Burkina Faso : Vista Group et l’USFA unissent leurs forces pour offrir un avenir aux enfants des combattants

Sous le signe de la solidarité nationale et du devoir de mémoire, l’Union sportive des forces armées (USFA) a lancé ce mercredi 24 juin 2026 à Ouagadougou la troisième édition du « Camp Vacances Sport, Civisme et Secourisme ». Une initiative dédiée aux enfants des forces combattantes, notamment aux orphelins des militaires tombés au front, qui prend cette année une dimension encore plus large grâce à l’accompagnement renouvelé de Vista Group, sous l’impulsion de son président Simon Tiemtoré.

C’est dans une atmosphère chargée d’émotion, de reconnaissance et d’espoir que la cérémonie de lancement s’est tenue sur le terrain de l’USFA. Prévue du 22 juin au 17 juillet 2026, cette édition marque une nouvelle étape dans l’évolution d’un programme devenu au fil des ans un symbole fort de solidarité et d’encadrement en faveur des enfants des forces de défense et de sécurité.

Pour la première fois, le camp s’étend sur trois villes du pays : Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Kaya, traduisant la volonté des organisateurs de toucher un plus grand nombre d’enfants et de renforcer l’impact de cette initiative sociale et éducative.

Au total, 150 enfants participent à cette édition 2026. Durant plusieurs semaines, ils seront encadrés à travers un programme combinant activités sportives, apprentissage des gestes de premiers secours, éducation civique, culture du patriotisme et moments de loisirs. Un dispositif pensé pour favoriser leur épanouissement personnel tout en renforçant leur sens des responsabilités et leur esprit de solidarité.

Au cœur de cette dynamique, Vista Group s’impose une nouvelle fois comme un partenaire clé. Après une contribution de 15 millions de F CFA en 2025 et la prise en charge de plus de 100 enfants à hauteur de plus de 20 millions de F CFA, le groupe renouvelle son engagement pour l’édition 2026 avec une nouvelle contribution de 15 millions de F CFA, tout en reconduisant son programme d’accompagnement scolaire au profit des bénéficiaires.

Pour les organisateurs, cet engagement va bien au-delà d’un simple soutien financier ponctuel. Il s’inscrit dans une démarche de long terme visant à accompagner durablement les enfants des combattants dans leur parcours éducatif et leur développement personnel.

Représentant le président de Vista Group lors de la cérémonie, Laurent David Tiemtoré a rappelé que cette initiative relève d’une responsabilité sociétale assumée par le groupe, guidée par la volonté de contribuer à l’émergence d’une jeunesse épanouie et résiliente. Soutenir ces enfants, a-t-il expliqué, revient à prolonger le sacrifice de leurs parents en leur offrant des perspectives d’avenir.

Le Chef d’État-Major Général des Armées, le Général de brigade Moussa Diallo, également président du Conseil d’administration de l’USFA, a pour sa part salué la constance de Vista Group aux côtés des familles des combattants. Il a souligné que ce camp dépasse le cadre d’une simple activité de vacances pour devenir un symbole de reconnaissance nationale envers ceux qui ont consenti le sacrifice suprême pour la défense du Burkina Faso.

Au-delà des activités sportives et éducatives, cette troisième édition se veut ainsi un espace de transmission de valeurs, de résilience et d’espoir. En accompagnant ces 150 enfants, l’USFA et Vista Group entendent renforcer une chaîne de solidarité qui place l’éducation et l’encadrement de la jeunesse au cœur de la reconstruction sociale.

Dans ce cadre, le Camp Vacances Sport, Civisme et Secourisme s’affirme comme un lieu où se construit, pas à pas, une génération consciente, formée et engagée. Une génération à qui l’on tente d’offrir, malgré les épreuves, la possibilité de croire en l’avenir et de se projeter avec confiance dans le destin du Burkina Faso.

Gaoua : près de 6 000 plaquettes d’œufs détruites pour risque sanitaire et fraude commerciale

À Gaoua, dans la région du Djôrô au Burkina Faso, une importante opération de contrôle a conduit, ce mercredi 24 juin 2026, à la destruction de 5 936 plaquettes d’œufs, estimées à près d’un million de francs CFA. Une intervention menée par la Direction régionale de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, dans le cadre de la lutte contre la fraude et les pratiques commerciales illicites.

L’opération s’inscrit dans une dynamique de surveillance accrue des circuits de commercialisation, après la saisie, quelques jours plus tôt, lors d’une opération conjointe menée le vendredi 19 juin 2026 avec d’autres structures étatiques, d’une importante quantité d’œufs jugés suspects. Selon les informations communiquées par le ministère du Commerce, la marchandise provenait d’un pays voisin ayant officiellement déclaré un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène, la grippe aviaire H5N1.

Au-delà de la question de fraude commerciale, les autorités ont surtout mis en avant un enjeu sanitaire majeur. Les 5 936 plaquettes d’œufs, dont la valeur est estimée à plus de 13 900 000 FCFA, étaient transportées et stockées dans des conditions jugées totalement inappropriées. Une situation qui a renforcé les inquiétudes des services techniques.

C’est à la suite d’une inspection approfondie menée par la Zone d’Appui Technique de l’Élevage (ZATE) de Gaoua que la décision a été prise : la marchandise a été déclarée impropre à la consommation. Dans la foulée, les autorités ont procédé à sa destruction par enfouissement, conformément aux procédures en vigueur.

Les services compétents ont souligné la rigueur de cette intervention, présentée comme une mesure de protection de la santé publique et de lutte contre les produits dangereux sur les marchés locaux. Les autorités régionales ont par ailleurs indiqué que les contrevenants impliqués dans cette affaire répondront de leurs actes devant la justice.

Nuit des Galian 2026 : un article sur l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes sacré par la Fondation Babou Paulin Bamouni

À Ouagadougou, la 29ᵉ édition de la Nuit des Galian a été marquée par un moment fort de reconnaissance professionnelle, avec la mise en lumière du journalisme engagé au service du développement. À travers son prix spécial, la Fondation Internationale Babou Paulin Bamouni (FIBPB) a une nouvelle fois affirmé son attachement à la promotion d’une presse de qualité, utile et orientée vers les enjeux sociaux.

C’est dans la salle des banquets de Ouaga 2000, le 19 juin 2026, que la Fondation a procédé à la remise de sa distinction annuelle, le prestigieux Prix spécial « Babou Paulin Bamouni ». Doté d’un million de francs CFA, accompagné d’un trophée et d’une attestation, ce prix vise à encourager les journalistes dont les productions contribuent à l’information, à la formation et à l’éducation des citoyens.

Pour cette édition, le jury de la Fondation a examiné dix articles de presse avant de retenir celui du journaliste Boukary Bonkoungou, des Éditions Sidwaya. Son travail, intitulé « Entrepreneuriat des jeunes et des femmes : de zéro franc à de véritables businessmen », publié le 6 novembre 2025, a été particulièrement salué pour sa pertinence et sa qualité, obtenant la note de 82,6 sur 100.

La distinction, remise par la présidente de la Fondation, Céline Bamouni, s’est matérialisée par un chèque d’un million de francs CFA, un trophée et une attestation de reconnaissance. Un geste fort, qui traduit la volonté de la Fondation de récompenser le mérite tout en encourageant les journalistes à poursuivre un travail rigoureux, porteur de transformation sociale.

Ému par cette consécration, Boukary Bonkoungou a exprimé sa gratitude envers la Fondation Internationale Babou Paulin Bamouni pour la reconnaissance accordée à son travail. Il a souligné la portée symbolique de cette récompense, indiquant avoir déjà été distingué à trois reprises pour le même article, dont ce prix spécial qui vient renforcer sa fierté et sa motivation.

« J’ai remporté trois prix pour le même article dont le prix spécial Babou Paulin BAMOUNI qui me rend d’autant plus fier et je m’en réjouis. Merci à la Fondation internationale Babou Paulin BAMOUNI d’avoir reconnu mon mérite », a-t-il déclaré.

À travers cette initiative, la Fondation perpétue la mémoire de Babou Paulin Bamouni, journaliste et ancien Directeur de la Presse présidentielle, tué le 15 octobre 1987 lors du coup d’État ayant renversé le président Thomas Sankara. Figure du journalisme engagé de la période révolutionnaire, il incarnait une vision de la presse tournée vers l’éducation et l’émancipation des peuples.

En renouvelant chaque année son engagement en faveur de la presse écrite, la Fondation Internationale Babou Paulin Bamouni s’impose ainsi comme un acteur clé de la valorisation du journalisme responsable et de la promotion du développement au Burkina Faso.

Quand la science s’invite au cœur de la sécurité : la Police nationale burkinabè en quête de solutions endogènes

À Ouagadougou, du 24 au 26 juin 2026, la Police nationale burkinabè ouvre un nouveau chapitre de son histoire en organisant la toute première édition des journées scientifiques de la Police nationale. Derrière cet événement inédit, une ambition clairement affichée : repenser les méthodes de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée en s’appuyant sur des solutions endogènes, nourries par la science et la technologie.

Dans un contexte sécuritaire marqué par la montée de menaces multiformes et la sophistication des réseaux criminels, le ministère de la Sécurité estime que les approches classiques d’intervention ne suffisent plus. Il devient alors nécessaire de les compléter par des outils innovants, capables d’améliorer l’efficacité opérationnelle des forces de défense et de sécurité. C’est dans cette logique que ces journées ont été initiées à Ouagadougou, sous le thème : « Sciences, innovation et souveraineté technologique : quels leviers pour une police moderne et plus efficace ? », un intitulé qui traduit la volonté de faire de la recherche un véritable levier d’action sécuritaire.

Tout au long de ces rencontres, plusieurs communications viendront alimenter la réflexion collective. L’une portera sur la valorisation des résultats de la recherche scientifique au service de la sécurité des personnes et des biens, en mettant en lumière les passerelles possibles entre universités, centres de recherche et forces de sécurité. Une autre s’intéressera à l’innovation technologique endogène, en explorant le rôle que pourraient jouer les startups et les industries locales dans la conception de nouveaux équipements de terrain et dans l’optimisation de la logistique sécuritaire. Pour le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, la police scientifique ne peut plus rester en marge de cette évolution. Elle doit désormais occuper une place centrale dans l’architecture globale de la sécurité nationale. « Elle ne saurait être un simple service d’appui. Elle doit devenir un maillon vivant et déterminant de l’action policière, capable de soutenir l’enquête, d’orienter la décision opérationnelle et de renforcer l’efficacité de la réponse sécuritaire », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance stratégique des outils modernes tels que l’intelligence artificielle, l’exploitation des données, les systèmes d’information sécurisés ou encore les technologies de surveillance.

Dans cette dynamique, le ministre souligne que la maîtrise de ces technologies s’inscrit dans une ambition plus large : celle de bâtir une sécurité souveraine, intelligente et tournée vers l’avenir. Une vision qui rejoint les objectifs de la réforme de la police de proximité, destinée à améliorer la qualité du service public de sécurité, renforcer la confiance des populations et accroître la performance des forces sur le terrain.

Au-delà de la dimension technologique, ces journées scientifiques mettent également en lumière la nécessité de renforcer le capital humain et la recherche appliquée. Le ministre de la Sécurité insiste sur l’idée que la souveraineté technologique ne peut être atteinte sans une synergie entre les acteurs de la sécurité et le monde académique. Une conviction partagée par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, parrain de l’événement, qui voit dans cette initiative une opportunité de rapprocher la science des réalités sécuritaires. « Il est plus que temps que les chercheurs, les enseignants-chercheurs et tous les autres acteurs puissent travailler main dans la main avec la sécurité pour relever les nouveaux défis du moment », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation générale de la communauté scientifique et technologique autour des enjeux de sécurité nationale.

Dans le même esprit, le directeur général de la Police nationale, Thierry Dofizouho Tuina, a salué cette initiative qu’il considère comme un tournant stratégique pour l’institution. Selon lui, l’intégration des avancées scientifiques et technologiques constitue désormais une nécessité pour répondre efficacement à des menaces en constante évolution. Il a également précisé que les recommandations issues de ces journées scientifiques serviront de feuille de route pour la modernisation de la Police nationale, dans un contexte où l’adaptation des réponses opérationnelles devient urgente face à la complexité croissante des défis sécuritaires.

Ouagadougou rejette fermement la résolution du Parlement européen sur les libertés publiques

Le gouvernement burkinabè a exprimé une vive protestation contre la résolution adoptée le 18 juin 2026 par le Parlement européen, portant sur la situation des libertés publiques au Burkina Faso. Dans une note verbale adressée mercredi à la Délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, les autorités ont rejeté le texte avec « la plus grande fermeté ».

Cette réaction fait suite à la convocation, lundi, de l’ambassadeur de l’Union européenne, Philippe Bronchain, par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Celui-ci avait déjà exprimé la « désapprobation », la « déception » et le « dégoût » du gouvernement face à une résolution intitulée « Persistance de la répression de l’espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso ».

Dans sa note diplomatique, le ministère qualifie le document européen d’« ingérence inacceptable » dans les affaires intérieures du pays. Il estime que la résolution repose sur des « informations erronées » et dénonce une méconnaissance des efforts entrepris par le Burkina Faso dans la lutte contre l’insécurité.

Ouagadougou affirme par ailleurs que la crise sécuritaire actuelle dans le Sahel trouve ses origines dans la déstabilisation de la Libye en 2011, et souligne les conséquences durables de l’intervention militaire de l’OTAN dans la région.

Le gouvernement met également en avant les efforts conjoints des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), estimant que des avancées significatives ont été réalisées dans la reconquête du territoire et la lutte contre les groupes armés.

Tout en réaffirmant sa volonté de maintenir un dialogue « franc et respectueux » avec l’Union européenne, les autorités burkinabè avertissent que celui-ci ne peut se poursuivre dans un climat de « condescendance » ou d’« injonctions ». La résolution est ainsi déclarée « nulle et de nul effet ».

De son côté, l’ambassadeur Philippe Bronchain a indiqué avoir pris note de la position des autorités burkinabè et s’est engagé à transmettre leur message aux instances compétentes de l’Union européenne.

Burkina Faso : cinq morts dans une inondation à Houndé

Cinq personnes ont perdu la vie à Houndé, dans le centre-ouest du Burkina Faso, à la suite d’une inondation survenue dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juin 2026. L’information a été rendue publique par la Brigade nationale de sapeurs-pompiers (BNSP) à travers un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Selon les services de secours, la Sixième Compagnie d’Incendie et de Secours (CIS6), basée à Boromo, est intervenue sur les lieux après avoir été alertée de la situation. La localité de Houndé se trouve à environ 79 kilomètres de Boromo.

Les fortes précipitations ont provoqué des inondations ayant entraîné plusieurs cas de noyade. Dès leur arrivée, les sapeurs-pompiers ont procédé à la mise en sécurité des personnes exposées au danger ainsi qu’à l’évacuation des eaux qui avaient envahi les habitations et autres infrastructures touchées.

Au total, cinq corps sans vie ont été repêchés par les équipes de secours. Les victimes, âgées de 15 à 30 ans, se composent de quatre garçons et d’une fille, selon les précisions fournies par la BNSP.

Face à ce drame, les sapeurs-pompiers ont appelé les populations à une vigilance accrue en cette période de fortes pluies. Ils recommandent d’éviter les zones à risque d’inondation et de respecter strictement les consignes de sécurité afin de prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.

Cet incident rappelle une fois de plus la vulnérabilité de certaines localités face aux aléas climatiques, notamment en saison des pluies, où les risques d’inondation restent élevés dans plusieurs régions du pays.

Burkina Faso : 23 enfants sauvés d’un réseau de trafic vers les sites d’orpaillage

La vigilance des forces de sécurité burkinabè a permis de déjouer une tentative de trafic de vingt-trois enfants mineurs, destinés à être acheminés vers des sites d’orpaillage en Côte d’Ivoire, au Mali et en Guinée. Une opération qui met en lumière la persistance des réseaux de traite et l’intensification des efforts de lutte contre l’exploitation des enfants dans la sous-région.

L’affaire remonte au mardi 23 juin 2026, lorsque les éléments de la Brigade territoriale de Mogtédo, dans le cadre de contrôles de routine sur les axes routiers, ont intercepté plusieurs minicars de transport en commun. À bord des véhicules, les gendarmes découvrent vingt-trois enfants âgés de 12 à 15 ans, visiblement en déplacement hors de leur localité d’origine.

Très vite, les vérifications menées sur place permettent d’établir la véritable destination du groupe. Les enfants étaient en réalité en partance pour des sites aurifères situés en Côte d’Ivoire, au Mali et en Guinée, où ils devaient être exploités dans des conditions jugées particulièrement préoccupantes.

Les premières investigations ouvrent rapidement la piste d’un réseau organisé. Six individus de nationalité burkinabè sont identifiés comme étant impliqués dans le convoyage des mineurs. Saisie du dossier, la justice, à travers le Procureur du Faso, ordonne leur présentation devant les autorités judiciaires afin qu’ils répondent de leurs actes.

Dans la foulée de l’opération, les enfants ont été pris en charge par les services de l’Action sociale, mobilisés pour assurer leur protection, leur accompagnement et leur réinsertion temporaire. Cette prise en charge d’urgence vise à les soustraire à toute forme de vulnérabilité et à prévenir toute tentative de reprise par les réseaux de traite.

Au-delà du succès opérationnel, cette intervention met en évidence la coordination entre les forces de défense et de sécurité, les autorités judiciaires et les services sociaux dans la lutte contre la traite des personnes. Elle illustre également la persistance de réseaux transfrontaliers exploitant la précarité des familles et l’attrait des sites d’orpaillage pour organiser le déplacement clandestin de mineurs.

La Gendarmerie nationale, saluant l’efficacité de ses unités déployées sur le terrain, appelle par ailleurs la population à maintenir un haut niveau de vigilance. Elle encourage les citoyens à signaler toute situation suspecte impliquant des enfants, soulignant que la coopération communautaire demeure un levier essentiel dans la prévention et la lutte contre ce type de criminalité.

Niger : le retrait de la CPI officialisé, un tournant judiciaire majeur au sein de l’AES

Neuf mois après avoir annoncé son intention de s’affranchir de la Cour pénale internationale (CPI), le Niger a franchi une étape décisive en déposant officiellement son acte de retrait. La décision, désormais actée, ne prendra toutefois effet qu’en juin 2027, conformément aux règles du Statut de Rome. Elle fait du Niger le premier pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) à formaliser sa rupture avec l’institution judiciaire internationale.

Selon un communiqué publié le 23 juin 2026 par la CPI, basée à La Haye aux Pays-Bas, la notification de retrait a été reçue par le Secrétaire général des Nations unies le 18 juin 2023, en tant que dépositaire du traité fondateur de la Cour. Conformément aux dispositions juridiques en vigueur, le retrait ne produira ses effets qu’un an après la notification officielle, laissant au Niger jusqu’en 2027 pour honorer ses engagements actuels vis-à-vis de la juridiction internationale.

Cette décision s’inscrit dans une dynamique politique plus large de remise en cause des institutions internationales par plusieurs pays de la région. En septembre 2025, le Niger, le Mali et le Burkina Faso, regroupés au sein de l’AES, avaient déjà exprimé leur volonté commune de ne plus reconnaître l’autorité de la CPI, qu’ils qualifient d’« instrument de répression néocolonialiste ». Le retrait nigérien vient ainsi concrétiser, pour la première fois, cette position collective sur le plan juridique.

Dirigé par le Général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger devient ainsi le premier État de l’AES à transformer cette posture politique en acte officiel de désengagement international.

Dans sa notification transmise aux Nations unies, Niamey dénonce des « détournements » et des « instrumentalisations » de la Cour, des accusations régulièrement formulées par plusieurs gouvernements africains à l’encontre de l’institution pénale internationale.

De son côté, la CPI a exprimé son regret face à cette décision, tout en rappelant que le Niger demeure juridiquement tenu de coopérer avec elle jusqu’à l’entrée en vigueur effective de son retrait, prévue en juin 2027. Cette période transitoire maintient donc le pays dans le champ d’application du Statut de Rome, notamment pour les obligations liées aux enquêtes et procédures en cours.

Créée en 2002 et installée à La Haye, la Cour pénale internationale demeure chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes d’agression, lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas agir.

AES-CEDEAO : À Ouagadougou, les bases d’un nouveau cadre de dialogue régional en construction

À Ouagadougou, la diplomatie sahélienne et ouest-africaine s’est engagée dans une séquence délicate mais stratégique. Du 23 au 25 juin 2026, la capitale burkinabè accueille un atelier consacré à l’élaboration d’un document-cadre destiné à structurer les futures consultations entre la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

L’ouverture des travaux, intervenue dans la soirée du 23 juin, a été placée sous la présidence du secrétaire général du ministère burkinabè des Affaires étrangères, l’ambassadeur Yirigouin Hermann Toé, dans un contexte où les équilibres régionaux se redessinent progressivement.

Dans les salles de travail, diplomates, experts et hauts fonctionnaires venus des différentes délégations s’attellent à une tâche commune : définir une base de discussion structurée pour les futurs échanges entre les deux ensembles régionaux. L’enjeu dépasse la simple coopération technique. Il s’agit de poser les fondations d’un cadre d’orientation capable d’encadrer des discussions sur des sujets sensibles et structurants, allant de l’intégration régionale à la libre circulation des personnes et des biens, en passant par la coopération économique et les questions de sécurité.

Au fil des interventions, les participants s’accordent sur la nécessité d’identifier des priorités stratégiques susceptibles de consolider les relations entre l’AES et la CEDEAO. L’objectif affiché est de favoriser un dialogue construit sur le respect mutuel, tout en tenant compte des intérêts des populations de l’espace ouest-africain et sahélien. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de structuration progressive d’un cadre de négociation plus lisible et plus stable entre les deux ensembles.

Au-delà des aspects techniques, les discussions traduisent également une ambition politique plus large. Les représentants de la Confédération AES réaffirment leur volonté de promouvoir une approche concertée dans leurs relations avec les organisations régionales, tout en consolidant une vision d’un espace sahélien souverain, stable et tourné vers une coopération jugée bénéfique pour les populations. Dans cette dynamique, les échanges en cours doivent permettre de dégager une position commune sur les grands enjeux régionaux.

En attendant les conclusions prévues pour le 25 juin, les différentes délégations saluent les avancées institutionnelles déjà enregistrées dans la structuration de la Confédération AES, présentée comme un acteur désormais installé dans le paysage diplomatique régional et international. Cette montée en puissance est attribuée à une meilleure coordination de l’action diplomatique et à un renforcement progressif des mécanismes de coopération bilatérale et multilatérale.

Cette rencontre de Ouagadougou intervient dans un contexte diplomatique marqué par une multiplication des initiatives de rapprochement entre les deux espaces. La CEDEAO a récemment désigné un médiateur auprès de l’AES, chargé de favoriser un dialogue continu. À ce titre, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a reçu en audience, le 25 mai 2026 à Ouagadougou, l’envoyé de l’organisation régionale, Lansana Kouyaté, qui a insisté sur la nécessité de préserver la coopération et d’encourager un dialogue constructif.

Quelques semaines plus tôt, le 20 avril 2026, le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, s’était également rendu à Ouagadougou dans une démarche similaire, illustrant l’intérêt croissant des acteurs continentaux pour l’apaisement et la consolidation des relations entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel.

Dans ce contexte, l’atelier en cours apparaît comme une étape supplémentaire dans un processus encore en construction, où chaque avancée vise à définir les contours d’un futur cadre de coopération entre deux espaces appelés à repenser leurs relations dans un environnement régional en mutation.

Burkina Faso : deux prédicateurs interdits d’activités religieuses, une association suspendue

Le gouvernement burkinabè poursuit son offensive contre ce qu’il considère comme des dérives dans le secteur religieux. Quelques jours seulement après l’adoption d’une nouvelle loi encadrant les libertés religieuses, les autorités ont décidé d’interdire de prédication deux responsables religieux et de suspendre une association confessionnelle, invoquant la nécessité de préserver la cohésion sociale et de prévenir les discours susceptibles de fragiliser le vivre-ensemble.

À travers un premier arrêté, le ministère en charge de l’Administration territoriale a interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute activité de prêche, de prédication et d’enseignement religieux à Omar Sankara, âgé de 41 ans et originaire de Ouagadougou. Les autorités lui reprochent la diffusion de propos qualifiés de radicaux, estimant qu’ils sont de nature à compromettre la cohésion sociale et les relations harmonieuses entre les différentes composantes de la société burkinabè.

Une décision similaire a été prise à l’encontre d’Idrissa Sawadogo, 53 ans, natif de Bokin Song-Naba. Selon les autorités, ses discours présentent également des risques pour la paix sociale et pourraient porter atteinte à la stabilité du pays. Les deux mesures s’appliquent sur l’ensemble du territoire national et leur exécution sera suivie par la Direction générale des affaires religieuses, coutumières et traditionnelles.

Dans le même élan, le gouvernement a frappé une organisation confessionnelle. Par un troisième arrêté, l’association « Tabernacle des fils du Royaume du Saint-Esprit », officiellement reconnue depuis mai 2020, a été suspendue pour une durée de trois mois renouvelables. Les autorités justifient cette décision par plusieurs griefs, notamment le non-renouvellement de ses organes dirigeants. Elles évoquent également des faits présumés de dépravation des mœurs ainsi que des soupçons de blanchiment de capitaux, sans apporter davantage de précisions à ce stade.

Selon les documents consultés par APA, ces différentes décisions ont été transmises aux principales autorités concernées, notamment au Premier ministre, au ministère chargé de la Sécurité, aux gouverneurs des régions ainsi qu’au Front associatif islamique du Burkina (FAIB).

Cette série de sanctions intervient dans un contexte marqué par un durcissement du cadre réglementaire relatif aux pratiques religieuses. Le 20 juin dernier, l’Assemblée législative de transition a adopté une nouvelle loi sur les libertés religieuses. Le gouvernement présente ce texte comme un instrument destiné à prévenir les abus liés à l’exercice du culte, à lutter contre les discours extrémistes et à renforcer la cohésion nationale dans un environnement sécuritaire toujours sensible.

Ce n’est d’ailleurs pas la première mesure de ce type prise ces dernières semaines. Début juin, les autorités avaient déjà suspendu pour trois mois deux organisations de la société civile islamique, invoquant des manquements aux dispositions réglementaires en vigueur.

À travers ces différentes décisions, l’exécutif burkinabè affiche sa volonté de renforcer le contrôle du secteur religieux tout en affirmant vouloir préserver la laïcité de l’État et consolider l’unité nationale face aux défis sécuritaires et sociaux auxquels le pays demeure confronté.