Dèmè Sira : Coris Bank débloque 50 millions FCFA pour accompagner le retour des populations

Coris Bank International SA a remis un don de 50 millions de francs CFA au ministère de la Famille et de la Solidarité dans le cadre de la campagne nationale Dèmè Sira. Cette contribution servira notamment à financer des forages d’eau potable dans les localités accueillant des populations de retour.

 

Dans la dynamique de solidarité nationale portée par la campagne « Dèmè Sira », un nouveau soutien est venu renforcer les actions engagées en faveur des populations vulnérables. Ce vendredi 12 juin 2026, Coris Bank International SA a officiellement remis un chèque de 50 millions de francs CFA au ministère de la Famille et de la Solidarité, confirmant son engagement aux côtés des autorités dans les efforts de cohésion sociale et d’entraide.

Cette contribution s’inscrit dans le cadre de la campagne nationale de communication et de sensibilisation « Dèmè Sira », lancée le 13 novembre 2025 par la ministre de la Famille et de la Solidarité pour promouvoir les valeurs de solidarité sur l’ensemble du territoire.

Lors de la cérémonie, le secrétaire général du ministère et président du comité d’organisation de la campagne, Elie Zabsonré, a exprimé sa satisfaction face à la réponse apportée par l’institution bancaire. Il a salué la disponibilité de Coris Bank International SA, rappelant que l’établissement avait déjà manifesté son soutien à travers sa mutuelle lors de cette initiative nationale.

« C’est un sentiment de joie et de reconnaissance à l’endroit de Coris Bank International SA qui a été réceptive à notre appel lors de la campagne nationale Dèmè Sira », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette nouvelle contribution représente une aide majeure au regard des actions prévues sur le terrain. Il a souligné que les 50 millions de francs CFA seront prioritairement consacrés à la réalisation de forages destinés aux populations qui regagnent progressivement leurs localités d’origine, dans un contexte marqué par les avancées enregistrées par les forces de défense et de sécurité.

Pour le responsable ministériel, ces retours imposent la mise en œuvre d’actions concrètes afin d’accompagner la réinstallation des habitants. C’est dans cette logique que les infrastructures d’accès à l’eau potable ont été érigées au rang des priorités.

« C’est pourquoi nous avons inscrit les adductions d’eau potable comme une priorité afin de soulager ces nombreuses populations et d’accompagner leur réinstallation », a expliqué Elie Zabsonré, tout en lançant un appel à d’autres partenaires pour renforcer cet élan de solidarité face à l’importance des besoins.

Prenant la parole à son tour, la directrice générale de Coris Bank International Burkina SA, Gisèle Gumedzoe Ouédraogo, a salué les actions conduites par le ministère en faveur des couches les plus vulnérables et a rendu hommage à l’initiative Dèmè Sira, qu’elle considère comme un cadre permettant à tous les acteurs de la société de contribuer aux efforts nationaux.

« Il y a beaucoup d’efforts qui sont déployés, il y a beaucoup de résultats que nous avons constatés. Nous voulons encourager ces efforts », a-t-elle affirmé.

Elle a précisé que cette contribution financière s’inscrit dans la politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) de Coris Bank International SA et qu’elle vise spécifiquement le financement de forages dans les zones confrontées à des difficultés d’accès à l’eau potable.

Pour la dirigeante de la banque, l’eau représente bien plus qu’une ressource essentielle. Elle constitue un facteur de santé publique, un élément de cohésion sociale et un moteur de développement durable pour les communautés.

« Nous avons donc décidé d’investir dans ce levier et nous savons que cela sera utilisé à bon escient pour que les populations puissent en bénéficier et assurer leur développement », a-t-elle indiqué.

Déjà engagée dans plusieurs actions sociales à travers sa fondation, Coris Bank International SA a profité de cette cérémonie pour renouveler sa volonté d’accompagner durablement les initiatives destinées à améliorer les conditions de vie des populations burkinabè.

« Coris Bank International SA sera toujours là pour accompagner ces efforts », a assuré Gisèle Gumedzoe Ouédraogo.

Immigration clandestine : des centaines de migrants dont des ressortissants burkinabès secourus en route vers les Canaries

À chaque départ de pirogue, c’est le même scénario qui se répète le long des côtes ouest-africaines : l’espoir d’un ailleurs présenté comme un eldorado, et le risque permanent de ne jamais arriver à destination. L’immigration clandestine vers les îles Canaries continue de s’imposer comme l’une des routes les plus meurtrières du continent, malgré les opérations de surveillance renforcées et les appels répétés à la prudence.

 

Dans un contexte où les politiques publiques peinent à endiguer le phénomène, les chiffres donnent la mesure de l’urgence. Selon le média mauritanien L’Authentique, plus de 880 migrants ont été secourus en seulement huit jours, entre fin mai et début juin 2026, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’archipel espagnol. Une série d’opérations maritimes qui témoigne de l’intensité des départs depuis les côtes ouest-africaines et de la pression constante exercée sur les dispositifs de contrôle en mer.

Sur le terrain, les garde-côtes multiplient les interventions. Entre le 28 mai et le 4 juin, les secours se sont enchaînés. Trois premières pirogues en détresse ont permis de sauver 435 personnes au cours de la période du 28 au 30 mai. Le 31 mai, une nouvelle embarcation transportant 143 migrants a été localisée puis assistée par les autorités maritimes. Quelques heures plus tard, le 2 juin, 110 autres personnes ont été secourues alors que leur moteur était tombé en panne au large, les laissant dériver dans une mer agitée.

La série de sauvetages ne s’est pas arrêtée là. Le 6 juin au matin, les garde-côtes ont intercepté une autre pirogue transportant 193 migrants, partie de Banjul en Gambie. À bord, 27 femmes et 12 mineurs figuraient parmi les passagers. Le bilan est lourd : une femme a perdu la vie durant la traversée, tandis qu’un autre migrant a dû être hospitalisé en urgence, selon les informations rapportées par L’Authentique.

Derrière ces chiffres, une réalité humaine se dessine avec insistance. Les candidats à l’émigration viennent de plusieurs pays de la sous-région, illustrant la dimension profondément régionale de la crise. Sénégal, Gambie, Mali, Sierra Leone, Guinée, Côte d’Ivoire, Nigeria, Bénin ou encore Burkina Faso : autant de nationalités mêlées dans ces embarcations de fortune qui prennent la mer au péril de leur vie.

Face à cette situation, les autorités maritimes affirment agir dans le respect des conventions humanitaires et du droit international de la mer, tout en renforçant les dispositifs de surveillance. Mais malgré les contrôles, les patrouilles et la coopération internationale, les départs ne faiblissent pas. Chaque vague de secours rappelle ainsi une évidence : tant que les causes profondes de cette migration forcée ne seront pas résolues, la mer continuera de porter les espoirs, et parfois les drames, de milliers de candidats au départ.

Burkina Faso : un car de la compagnie TSR entièrement ravagé par les flammes sur la RN1

Un trajet ordinaire entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso a viré au drame matériel ce jeudi 11 juin 2026, lorsqu’un car de la compagnie TSR a été entièrement détruit par un incendie sur l’axe Boni-Pa, le long de la route nationale 1. Les images de la scène, rapidement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive émotion.

Selon les informations rapportées par Radio Dounia FM sur sa page Facebook, le véhicule a pris feu aux environs de 19 heures. Les flammes se sont propagées avec une telle intensité que le car a été totalement consumé, et ce, pour une cause encore inconnue à ce stade.

Dans son récit des faits, la même source précise toutefois que la situation aurait pu être bien plus grave. Grâce à une évacuation rapide, tous les passagers ont pu être extraits du véhicule à temps. Aucun décès ni blessé n’a été signalé, malgré l’ampleur des dégâts matériels constatés.

Pour l’heure, les circonstances exactes de cet incendie restent à éclaircir. Une enquête devrait permettre de déterminer les origines du sinistre qui a réduit en cendres le car de transport et interrompu brutalement son trajet sur l’un des principaux axes routiers du Burkina Faso.

Mali : Bamako mise sur une croissance de 6,5 % et une hausse des recettes fiscales d’ici 2029

À Bamako, les grandes orientations économiques des trois prochaines années sont désormais tracées. Réuni le 10 juin 2026, le Conseil des ministres a pris acte du Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (PBEP) 2027-2029, un cadre stratégique présenté par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, qui dessine les ambitions financières du Mali pour la période à venir.

Au cœur de cette feuille de route figure une hypothèse de croissance réelle moyenne de 6,5 % par an. Un pari qui sert de fondement à l’ensemble de la programmation et qui permet aux autorités d’envisager un coût moyen annuel des actions gouvernementales de 4 382,9 milliards de FCFA, traduisant l’ampleur des investissements publics projetés.

Le gouvernement entend également renforcer progressivement sa capacité à mobiliser les ressources internes. Selon le document, le taux de pression fiscale devrait atteindre 13,9 % en 2027, puis grimper à 14,7 % en 2028 avant d’atteindre 15,1 % en 2029. Sur l’ensemble de la période, la moyenne attendue s’établit ainsi à 14,6 %. Si ces niveaux restent inférieurs à l’objectif communautaire de 20 % fixé dans l’espace UEMOA, ils témoignent d’une volonté d’améliorer les recettes publiques.

Cette trajectoire budgétaire repose toutefois sur une condition essentielle : une amélioration de la situation sécuritaire du pays. Les projections du PBEP s’appuient également sur la poursuite des réformes fiscales et budgétaires déjà engagées, considérées comme des leviers indispensables pour soutenir la croissance et consolider les finances publiques.

À travers cette programmation, les autorités maliennes inscrivent leur action dans une vision de long terme. Le document s’aligne sur les orientations de « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », la vision stratégique nationale, ainsi que sur la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033, deux référentiels appelés à guider la transformation économique du pays au cours des prochaines décennies.

Industrie cimentière au Burkina : les producteurs échangent avec le ministre de l’Énergie

Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a reçu en audience, jeudi 11 juin 2026 à Ouagadougou, le nouveau bureau de l’Association des Cimentiers du Burkina (ACB). Une rencontre marquée par la présentation officielle de la nouvelle équipe dirigeante et par un échange approfondi sur les défis majeurs du secteur cimentier au Burkina Faso.

 

Conduite par son président Claude Kompaoré, également Directeur général adjoint de Ciments de l’Afrique (CIMAF), la délégation des industriels a dressé un état des lieux du secteur. Elle a rappelé que le pays dispose aujourd’hui d’une capacité de production estimée à 7,3 millions de tonnes de ciment par an, alors que la consommation nationale se situe autour de 4,5 millions de tonnes.

Malgré cet excédent apparent de capacité, les cimentiers font face à des difficultés persistantes qui freinent leur plein potentiel. Selon Claude Kompaoré, les principaux obstacles restent liés à l’approvisionnement en énergie ainsi qu’à la disponibilité des matières premières, notamment le clinker importé, indispensable à la fabrication du ciment.

Le président de l’ACB a toutefois salué les efforts entrepris par les autorités pour améliorer la situation énergétique du pays, estimant que ces initiatives ont contribué à réduire certaines tensions sur le marché. Il a également mis en avant les investissements réalisés par les industriels eux-mêmes, notamment dans les installations solaires et les groupes électrogènes, afin de sécuriser la production et limiter les interruptions.

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Dans cette dynamique, les cimentiers ont également annoncé plusieurs projets d’extension de leurs capacités industrielles. Parmi eux figure celui de CIMAF à Bobo-Dioulasso, qui prévoit d’augmenter sa production pour atteindre 1,5 million de tonnes par an, renforçant ainsi la présence industrielle dans l’ouest du pays.

Au-delà des questions de production, la délégation a aussi abordé la problématique de la valorisation des ressources locales. Aujourd’hui, les substances de carrière représentent entre 15 et 20 % des intrants utilisés dans la fabrication du ciment. L’ambition affichée par le secteur est de porter cette part à 35 %, voire 40 %, afin de réduire la dépendance aux importations et de renforcer l’intégration locale.

En réponse, le ministre Yacouba Zabré Gouba a rappelé le rôle stratégique du ciment dans le développement des infrastructures nationales, notamment dans le cadre de l’initiative Faso Mêbo, qui vise à accélérer la transformation des infrastructures à travers le pays.

Le ministre a également annoncé un renforcement imminent de l’offre énergétique nationale. Plusieurs projets en cours dans différentes localités, notamment à Ouagadougou, Komsilga, Pabré, Koudougou, Bobo-Dioulasso et Kaya, devraient permettre d’injecter près de 220 mégawatts supplémentaires dans le réseau électrique en 2026.

Réaffirmant la volonté du gouvernement d’accompagner le secteur privé, Yacouba Zabré Gouba a assuré les membres du nouveau bureau de l’ACB de sa disponibilité à poursuivre le dialogue et à soutenir le développement de l’industrie cimentière, considérée comme un pilier essentiel de la croissance économique nationale.

Mali : une vaste opération d’immatriculation des motos et tricycles pour renforcer le contrôle du territoire

À partir du 15 juin 2026, les propriétaires de motos et de tricycles non immatriculés seront appelés à régulariser leur situation. Dans un contexte marqué par le renforcement des mesures sécuritaires, le gouvernement malien a annoncé le lancement d’une opération spéciale d’immatriculation des engins motorisés à deux et trois roues sur l’ensemble du territoire national.

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère des Transports et des Infrastructures fait le constat d’un nombre important d’engins circulant sur la voie publique sans immatriculation et invite leurs propriétaires à se conformer aux règles en vigueur. Pour mener cette campagne, la Direction générale des Transports, ses services régionaux et subrégionaux ainsi que plusieurs centres dédiés seront mobilisés à travers le pays.

Cette initiative s’inscrit dans un cadre réglementaire déjà établi. L’arrêté n°2023-5150/MTI-SG du 29 décembre 2023 prévoit que tout véhicule automobile, matériel roulant agricole, engin de travaux publics ou miniers, motocyclette, tricycle ou quadricycle doit être doté d’un numéro d’immatriculation figurant sur un certificat valable cinq ans.

Depuis septembre 2024, le Mali a d’ailleurs engagé une réforme de ses plaques d’immatriculation. Les nouvelles plaques intègrent désormais la carte du Mali, les couleurs nationales, le sigle international « ML » ainsi que des indications permettant d’identifier la région, le cercle ou, dans le cas de Bamako, l’arrondissement de résidence du propriétaire. Selon les données de la Direction générale des Transports, 24 963 véhicules avaient déjà été immatriculés ou réimmatriculés entre le 22 septembre 2024 et le 28 février 2025.

L’enjeu dépasse le simple cadre administratif. Le marché malien des motocyclettes connaît une forte expansion. D’après les statistiques de Comtrade reprises par la Banque mondiale, la Chine a exporté vers le Mali environ 140 493 motos en 2024, pour une valeur estimée à 64,1 millions de dollars. Le pays asiatique devance le Togo, l’Indonésie et l’Inde parmi les principaux fournisseurs d’un marché où les motos et les tricycles occupent une place essentielle dans les transports urbains, ruraux et les activités commerciales.

L’annonce de cette opération intervient dans un contexte de durcissement des règles encadrant ces moyens de transport. Une semaine auparavant, les autorités avaient publié deux arrêtés interministériels datés du 3 juin, limitant l’usage et la commercialisation de certaines motocyclettes.

Le premier suspend, pour une durée d’un an renouvelable, l’importation, le transit, la vente, la commercialisation et la distribution gratuite des motos de 125 cm³ et plus, ainsi que de leurs accessoires. Les commerçants disposent d’un délai de 90 jours pour déclarer les stocks et les commandes en cours.

Le second arrêté interdit la circulation des motos de cette catégorie en dehors des grandes agglomérations. Selon les autorités maliennes, ces engins sont régulièrement utilisés par des groupes armés pour leurs déplacements dans les zones rurales et les espaces difficiles d’accès.

Confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire persistante, le Mali poursuit ainsi sa stratégie de contrôle des moyens de mobilité. Les attaques coordonnées du 25 avril ont conduit les autorités à renforcer la surveillance de plusieurs secteurs jugés sensibles.

Pour les usagers, cette nouvelle campagne d’immatriculation représente désormais un défi d’adaptation. Il leur faudra concilier les exigences de traçabilité sécuritaire imposées par l’État avec la nécessité de préserver l’accès aux services administratifs et la continuité des activités économiques qui reposent largement sur les deux et trois roues.

Coupe du monde 2026 : l’Afrique du Sud trébuche d’entrée face à un Mexique

L’Afrique du Sud espérait lancer avec éclat la campagne africaine de la Coupe du monde 2026. Première sélection du continent à entrer en lice dans cette édition historique marquée par la présence record de dix représentants africains, les Bafana Bafana ont finalement quitté la pelouse du stade Azteca avec une défaite 2-0 face au Mexique, jeudi, devant un public entièrement acquis à la cause des coorganisateurs.

 

Pendant une bonne partie de la rencontre, les Sud-Africains ont pourtant résisté aux offensives mexicaines et sont restés dans le match. Mais à l’approche de la pause, Julián Quiñones a trouvé l’ouverture et offert l’avantage au Mexique, faisant basculer une partie jusque-là équilibrée.

Au retour des vestiaires, les Bafana Bafana ont tenté de revenir, sans parvenir à inverser le cours du jeu. Raúl Jiménez a finalement doublé la mise, donnant un avantage plus confortable aux siens et rapprochant le Mexique d’un succès précieux pour son entrée dans la compétition.

La fin de match a encore assombri la soirée sud-africaine. L’expulsion de deux joueurs a laissé les hommes de Hugo Broos à neuf sur le terrain, réduisant définitivement leurs chances de réaction face à une équipe mexicaine portée par l’ambiance du stade Azteca.

Ce revers place déjà l’Afrique du Sud dans une position délicate dans le groupe A, où chaque point pèsera dans la lutte pour une qualification en huitièmes de finale. Les Bafana Bafana devront rapidement se ressaisir lors de leur prochaine sortie s’ils veulent préserver leurs ambitions dans cette Coupe du monde élargie à 48 équipes.

Cette édition 2026 restera quoi qu’il arrive un moment important pour le football africain. Grâce à l’élargissement du tournoi, dix sélections représentent le continent : le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, l’Algérie, le Ghana, le Cabo Verde, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la RD Congo. Jamais l’Afrique n’avait compté autant de représentants en phase finale d’un Mondial.

Pour le Mexique, en revanche, cette victoire inaugure idéalement une compétition organisée aux côtés des États-Unis et du Canada, offrant aux supporters locaux une première soirée de fête et un départ réussi dans ce Mondial 2026.

Mangue burkinabè : un succès mondial entre records d’exportation et fragilités climatiques

Le Burkina Faso s’affirme progressivement comme une référence mondiale dans l’exportation de mangues séchées biologiques. Une performance remarquable qui lui vaut aujourd’hui le statut de champion dans ce segment sur les marchés européens et nord-américains, selon le quotidien Sidwaya.

Derrière ce succès se dessine pourtant une filière confrontée à de multiples défis. Entre les effets du changement climatique, les exigences croissantes des certifications internationales et le vieillissement des vergers, la production reste sous pression. Malgré cela, la mangue biologique continue de générer des milliards de francs CFA de recettes et de faire vivre des milliers de producteurs, confirmant son rôle de moteur des exportations agricoles du pays.

La région des Hauts-Bassins occupe une place centrale dans cette dynamique. Véritable bassin de production, elle concentre près de 58 % des vergers nationaux. Sur une production annuelle estimée à 360 000 tonnes, plus de la moitié provient de cette zone de l’ouest du Burkina Faso, où les producteurs ont progressivement adopté des pratiques agricoles biologiques, sans recours aux pesticides ni aux engrais chimiques.

Ce choix a permis au pays de s’imposer sur un créneau de niche particulièrement exigeant. En 2025, environ 5 000 tonnes de mangues séchées biologiques ont été exportées vers l’Europe et l’Amérique du Nord, confirmant la montée en puissance du Burkina Faso sur ce marché spécialisé.

Pour les acteurs de la filière, cette position n’est plus à démontrer. « Le Burkina est le premier dans le monde en exportation de mangues séchées bio », affirme Eugène Millogo, président de l’Union nationale des producteurs de mangues du Burkina (UNPM-B), soulignant la reconnaissance internationale acquise par le secteur.

Cette performance repose également sur un tissu d’unités de transformation implantées notamment à Orodara, Bobo-Dioulasso et dans d’autres localités du pays. Des structures comme Faso Mangoro, Faso Global ou encore le Ranch du Koba assurent l’exportation annuelle de volumes importants de mangues fraîches, séchées ou transformées vers des marchés comme l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Slovaquie et les États-Unis.

Mais la campagne 2026 s’annonce particulièrement difficile. Les producteurs signalent une floraison précoce perturbée par l’harmattan et des épisodes de fortes chaleurs, entraînant une baisse significative des rendements. Plusieurs exploitants évoquent déjà l’une des saisons les plus compliquées de ces dernières années.

À ces contraintes climatiques s’ajoute un autre défi structurel : le vieillissement des vergers, dont 80 à 90 % auraient atteint un stade avancé de maturité. Parallèlement, le durcissement des normes internationales de certification biologique impose des ajustements constants aux producteurs et transformateurs.

Face à ces difficultés, les autorités ont engagé un programme de renouvellement des vergers dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique. L’objectif est de préserver la compétitivité de la filière et de maintenir la place du Burkina Faso sur un marché stratégique, où la mangue génère chaque année entre 18 et 20 milliards de FCFA de recettes d’exportation, contribuant ainsi au rayonnement économique du pays.

APSACO 2026 : à Rabat, dix ans de débats et une Afrique de l’Ouest toujours en recomposition sécuritaire

Dix ans après son lancement, l’African Peace and Security Annual Conference (APSACO) a ouvert sa dixième édition dans un contexte où les équilibres sécuritaires du continent africain continuent de se transformer en profondeur. Organisée par le think tank marocain Policy Center for the New South (PCNS), la rencontre se tient à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Salé, près de Rabat, et rassemble chercheurs, experts et responsables venus analyser les évolutions du paysage sécuritaire africain.

Placée sous le thème « Dix ans après : tendances, évolutions et continuités dans le paysage de la paix et de la sécurité en Afrique », cette édition 2026 est largement dominée par les débats autour des relations entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Deux ensembles régionaux dont les trajectoires récentes interrogent l’avenir de la coopération sécuritaire dans la sous-région.

Au cœur des discussions, les analystes ont mis en lumière les tensions, mais aussi les tentatives de redéfinition des cadres de coopération face à la persistance de l’insécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Entre critiques des mécanismes existants et appels à un dialogue renouvelé, les interventions ont reflété des lectures contrastées de l’impact de l’émergence de l’AES sur l’architecture régionale.

Pour Sampala Balima, directrice générale adjointe du Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso, la création de l’AES et le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao constituent l’un des faits majeurs de la dernière décennie sur le plan sécuritaire. Selon elle, cette évolution a profondément reconfiguré l’espace ouest-africain en deux ensembles distincts, marquant une nouvelle phase dans les dynamiques de défense et de coopération.

Une lecture que conteste Garba Abdoul Azizou, chercheur associé au CECRI-UCL et ancien conseiller spécial du président nigérien Mohamed Bazoum. Il estime que la création de l’AES n’a pas modifié en profondeur la nature des menaces sécuritaires auxquelles font face les États sahéliens. Pour lui, seule une coopération élargie associant les pays de l’AES, ceux de la Cédéao et les États du Golfe de Guinée pourrait répondre efficacement au caractère transnational des défis actuels.

Les échanges ont également porté sur l’efficacité des dispositifs régionaux existants face à l’expansion des groupes armés. Sampala Balima a distingué coopération sécuritaire et sécurité collective, estimant que le modèle défendu par la Cédéao n’a pas permis d’obtenir les résultats attendus dans la lutte contre le terrorisme. Elle considère que les crises successives au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont mis en évidence les limites de ce système.

Dans le même temps, elle souligne que l’AES repose elle aussi sur une logique de défense collective, créant ainsi une configuration inédite dans laquelle deux cadres sécuritaires coexistent au sein d’un même espace confronté à des menaces similaires.

Le professeur Sharkdam Wapmuk, de l’Académie de défense du Nigéria, a pour sa part plaidé pour un renforcement de l’intégration régionale, estimant que les États africains sont plus efficaces lorsqu’ils agissent ensemble. Il a appelé à la reprise du dialogue entre les différentes organisations afin de bâtir des mécanismes de coopération adaptés à des menaces devenues transnationales.

De son côté, le professeur de droit à l’Université de Nouakchott, Sidi Mohamed Sidi, a insisté sur la nécessité de repenser l’architecture régionale. Tout en reconnaissant le caractère inédit de l’expérience de l’AES, qu’il qualifie de forme de « néo-souverainisme », il estime que l’évolution des relations entre les États sahéliens et les organisations régionales sera déterminante pour la stabilité future de la région.

La possibilité d’un rapprochement entre l’AES et la Cédéao a également été évoquée. Pour Garba Abdoul Azizou, une coexistence entre les deux ensembles reste envisageable, voire une future convergence, à condition de distinguer les États des régimes politiques en place dans certains pays membres de l’AES.

Dans cet esprit, Sampala Balima a plaidé pour un dialogue permanent entre les deux organisations, estimant qu’aucune des deux structures ne devrait disparaître à court terme. Elle appelle à privilégier une coopération centrée sur les intérêts des populations, particulièrement affectées par l’insécurité persistante.

Malgré les divergences d’analyse, un consensus s’est dégagé parmi les intervenants : la menace terroriste en Afrique de l’Ouest demeure transnationale et impose une réponse collective combinant dimensions sécuritaire, politique et socio-économique.

La dixième édition de l’APSACO se poursuit jusqu’au 12 juin à Rabat, avec une série de panels consacrés aux enjeux de paix, de sécurité et de gouvernance sur le continent africain.

Burkina Faso : la production d’électricité progresse, portée par le solaire et une demande toujours croissante

Le ministère de l’Énergie a dévoilé, au cours de ce mois de juin 2026, les résultats de son bulletin statistique consacré au deuxième semestre 2025. Ce document dresse un état des lieux des secteurs de l’énergie, des mines et des carrières et met en évidence une progression de la production nationale d’électricité, dans un contexte où le pays poursuit ses efforts pour renforcer son autonomie énergétique.

Au cours du second semestre 2025, le Burkina Faso a produit 724,55 GWh d’électricité, soit une hausse de 10,35 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution traduit une amélioration de la capacité de production nationale, même si le mix énergétique reste largement dominé par les centrales thermiques, qui représentent 69,62 % de l’électricité produite.

Dans le même temps, les besoins du pays continuent de nécessiter un recours important aux importations. Selon le bulletin statistique, le Burkina Faso a importé 808,15 GWh d’électricité sur la période, un volume en augmentation de 16,10 % en glissement annuel. Ces importations constituent 52,73 % de l’énergie disponible au cours du semestre, soulignant leur rôle essentiel dans l’approvisionnement du réseau national.

Le rapport met également en avant la place grandissante des énergies renouvelables dans le paysage énergétique burkinabè. L’hydraulique et le solaire représentent désormais 30,38 % de la production nationale d’électricité, illustrant les efforts engagés pour diversifier les sources d’énergie et réduire progressivement la dépendance aux combustibles fossiles.

Cette dynamique est notamment soutenue par le projet Backup Solaire à Large Échelle, mis en œuvre dans le cadre de la promotion des énergies propres et de l’efficacité énergétique. Ce programme a permis l’installation de 3 969 kits solaires, représentant une puissance cumulée de 439,96 kWc.

L’amélioration de la performance énergétique constitue également un axe important de la stratégie nationale. Le ministère indique que huit audits énergétiques ont été réalisés au cours de la période étudiée. Selon les estimations présentées dans le document, l’application des recommandations issues de ces évaluations pourrait générer une économie d’énergie de 7 638,31 MWh.

À travers ces résultats, le bulletin statistique met en lumière les avancées réalisées dans le secteur énergétique burkinabè, tout en rappelant les défis liés à la couverture de la demande nationale et à la poursuite de la transition vers des sources d’énergie plus durables.