Burkina Faso : le gouvernement lève la suspension sur l’exportation de la farine de céréales

Après plusieurs années de restriction, le Burkina Faso ouvre de nouveau la voie à l’exportation de la farine de céréales. Dans un communiqué, le gouvernement annonce la levée de la mesure de suspension qui concernait les produits issus du mil, du maïs et du sorgho sur l’ensemble du territoire national.

Cette décision vise principalement à permettre aux unités nationales de transformation céréalière d’écouler leurs stocks de produits dérivés. Les autorités expliquent que cette mesure doit contribuer à faciliter la commercialisation des productions transformées tout en offrant de nouvelles perspectives aux opérateurs économiques du secteur.

Toutefois, cette ouverture reste encadrée. Le gouvernement rappelle aux commerçants exportateurs et à l’ensemble de la population que l’exportation de la farine de céréales demeure soumise à l’obtention préalable d’une Autorisation spéciale d’exportation (ASE).

Cette obligation, précise la note gouvernementale, vise à assurer le respect des règles en vigueur. Tout opérateur qui procéderait à une exportation sans cette autorisation s’expose aux sanctions prévues par les textes réglementaires.

La suspension de l’exportation de la farine de céréales avait été instaurée par le communiqué n°022-0001/MDICAPME/SG du 23 février 2022. Sa levée intervient désormais sur toute l’étendue du territoire burkinabè à compter de la date de signature du nouveau communiqué gouvernemental.

Burkina Faso-Autriche : vers une nouvelle liaison aérienne entre Ouagadougou et Vienne ?

Le ciel burkinabè pourrait bientôt s’ouvrir davantage vers l’Europe. L’aéroport international de Vienne, en Autriche, a exprimé son intérêt pour établir un partenariat avec le Burkina Faso dans le domaine de l’aviation civile, une démarche qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles connexions aériennes entre les deux pays.

Le 9 juillet 2026, les discussions ont franchi une première étape à l’ambassade du Burkina Faso, où le deuxième conseiller, Adé Aboubacar Ouattara, accompagné de son collègue Sié Rodrigue Noufe, a reçu Sebastian Wolf, directeur du développement des routes pour le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Europe du Sud-Est et l’Asie du Sud à la Section Développement de l’aviation de l’aéroport international de Vienne.

Accompagné d’Esther Mady d’E-Baraka, de l’Institut panafricain de développement, Sebastian Wolf est venu présenter les perspectives de coopération entre les deux parties. Au centre des échanges : la possibilité de créer une liaison aérienne entre le Burkina Faso et l’Autriche, notamment à travers une extension du réseau international d’Air Burkina vers Vienne, la capitale autrichienne.

Au-delà du simple rapprochement aérien, cette initiative vise à faciliter les déplacements entre les deux pays et à renforcer les échanges économiques, commerciaux et humains. Elle pourrait également offrir de nouvelles opportunités aux voyageurs ainsi qu’aux opérateurs économiques burkinabè et autrichiens.

Les représentants burkinabè ont accueilli favorablement cette proposition et ont échangé avec leurs interlocuteurs sur sa faisabilité technique et opérationnelle. Les discussions ont notamment porté sur les conditions nécessaires à l’élargissement du rayon de navigation d’Air Burkina, avec pour objectif de rapprocher les différents acteurs concernés et de renforcer les partenariats d’affaires ainsi que la coopération bilatérale entre le Burkina Faso et l’Autriche.

CAN 2032 : la CAF valide la candidature conjointe du Burkina Faso, du Mali et du Niger

Le projet d’organiser ensemble la Coupe d’Afrique des Nations 2032 franchit une étape décisive pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Dans un communiqué daté du 20 juillet 2026, la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT) annonce que la Confédération africaine de football (CAF) a officiellement pris en compte la déclaration d’intérêt déposée par les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), ouvrant ainsi la voie à la poursuite du processus d’attribution de la compétition.

Selon la FENIFOOT, cette validation signifie que les fédérations de football des trois États satisfont désormais à l’exigence de présentation d’une déclaration d’intérêt prévue à l’article 7.3 du règlement des candidatures de la CAF. Leur dossier peut ainsi poursuivre son parcours dans la procédure officielle devant conduire au choix du pays, ou des pays, hôtes de la CAN 2032.

Cette avancée intervient dans le prolongement d’une réunion de travail organisée le 18 juillet 2026 à New York, en marge d’activités internationales. Le président de la CAF, le Dr Patrice Motsepe, y a échangé avec les présidents des fédérations de football du Burkina Faso, du Mali et du Niger, en présence du membre du Conseil de la FIFA et président d’honneur de la FENIFOOT, le Colonel-Major Djibrilla Hima Hamidou.

Au cours de cette rencontre, le président de l’instance continentale a pris acte de l’ambition commune des trois pays sahéliens d’accueillir conjointement la plus prestigieuse compétition du football africain. Il a salué cette démarche fondée sur une logique de coopération régionale, tout en invitant les trois fédérations à poursuivre le processus dans le strict respect des exigences et des procédures fixées par la CAF.

Pour la FENIFOOT, cette reconnaissance marque une avancée majeure dans la concrétisation de cette candidature commune. Elle y voit l’illustration de la volonté du Burkina Faso, du Mali et du Niger de mutualiser leurs infrastructures, leurs compétences et leurs capacités organisationnelles afin de proposer une Coupe d’Afrique des Nations conforme aux standards internationaux.

La fédération nigérienne assure qu’elle poursuivra, aux côtés des autorités des trois pays ainsi que de la Fédération burkinabè de football (FBF) et de la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), les travaux de préparation du dossier de candidature. Elle a également exprimé sa gratitude aux plus hautes autorités des États membres de l’AES pour leur accompagnement, tout en réaffirmant son engagement à contribuer pleinement à la réalisation de cette ambition commune, présentée comme un projet historique pour le football africain.

AES : validation de « Daandè Liptako » et TV-AES par les députés

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans la construction de l’espace médiatique de la Confédération des États du Sahel (AES). Réunis en séance plénière ce mardi 21 juillet 2026 à Ouagadougou, sous la présidence du chef du Parlement, Dr Ousmane Bougouma, les députés burkinabè ont adopté deux projets de loi autorisant la ratification d’accords portant création de la Radio confédérale « Daandè Liptako » et de la Télévision de la Confédération des États du Sahel (TV-AES).

Ces textes concernent des accords conclus entre les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ils ouvrent la voie à la mise en place de deux médias communs destinés à renforcer la communication institutionnelle de l’espace confédéral et à porter les messages des trois États membres.

À travers ces nouvelles plateformes, les autorités ambitionnent de promouvoir les valeurs communes de la Confédération, de sensibiliser les populations sur les enjeux partagés et de renforcer la souveraineté informationnelle des pays membres.

Lors des débats en séance plénière, les députés ont exprimé leur adhésion au projet tout en soulevant plusieurs interrogations sur son fonctionnement futur. Les discussions ont notamment porté sur les missions précises assignées à ces médias, leur mode de gouvernance, leur financement et les garanties nécessaires à leur pérennité.

Les parlementaires se sont également intéressés aux conditions de recrutement du personnel, au statut des futurs agents, au calendrier de lancement des programmes, aux langues qui seront utilisées dans les contenus diffusés ainsi qu’à la complémentarité entre ces nouveaux médias et les organes nationaux existants.

Au-delà des aspects techniques, les députés ont insisté sur la nécessité de faire de « Daandè Liptako » et de « TV-AES » de véritables outils au service de la souveraineté médiatique. Selon eux, ces médias devront contribuer à lutter contre la désinformation, mais aussi valoriser l’histoire, les cultures et les réalités des populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Après les échanges avec le ministre des Affaires étrangères Karamoko Jean Marie Traoré et son homologue de la Communication Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, les députés ont finalement donné leur accord à la ratification des deux accords.

Cette décision marque une nouvelle étape dans le processus de consolidation de la Confédération des États du Sahel, qui entend développer ses propres instruments de communication pour accompagner son projet politique et institutionnel.

Burkina-Niger : un système d’alerte innovant pour anticiper les inondations jusqu’au niveau des habitations

Face à la montée des risques climatiques dans le Sahel, une nouvelle génération d’outils de prévention voit le jour. Baptisé SLAPIS-Sahel, le Système Local d’Alerte Précoce pour les Inondations au Sahel ambitionne de transformer la manière dont les populations du Burkina Faso et du Niger se préparent aux crues. Sur plus de 600 kilomètres de réseau fluvial transfrontalier, ce dispositif permet désormais d’identifier avec précision les zones exposées aux inondations et d’anticiper plusieurs jours à l’avance les menaces liées aux débordements de la rivière Sirba.

Financé par l’Agence italienne de coopération au développement (AICS), ce projet innovant repose sur une modélisation avancée capable de déterminer les zones inondables jusqu’au niveau des habitations. Une avancée majeure pour les communautés riveraines souvent confrontées aux conséquences des fortes pluies et des crues soudaines.

Ce mardi 21 juillet 2026, les acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet se sont retrouvés à l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) à Ouagadougou. Experts, membres du comité de pilotage et représentants des communes concernées ont engagé des travaux visant à valider les données recueillies sur le terrain dans les zones les plus vulnérables.

Au centre de cette rencontre, le coordinateur du projet SLAPIS, Maurizio Tiepolo, a insisté sur le caractère inédit de cette initiative dans la région. Selon lui, le dispositif permet désormais d’avoir une lecture beaucoup plus fine des risques dans un bassin partagé entre deux pays.

« Dans ce vaste bassin de plus de 600 km de réseau fluvial, on peut définir quels sont les bâtiments inondables selon la profondeur de l’eau », a-t-il expliqué, soulignant qu’il s’agit d’une « première pour la zone ». Grâce à ce système d’alerte précoce, les communautés disposent désormais de plusieurs jours pour se mettre à l’abri, protéger leurs biens et réduire les pertes humaines.

Cette approche marque un changement profond dans la gestion des catastrophes. Alors que les réponses intervenaient souvent après les dégâts, SLAPIS-Sahel mise désormais sur l’anticipation grâce à un modèle prédictif alimenté par des données scientifiques et des observations locales.

Pour construire cet outil, des enquêtes approfondies ont été réalisées dans plusieurs communes considérées comme particulièrement exposées aux inondations, notamment Bartiébougou, Boundoré, Mansila, Sebba et Solhan. Ces travaux ont permis de retracer l’historique des crues, d’évaluer la vulnérabilité des infrastructures et d’analyser les capacités d’adaptation des populations.

L’atelier ouvert à Ouagadougou durant deux jours vise ainsi à rapprocher la modélisation scientifique de l’expérience quotidienne des communautés locales et des collectivités territoriales, afin d’améliorer la pertinence du système.

Dans la commune de Sebba, directement concernée par ces risques, le président de la Délégation spéciale, Moussa Sawadogo dit Éric, a salué une initiative qui répond à une urgence locale. Pour lui, ce projet constitue un outil précieux pour renforcer la capacité des acteurs territoriaux à prévenir les conséquences des inondations.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, la Secrétaire générale adjointe du ministère, Kiswendsida Alice Ouédraogo, a mis en avant l’importance d’une collaboration entre institutions, scientifiques et communautés.

« Les inondations figurent parmi les catastrophes naturelles les plus dévastatrices, compromettant les efforts de développement durable », a-t-elle rappelé, estimant que l’efficacité d’un système d’alerte repose sur la qualité des données disponibles mais aussi sur la confiance entre les différents acteurs.

En réunissant les services techniques de l’État, les autorités locales du Burkina Faso et du Niger ainsi que les partenaires scientifiques italiens, SLAPIS-Sahel s’impose progressivement comme un modèle de coopération régionale face aux défis climatiques qui touchent le Sahel.

Bobo-Dioulasso : la RN7 rouverte après un accident qui a fait deux morts et trois blessés

Après plusieurs heures de fermeture, la circulation a finalement repris sur la Route nationale n°7 (RN7) à l’entrée de Bobo-Dioulasso. La mairie de la commune a annoncé, dans la soirée du lundi 20 juillet 2026, la fin des opérations de secours et la réouverture du tronçon concerné, après l’accident survenu à proximité du marché de Darsalamy.

Dans un communiqué, le Président de la Délégation spéciale communale de Bobo-Dioulasso indique que les opérations de secours, de sécurisation et d’évacuation engagées après la collision impliquant deux véhicules sont désormais terminées. Les équipes mobilisées sur le terrain ont permis de sécuriser la zone et de rétablir progressivement la circulation sur cet axe très fréquenté.

La mairie a salué l’intervention des différents acteurs engagés dans la gestion de l’accident, notamment la Brigade nationale de sapeurs-pompiers, les services de santé, l’Office national de la sécurité routière ainsi que les Forces de défense et de sécurité. Selon l’autorité communale, leur « professionnalisme », leur « réactivité » et leur coordination ont permis une prise en charge rapide des victimes.

Le bilan définitif communiqué par les autorités fait état de cinq victimes. Deux personnes ont perdu la vie tandis que trois autres, blessées dans l’accident, ont été évacuées vers le Centre hospitalier universitaire Sourô SANOU pour recevoir des soins.

Sur le plan matériel, les deux véhicules impliqués ont subi d’importants dégâts.

Face à ce drame, le Président de la Délégation spéciale communale de Bobo-Dioulasso a adressé ses condoléances aux familles des victimes décédées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés. Il a également appelé les usagers de la route à redoubler de prudence et à respecter strictement le Code de la route afin de prévenir de nouveaux accidents.

Les nouveaux bacheliers des séries scientifiques et techniques appelés à candidater à l’Académie Technologique du Faso

Les nouveaux bacheliers des séries scientifiques et techniques sont désormais appelés à franchir une nouvelle étape dans leur parcours académique. Dans un communiqué publié ce mardi 21 juillet 2026, le Directeur de Cabinet du Président du Faso, Martha Céleste Anderson D. Medah, a invité les admis au baccalauréat 2026 dans les séries C, D, E, F et H à se connecter à la plateforme d’admission de l’Académie Technologique du Faso (ATF) afin de vérifier leur admissibilité et de choisir leurs filières.

Ouverte du mardi 21 au vendredi 25 juillet 2026, cette procédure concerne l’ensemble des lauréats du BAC 2026 issus des filières scientifiques et techniques. Le communiqué précise que cette démarche est obligatoire pour tous les candidats concernés, y compris ceux qui ne souhaitent pas intégrer l’ATF.

Créée sous l’autorité du capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, l’Académie Technologique du Faso ambitionne de devenir un établissement de référence dans la formation des ingénieurs et des spécialistes appelés à accompagner la transformation scientifique, technologique et industrielle du Burkina Faso.

À travers cette initiative, les autorités affichent leur volonté de renforcer les capacités nationales dans les domaines des sciences et des technologies, considérés comme des leviers essentiels de souveraineté. L’ATF porte ainsi l’ambition de former sur le territoire national une nouvelle génération de cadres capables de participer aux grands projets de développement du pays.

Selon le communiqué, les futurs élèves ingénieurs bénéficieront de conditions d’apprentissage renforcées, avec des infrastructures modernes, des équipements scientifiques de pointe, un encadrement académique de haut niveau ainsi qu’un régime d’internat destiné à garantir un environnement favorable aux études et à la discipline.

Toutefois, l’intégration de l’Académie Technologique du Faso reste un choix libre. L’établissement se veut également une institution d’excellence dont l’accès est réservé aux candidats les plus méritants. Les autorités encouragent ainsi les meilleurs bacheliers à saisir cette opportunité afin de mettre leurs compétences au service de la construction du Burkina Faso.

Le Directeur de Cabinet du Président du Faso invite par ailleurs les parents, les tuteurs et l’ensemble de la communauté éducative à accompagner les candidats dans cette procédure, afin que les formalités soient accomplies dans les délais prévus.

Les candidats concernés doivent se rendre sur la plateforme recrutement.atf.gov.bf pour effectuer leur démarche d’admission.

Classement FIFA : le Burkina Faso reste 62ᵉ mondial, le Maroc confirme sa domination africaine

La FIFA a publié son nouveau classement mondial, marqué par le sacre de l’Espagne au mondial 2026. Victorieuse de l’Argentine en finale, la Roja s’empare de la première place mondiale, tandis que le Maroc confirme son statut de référence du football africain en intégrant le top 6 mondial. De son côté, le Burkina Faso conserve sa 62ᵉ place et reste la 12ᵉ nation du continent.

Le triomphe espagnol rebat les cartes au sommet de la hiérarchie mondiale. Championne du monde, l’Espagne détrône l’Argentine, désormais deuxième après son parcours jusqu’en finale. Ce classement reflète les performances enregistrées durant le Mondial et consacre la montée en puissance de plusieurs sélections ayant brillé au cours de la compétition.

Sur le continent africain, le Maroc poursuit son ascension. Les Lions de l’Atlas, auteurs d’un parcours jusqu’en quarts de finale de la Coupe du monde 2026, occupent désormais la 6ᵉ place mondiale, confirmant leur position de meilleure sélection africaine.

Le Sénégal, éliminé en huitièmes de finale, recule de trois rangs et se retrouve à la 18ᵉ place mondiale. Malgré cette baisse, les Lions de la Teranga conservent leur statut de deuxième meilleure nation africaine.

Absent de la phase finale de la Coupe du monde 2026, le Burkina Faso ne connaît aucun changement au classement. Les Étalons restent 62ᵉ au niveau mondial et occupent toujours la 12ᵉ place en Afrique.

Le top 12 africain est dominé par le Maroc, devant le Sénégal et l’Égypte. Le Nigeria occupe la quatrième position continentale, suivi de l’Algérie et de la Côte d’Ivoire. La République démocratique du Congo, le Cameroun, le Mali, l’Afrique du Sud et la Tunisie complètent le classement avant le Burkina Faso, qui ferme ce groupe des douze meilleures sélections africaines.

Burkina Faso : une centrale thermique de 50 MW inaugurée à Pabré par le Premier Ministre

Le Burkina Faso poursuit son offensive pour renforcer sa production d’électricité. Ce mardi, 21 Juillet à Pabré, localité située près de Ouagadougou, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a inauguré une centrale thermique d’urgence d’une capacité de 50 mégawatts, une infrastructure destinée à accroître les capacités de production de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) et à soutenir l’ambition du gouvernement en matière de souveraineté énergétique, selon la Primature.

Construite en seulement 90 jours, soit un mois avant le délai contractuel de 120 jours, la centrale a mobilisé un investissement de 18 milliards de FCFA. Son entrée en service intervient dans un contexte où les autorités burkinabè cherchent à réduire la dépendance du pays aux importations d’électricité et à renforcer durablement l’approvisionnement énergétique national.

Cette inauguration fait suite à la pose de la première pierre d’une future centrale thermique de 120 mégawatts à Ouaga Sud-Est, dans la commune de Saaba. Ce projet, évalué à 133 milliards de FCFA, s’inscrit dans la même stratégie visant à augmenter significativement les capacités nationales de production.

Prenant la parole, le Premier ministre a souligné que ces investissements constituent une nouvelle étape vers l’autonomie énergétique du Burkina Faso. Il a estimé que les limites du recours aux importations d’électricité rendaient indispensable le développement de capacités de production locales capables de répondre à la demande croissante du pays.

Le ministre de l’Énergie, Yacouba Zabré Gouba, a pour sa part affirmé que la mise en service de cette centrale illustre la volonté des autorités de construire progressivement l’indépendance énergétique du Burkina Faso tout en créant les conditions d’un développement économique durable.

De son côté, l’administrateur général de l’entreprise Al Ahram Taqa Burkina, Massoud Hassan Abdo Jaied, a réaffirmé l’engagement de son groupe à accompagner le pays dans le renforcement de ses infrastructures énergétiques.

Selon la Primature, la centrale de Pabré n’est qu’une étape d’un programme plus vaste. D’autres infrastructures similaires doivent être inaugurées prochainement à Bobo-Dioulasso, Koudougou, Kaya, Komsilga et Toécé, permettant d’ajouter plus de 220 mégawatts aux capacités de production électrique du Burkina Faso.

Cédéao-AES : l’organisation ouest-africaine prolonge son négociateur et maintient la voie d’un dialogue collectif

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) entend poursuivre les discussions avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger sans déroger à sa ligne de conduite. Réunis dimanche à Lungi, en Sierra Leone, à l’occasion de leur 69ᵉ session ordinaire, les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de prolonger jusqu’en décembre 2026 le mandat de leur négociateur en chef, Lansana Kouyaté, tout en réaffirmant que les échanges avec la Confédération des États du Sahel (AES) se feront exclusivement dans un cadre collectif.

En renouvelant leur confiance à l’ancien Premier ministre guinéen, les dirigeants ouest-africains confirment leur volonté de maintenir un canal de dialogue avec les trois États sahéliens. Ils ont également invité les pays membres de la Cédéao à s’abstenir de conclure des accords bilatéraux susceptibles d’affaiblir la cohésion de l’organisation, insistant sur le fait que les négociations avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger devront se dérouler « exclusivement sous la forme d’un bloc unifié ».

Cette approche rejoint celle déjà adoptée par la Confédération des États du Sahel. Fin juin, à Ouagadougou, les experts des trois pays s’étaient réunis afin d’harmoniser leurs positions avant l’ouverture des discussions officielles avec la Cédéao. À cette occasion, Herman Toé, secrétaire général du ministère burkinabè des Affaires étrangères, avait expliqué que ces travaux visaient à identifier les intérêts stratégiques de la Confédération, à consolider une position commune et à préparer les arguments qui seront défendus lors des futures négociations.

Selon lui, cette démarche avait également pour objectif de préserver les intérêts des populations de l’espace AES et, plus largement, de l’Afrique de l’Ouest, notamment en ce qui concerne les acquis de l’intégration régionale, à commencer par la libre circulation des personnes et des biens.

Les signaux d’ouverture entre les deux organisations se sont multipliés ces derniers mois. En mai, une réunion informelle organisée à Lomé sous l’égide du président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, avait réuni les ministres des Affaires étrangères de l’AES, le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, ainsi que Lansana Kouyaté. Les échanges avaient porté sur les contours d’un futur cadre de coopération, avec une attention particulière accordée aux questions sécuritaires, aux corridors logistiques et à la préservation des acquis de l’intégration régionale.

Quelques semaines plus tard, à l’occasion du deuxième anniversaire de la Confédération de l’AES, le 6 juillet, son président en exercice, le capitaine Ibrahim Traoré, avait lui aussi confirmé la poursuite des consultations avec la Cédéao. Il avait indiqué que les deux parties travaillaient à l’élaboration d’un « nouveau cadre de relations » fondé sur le respect des choix souverains de chaque organisation, la préservation des acquis communautaires et la défense des intérêts des populations ouest-africaines, notamment la libre circulation.

En reconduisant le mandat de Lansana Kouyaté jusqu’à la fin de l’année 2026, la Cédéao réaffirme ainsi son choix d’un dialogue structuré avec les trois États de l’AES. Une orientation qui s’inscrit dans une dynamique où les deux organisations privilégient désormais des négociations menées de bloc à bloc pour tenter de redéfinir leurs futures relations.