Mali : un avion militaire effectue un atterrissage forcé près de Tombouctou sans faire de victime

Un incident aérien s’est produit lundi 17 août 2026, en début d’après-midi, près de l’aéroport de Tombouctou. Un Beechcraft 1900C exploité par l’Armée de l’Air malienne a dû effectuer un atterrissage forcé, à environ deux kilomètres de la piste, alors qu’il venait de décoller pour une mission de liaison de routine.

À bord de l’appareil se trouvaient 19 personnes, dont trois membres d’équipage et 16 passagers. Trois enfants figuraient parmi les passagers. Malgré l’urgence de la situation, aucune victime n’a été enregistrée. Selon l’Armée malienne, la maîtrise des pilotes et l’application immédiate des procédures d’urgence ont permis de maintenir le contrôle de l’appareil. L’équipage a finalement réussi à le poser sur un terrain dégagé situé à proximité de la zone de décollage.

L’atterrissage forcé n’a pas non plus fait de victime au sol. Les autorités militaires indiquent qu’aucun civil présent dans les environs n’a été touché. Dès l’alerte donnée, les équipes de secours et de sécurité ont été dépêchées sur place afin de sécuriser le périmètre et l’aéronef. Les premières constatations orientent les recherches vers une défaillance mécanique. Une avarie aurait affecté l’un des deux moteurs de l’appareil peu après le décollage. Cette panne aurait contraint les pilotes à effectuer la manœuvre d’urgence.

Une enquête a immédiatement été ouverte pour déterminer avec précision les circonstances de l’incident et en établir les causes. Les investigations devront notamment permettre de préciser l’origine de l’avarie ayant conduit à l’atterrissage forcé.

En annonçant l’incident, l’Armée malienne a également voulu rassurer la population sur la poursuite de ses opérations. Elle affirme que cet événement ne remet pas en cause la capacité de ses forces à poursuivre leurs missions au service de la Nation.

Burkina Faso : les Nations Unies salue la vision du gouvernement en faveur de la souveraineté et du développement endogène

La coopération entre le Burkina Faso et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entend franchir une nouvelle étape. À Ouagadougou, lundi 17 août 2026, l’Administrateur adjoint du PNUD, Haoliang Xu, a salué la vision portée par les autorités burkinabè et leur volonté de privilégier la souveraineté et le développement endogène.

En visite au Burkina Faso après un passage au Mali et au Niger, le responsable onusien a été reçu par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Cette rencontre devait permettre au représentant du PNUD de mieux cerner les priorités nationales et d’examiner les moyens de renforcer l’appui de l’organisation au pays.

Haoliang Xu a notamment placé sa visite sous le signe du plan RELANCE, élaboré par le gouvernement burkinabè. Il entend échanger avec les autorités sur les moyens d’accompagner la mise en œuvre de ses objectifs et de répondre aux aspirations de la population. Pour l’émissaire onusien, ce programme traduit une orientation stratégique claire et réaliste, tout en mettant en évidence les opportunités du pays et les défis auxquels il reste confronté.

Le responsable du PNUD a ainsi insisté sur la nécessité d’une action collective conduite sous l’impulsion des autorités burkinabè. L’objectif affiché est de faire correspondre davantage les interventions de l’agence onusienne aux priorités définies par le gouvernement dans le cadre du plan RELANCE.

De son côté, Karamoko Jean Marie Traoré s’est félicité de cette visite, estimant que la présence des partenaires internationaux sur le terrain permet de mieux comprendre les réalités vécues par les populations. Selon lui, le contact direct offre la possibilité de confronter les informations contenues dans les rapports à la situation réelle, puis d’adapter les approches et les réponses proposées.

Le chef de la diplomatie burkinabè a également appelé à maintenir une coopération fondée sur l’écoute, le dialogue et la sincérité. Pour Ouagadougou, l’enjeu est notamment de faire en sorte que les interventions du PNUD soient effectivement alignées sur les priorités nationales et les orientations du plan RELANCE.

La rencontre a par ailleurs permis au ministre burkinabè de soulever la question des mécanismes de classement des pays. Karamoko Jean Marie Traoré souhaite que les potentialités propres à chaque État soient davantage prises en compte, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des standards dont les résultats ne correspondent pas toujours aux réalités du terrain.

La mobilisation des ressources constitue également un autre défi du partenariat. Les deux parties devront renforcer leur collaboration dans ce domaine, tout en accordant une attention particulière à la communication autour des actions entreprises et de leurs effets concrets sur les populations.

À travers cette rencontre, le Burkina Faso et le PNUD affichent donc leur volonté de poursuivre leur collaboration, avec une priorité donnée aux besoins définis au niveau national et à la recherche de réponses davantage adaptées aux réalités du pays.

Zambie : la Commission électorale suspend le dépouillement après des violences

Le lendemain des élections présidentielle et législatives en Zambie, le processus électoral connaît un coup d’arrêt. La Commission électorale a annoncé ce vendredi 14 août 2026 la suspension provisoire du dépouillement des suffrages, après plusieurs incidents violents signalés dans différentes régions du pays.

Près de 8,7 millions d’électeurs étaient inscrits pour participer au scrutin. Mais alors que les bulletins devaient désormais être comptabilisés, la Commission électorale a décidé de suspendre les opérations sur l’ensemble du territoire.

Selon le responsable électoral Brown Kasaro, cette décision fait suite à des violences visant notamment des agents chargés du processus électoral. La situation serait également marquée par le vol, dans certaines localités, d’urnes contenant des « bulletins déjà marqués ». Des faits qui viennent renforcer les incertitudes autour de la suite du processus.

La Commission dispose désormais d’un délai de 24 heures pour réévaluer la situation et décider des conditions permettant éventuellement de reprendre le dépouillement. Sur le terrain politique, la présidentielle oppose le chef de l’État sortant Hakainde Hichilema, au pouvoir depuis 2021, à Brian Mundubile. Âgé de 55 ans, ce dernier a notamment occupé les fonctions de ministre sous l’ancien gouvernement du Front patriotique.

Quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote jeudi, Brian Mundubile avait déjà revendiqué la victoire. Hakainde Hichilema a, de son côté, adopté une attitude plus prudente. Le président sortant a qualifié les premières tendances de « encourageantes », tout en appelant ses partisans à conserver leur calme et à attendre les résultats officiels.

Le scrutin concernait également le renouvellement de l’Assemblée nationale. À cette occasion, le nombre de sièges doit passer de 156 à 226 députés.

Cette élection intervient dans un contexte économique particulièrement difficile pour les Zambiens. Durant la campagne, le coût de la vie, le pouvoir d’achat et les difficultés économiques du pays ont occupé une place centrale dans les débats.

Les résultats officiels de l’élection présidentielle sont pour l’instant attendus lundi. Mais la suspension du dépouillement vient déjà compliquer le processus et accroître la tension entre les différents camps.

La Commission électorale est désormais confrontée à un double enjeu : rétablir rapidement les conditions nécessaires à la reprise des opérations et préserver la crédibilité du processus jusqu’à la proclamation des résultats définitifs.

Burkina Faso : 40 journalistes en immersion à l’Académie de Police ont reçu la visites d’une délégation ministérielle

À l’Académie de Police de Pabré, une quarantaine de professionnels des médias vivent une expérience particulière. Engagés dans une formation civique et sécuritaire, les journalistes de la première cuvée en immersion ont reçu, jeudi 13 août 2026, la visite de deux membres du gouvernement burkinabè.

Le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, et son homologue de la Sécurité, Mahamoudou Sana, se sont rendus auprès des stagiaires pour leur adresser leurs encouragements. Cette visite intervient alors que les 40 professionnels de médias poursuivent leur parcours de formation au sein de l’institution.

Derrière cette immersion se trouve une ambition plus large : rapprocher les journalistes des réalités liées aux questions de sécurité et renforcer leur compréhension du contexte dans lequel ils exercent leur métier. L’initiative vise également à contribuer à la résilience nationale et à encourager une approche plus responsable dans le traitement et la diffusion de l’information.

Pour les autorités, cette démarche doit permettre de consolider la collaboration entre les professionnels des médias et les acteurs de la sécurité intérieure. Les deux ministres ont ainsi salué l’engagement des journalistes dans ce processus d’apprentissage, tout en insistant sur l’importance d’une communication sécuritaire mieux maîtrisée.

Face aux hommes et femmes de médias, le ministre chargé de la Communication a notamment rappelé les exigences fondamentales liées à la profession journalistique. « Un journaliste professionnel est un journaliste qui respecte les trois principes à savoir la collecte, le traitement et la diffusion de l’information », a déclaré Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.

Dans son intervention, il a également replacé cette formation dans le contexte national actuel, appelant les professionnels des médias à prendre part à l’effort collectif. « Nous sommes dans un contexte de Révolution progressiste populaire et nous devons agir, nous devons également nous engager. Nous attendons donc cela de vous », leur a-t-il lancé.

Cette immersion à l’Académie de Police de Pabré constitue ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre médias et forces de sécurité intérieure. À travers cette initiative, les autorités burkinabè souhaitent favoriser une meilleure compréhension des enjeux sécuritaires et renforcer la responsabilité des acteurs chargés d’informer les populations.

Le Burkina Faso et le Burundi signent quatorze accords pour élargir leur coopération à plusieurs secteurs

À Bujumbura, les relations entre le Burkina Faso et le Burundi franchissent un nouveau cap. La première session de la Commission mixte de coopération entre les deux pays s’est achevée jeudi 13 août 2026 par la signature de quatorze accords destinés à donner une nouvelle dimension aux relations bilatérales.

Les ministres des Affaires étrangères des deux États ont paraphé les différents textes au terme des travaux. Les engagements couvrent un large éventail de domaines, traduisant la volonté de Ouagadougou et de Bujumbura d’élargir leur coopération au-delà des échanges diplomatiques.

L’agriculture et l’élevage figurent notamment parmi les secteurs concernés. Les deux pays ont également conclu des accords dans les domaines de la sécurité, de la protection civile, des services aériens et de la santé. L’emploi, le travail et la protection sociale, la jeunesse et le sport sont aussi intégrés à ce nouveau cadre de coopération.

Les engagements s’étendent par ailleurs à la prévention des risques et à la gestion des catastrophes. L’enseignement technique et professionnel, l’enseignement supérieur et la recherche font également partie des domaines retenus. Les deux États ont enfin prévu la reconnaissance réciproque des permis de conduire. Un autre accord porte sur la circulation des personnes. Il prévoit la suppression des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques, de service et ordinaires des deux pays.

Pour le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, ces signatures ne constituent toutefois qu’une première étape. Il considère la Commission mixte comme un véritable mécanisme de pilotage des relations entre les deux États.

« Une Commission mixte n’est pas une simple formalité diplomatique. C’est un outil de gouvernance de la coopération », a-t-il déclaré, selon le communiqué du ministère burkinabè des Affaires étrangères.

Du côté burundais, le ministre des Affaires étrangères, Edouard Bizimana, a insisté sur la nécessité de transformer rapidement les engagements en réalisations concrètes. Il a notamment appelé à accélérer l’application des accords, à encourager les investissements réciproques et à développer davantage les relations entre les opérateurs privés burkinabè et burundais.

Pour assurer le suivi de ces engagements, les deux délégations ont convenu de créer des comités sectoriels. Ces structures auront pour mission de suivre la mise en œuvre des différents accords conclus à Bujumbura.

À travers cette première Commission mixte de coopération, Ouagadougou et Bujumbura cherchent ainsi à donner un contenu plus concret à la volonté affichée par les présidents Ibrahim Traoré et Évariste Ndayishimiye de développer une coopération Sud-Sud renforcée. Les quatorze accords constituent désormais le nouveau cadre de cette ambition commune.

Mali : 82 militaires détenus depuis avril ont été libérés par les groupes armés

Quatre-vingt-deux militaires maliens détenus depuis les attaques coordonnées du 25 avril ont retrouvé la liberté ce jeudi 13 août. L’annonce a été faite par l’état-major général des armées, qui n’a toutefois donné aucune précision sur les conditions ayant entouré leur remise en liberté. Dans un communiqué, l’armée assure que les soldats sont désormais « en sécurité » et pris en charge par les services compétents.

Selon Bamako, leur détention était liée à des groupes armés affiliés à la coalition présentée par les autorités maliennes comme regroupant le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement indépendantiste actif dans le nord du Mali. Pour l’état-major, cette libération est l’aboutissement d’un « processus engagé dès leur capture ».

L’armée évoque une planification ainsi qu’une mobilisation coordonnées, sans toutefois fournir davantage de détails. Aucun assaut, affrontement ou opération militaire de récupération n’est mentionné dans le communiqué. Le lieu où les militaires ont été libérés n’a pas non plus été précisé, pas plus que l’identité d’éventuels intermédiaires ou l’existence d’une quelconque contrepartie. Du côté du FLA, des sources proches du mouvement avancent plutôt des considérations sociales et humanitaires pour expliquer cette remise en liberté.

Cette version n’avait cependant pas encore fait l’objet, jeudi, d’une déclaration publique détaillée de la part du mouvement. La libération simultanée de 82 militaires laisse néanmoins apparaître l’existence d’un canal de contact, direct ou indirect, entre les différents protagonistes. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à l’ouverture d’un dialogue politique ou à l’existence de négociations formelles entre Bamako et les groupes armés opérant dans le nord du pays.

Cette évolution intervient par ailleurs dans un contexte régional marqué par un rapprochement entre le Mali et l’Algérie. Les deux pays ont rétabli leurs ambassadeurs et rouvert leurs espaces aériens le 10 juillet. Quelques jours plus tard, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga avait assuré qu’il n’existait « aucune rupture diplomatique » entre Bamako et Alger. Son homologue algérien, Sifi Ghrieb, l’avait ensuite invité à effectuer une visite de travail en Algérie. Aucun élément public ne permet cependant d’établir un lien entre Alger et la libération des militaires maliens.

Le dossier reste d’autant plus sensible que le FLA avait diffusé, le 31 juillet, une vidéo montrant plus de 200 membres des forces maliennes détenus. Le mouvement affirmait alors que ces prisonniers comprenaient notamment des militaires capturés le 25 avril lors de la prise de Kidal, ainsi que d’autres soldats faits prisonniers en juillet pendant les combats d’Anéfis et de Tabrichat. La remise en liberté annoncée ce jeudi constitue donc une avancée humanitaire significative pour les militaires concernés et leurs familles. Sa portée sur le plan politique reste toutefois à déterminer.

Elle dépendra notamment des informations qui pourraient être rendues publiques sur les conditions de leur libération et de l’évolution de la situation des autres militaires toujours détenus.

Faux billets Burkina Faso : les Douanes saisissent 60 millions de FCFA en monnaie contrefaite dans un bus à destination de Ouagadougou.

Le contrôle d’un bus de transport en commun a conduit les Douanes burkinabè à une découverte pour le moins préoccupante. Jeudi 13 août 2026, la Direction générale des Douanes a révélé la saisie de 12 kilogrammes de faux billets représentant une valeur nominale de 60 millions de francs CFA. Les coupures contrefaites étaient dissimulées dans un carton présenté comme contenant un « objet fragile ».

L’affaire remonte au 23 juillet, lorsque le bus, un Yutong immatriculé AS 8876 E-GH, avait été intercepté à Tenkodogo. Après les premières vérifications, les services douaniers avaient décidé de transférer le véhicule à Ouagadougou pour des contrôles complémentaires. Mais le trajet devait connaître un contretemps. Le bus est tombé en panne à Toécé, à environ 80 kilomètres de la capitale.

Le 25 juillet, il a alors été placé sous la garde de la gendarmerie et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) de Toécé. Une fois réparé, il a finalement rejoint la Direction générale des Douanes le 31 juillet. C’est à ce moment que les agents ont procédé à une fouille approfondie des différents colis transportés. Parmi eux, un carton portant la mention « objet fragile » a particulièrement retenu leur attention.

À l’intérieur se trouvaient des billets de 5 000 francs CFA. Les appareils de contrôle des Douanes ont rapidement établi qu’il s’agissait de fausses coupures. Au total, 12 kilogrammes de monnaie contrefaite ont été retirés de la circulation, pour une valeur nominale de 60 millions de francs CFA. Pour les autorités douanières, la découverte est d’autant plus préoccupante que l’introduction de fausse monnaie dans le circuit économique peut avoir des conséquences importantes.

La fouille ne s’est toutefois pas limitée aux billets contrefaits. Les agents ont également découvert plusieurs produits prohibés. Parmi les marchandises saisies figurent 99 plaquettes de Tapentadol, représentant trois kilogrammes et évaluées à 2 044 350 francs CFA. Les Douanes ont également retrouvé 360 plaquettes de Vasilium, d’un poids total de dix kilogrammes, pour une valeur estimée à 960 000 francs CFA. Dix boules de chanvre indien, pesant cinq kilogrammes, ont aussi été saisies. Leur valeur est estimée à 600 000 francs CFA.

À ces marchandises s’ajoutent le bus lui-même, évalué à 10 millions de francs CFA, ainsi qu’une déclaration IM8 datée du 22 juillet 2025 portant sur 761 colis divers, estimés à deux millions de francs CFA. L’ensemble représente une valeur marchande intérieure de 75 604 350 francs CFA, en incluant le véhicule et les marchandises concernées. Mais derrière cette importante saisie se pose désormais la question de l’origine et des propriétaires des produits découverts.

Le convoyeur avait expliqué aux agents que le bus transportait différentes marchandises. En revanche, lorsqu’il lui a été demandé d’identifier les propriétaires des produits prohibés, il n’aurait pas été capable d’apporter une réponse précise. Le propriétaire du véhicule, A.A. Tall, de nationalité malienne, s’est présenté pour fournir des explications. Il rejette toutefois toute responsabilité dans le transport des produits saisis.

Les enquêteurs devront donc reconstituer le parcours des marchandises, déterminer dans quelles circonstances elles ont été chargées et identifier leurs véritables propriétaires. Une mission qui pourrait être rendue plus difficile par l’absence du convoyeur et de l’apprenti. D’après les éléments communiqués par les Douanes, le propriétaire du bus les aurait renvoyés avant que la découverte des faux billets ne soit effectuée.

Pourtant, leur témoignage pourrait s’avérer déterminant pour comprendre les conditions dans lesquelles les colis ont été embarqués. Face à ces interrogations, le directeur général des Douanes, Dr Yves Kafando, a annoncé l’ouverture d’une procédure judiciaire. « Nous entendons ouvrir une procédure judiciaire », a-t-il déclaré, précisant que les faux billets et les produits prohibés seront conservés comme éléments matériels avant leur transmission au procureur.

Le responsable a également salué le professionnalisme des agents mobilisés dans cette opération. Il leur a demandé de maintenir un niveau de vigilance élevé face aux méthodes utilisées par les réseaux de fraude et de contrebande. Cette saisie met ainsi en lumière les enjeux liés au contrôle des marchandises qui circulent sur le territoire burkinabè. Elle rappelle surtout que derrière les trafics de produits prohibés se trouve également un risque plus large pour l’économie nationale, comme l’illustre la découverte de ces 60 millions de francs CFA en fausse monnaie.

Burkina-Nigeria : Ouagadougou et Abuja veulent accélérer leur coopération dans le numérique

À Ouagadougou, le Burkina Faso et le Nigeria veulent donner une nouvelle dimension à leur coopération dans le numérique. Le mercredi 12 août 2026, la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabané, a reçu son homologue nigérian, Bosun Tijani, ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique.

Cette rencontre de haut niveau marque une volonté commune de dépasser le stade des échanges pour engager des actions concrètes dans plusieurs domaines stratégiques. Au centre des discussions figuraient notamment la connectivité sous-régionale, l’intelligence artificielle, les infrastructures publiques numériques, la cybersécurité, mais aussi la formation des talents et le développement de l’écosystème des startups.

Cette rencontre prolonge les échanges engagés entre les deux ministres à Abuja, en marge de la 7ᵉ session ordinaire de la Conférence des plénipotentiaires de l’Union africaine des télécommunications, tenue du 16 au 24 juillet 2026. Pour Dr Aminata Zerbo/Sabané, le numérique et l’intelligence artificielle représentent désormais des leviers essentiels pour accélérer le développement socio-économique du continent et améliorer le quotidien des populations.

Mais pour transformer ces opportunités en résultats concrets, plusieurs obstacles doivent encore être surmontés. La ministre burkinabè a notamment cité les infrastructures de connectivité, le développement des compétences locales, la protection des données et la dématérialisation des services publics. Face à l’ampleur de ces défis, elle estime qu’aucun pays ne peut avancer efficacement seul. « Les défis qui sont les nôtres pour faire de la transformation digitale une réalité peuvent être difficilement relevés par chaque pays isolément », a-t-elle souligné, appelant ainsi à une mutualisation des efforts à l’échelle sous-régionale. Le ministre nigérian a, de son côté, salué le leadership technique de son homologue burkinabè.

Bosun Tijani a surtout insisté sur le potentiel que représente la jeunesse africaine, dans un continent considéré comme le plus jeune au monde. Pour lui, la technologie peut contribuer à renforcer les capacités productives, notamment dans l’agriculture, à mieux valoriser les ressources naturelles et à offrir de nouvelles perspectives aux jeunes innovateurs africains. Pour passer de cette ambition à l’action, la délégation nigériane a identifié quatre axes de coopération immédiats.

Le premier concerne les infrastructures et la connectivité numérique. Le Nigeria prépare notamment le projet « Pont », un réseau national de fibre optique en accès ouvert d’environ 90 000 kilomètres. Abuja souhaite connecter cette infrastructure aux frontières burkinabè afin d’améliorer la qualité, la résilience et l’accessibilité financière de l’Internet dans les deux pays.

Le deuxième axe porte sur l’intelligence artificielle et la valorisation des langues locales. Les deux États souhaitent s’appuyer sur des initiatives existantes, notamment N-ATLAS au Nigeria et la feuille de route nationale burkinabè consacrée à l’IA, afin de développer des solutions adaptées aux réalités, aux cultures et aux langues africaines. Dans cette perspective, le Centre national nigérian pour l’IA et la robotique devrait collaborer directement avec les équipes burkinabè.

Le troisième domaine concerne les infrastructures publiques numériques. Les deux pays envisagent notamment de partager leurs expériences en matière d’identité numérique et d’interopérabilité des systèmes.

L’objectif est de contribuer à moderniser les services publics tout en renforçant leur sécurité. Le quatrième axe vise les talents et l’entrepreneuriat numérique. Ouagadougou et Abuja veulent créer davantage de passerelles entre leurs programmes de formation afin d’offrir aux jeunes développeurs et aux porteurs de startups un environnement favorable à l’émergence de champions technologiques régionaux.

Les deux délégations souhaitent désormais sortir de leurs travaux avec des projets structurants et une feuille de route précise, accompagnée d’un calendrier de mise en œuvre. Au-delà des enjeux technologiques, les échanges se sont déroulés dans une atmosphère empreinte de convivialité.

La ministre burkinabè a notamment promis, avec humour, d’enrichir le vocabulaire francophone de son homologue nigérian avant la fin de son séjour. Derrière cette séquence chaleureuse se dessine toutefois une ambition plus large.

En consolidant leurs échanges dans le numérique, le Burkina Faso et le Nigeria posent les premiers jalons d’un axe technologique entre Ouagadougou et Abuja. Une coopération appelée à renforcer l’intégration numérique ouest-africaine et, potentiellement, à servir de référence pour d’autres pays de la sous-région.

Burkina-Burundi : une première Commission mixte ouvre la voie à de nouveaux accords de coopération

À Bujumbura, le Burkina Faso et le Burundi s’apprêtent à donner une nouvelle impulsion à leurs relations bilatérales. Ce jeudi 13 août 2026, les deux pays doivent franchir une étape importante avec la signature de nouveaux accords, à l’issue de leur première Commission mixte de coopération. Cette rencontre doit surtout traduire en engagements concrets la volonté des présidents Ibrahim Traoré et Evariste Ndayishimiye de bâtir une coopération Sud-Sud davantage structurée et mutuellement bénéfique.

La veille de cette échéance, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a été reçu par le président burundais Evariste Ndayishimiye. Au cours de l’entretien, le chef de la diplomatie burkinabè a salué la dynamique impulsée par les deux chefs d’État pour rapprocher Ouagadougou et Bujumbura. Il a également transmis au président burundais un message d’amitié et de fraternité de la part du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

En retour, Evariste Ndayishimiye l’a chargé de transmettre ses remerciements au dirigeant burkinabè pour le séjour « fructueux » effectué à Ouagadougou en avril dernier. Cette audience a également été l’occasion pour Karamoko Jean-Marie Traoré de revenir sur la démarche du président burundais envers les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). Evariste Ndayishimiye est notamment le premier président en exercice de l’Union africaine à s’être rendu dans l’espace sahélien afin de rencontrer directement les populations et les dirigeants et de mieux comprendre leurs réalités et préoccupations.

Pour le ministre burkinabè, cette démarche représente un geste important à l’égard du Sahel et constitue un signal adressé aux autres dirigeants du continent. Il a ainsi tenu à renouveler au chef de l’État burundais la reconnaissance du Burkina Faso pour cette initiative. Les échanges ont également porté sur la suite du processus de coopération. La délégation burkinabè a notamment recueilli les orientations d’Evariste Ndayishimiye concernant la mise en œuvre des accords qui doivent être conclus au terme de la Commission mixte.

Avant cette rencontre au palais présidentiel, Karamoko Jean-Marie Traoré avait eu un entretien avec son homologue burundais, Édouard Bizimana. Au ministère burundais des Affaires étrangères, les deux responsables ont réaffirmé leur volonté de consolider les relations d’amitié entre les deux pays. Ils ont également insisté sur la nécessité de donner une traduction concrète à la vision portée par leurs chefs d’État.

Le ministre burkinabè a salué le travail réalisé par les équipes du ministère burundais des Affaires étrangères dans la préparation de cette première Commission mixte, qui réunit les délégations des deux États à Bujumbura. Il a, dans le même temps, réaffirmé la volonté de son département de construire une coopération bilatérale plus concrète. L’ambition affichée est d’en faire un modèle de coopération Sud-Sud reposant sur des relations « plus solides, plus sincères, plus valorisantes et plus humanistes ».

La signature prévue ce jeudi doit ainsi constituer le point d’aboutissement de ces premiers échanges. Elle devrait permettre au Burkina Faso et au Burundi de transformer leurs orientations politiques communes en engagements précis dans plusieurs secteurs. À Bujumbura, cette première Commission mixte apparaît donc comme un nouveau cadre destiné à approfondir les liens entre les deux pays et à donner davantage de substance à leur coopération.

À Banfora, la jeunesse des Tannounyan célèbre sa journée autour du sport et de l’engagement patriotique

Les artères de Banfora ont pris, mercredi 12 août 2026, les couleurs de la Journée internationale de la jeunesse. Dans la région des Tannounyan, la célébration s’est voulue à la fois sportive, citoyenne et patriotique, avec un cross populaire de 2,1 kilomètres suivi d’une séance d’aérobic sur la Place de la Nation. Placée sous le patronage du gouverneur Patrice Yéyé et soutenue financièrement par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’initiative a rassemblé des jeunes, les Forces de défense et de sécurité, les Volontaires pour la défense de la patrie, ainsi que plusieurs composantes de la société.

Dès le départ du parcours, élèves, étudiants, travailleurs, acteurs de la société civile et représentants des corps constitués ont pris part à cette mobilisation. Après avoir parcouru les principales artères de Banfora, les participants se sont retrouvés à la Place de la Nation pour une séance d’aérobic. Au rythme de la musique et des mouvements collectifs, cette activité a prolongé le message de cohésion et de bien-être porté par la manifestation.

L’édition 2026 de la JIJ s’est tenue autour du thème : « Rôle, responsabilité et engagement de la jeunesse burkinabè dans la construction d’un espace confédéral souverain ». Une orientation qui rejoint les ambitions affichées dans le cadre de la Confédération des États du Sahel (AES). Représentant la ministre en charge des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, le gouverneur Patrice Yéyé a profité de l’occasion pour saluer l’engagement des différentes composantes de la jeunesse burkinabè.

Il a notamment cité les jeunes des campagnes et des villages, les élèves et étudiants, ceux en quête d’emploi, les travailleurs, ainsi que les jeunes engagés au sein des FDS, des VDP et des VADS. Dans son discours, il a également rappelé les différentes étapes de l’histoire politique du Burkina Faso au cours desquelles la jeunesse a joué un rôle important, de la reconstitution de la Haute-Volta entre 1932 et 1947 au soulèvement de 1966, en passant par la Révolution d’août 1983, l’insurrection de 2014 et l’avènement du MPSR 2 en septembre 2022.

Pour le gouverneur, cette trajectoire confère aux jeunes une responsabilité particulière dans la construction de l’avenir du pays. Il a également présenté les quatre principaux axes du Plan national de développement 2026-2030. Ceux-ci portent sur le renforcement de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix, la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance, le développement du capital humain à travers l’éducation et la formation, ainsi que le développement des infrastructures et la transformation durable de l’économie.

Patrice Yéyé a par ailleurs rappelé l’initiative « Jeunesse révolution en marche », lancée le 2 avril 2026 par le Premier ministre et présentée comme un levier d’engagement patriotique. En marge du cross et de l’aérobic, la célébration de la JIJ dans les Tannounyan doit également se poursuivre avec une activité de reboisement et un panel consacré au thème « Une vie de révolutionnaire ». À travers ces différentes activités, les organisateurs entendent donner une dimension plus large à cette journée consacrée à la jeunesse.

À Banfora, le sport aura ainsi servi de point de départ à un message plus vaste sur la responsabilité des jeunes dans la construction nationale et l’avenir de l’espace confédéral de l’AES.