’affiche désormais à 850 000 FCFA. La Sirius 110 passe de 925 000 FCFA à 800 000 FCFA. La Mio 125, très prisée, se négocie aujourd’hui entre 750 000 et 800 000 FCFA, contre 925 000 auparavant. La tendance est encore plus marquée pour les modèles génériques. La Sirius générique coûte désormais entre 475 000 et 525 000 FCFA, tandis que la Mio générique est disponible dès 550 000 FCFA. Un soulagement certain pour les consommateurs, directement lié aux contrôles renforcés.

 

Des irrégularités persistent sur le marché

Malgré cette baisse, tout n’est pas encore réglé. Certains commerçants refusent toujours d’afficher les prix, en violation de la réglementation. D’autres gonflent artificiellement les tarifs, alimentant une spéculation injustifiée. Ces pratiques nuisent à la transparence et fragilisent la confiance entre vendeurs et acheteurs.

 

Vers une régulation durable des prix

Pour consolider ces acquis, la BMCRF envisage d’imposer une marge bénéficiaire raisonnable. Objectif : éviter toute dérive spéculative et garantir un marché plus équitable. Les autorités appellent également les citoyens à signaler toute irrégularité constatée. Des sanctions sont prévues en cas de non-respect des règles. Cette régulation, si elle est appliquée de manière stricte, pourrait stabiliser durablement le prix des motos et protéger le pouvoir d’achat des Burkinabè.

Burkina Faso : adoption historique du nouveau Code des personnes et de la famille.

Après plus de trente ans sans réforme, le Burkina Faso modernise en profondeur son droit familial. Le nouveau Code, adopté à l’unanimité ce lundi 1er septembre 2025, introduit la numérisation de l’état civil, harmonise l’âge légal du mariage et renforce les droits de la femme et de l’enfant, ouvrant une nouvelle ère pour la famille burkinabè.

 

L’Assemblée législative de Transition (ALT) a franchi une étape historique ce lundi 1er septembre 2025. En effet, Il a été adopté à l’unanimité des 71 députés présents, le projet de loi portant Code des personnes et de la famille (CPF). Ce texte, défendu par le ministre de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions, Garde des Sceaux, Me Edasso Rodrigue Bayala, constitue une réforme majeure du droit familial burkinabè, plus de trente ans après l’adoption du précédent code.

Élaboré au terme d’un long processus de révision, le nouveau Code des personnes et de la famille s’articule autour de 1 113 articles, répartis en 17 titres et 56 chapitres. Il modernise le cadre juridique de la famille en l’adaptant aux évolutions sociales, culturelles et économiques du Burkina Faso.

Parmi les principales innovations figurent :

  • la numérisation de l’état civil et la création d’identifiants personnels,

  • de nouvelles dispositions sur l’acquisition de la nationalité par mariage,

  • un chapitre inédit consacré à la lutte contre l’apatridie,

  • la reconnaissance officielle des mariages coutumiers et religieux par transcription,

  • l’harmonisation de l’âge légal du mariage à 18 ans pour les deux sexes,

  • l’élargissement des droits successoraux, permettant aux parents d’hériter de leurs enfants,

  • ainsi que de nouvelles garanties en faveur de la femme, de l’enfant et de la cellule familiale.

« Le nouveau CPF est une réponse aux aspirations profondes de notre société ; il allie innovation juridique, respect des valeurs culturelles et volonté de bâtir une famille burkinabè plus juste et plus solidaire », a déclaré Me Bayala, saluant l’unanimité des votes comme un signal fort d’adhésion nationale.

Cette réforme, présentée comme l’une des plus ambitieuses de ces dernières décennies, ouvre une nouvelle ère pour le droit de la famille au Burkina Faso, en posant les bases d’une société plus équitable, cohésive et tournée vers l’avenir.

Burkina Faso–ONU : Quand l’intégrité force le respect, la souveraineté renait !

Après un séjour de 72 heures à Ouagadougou, le Directeur régional Afrique des Nations Unies, Yacoub Ali El Hillo, a été reçu mercredi par le Premier ministre du Burkina Faso. Cette visite s’inscrit dans un effort de relance du dialogue entre les autorités burkinabè et l’ONU, à la suite de l’expulsion de la Coordonnatrice résidente Carol Flore-Smereczniak.

 

« Nous venons de conclure une visite très cordiale auprès du Premier ministre, à l’issue d’une mission de trois jours que nous avons menée au Burkina Faso », a déclaré M. El Hillo. Selon lui, les discussions menées avec le gouvernement, l’équipe-pays des Nations Unies et plusieurs partenaires internationaux ont été « franches et constructives ».

Conscient de la sensibilité du contexte, le responsable onusien a insisté sur le respect de la souveraineté burkinabè, réaffirmant l’engagement de l’ONU à poursuivre son accompagnement dans les efforts de développement et de résilience. « Ce partenariat est solide et se renforce, malgré ce moment exceptionnel que nous regrettons, mais dont nous respectons pleinement la décision du Gouvernement burkinabè », a-t-il souligné.

De son côté, le Premier ministre a confirmé la disponibilité du Burkina Faso à collaborer avec les Nations Unies, dans la transparence et dans le respect de son rôle d’acteur principal de son développement. Toutefois, il a rappelé que le pays mène un combat pour sa souveraineté et qu’il ne tolérera aucune action visant à légitimer le terrorisme.

La visite de haut niveau intervient dans un contexte marqué par la controverse autour d’un rapport jugé « mensonger » par les autorités, concernant la situation des enfants au Burkina Faso. Malgré ces tensions, les deux parties ont affiché leur volonté de maintenir un partenariat durable au service des populations.