Burkina Faso : la CNLF frappe fort et saisit plus de 846 millions FCFA de marchandises frauduleuses

La lutte contre la fraude commerciale et les trafics illicites s’intensifie au Burkina Faso. La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a annoncé, ce mardi, une série d’opérations ayant permis la saisie de marchandises frauduleuses d’une valeur globale estimée à plus de 846 millions de FCFA, à travers plusieurs interventions menées dans différentes localités du pays.

Selon les responsables de la structure, ces résultats sont le fruit d’un dispositif renforcé de surveillance et d’enquête ayant permis de démanteler plusieurs réseaux de contrebande et de trafic de produits prohibés. La CNLF souligne que ces opérations s’inscrivent dans une stratégie globale de protection de l’économie nationale et de la santé publique.

La première intervention remonte au 11 juin à Laba, dans la province du Sanguié. Les agents y ont intercepté un camion transportant frauduleusement 890 cartons d’herbicides illicites ainsi que 220 sacs de détergent. La cargaison saisie est estimée à 28,29 millions de FCFA, selon les évaluations officielles.

Quelques jours plus tard, dans la nuit du 21 juin, la Brigade d’enquêtes et de recherches de l’Ouest (BERO) a procédé à une nouvelle saisie d’envergure. Elle a mis la main sur 50 tonnes d’engrais introduites illégalement sur le territoire national. La valeur de cette marchandise est estimée à 42 millions de FCFA, confirmant l’ampleur des circuits de fraude dans le secteur des intrants agricoles.

Le 22 juin, une opération encore plus significative a été menée par les agents de la CNLF. Elle a permis la saisie de 63 colis de Tramakin et de Tapentadol Royal 250 mg, des substances psychotropes destinées à un usage illicite. À elle seule, cette interception représente une valeur estimée à environ 756 millions de FCFA, constituant la plus importante saisie de la série.

Face à ces résultats, le coordonnateur national de la CNLF a salué l’engagement et la vigilance des équipes déployées sur le terrain. Il a réaffirmé la détermination de l’institution à poursuivre et intensifier la lutte contre les trafics illicites, qui menacent à la fois la santé publique, l’économie nationale et la sécurité du Burkina Faso.

GRAINE SA : une microfinance burkinabè portée par une croissance solide et de nouvelles ambitions

Réunie le lundi 22 juin 2026 en assemblée générale mixte, ordinaire et extraordinaire, la Société de microfinance Groupe d’accompagnement à l’investissement et à l’épargne (GRAINE) a dressé le bilan de l’exercice 2025 tout en esquissant les contours d’une nouvelle phase de développement. Devenue société anonyme, l’institution entend désormais consolider ses acquis et accélérer sa transformation structurelle.

Face aux actionnaires et partenaires, le président du conseil d’administration, Bèirèlar Hervé Hien, a ouvert la séance en mettant en avant des résultats financiers jugés encourageants. L’année écoulée s’est soldée par une progression notable de l’activité, avec un chiffre d’affaires atteignant 1 955 000 000 FCFA, en hausse de 15 % par rapport à l’exercice précédent. Dans le même temps, le résultat net a fortement progressé, passant de 142 296 245 FCFA à 364 877 069 FCFA, traduisant selon lui une meilleure maîtrise des équilibres financiers.

Dans son intervention, il a insisté sur la trajectoire globale de l’institution, qu’il décrit comme une combinaison de croissance et de rigueur de gestion. Une dynamique soutenue, selon lui, par des investissements stratégiques réalisés au cours de l’exercice, à hauteur de 90 144 915 FCFA, orientés vers la modernisation des infrastructures, l’innovation technologique et le développement des capacités opérationnelles.

Cette montée en puissance s’accompagne d’un tournant institutionnel majeur : la transformation de GRAINE en société anonyme et l’ouverture progressive de son capital. Une évolution pensée pour renforcer les capacités de financement de la structure. « Nous avons fait un choix d’augmentation et d’ouverture du capital social afin de donner plus de moyens pour poursuivre nos ambitions et nous avons entamé des premières discussions avec des investisseurs potentiels », a expliqué le président du conseil d’administration, évoquant une nouvelle étape dans la structuration de l’institution.

Au cœur des perspectives tracées, quatre axes majeurs se dégagent : la transformation institutionnelle, l’innovation et la digitalisation, la croissance durable et le renforcement de la gouvernance. Des orientations qui, selon la direction, doivent permettre à GRAINE de s’adapter à un environnement économique et technologique en constante évolution. « Les défis à venir exigeront de nous agilité et anticipation, mais nous avons des atouts nécessaires, une équipe compétente, une vision claire et un engagement collectif », a-t-il souligné.

De son côté, le directeur général, Hamado Ouédraogo, a rappelé le rôle social de l’institution, créée en 2006 et agréée en 2010 par les autorités financières burkinabè. Présente sur l’ensemble du territoire national, GRAINE s’appuie aujourd’hui sur un réseau de 32 guichets, avec une mission clairement orientée vers les populations exclues du système bancaire classique, notamment les femmes et les jeunes.

Cette vocation inclusive reste au centre de son action, avec plus de 224 000 bénéficiaires enregistrés à travers le pays. Une portée sociale saluée par le représentant de l’OCADES, principal actionnaire de la société, Mgr Justin Kientega, qui a exprimé sa satisfaction face aux performances réalisées et aux perspectives ouvertes. Il a rendu hommage à l’engagement des différents acteurs impliqués dans cette microfinance d’inspiration sociale, estimant que les résultats obtenus dépassent les attentes initiales.

Dans un contexte où le financement de proximité reste un levier essentiel de développement au Burkina Faso, GRAINE SA entend ainsi poursuivre sa mutation, entre ambition économique et mission sociale, avec la volonté affirmée de renforcer son rôle dans l’inclusion financière des populations les plus vulnérables.

Burkina Faso : l’État traque la spéculation sur la bière et rassure sur l’approvisionnement du marché

Depuis plusieurs semaines, les rumeurs circulaient dans les maquis, les caves et les points de vente. Certains consommateurs évoquaient une pénurie de bière, tandis que d’autres dénonçaient des hausses de prix jugées injustifiées. Face à ces informations qui alimentaient les inquiétudes, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) a décidé de mener sa propre enquête.

Dans une publication diffusée le 22 juin 2026 sur sa page Facebook, l’institution a rendu publics les résultats d’une mission d’investigation consacrée au secteur des boissons de brasserie. L’objectif était clair : vérifier la réalité des allégations faisant état d’un manque de produits sur le marché national et d’une augmentation artificielle des prix pratiqués par certains cavistes, gérants de maquis et distributeurs.

Pour lever toute ambiguïté, les équipes de la BMCRF ont effectué des visites inopinées auprès de plusieurs unités de production, notamment Brakina, Libs et SODIBO. Au fil des échanges avec les responsables de ces entreprises, un constat s’est imposé. Aucune difficulté de production n’a été enregistrée au sein des brasseries visitées et aucune augmentation des prix n’a été décidée par les producteurs.

Mieux encore, les industriels ont assuré être engagés dans un processus de renforcement de leurs capacités afin de répondre à une demande de plus en plus forte sur le marché. De quoi écarter l’hypothèse d’une pénurie à la source et rassurer les consommateurs sur la disponibilité des produits.

Au terme de ses vérifications, la brigade affirme également qu’aucune hausse officielle du prix de la bière n’est actuellement en vigueur. Les augmentations observées dans certains points de vente ne seraient donc pas liées à une décision des producteurs, mais à des pratiques relevées au niveau de certains acteurs de la chaîne de distribution.

Face à cette situation, la BMCRF entend passer à la vitesse supérieure. Son coordonnateur général, Sanibè Faho, a annoncé un renforcement des opérations de contrôle dans les prochains jours afin de faire respecter les tarifs officiels sur l’ensemble du territoire.

« Dans les jours à venir, nous allons renforcer nos actions pour contraindre les distributeurs, les cavistes et les maquis à respecter les prix fixés », a-t-il déclaré.

À travers cette mise en garde, la brigade appelle l’ensemble des opérateurs concernés à se conformer strictement aux prix réglementaires. L’objectif affiché est de préserver une concurrence saine, de lutter contre les pratiques spéculatives et de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs.

Les autorités invitent par ailleurs la population à signaler toute irrégularité constatée sur le terrain. Pour les dénonciations ou les réclamations, les consommateurs peuvent contacter les numéros verts mis à leur disposition : 80 00 11 84, 80 00 11 85 et 80 00 11 86.

Mali-Maroc : Bamako mise sur le forum du 23 juillet pour transformer le rapprochement diplomatique en opportunités économiques

À un mois d’un rendez-vous présenté comme stratégique pour les relations bilatérales, Bamako s’active déjà en coulisses. Le 22 juin 2026, autour de la même table, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, ont passé en revue les préparatifs du Forum d’affaires des opérateurs économiques maliens et marocains. Prévu le 23 juillet dans la capitale malienne, l’événement se tiendra en marge de la Grande Commission mixte de coopération entre le Mali et le Maroc.

Cette rencontre économique n’arrive pas par hasard. Elle s’inscrit dans une dynamique de rapprochement engagée ces derniers mois entre Bamako et Rabat. En avril 2026, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait effectué une visite dans la capitale malienne. À l’issue des échanges, les deux pays avaient affiché leur volonté commune de redonner un nouvel élan à leur partenariat dans plusieurs domaines, allant de la diplomatie à l’économie, en passant par la sécurité, la formation et la coopération religieuse.

Le forum de juillet doit désormais donner un contenu concret à cette ambition. Lors de la réunion préparatoire, les discussions ont porté sur l’organisation de la rencontre, les contacts entre les opérateurs privés, les secteurs jugés prioritaires ainsi que les perspectives de partenariats entre entreprises des deux pays. L’agriculture, l’énergie, la santé, les infrastructures, les services financiers, l’industrie, la formation et le commerce figurent parmi les domaines identifiés comme porteurs.

Car malgré des relations diplomatiques solides, les échanges commerciaux entre les deux pays restent encore modestes et fortement déséquilibrés. Selon les données Comtrade reprises par Trading Economics, les exportations marocaines vers le Mali ont atteint 171,89 millions de dollars en 2024. À l’inverse, les importations marocaines en provenance du Mali se sont limitées à 3,93 millions de dollars. Les produits marocains exportés concernent principalement les équipements électriques et électroniques, les produits de la pêche, le tabac, les carburants ainsi que certains produits chimiques et alimentaires. Du côté malien, les exportations restent concentrées sur les fruits, le coton, les graines oléagineuses, les gommes et les résines.

Au-delà des marchandises, la présence marocaine se manifeste surtout dans les services. Plusieurs groupes du royaume occupent déjà des positions importantes dans l’économie malienne, notamment dans les secteurs bancaire, des télécommunications, du ciment, de l’agriculture et des services. Les banques marocaines jouent un rôle significatif dans le système financier du pays, tandis que Maroc Telecom est implanté à travers Moov Africa Malitel. Ces investissements donnent une dimension concrète à la coopération économique entre les deux États.

L’agriculture demeure l’un des secteurs les plus avancés dans ce partenariat. En octobre 2024, OCP Africa, filiale du groupe marocain OCP, avait signé avec le ministère malien de l’Agriculture un protocole d’accord soutenu par la Banque mondiale. L’initiative vise notamment l’amélioration de la fertilité des sols, l’accès des petits producteurs aux intrants, la cartographie numérique des terres agricoles, le développement de centres de services agricoles ainsi que l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. OCP Africa avait alors annoncé avoir fourni 15 000 tonnes d’engrais au Mali durant la campagne agricole 2023-2024, avec un volume porté à 21 000 tonnes pour la campagne suivante.

La coopération s’étend également aux secteurs de la santé et de l’énergie. En avril 2026, une délégation marocaine composée de responsables du ministère de la Santé et de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable avait été reçue à Bamako. Les discussions avaient porté sur le renforcement des infrastructures hospitalières, le développement de l’industrie biomédicale et pharmaceutique, l’amélioration des équipements de santé, la formation des ressources humaines ainsi que la production, le transport et la distribution d’électricité.

La formation figure elle aussi parmi les priorités des deux partenaires. Les échanges récents ont permis d’évoquer l’augmentation du nombre de bourses accordées aux étudiants maliens, désormais fixé à 300 par an. La coopération religieuse conserve également une place importante dans les relations bilatérales, avec la formation d’imams maliens au Maroc qui se poursuit depuis 2014.

À l’approche du forum, les acteurs économiques comptent également sur la relance du Conseil d’affaires Mali-Maroc, annoncée au début du mois de juin par le Conseil national du patronat du Mali. Cette structure doit servir de passerelle entre les entreprises des deux pays, faciliter les partenariats et identifier de nouveaux projets d’investissement. Les opérateurs maliens espèrent notamment un meilleur accès au marché marocain, davantage de possibilités de financement et des partenariats susceptibles d’accélérer la transformation locale des produits.

Le rendez-vous du 23 juillet s’inscrit enfin dans la continuité des engagements pris par les deux pays lors de la signature de 17 accords et conventions en février 2014 à Bamako. Ces textes couvraient des secteurs aussi variés que la santé, l’investissement, la formation, l’énergie, l’eau, les télécommunications, les transports, l’agriculture et les mines. Douze ans plus tard, la rencontre sera observée pour sa capacité à relancer ces accords, à définir de nouveaux projets prioritaires et à transformer les intentions affichées en engagements concrets.

Pour le Mali, confronté à un environnement économique et sécuritaire complexe, l’enjeu est d’attirer davantage d’investissements et de soutenir la création d’emplois. Pour le Maroc, déjà solidement implanté dans plusieurs secteurs stratégiques, il s’agit de consolider son ancrage économique en Afrique de l’Ouest. Entre les deux pays, le forum d’affaires de Bamako devra donc servir de trait d’union entre les promesses diplomatiques et les projets capables de produire une valeur économique durable.

UEMOA : la BCEAO salue la résilience économique du Burkina Faso et confirme une dynamique régionale favorable

Le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a présenté une évaluation positive de la situation économique et financière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à l’issue d’une audience accordée par le président du Faso, Ibrahim Traoré, à Ouagadougou.

Cette rencontre a permis d’examiner l’évolution récente des principaux indicateurs macroéconomiques de l’Union ainsi que les perspectives économiques régionales dans un contexte international marqué par des incertitudes persistantes.

Selon le gouverneur de la BCEAO, l’espace UEMOA continue d’afficher une trajectoire favorable portée par une croissance économique soutenue, un ralentissement des tensions inflationnistes et une amélioration progressive des équilibres extérieurs.

« La région est dans une dynamique positive. Ce sont des informations importantes qu’il fallait porter à l’attention du Président du Faso », a déclaré Jean-Claude Kassi Brou à l’issue de l’entretien.

Les données les plus récentes de la Banque centrale mettent en évidence la solidité de l’activité économique dans l’Union, malgré les défis liés au contexte sécuritaire, aux fluctuations des marchés internationaux et aux pressions économiques mondiales.

Une économie burkinabè jugée résiliente

Au cours des échanges, le gouverneur de la BCEAO a particulièrement mis en avant les performances enregistrées par le Burkina Faso, saluant la capacité de l’économie nationale à maintenir une dynamique de croissance dans un environnement complexe.

Selon lui, la résilience de l’économie burkinabè se traduit notamment par la poursuite de l’activité dans plusieurs secteurs productifs, ainsi que par une maîtrise relative des tensions inflationnistes observées ces dernières années dans de nombreux pays de la région.

« Nous avons également salué la résilience et la performance de l’économie burkinabè », a souligné M. Brou.

Cette appréciation intervient alors que plusieurs institutions régionales et internationales continuent de relever la capacité d’adaptation de l’économie burkinabè face aux défis sécuritaires et aux contraintes économiques mondiales.

Les projets de la BCEAO au cœur des discussions

L’audience a également été l’occasion d’examiner l’état d’avancement des projets portés par la BCEAO au Burkina Faso. Le gouverneur a présenté au chef de l’État les principaux chantiers en cours ainsi que les perspectives de mise en œuvre des programmes prévus à court et moyen termes.

Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie de modernisation des infrastructures financières de l’Union et visent à renforcer l’efficacité du système bancaire, l’inclusion financière et le financement de l’économie réelle.

La rencontre témoigne de la concertation régulière entre les autorités burkinabè et l’institut d’émission communautaire sur les enjeux liés à la stabilité monétaire, au développement du secteur financier et à l’accompagnement des politiques de croissance au sein de l’espace UEMOA.

Dans un contexte régional marqué par la recherche d’une croissance plus inclusive et durable, les performances économiques enregistrées au sein de l’Union, ainsi que la résilience affichée par le Burkina Faso, constituent des signaux encourageants pour les perspectives de développement de la sous-région.

Le Burkina Faso proteste officiellement contre une résolution du Parlement européen

Le gouvernement burkinabè a exprimé son vif mécontentement à la suite de l’adoption par le Parlement européen d’une résolution concernant le Burkina Faso ainsi que des déclarations tenues par l’eurodéputé français Christophe Gomart. Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué ce 22 juin l’ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, Philippe Bronchain.

À travers cette démarche diplomatique, les autorités burkinabè ont souhaité faire part de leur désapprobation face au contenu de la résolution européenne, qu’elles jugent éloignée des réalités du terrain et fondée sur des appréciations erronées de la situation nationale.

Lors de l’entretien, le chef de la diplomatie burkinabè a dénoncé des affirmations qu’il considère comme inexactes et déconnectées des efforts consentis par le pays dans la lutte contre l’insécurité. Il a rappelé que le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, demeure fortement engagé dans la stabilisation de la région sahélienne face aux menaces sécuritaires persistantes.

Selon le ministre, certaines déclarations formulées au sein de l’hémicycle européen témoigneraient d’une méconnaissance des réalités locales et des défis auxquels le pays est confronté. Il a également regretté ce qu’il perçoit comme une remise en cause des efforts déployés par les autorités burkinabè pour restaurer la sécurité et renforcer la résilience nationale.

Le gouvernement a par ailleurs réaffirmé son attachement au principe de souveraineté nationale. À ce titre, Karamoko Jean Marie Traoré a contesté la légitimité de toute tentative extérieure visant à évaluer ou orienter les choix du Burkina Faso en matière de politique intérieure, de gestion de l’espace civique ou encore de stratégie sécuritaire.

Le ministre a également évoqué le contexte géopolitique régional, estimant que les causes profondes de l’instabilité dans le Sahel méritent une analyse plus globale. Il a notamment rappelé les répercussions des événements ayant conduit à la déstabilisation de la Libye, dont les conséquences continuent, selon lui, d’affecter plusieurs pays de la région.

À l’issue de cette rencontre, l’ambassadeur de l’Union européenne a indiqué avoir pris note des préoccupations exprimées par les autorités burkinabè. Il a assuré que le message du gouvernement serait transmis aux instances compétentes de l’Union européenne.

Cet épisode illustre les tensions persistantes entre certaines institutions européennes et les autorités de la Confédération des États du Sahel (AES), dans un contexte marqué par une redéfinition des partenariats internationaux et une affirmation croissante de la souveraineté politique des pays de la région.

Burkina Faso : à Kougny, la visite du ministre de la Sécurité prend une dimension historique

Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a effectué dimanche une tournée dans la province du Nayala, au cœur de la région de la Boucle du Mouhoun. Placée sous le signe de la proximité avec les populations et du soutien aux forces engagées sur le terrain, cette visite a notamment été marquée par une étape à Kougny, où les habitants ont réservé un accueil exceptionnel à la délégation gouvernementale.

Selon la Direction de la communication du ministère de la Sécurité, cette mission avait pour objectif d’évaluer la situation sécuritaire dans la province, d’encourager les forces combattantes et de recueillir directement les préoccupations des populations confrontées aux défis sécuritaires.

Accompagné du gouverneur de la région ainsi que des autorités administratives locales, Mahamadou Sana s’est d’abord rendu au camp du Bataillon d’intervention rapide (BIR 23) de Toma avant de poursuivre son déplacement dans les communes de Kougny et de Gassan.

Partout sur son passage, le ministre a été accueilli par des populations fortement mobilisées. Face aux habitants réunis pour l’occasion, il a indiqué être porteur d’un message du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que du Premier ministre. Il a expliqué que cette tournée traduisait la volonté des autorités de rester à l’écoute des réalités du terrain et de maintenir un contact direct avec les citoyens et les forces engagées dans la lutte contre le terrorisme.

Mais c’est à Kougny que la visite a pris une dimension particulièrement symbolique. Devant une foule nombreuse, le chef de canton a qualifié l’événement d’« historique », affirmant qu’aucun ministre ne s’était jusque-là rendu dans cette localité.

« C’est la première fois dans notre histoire qu’un ministre effectue une visite dans notre localité », a-t-il déclaré avec émotion. Selon lui, les habitants ont volontairement suspendu leurs activités agricoles, commerciales et sociales afin de participer à cet accueil qu’ils voulaient à la hauteur de l’événement.

Le responsable coutumier a également exprimé la gratitude des populations envers les autorités nationales pour les efforts entrepris dans le cadre de la sécurisation du pays, alors que plusieurs régions continuent de faire face à la menace terroriste.

Au cours de ses échanges avec les forces présentes sur le terrain, le ministre de la Sécurité a salué l’engagement des Forces de défense et de sécurité (FDS), des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) ainsi que des Dozos. Il les a encouragés à poursuivre leur mission avec discipline, vigilance et cohésion, tout en soulignant l’importance de la coopération entre les populations et les forces combattantes. Mahamadou Sana a particulièrement insisté sur le rôle crucial du renseignement dans la lutte contre l’insécurité, appelant les citoyens à renforcer leur collaboration avec les services de sécurité afin de contribuer à la prévention des menaces et à la protection des communautés.

À l’issue de cette tournée dans le Nayala, le ministre a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre les actions engagées pour renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Il a assuré que les efforts se poursuivraient afin de restaurer durablement la paix et de permettre aux populations de retrouver des conditions de vie stables dans toutes les régions du Burkina Faso.

À Bamako, l’AES resserre les rangs diplomatiques et dénonce les menaces contre ses États membres

À Bamako, les chefs de la diplomatie du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont affiché une volonté commune : renforcer davantage l’unité de la Confédération des États du Sahel (AES) et affirmer sa voix sur la scène internationale. Réunis samedi dans la capitale malienne, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre du projet confédéral, en adoptant plusieurs mesures destinées à approfondir la coordination diplomatique du bloc sahélien.

Autour de la même table, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, qui présidait les travaux, son homologue malien Abdoulaye Diop et le Nigérien Bakary Yaou Sangaré ont passé en revue les avancées du pilier Diplomatie de la Feuille de route de l’An II de l’AES. Au terme des échanges, un cap clair a été fixé : permettre à la Confédération de porter des positions harmonisées sur les grands dossiers régionaux et internationaux et de parler d’une seule voix dans les enceintes diplomatiques.

Les ministres se sont félicités du cadre de concertation déjà mis en place entre les trois États, estimant qu’il a contribué à rapprocher leurs positions sur les questions d’intérêt commun. Dans cette dynamique, ils ont plaidé pour un renforcement des synergies entre les représentations diplomatiques et consulaires des trois pays à travers le monde. L’ambition est désormais d’aller plus loin, notamment avec la poursuite des réflexions autour d’une carte diplomatique confédérale qui permettrait à l’AES de disposer d’une représentation plus cohérente et plus efficace sur la scène internationale.

Cette volonté de coordination s’étendra également aux grands rendez-vous multilatéraux. Les trois pays ont ainsi décidé d’harmoniser leurs positions en vue de la 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, prévue en septembre 2026 à New York, un rendez-vous que les responsables de l’AES considèrent comme une occasion majeure de faire entendre la voix du Sahel.

Les ministres ont également salué les progrès réalisés dans la construction institutionnelle de la Confédération, marqués par la ratification et l’entrée en vigueur de plusieurs instruments juridiques destinés à consolider l’architecture du bloc.

Mais au-delà des questions diplomatiques, la rencontre a aussi été marquée par de vives préoccupations sécuritaires. Les responsables ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’« actions terroristes et de déstabilisation » visant les États membres de l’AES. Dans leur communiqué final, ils ont condamné des manœuvres attribuées à des groupes terroristes soutenus, selon eux, par des acteurs étatiques étrangers cherchant à freiner la dynamique confédérale.

Les ministres ont notamment évoqué l’attaque menée le 25 avril 2026 contre les institutions de la transition au Mali ainsi que la tentative d’incursion contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey le 18 juin dernier. Dans les deux situations, ils ont salué la réaction des forces de défense et de sécurité ainsi que la mobilisation des populations, présentées comme des facteurs déterminants face aux menaces.

Sur le terrain de l’information, les trois pays ont également dénoncé des campagnes de désinformation et de manipulation qu’ils attribuent à certaines puissances étrangères et à des médias internationaux. Pour y répondre, ils ont annoncé leur volonté de renforcer la coopération entre leurs structures nationales de communication afin de mieux coordonner leur stratégie et contrer les discours jugés hostiles à la Confédération.

En conclusion de leurs travaux, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la consolidation de l’espace AES. Dans la continuité des orientations fixées par les chefs d’État des trois pays, ils ont assuré leur détermination à œuvrer pour le renforcement de la souveraineté, de la sécurité et du développement des peuples du Sahel, dans un contexte régional marqué par de nombreux défis mais aussi par la volonté affichée de construire un destin commun.

Affaire Hakimi : la justice française ouvre la voie à un procès criminel pour le joueur du PSG

Le dossier visant Achraf Hakimi franchit une étape décisive. Ce vendredi 19 juin, la cour d’appel de Versailles a confirmé qu’il sera jugé devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine. Dans son communiqué, la juridiction estime que les investigations menées au cours de l’enquête et de l’instruction ont fait apparaître « des charges suffisantes » justifiant sa mise en accusation.

L’affaire remonte à février 2023. Une jeune femme avait alors déposé une plainte dans un commissariat, affirmant avoir été victime de viol lors d’une rencontre avec le joueur. Depuis l’ouverture de la procédure, le défenseur international marocain, également capitaine des Lions de l’Atlas, a toujours contesté les accusations, les qualifiant de « fausses ».

Quelques jours après la décision de la cour d’appel, il a réagi sur le réseau social X, affirmant attendre le procès « avec impatience » et déclarant : « Enfin, je pourrai parler ». À ce stade, la date du procès n’a pas encore été fixée. Son avocate, Me Fanny Colin, n’a pas confirmé l’intention d’un éventuel pourvoi en cassation, tout en rappelant que la décision ne préjuge en rien de sa culpabilité et que son client « a beaucoup de choses à dire ».

Du côté de la partie civile, la réaction est tout autre. Me Rachel-Flore Pardo s’est félicitée d’une décision qu’elle estime fondée sur un travail judiciaire approfondi, évoquant l’adhésion de six magistrats à la mise en accusation. Elle souligne que sa cliente, après plusieurs années de procédure, ressent un soulagement mêlé d’espoir, malgré une médiatisation qu’elle juge difficile à vivre.

Les faits allégués remontent à une soirée de janvier 2023. Selon la version rapportée à l’époque par une source policière, la plaignante, âgée de 24 ans, aurait rencontré le joueur via Instagram avant de se rendre à son domicile en VTC. Elle affirme avoir subi des actes non consentis avant de parvenir à quitter les lieux avec l’aide d’une amie contactée par message. Depuis, elle déclare vouloir être entendue dans un procès et pouvoir « se défendre ».

La défense, de son côté, dénonce une procédure marquée par la médiatisation de l’affaire et conteste la solidité des accusations. Me Colin évoque une justice influencée par la notoriété du joueur, tandis que la partie civile estime au contraire que cette notoriété a contribué à la visibilité du dossier.

Malgré cette procédure judiciaire en cours, le joueur poursuit sa carrière sportive avec Paris Saint-Germain et reste un élément clé de Morocco national football team. Le jour même de la décision, il devait disputer aux États-Unis un match de Coupe du monde face à l’Écosse, en tant que capitaine, illustrant la tension entre l’actualité sportive et la gravité du dossier judiciaire désormais renvoyé devant une cour criminelle.

Burkina Faso : 734 millions de FCFA de marchandises frauduleuses interceptées par la Douane

À Ouagadougou, la scène avait des allures de démonstration de force. Ce jeudi 18 juin 2026, la direction générale des Douanes a exposé à la presse une vaste saisie de marchandises frauduleuses, réalisée dans le cadre de l’opération Burkindi. Une opération d’envergure qui illustre, selon les autorités, la montée en puissance de la lutte contre la fraude sur l’ensemble du territoire national.

 

Derrière les chiffres, le message est clair : la tolérance zéro annoncée par le directeur général des Douanes, l’Inspecteur divisionnaire Yves Kafando, n’est pas restée au stade des déclarations. Elle se matérialise, jour après jour, par des interceptions de cargaisons illicites estimées cette fois à plus de 734,1 millions de F CFA.

La saisie présentée aux médias est particulièrement diversifiée. Elle comprend notamment 50 tonnes de sachets plastiques évalués à 45 millions de F CFA, 264 000 comprimés de tramadol estimés à 19,2 millions, ainsi que 3 983 cartons d’herbicides dont la valeur atteint 298,7 millions de F CFA. À cela s’ajoutent 800 kg de pénicilline estimés à 40 millions de F CFA, 180 fûts de cyanure évalués à 15,7 millions de F CFA, des boissons sucrées, des anacardes, ainsi que 13 motos, pour une valeur globale de 19,5 millions de F CFA.

Selon les services douaniers, cette opération a été rendue possible grâce à une vigilance renforcée sur le terrain, malgré des méthodes de fraude de plus en plus sophistiquées. Les contrebandiers recourent désormais à des techniques d’infiltration de marchandises illicites au milieu de produits légalement déclarés. Des cartons d’herbicides dissimulés sous des sacs de céréales, ou encore des produits vétérinaires cachés dans des sacs de friperie, font partie des stratagèmes identifiés.

Face à la pression accrue sur les grands axes routiers, certains fraudeurs optent également pour des moyens de transport plus discrets, comme les tricycles, empruntant des pistes secondaires pour contourner les contrôles. Mais pour la Douane, cette adaptation des réseaux criminels ne constitue pas un obstacle insurmontable.

« Le mode opératoire des fraudeurs évolue, mais nous avons les moyens de nous y adapter. Leurs modes opératoires ne sont pas au-dessus de nos compétences et capacités », a affirmé le directeur général des Douanes, Yves Kafando, affichant une détermination sans équivoque.

Au-delà de la présentation du butin, cette opération a également mis en lumière les réalités humaines liées à ces trafics. Plusieurs contrevenants ont été interpellés et certains ont exprimé leurs regrets, appelant à l’abandon de ces pratiques illégales. Parmi eux, Hamidou Korgho, impliqué dans un trafic de drogue entre le Ghana et le Mali, a reconnu son rôle d’intermédiaire. Rémunéré initialement à 200 000 F CFA pour une première opération, il affirme avoir été promis 250 000 F CFA pour une seconde livraison de 59 kg de chanvre indien avant son arrestation. Désormais, il dit vouloir tourner la page et reprendre son activité de ferrailleur.

D’autres cas illustrent les dérives dans la chaîne de transport. Certains chauffeurs détournent les cargaisons à l’insu des transporteurs, comme dans le cas d’un camion initialement destiné au transport de clinker, mais utilisé pour acheminer du cyanure et du tramadol. Face à ces situations, les transporteurs appellent à une prise de responsabilité accrue des conducteurs et à une vigilance renforcée.

Dans ce contexte, la direction générale des Douanes insiste sur la fermeté de sa ligne d’action. « Nous n’allons laisser prospérer aucune pratique de fraude sur l’ensemble du territoire national », a martelé Yves Kafando, réaffirmant la volonté de l’administration de poursuivre sans relâche la lutte contre la contrebande.

L’opération Burkindi, selon les autorités, bénéficie également de la collaboration des forces de sécurité, des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et des populations locales. Une synergie que la Douane entend renforcer, dans un contexte où les réseaux frauduleux deviennent de plus en plus organisés.

À la tête de l’administration douanière depuis un an, le directeur général assure que son engagement reste total, en cohérence avec les orientations des autorités de transition, qui font de la lutte contre la fraude un axe central de leur politique économique et sécuritaire.