Le Burkina Faso élargit son assurance agropastorale au cheptel pour renforcer la protection des producteurs

Face aux défis croissants liés aux aléas climatiques et aux risques sanitaires, le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la protection de son monde rural. Le gouvernement a officiellement lancé, mardi à Komsilga, la campagne de souscription à l’assurance agropastorale 2026-2027, avec une innovation majeure : l’intégration du cheptel parmi les biens désormais couverts par ce mécanisme.

La cérémonie, présidée par le ministre délégué chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, a également été marquée par l’indemnisation de producteurs ayant subi des pertes durant la campagne agricole 2025-2026, illustrant le rôle de ce dispositif comme filet de sécurité pour les exploitants.

En lançant cette nouvelle campagne, le ministre a rappelé que l’assurance agropastorale permet aux agriculteurs et aux éleveurs de reprendre leurs activités après un sinistre sans basculer dans la précarité. Il a souligné que l’État poursuit son soutien au dispositif en prenant en charge 30 % du coût des primes d’assurance, afin d’encourager un plus grand nombre de producteurs à y adhérer.

Les chiffres témoignent d’un intérêt grandissant pour ce mécanisme. Selon le directeur général de la Promotion de l’économie rurale (DGPER), Ollé Arnaud Kam, 25 845 producteurs, répartis dans 165 communes, ont souscrit à l’assurance en 2025. Parmi eux, 1 072 producteurs sinistrés bénéficieront d’une indemnisation globale de 59,07 millions de francs CFA.

La progression des superficies assurées confirme également cette dynamique. Elles sont passées de 34 000 hectares en 2024 à 41 838 hectares en 2025, avec une couverture portant sur plusieurs cultures stratégiques, notamment le maïs, le riz, le mil, le sorgho, le niébé, le soja, le coton, l’arachide et le sésame.

Au nom de la Confédération paysanne du Faso, Boureima Diallo a salué un dispositif qui, selon lui, a déjà démontré son efficacité en permettant aux producteurs touchés par des sinistres de relancer rapidement leurs activités.

Déployé avec l’appui de l’État burkinabè et de l’Association professionnelle des sociétés d’assurances du Burkina (APSAB), le système d’assurance agropastorale couvre désormais à la fois les productions végétales et les ressources animales. Cette évolution renforce les outils de résilience mis à la disposition des agriculteurs et des éleveurs dans un contexte où les risques climatiques et sanitaires pèsent de plus en plus sur les activités rurales.

Le Burkina Faso dément une fausse circulaire après la rupture diplomatique avec la France

Quelques jours après l’annonce de la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, une nouvelle polémique a émergé sur les réseaux sociaux. Mardi, un document présenté comme une circulaire officielle de la Présidence du Faso a largement tourné, laissant croire que les agents de l’État étaient invités à rapatrier leurs familles installées en France.

Le texte évoquait notamment le retour des proches résidant dans l’Hexagone pour des motifs liés aux études, au tourisme ou encore aux soins médicaux. Une information qui a rapidement suscité de nombreuses réactions.

Face à cette diffusion, la Présidence du Faso est sortie de son silence pour mettre fin à la controverse. Dans un communiqué, sa Direction de la communication a catégoriquement démenti l’authenticité du document, affirmant qu’il s’agissait d’un faux destiné à tromper l’opinion publique.

Les autorités dénoncent une opération de désinformation orchestrée, selon elles, par « des individus malveillants » dont l’objectif serait de créer la confusion et d’entretenir un climat de psychose au sein de la population burkinabè.

La Présidence précise qu’elle ne saurait être tenue responsable du contenu de cette prétendue circulaire et annonce se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs, coauteurs et éventuels commanditaires de cette manipulation.

Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu entre Ouagadougou et Paris. Le gouvernement burkinabè a récemment annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, accusant cette dernière de porter atteinte à la souveraineté nationale et de soutenir des actions contraires aux intérêts du Burkina Faso.

Cette nouvelle étape s’inscrit dans la dégradation continue des relations entre les deux pays depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, un climat qui favorise la circulation de nombreuses informations trompeuses sur les réseaux sociaux.