La Banque mondiale confie 15 milliards de dollars au Sahel sous la coordination de Nicola Pontara

Depuis Bamako, le Groupe de la Banque mondiale a officialisé la nomination de Nicola Pontara au poste de directeur de division pour le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad, une responsabilité stratégique qui s’accompagne de la gestion d’un portefeuille estimé à près de 15 milliards de dollars. Cette décision s’inscrit dans la volonté de renforcer l’efficacité et la coordination des interventions dans une région du Sahel où les besoins de financement restent élevés face aux défis de développement.

Dans le cadre de ce mandat, Nicola Pontara aura la charge de piloter le dialogue stratégique avec les principaux partenaires de l’institution et d’assurer la cohérence des actions de la Banque mondiale dans les quatre pays concernés. Au cœur de ses priorités figure la mobilisation des investissements dans des secteurs jugés structurants tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la connectivité numérique et le capital humain. L’objectif affiché est de soutenir une croissance plus inclusive et durable, capable de générer davantage d’emplois et de renforcer les économies locales.

Le nouveau directeur de division du Sahel a exprimé sa volonté de s’inscrire dans la continuité des engagements de l’institution, en mettant en avant la coopération avec les gouvernements, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé ainsi que la société civile. Cette approche s’articule autour des nouveaux Cadres de partenariat pays (CPFs), qui doivent servir de boussole pour accompagner la reprise économique, la création d’emplois et le renforcement de la résilience climatique dans la région.

Économiste de formation, Nicola Pontara a rejoint la Banque mondiale en 2000 via le programme Young Professional. Son parcours l’a conduit à occuper des responsabilités dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique subsaharienne, en Amérique latine, en Asie de l’Est et du Pacifique, ainsi qu’en Europe et en Asie centrale, avec un rôle constant dans le dialogue stratégique avec les gouvernements et les partenaires du développement.

Spécialiste des contextes fragiles, il a également travaillé sur l’élaboration de politiques publiques adaptées aux pays touchés par les conflits. Il a participé à la création du Centre sur les conflits, la sécurité et le développement à Nairobi, dirigé le bureau de la Banque mondiale à Juba au Soudan du Sud, et occupé des fonctions de responsable d’opérations à La Paz, Vientiane et Belgrade. Titulaire d’un doctorat de la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres, il publie régulièrement sur la pauvreté, les ressources naturelles et les dynamiques d’intégration.

Basé à Bamako, Nicola Pontara coordonnera désormais l’ensemble de l’engagement stratégique de la Banque mondiale dans le Sahel, à travers ce portefeuille de près de 15 milliards de dollars réparti entre les quatre pays, dans un contexte où la qualité de la mise en œuvre et la priorisation des investissements apparaissent comme des enjeux déterminants pour l’impact des financements sur le terrain.

Le Burkina Faso installe l’IPN-FARAFINA et pose les bases d’une souveraineté intellectuelle africaine revendiquée

À Ouagadougou, une nouvelle étape a été franchie dans la volonté affichée des autorités burkinabè de repenser le rapport de l’Afrique à son propre savoir. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé mardi à l’installation officielle du premier Conseil d’orientation de l’Institut des peuples noirs, connu sous le nom d’IPN-FARAFINA. La cérémonie s’est inscrite dans une démarche plus large de construction d’un cadre institutionnel dédié à la recherche, à la mémoire et à la valorisation des peuples noirs.

Pensé comme un espace de réflexion et de production intellectuelle, l’Institut se veut bien plus qu’une structure académique classique. Il ambitionne de devenir un lieu de référence pour la réappropriation de l’histoire, la mise en valeur des savoirs endogènes et la promotion d’une vision africaine du développement. À travers cette initiative, les autorités burkinabè affichent leur volonté de contribuer à une souveraineté qui dépasse les seuls champs politique, économique ou sécuritaire, pour s’étendre aux domaines culturel, linguistique, scientifique et historique.

Dans son intervention, le chef du gouvernement a insisté sur cette dimension globale de la souveraineté, estimant que l’avenir du continent passe aussi par sa capacité à produire ses propres récits, ses propres connaissances et ses propres modèles de pensée. Il a ainsi appelé à rompre avec la posture d’un continent souvent réduit à un objet d’analyse ou de décision, pour le replacer au centre de la production intellectuelle mondiale, en acteur pleinement autonome de son destin.

Le Conseil d’orientation nouvellement installé est composé de douze personnalités issues des milieux universitaire, scientifique et panafricain. Sa mission consistera à encadrer et orienter les travaux de l’Institut afin d’en faire un véritable moteur de réflexion stratégique. À sa tête, Claude Aimé Tassembedo a présenté l’IPN-FARAFINA comme un futur centre d’excellence, destiné à préserver la mémoire historique des peuples noirs tout en servant de pont entre le Burkina Faso, le continent africain et sa diaspora.

À travers cette mise en place, les autorités burkinabè entendent inscrire l’Institut dans une dynamique de rayonnement continental, où la recherche, la culture et la mémoire collective deviennent des leviers essentiels de transformation sociale et de consolidation d’une identité africaine assumée.

Le bureau des droits de l’homme de l’ONU amorce sa fermeture au Burkina Faso après sa suspension par les autorités

Le processus de fermeture du bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) à Ouagadougou est désormais engagé. Cette étape intervient plusieurs mois après la suspension de ses activités par le gouvernement burkinabè et ouvre une nouvelle phase dans les relations entre les autorités et l’organisation onusienne.

Mardi, le coordonnateur résident par intérim du système des Nations Unies au Burkina Faso, Maurice Azonnankpo, a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, en présence de la ministre déléguée Bêbgnagnan Stella Eldine Kabré/Kaboré. La réunion avait pour principal objectif d’informer officiellement le gouvernement de l’activation de la procédure prévue par l’accord de siège en cas de suspension prolongée des activités du bureau.

Cette décision fait suite à la mesure prise en avril 2026 par les autorités burkinabè, qui avaient suspendu les activités du HCDH après des déclarations du Haut-Commissaire Volker Türk, lequel accusait le gouvernement de restreindre l’espace civique.

Accompagné de la représentante résidente du HCDH, Maurice Azonnankpo a expliqué que la fermeture du bureau devrait s’étaler sur une période de six mois, conformément aux dispositions prévues par l’accord de siège. Les Nations Unies ont également demandé la désignation d’un point focal national chargé de coordonner les différentes étapes de cette procédure.

Au-delà de cette fermeture, les responsables onusiens ont exprimé leur volonté d’ouvrir un nouveau cadre de dialogue afin de redéfinir les modalités de coopération entre les Nations Unies et le Burkina Faso pour les prochaines années.

Les autorités burkinabè ont, pour leur part, réaffirmé leur position. Le ministre des Affaires étrangères a invité les organisations internationales à respecter strictement les limites fixées par leurs accords de siège, dénonçant des comportements qu’il estime contraires au principe de souveraineté nationale.

Selon Karamoko Jean Marie Traoré, cette décision vise à adresser un signal clair aux partenaires internationaux appelés, selon lui, à agir dans le respect des intérêts du Burkina Faso et des engagements qui encadrent leur présence dans le pays.

Tout en prenant acte de l’ouverture de la procédure de fermeture et de la demande portant sur la désignation d’un point focal, le chef de la diplomatie burkinabè a assuré que le gouvernement demeurait disposé à poursuivre sa coopération avec les organisations internationales, à condition qu’elle repose sur le respect mutuel et de la souveraineté nationale.

Le Burkina Faso élargit son assurance agropastorale au cheptel pour renforcer la protection des producteurs

Face aux défis croissants liés aux aléas climatiques et aux risques sanitaires, le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la protection de son monde rural. Le gouvernement a officiellement lancé, mardi à Komsilga, la campagne de souscription à l’assurance agropastorale 2026-2027, avec une innovation majeure : l’intégration du cheptel parmi les biens désormais couverts par ce mécanisme.

La cérémonie, présidée par le ministre délégué chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, a également été marquée par l’indemnisation de producteurs ayant subi des pertes durant la campagne agricole 2025-2026, illustrant le rôle de ce dispositif comme filet de sécurité pour les exploitants.

En lançant cette nouvelle campagne, le ministre a rappelé que l’assurance agropastorale permet aux agriculteurs et aux éleveurs de reprendre leurs activités après un sinistre sans basculer dans la précarité. Il a souligné que l’État poursuit son soutien au dispositif en prenant en charge 30 % du coût des primes d’assurance, afin d’encourager un plus grand nombre de producteurs à y adhérer.

Les chiffres témoignent d’un intérêt grandissant pour ce mécanisme. Selon le directeur général de la Promotion de l’économie rurale (DGPER), Ollé Arnaud Kam, 25 845 producteurs, répartis dans 165 communes, ont souscrit à l’assurance en 2025. Parmi eux, 1 072 producteurs sinistrés bénéficieront d’une indemnisation globale de 59,07 millions de francs CFA.

La progression des superficies assurées confirme également cette dynamique. Elles sont passées de 34 000 hectares en 2024 à 41 838 hectares en 2025, avec une couverture portant sur plusieurs cultures stratégiques, notamment le maïs, le riz, le mil, le sorgho, le niébé, le soja, le coton, l’arachide et le sésame.

Au nom de la Confédération paysanne du Faso, Boureima Diallo a salué un dispositif qui, selon lui, a déjà démontré son efficacité en permettant aux producteurs touchés par des sinistres de relancer rapidement leurs activités.

Déployé avec l’appui de l’État burkinabè et de l’Association professionnelle des sociétés d’assurances du Burkina (APSAB), le système d’assurance agropastorale couvre désormais à la fois les productions végétales et les ressources animales. Cette évolution renforce les outils de résilience mis à la disposition des agriculteurs et des éleveurs dans un contexte où les risques climatiques et sanitaires pèsent de plus en plus sur les activités rurales.

Le Burkina Faso dément une fausse circulaire après la rupture diplomatique avec la France

Quelques jours après l’annonce de la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, une nouvelle polémique a émergé sur les réseaux sociaux. Mardi, un document présenté comme une circulaire officielle de la Présidence du Faso a largement tourné, laissant croire que les agents de l’État étaient invités à rapatrier leurs familles installées en France.

Le texte évoquait notamment le retour des proches résidant dans l’Hexagone pour des motifs liés aux études, au tourisme ou encore aux soins médicaux. Une information qui a rapidement suscité de nombreuses réactions.

Face à cette diffusion, la Présidence du Faso est sortie de son silence pour mettre fin à la controverse. Dans un communiqué, sa Direction de la communication a catégoriquement démenti l’authenticité du document, affirmant qu’il s’agissait d’un faux destiné à tromper l’opinion publique.

Les autorités dénoncent une opération de désinformation orchestrée, selon elles, par « des individus malveillants » dont l’objectif serait de créer la confusion et d’entretenir un climat de psychose au sein de la population burkinabè.

La Présidence précise qu’elle ne saurait être tenue responsable du contenu de cette prétendue circulaire et annonce se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs, coauteurs et éventuels commanditaires de cette manipulation.

Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu entre Ouagadougou et Paris. Le gouvernement burkinabè a récemment annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, accusant cette dernière de porter atteinte à la souveraineté nationale et de soutenir des actions contraires aux intérêts du Burkina Faso.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la dégradation continue des relations entre les deux pays depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, un climat qui favorise la circulation de nombreuses informations trompeuses sur les réseaux sociaux.