À Ouagadougou, du 24 au 26 juin 2026, la Police nationale burkinabè ouvre un nouveau chapitre de son histoire en organisant la toute première édition des journées scientifiques de la Police nationale. Derrière cet événement inédit, une ambition clairement affichée : repenser les méthodes de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée en s’appuyant sur des solutions endogènes, nourries par la science et la technologie.
Dans un contexte sécuritaire marqué par la montée de menaces multiformes et la sophistication des réseaux criminels, le ministère de la Sécurité estime que les approches classiques d’intervention ne suffisent plus. Il devient alors nécessaire de les compléter par des outils innovants, capables d’améliorer l’efficacité opérationnelle des forces de défense et de sécurité. C’est dans cette logique que ces journées ont été initiées à Ouagadougou, sous le thème : « Sciences, innovation et souveraineté technologique : quels leviers pour une police moderne et plus efficace ? », un intitulé qui traduit la volonté de faire de la recherche un véritable levier d’action sécuritaire.
Tout au long de ces rencontres, plusieurs communications viendront alimenter la réflexion collective. L’une portera sur la valorisation des résultats de la recherche scientifique au service de la sécurité des personnes et des biens, en mettant en lumière les passerelles possibles entre universités, centres de recherche et forces de sécurité. Une autre s’intéressera à l’innovation technologique endogène, en explorant le rôle que pourraient jouer les startups et les industries locales dans la conception de nouveaux équipements de terrain et dans l’optimisation de la logistique sécuritaire. Pour le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, la police scientifique ne peut plus rester en marge de cette évolution. Elle doit désormais occuper une place centrale dans l’architecture globale de la sécurité nationale. « Elle ne saurait être un simple service d’appui. Elle doit devenir un maillon vivant et déterminant de l’action policière, capable de soutenir l’enquête, d’orienter la décision opérationnelle et de renforcer l’efficacité de la réponse sécuritaire », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance stratégique des outils modernes tels que l’intelligence artificielle, l’exploitation des données, les systèmes d’information sécurisés ou encore les technologies de surveillance.
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Dans cette dynamique, le ministre souligne que la maîtrise de ces technologies s’inscrit dans une ambition plus large : celle de bâtir une sécurité souveraine, intelligente et tournée vers l’avenir. Une vision qui rejoint les objectifs de la réforme de la police de proximité, destinée à améliorer la qualité du service public de sécurité, renforcer la confiance des populations et accroître la performance des forces sur le terrain.
Au-delà de la dimension technologique, ces journées scientifiques mettent également en lumière la nécessité de renforcer le capital humain et la recherche appliquée. Le ministre de la Sécurité insiste sur l’idée que la souveraineté technologique ne peut être atteinte sans une synergie entre les acteurs de la sécurité et le monde académique. Une conviction partagée par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, parrain de l’événement, qui voit dans cette initiative une opportunité de rapprocher la science des réalités sécuritaires. « Il est plus que temps que les chercheurs, les enseignants-chercheurs et tous les autres acteurs puissent travailler main dans la main avec la sécurité pour relever les nouveaux défis du moment », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation générale de la communauté scientifique et technologique autour des enjeux de sécurité nationale.
Dans le même esprit, le directeur général de la Police nationale, Thierry Dofizouho Tuina, a salué cette initiative qu’il considère comme un tournant stratégique pour l’institution. Selon lui, l’intégration des avancées scientifiques et technologiques constitue désormais une nécessité pour répondre efficacement à des menaces en constante évolution. Il a également précisé que les recommandations issues de ces journées scientifiques serviront de feuille de route pour la modernisation de la Police nationale, dans un contexte où l’adaptation des réponses opérationnelles devient urgente face à la complexité croissante des défis sécuritaires.




