AES : vers une régulation commune de la communication

Les régulateurs des médias de l’AES envisagent une plateforme commune pour faire face aux défis de la désinformation et du numérique.

Le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO, a accordé une audience, ce lundi 20 avril 2026 à Ouagadougou, au président de l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger, Ibrahim Manzo Diallo. Ce dernier était accompagné du président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Louis Modeste Ouédraogo. Les échanges ont porté sur les enjeux actuels de la communication au sein de l’espace de la Confédération des États du Sahel (AES).

En séjour dans la capitale burkinabè, le responsable nigérien participe à une concertation visant la création d’une plateforme commune regroupant les autorités de régulation des médias des pays membres de l’AES. Cette rencontre a permis de présenter au Chef du Gouvernement les contours et les ambitions de ce futur cadre de coopération.

À l’issue de l’audience, Ibrahim Manzo Diallo a expliqué que cette initiative vise à bâtir une réponse collective face aux défis contemporains, notamment ceux liés aux plateformes numériques, à la désinformation et aux manipulations de l’information.

Le Premier ministre a salué cette démarche, qu’il juge pertinente, tout en insistant sur la nécessité de structurer un espace informationnel cohérent et souverain au sein de l’AES. Il a souligné qu’une faiblesse dans le système de régulation d’un État peut fragiliser l’ensemble des pays membres, d’où l’importance d’harmoniser les cadres juridiques et réglementaires.

Selon lui, l’enjeu ne se limite pas à la lutte contre la désinformation. Il s’agit également de préserver les valeurs des peuples de l’AES face aux influences extérieures jugées contraires. Dans cette optique, il a invité les responsables des organes de régulation à faire preuve de fermeté et d’engagement dans leurs décisions.

« Inspirez-vous du courage de nos leaders et prenez des décisions favorables aux intérêts de nos pays », a-t-il déclaré, appelant à une posture responsable face aux pressions extérieures.

De son côté, Ibrahim Manzo Diallo a plaidé pour une mobilisation collective afin de contrer les campagnes de manipulation de l’information. Il a appelé à l’unité des professionnels des médias et des populations des trois pays membres, saluant la dynamique impulsée par les autorités de l’AES.

Les travaux techniques, prévus sur deux jours à Ouagadougou, devraient aboutir à l’élaboration d’un document consensuel destiné à encadrer la coopération entre les régulateurs de la communication dans l’espace AES.

Les médias appelés à déconstruire les préjugés sur les VDP

À Manga, le 28 août 2025, autorités et experts ont invité les professionnels des médias burkinabè à soutenir les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). L’objectif était de déconstruire les préjugés, renforcer la collaboration et sensibiliser sur leur rôle clé dans la lutte contre le terrorisme.

« Les médias doivent accompagner les VDP »

Réunis à Manga, journalistes et communicateurs burkinabè ont participé à un séminaire de sensibilisation. Il a été organisé par la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie. Pendant deux jours, ils ont été appelés à utiliser leurs plumes et leurs caméras pour changer les perceptions parfois négatives entourant les VDP. Ces vaillants volontaires engagés depuis 2020 aux côtés des forces de défense et de sécurité. Selon le colonel-major Ardjouma Palé, conseiller technique du ministre de la Défense, cette rencontre s’inscrit dans une stratégie nationale. Elle vise à mobiliser toutes les énergies citoyennes et patriotiques contre le terrorisme. Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure compréhension des missions confiées aux VDP afin d’encourager une collaboration accrue des populations.

Un séminaire pour informer et outiller

Le représentant du ministre de la Communication, Pascal Thiombiano, a salué l’initiative. Il a également rappelé qu’elle permettra aux médias d’éclairer l’opinion publique sur les réalités du terrain. En effet, plusieurs thèmes ont été débattus. Allant de la compréhension du terrorisme à ses manifestations locales, en passant par les défis quotidiens rencontrés par les VDP. Les échanges ont également porté sur le respect des droits humains, jugé essentiel pour maintenir la légitimité des actions menées, ainsi que sur les bonnes pratiques de collaboration entre journalistes et volontaires.

Les médias face à leurs responsabilités

Au-delà des sessions théoriques, l’atelier a proposé une réflexion sur la responsabilité des médias dans la lutte contre le terrorisme. Les formateurs ont sensibilisé les participants aux dangers liés aux publications sur les réseaux sociaux, souvent exploitées par les groupes terroristes pour manipuler l’opinion et semer la peur. Les organisateurs ont rappelé que les journalistes, en relayant des informations fiables et équilibrées, jouent un rôle central dans le renforcement de la résilience sociale et la cohésion nationale.

Une initiative patriotique contestée mais décisive

Depuis leur création en 2020, les Burkinabè considèrent les VDP comme un maillon essentiel dans la riposte sécuritaire du pays. Ils épaulent les Forces armées nationales et les Forces de sécurité intérieure, souvent dans des zones reculées où l’État peine à maintenir une présence constante. Toutefois, leur action suscite parfois des critiques, certains craignant des abus ou une insuffisance de formation. Pour les autorités, ces réserves ne doivent pas occulter le caractère profondément patriotique de l’engagement des VDP. À l’étranger, ce type d’initiative est même perçu comme une forme exemplaire de mobilisation populaire contre les menaces sécuritaires.

Un appel à l’unité nationale

En réunissant professionnels de l’information et responsables sécuritaires, l’atelier de Manga marque une étape importante dans la construction d’un front commun contre le terrorisme. Les autorités espèrent que ce dialogue renforcera la confiance entre les populations et les VDP.  Elles soulignent leur rôle de protecteurs et non de source de division. Les médias sont désormais appelés à relayer ce message. Ainsi, ils contribueront à déconstruire les préjugés et à replacer les volontaires au cœur d’une stratégie collective de résistance.

RCA : les médias se lancent dans la lutte contre les fake news en cette période électorale

Ce projet vise à faire accroître la participation démocratique des jeunes et des femmes aux élections et les sensibiliser contre les messages de haine.

À trois semaines du premier tour des élections législatives et présidentielles, les médias centrafricains, avec l’appui de l’Union européenne, ont lancé ce vendredi 4 décembre 2020 un projet de lutte contre les fake news en période électorale afin d’accroître la participation démocratique des jeunes et des femmes aux élections et les sensibiliser contre les messages de haine, de violences pré et post-électorales.

La fondation « hirondelle » met en œuvre avec l’appui de l’Union européenne  un projet de lutte contre la désinformation en période électorale en République centrafricaine, et ce, dans le cadre  du projet d’appui au cycle électoral  qui constitue un important vecteur dans l’apaisement de l’environnement électoral et à l’accroissement de la participation de toutes les parties prenantes au processus électoral en RCA.

Selon madame Caroline VUILLEMIN, Directrice générale de la fondation Hirondelle, depuis plusieurs années, il y’a des phénomènes de désinformation  avec une manipulation volontaire, y compris la rumeur et  le mensonge qui fragilisent la société centrafricaine. C’est en ce sens que l’Union européenne a proposé à la fondation Hirondelle de mettre en œuvre un projet  pour renforcer    les capacités des médias à  lutter contre la désinformation, c’est-à-dire a avoir  un renforcement des capacités des journalistes  sur la vérification des faits, avoir des matériels aussi pour pouvoir rapidement vérifier , transmettre et produire une information, mais aussi  inclure les autres acteurs  qui, aujourd’hui sont aussi présent dans le secteur médiatique comme les blogueurs, les radios communautaires et les leaders d’opinion qui sont  des producteurs et des vecteurs  des contenus, parfois des informations vérifiées, parfois du mensonge.

« Il faut être très réaliste et humble. Nous seuls on ne va pas bloquer le phénomène, on va  essayer de l’atténuer. Radio Ndékèluka  a fait une charte électorale qui rappelle  les règles du journalisme , qui impliquent  tous les acteurs politiques  dans le fait que quand ils vont prendre la parole  , par exemple à l’antenne de la radio Ndékèluka,  la diffamation, l’appel à la haine…  seront interdits.  Ils seront systématiquement coupés. Ça, c’est la règle de base. Sur notre site,  sur notre Facebook, sur notre réseau Tweeter, on aura la même vigilance  avec la modération… », a-t-elle ajouté. D’après elle, ce projet de lutte contre la désinformation va poursuivre même avec l’annonce des résultats  et ensuite tout le processus après  les élections qu’il faudra rester vigilant.

Il y ‘a lieu de noter que le projet a été lancé ce vendredi dans la salle de conférence de l’hôtel Ledger Plazza Bangui en présence de plusieurs journalistes et blogueurs ainsi que des personnalités.