Neuf mois après avoir annoncé son intention de s’affranchir de la Cour pénale internationale (CPI), le Niger a franchi une étape décisive en déposant officiellement son acte de retrait. La décision, désormais actée, ne prendra toutefois effet qu’en juin 2027, conformément aux règles du Statut de Rome. Elle fait du Niger le premier pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) à formaliser sa rupture avec l’institution judiciaire internationale.
Selon un communiqué publié le 23 juin 2026 par la CPI, basée à La Haye aux Pays-Bas, la notification de retrait a été reçue par le Secrétaire général des Nations unies le 18 juin 2023, en tant que dépositaire du traité fondateur de la Cour. Conformément aux dispositions juridiques en vigueur, le retrait ne produira ses effets qu’un an après la notification officielle, laissant au Niger jusqu’en 2027 pour honorer ses engagements actuels vis-à-vis de la juridiction internationale.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique politique plus large de remise en cause des institutions internationales par plusieurs pays de la région. En septembre 2025, le Niger, le Mali et le Burkina Faso, regroupés au sein de l’AES, avaient déjà exprimé leur volonté commune de ne plus reconnaître l’autorité de la CPI, qu’ils qualifient d’« instrument de répression néocolonialiste ». Le retrait nigérien vient ainsi concrétiser, pour la première fois, cette position collective sur le plan juridique.
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Dirigé par le Général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger devient ainsi le premier État de l’AES à transformer cette posture politique en acte officiel de désengagement international.
Dans sa notification transmise aux Nations unies, Niamey dénonce des « détournements » et des « instrumentalisations » de la Cour, des accusations régulièrement formulées par plusieurs gouvernements africains à l’encontre de l’institution pénale internationale.
De son côté, la CPI a exprimé son regret face à cette décision, tout en rappelant que le Niger demeure juridiquement tenu de coopérer avec elle jusqu’à l’entrée en vigueur effective de son retrait, prévue en juin 2027. Cette période transitoire maintient donc le pays dans le champ d’application du Statut de Rome, notamment pour les obligations liées aux enquêtes et procédures en cours.
Créée en 2002 et installée à La Haye, la Cour pénale internationale demeure chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes d’agression, lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne veulent pas agir.




