Fraude




Burkina Faso : 734 millions de FCFA de marchandises frauduleuses interceptées par la Douane

À Ouagadougou, la scène avait des allures de démonstration de force. Ce jeudi 18 juin 2026, la direction générale des…

À Ouagadougou, la scène avait des allures de démonstration de force. Ce jeudi 18 juin 2026, la direction générale des Douanes a exposé à la presse une vaste saisie de marchandises frauduleuses, réalisée dans le cadre de l’opération Burkindi. Une opération d’envergure qui illustre, selon les autorités, la montée en puissance de la lutte contre la fraude sur l’ensemble du territoire national.

 

Derrière les chiffres, le message est clair : la tolérance zéro annoncée par le directeur général des Douanes, l’Inspecteur divisionnaire Yves Kafando, n’est pas restée au stade des déclarations. Elle se matérialise, jour après jour, par des interceptions de cargaisons illicites estimées cette fois à plus de 734,1 millions de F CFA.

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La saisie présentée aux médias est particulièrement diversifiée. Elle comprend notamment 50 tonnes de sachets plastiques évalués à 45 millions de F CFA, 264 000 comprimés de tramadol estimés à 19,2 millions, ainsi que 3 983 cartons d’herbicides dont la valeur atteint 298,7 millions de F CFA. À cela s’ajoutent 800 kg de pénicilline estimés à 40 millions de F CFA, 180 fûts de cyanure évalués à 15,7 millions de F CFA, des boissons sucrées, des anacardes, ainsi que 13 motos, pour une valeur globale de 19,5 millions de F CFA.

Selon les services douaniers, cette opération a été rendue possible grâce à une vigilance renforcée sur le terrain, malgré des méthodes de fraude de plus en plus sophistiquées. Les contrebandiers recourent désormais à des techniques d’infiltration de marchandises illicites au milieu de produits légalement déclarés. Des cartons d’herbicides dissimulés sous des sacs de céréales, ou encore des produits vétérinaires cachés dans des sacs de friperie, font partie des stratagèmes identifiés.

Face à la pression accrue sur les grands axes routiers, certains fraudeurs optent également pour des moyens de transport plus discrets, comme les tricycles, empruntant des pistes secondaires pour contourner les contrôles. Mais pour la Douane, cette adaptation des réseaux criminels ne constitue pas un obstacle insurmontable.

« Le mode opératoire des fraudeurs évolue, mais nous avons les moyens de nous y adapter. Leurs modes opératoires ne sont pas au-dessus de nos compétences et capacités », a affirmé le directeur général des Douanes, Yves Kafando, affichant une détermination sans équivoque.

Au-delà de la présentation du butin, cette opération a également mis en lumière les réalités humaines liées à ces trafics. Plusieurs contrevenants ont été interpellés et certains ont exprimé leurs regrets, appelant à l’abandon de ces pratiques illégales. Parmi eux, Hamidou Korgho, impliqué dans un trafic de drogue entre le Ghana et le Mali, a reconnu son rôle d’intermédiaire. Rémunéré initialement à 200 000 F CFA pour une première opération, il affirme avoir été promis 250 000 F CFA pour une seconde livraison de 59 kg de chanvre indien avant son arrestation. Désormais, il dit vouloir tourner la page et reprendre son activité de ferrailleur.

D’autres cas illustrent les dérives dans la chaîne de transport. Certains chauffeurs détournent les cargaisons à l’insu des transporteurs, comme dans le cas d’un camion initialement destiné au transport de clinker, mais utilisé pour acheminer du cyanure et du tramadol. Face à ces situations, les transporteurs appellent à une prise de responsabilité accrue des conducteurs et à une vigilance renforcée.

Dans ce contexte, la direction générale des Douanes insiste sur la fermeté de sa ligne d’action. « Nous n’allons laisser prospérer aucune pratique de fraude sur l’ensemble du territoire national », a martelé Yves Kafando, réaffirmant la volonté de l’administration de poursuivre sans relâche la lutte contre la contrebande.

L’opération Burkindi, selon les autorités, bénéficie également de la collaboration des forces de sécurité, des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et des populations locales. Une synergie que la Douane entend renforcer, dans un contexte où les réseaux frauduleux deviennent de plus en plus organisés.

À la tête de l’administration douanière depuis un an, le directeur général assure que son engagement reste total, en cohérence avec les orientations des autorités de transition, qui font de la lutte contre la fraude un axe central de leur politique économique et sécuritaire.

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