Terrorisme au Sahel : des violences en baisse malgré une menace persistante

Le Global Terrorism Index 2026 met en évidence une baisse des violences au Sahel en 2025, tout en confirmant le maintien de la région comme foyer mondial du terrorisme.

Le Global Terrorism Index 2026 fait état d’une diminution des violences terroristes dans plusieurs pays du Sahel en 2025, malgré le maintien de la région comme principal épicentre mondial de cette menace.

Selon ce rapport consulté par l’Agence de Presse Africaine, le Sahel concentre désormais plus de la moitié des décès liés au terrorisme à l’échelle mondiale, contre moins de 1 % en 2007. Cette évolution confirme le déplacement progressif du centre de gravité du terrorisme vers l’Afrique subsaharienne.

Toutefois, une tendance à l’amélioration se dessine. Le Global Terrorism Index 2026 indique que dix pays d’Afrique subsaharienne ont enregistré une baisse des décès liés au terrorisme, contre quatre en hausse, traduisant une évolution encore fragile mais notable.

Dans le Sahel central, les reculs sont particulièrement marqués. Le Burkina Faso enregistre la plus forte baisse au niveau mondial avec une diminution de 45 % des décès, tandis que le Mali enchaîne une troisième année consécutive de recul avec une baisse de 42 %. Le Niger, bien qu’encore fortement touché, observe également une réduction des attaques et des victimes.

Malgré ces progrès, le rapport appelle à la prudence. La région demeure la plus meurtrière au monde, avec six des dix pays les plus affectés situés en Afrique subsaharienne, dont trois dans le Sahel central.

Une menace toujours active

Le document souligne la persistance des activités des groupes djihadistes, notamment le JNIM, affilié à Al-Qaïda, et l’État islamique au Sahel. Dans certains pays, comme le Niger, leurs actions ont même connu une progression.

Les dynamiques transfrontalières, en particulier dans la zone du Liptako-Gourma, continuent de favoriser leur expansion. Les groupes armés exploitent la porosité des frontières et les fragilités structurelles des États pour renforcer leur implantation.

Le rapport met également en avant des facteurs de vulnérabilité persistants, notamment le faible contrôle territorial, les crises politiques et les tensions entre populations et forces de sécurité. Il souligne que 71 % des recrutements dans les groupes extrémistes font suite à des abus subis, tandis que le manque d’opportunités économiques reste un facteur déterminant.

Une réponse régionale en construction

Ces constats interviennent dans un contexte de recomposition sécuritaire au sein de la région. En décembre 2025, le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a présidé la remise de l’étendard à la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (AES).

Cette initiative, qui regroupe notamment les ministres de la Défense Sadio Camara, Célestin Simporé et Salifou Mody, s’inscrit dans une logique de mutualisation des moyens face à une menace transnationale.

Selon les autorités de l’AES, les opérations conjointes menées depuis 2024 ont permis de neutraliser plusieurs chefs terroristes et de démanteler des bases armées, grâce à un partage renforcé du renseignement et une meilleure coordination militaire.

En dépit des avancées observées, le Global Terrorism Index 2026 estime que le Sahel devrait rester en 2026 le principal foyer du terrorisme mondial. Dans ce contexte, les initiatives régionales apparaissent comme des réponses structurées pour consolider les acquis et contenir durablement la menace.

Sécheresse en Afrique de l’Ouest : Ouagadougou devient le carrefour des solutions durables

Réunis à Ouagadougou, plus de 300 délégués de plusieurs pays et la Banque mondiale ont lancé un appel collectif pour intensifier la lutte contre la sécheresse et construire un avenir durable.

 

Plus de 300 délégués venus du Sénégal, du Mali, du Niger, du Brésil et d’autres pays se sont réunis à Ouagadougou, le 29 septembre 2025, pour participer au forum de haut niveau sur la lutte contre la sécheresse en Afrique de l’Ouest, organisé par la Banque mondiale. La rencontre a été ouverte par le ministre de l’Économie, Dr Aboubacar Nacanabo, qui a rappelé l’urgence de l’enjeu.

« La sécheresse n’est pas seulement un défi environnemental, elle menace aussi notre stabilité économique et sociale », a-t-il affirmé.

De son côté, Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest, a mis en avant trois priorités : améliorer la fiabilité des données, renforcer la coopération régionale et agir avec détermination. « Face à la sécheresse, seule une action collective peut porter ses fruits », a-t-il insisté.

Vers des solutions durables

Ce forum s’inscrit dans une initiative plus large visant à doter la région d’outils efficaces pour réduire les impacts de la sécheresse. Les discussions se sont concentrées sur quatre leviers : la prévision, la gestion des ressources hydriques, la conservation de l’eau et le financement des projets d’adaptation. Un moment marquant de cette première journée a été la signature d’un protocole d’accord pour la création d’un Centre régional de l’eau pour l’Afrique. Cette nouvelle structure ambitionne de devenir un pôle d’excellence pour la gestion durable de l’eau. Pour le ministre de l’Environnement, Roger Barro, ce centre permettra de « valoriser l’intelligence locale tout en intégrant les savoirs modernes ».

Le forum de haut niveau sur la lutte contre la sécheresse en Afrique de l’Ouest constitue une occasion unique de consolider les alliances régionales et d’adopter des stratégies intégrées. Pour les organisateurs, il s’agit d’une étape essentielle afin d’assurer un avenir durable aux générations futures.

Gouvernance : Deux trajectoires opposées pour d’anciens Premiers ministres du Sahel

Dans l’espace sahélien, les transitions politiques dessinent des destins divergents. Le Burkina Faso et le Mali illustrent cette réalité à travers les parcours de Kyelem de Tambèla et de Choguel Maïga, anciens Premiers ministres de transition et membres de la Confédération des États du Sahel (AES).

Au Burkina Faso, Kyelem de Tambèla retrouve une fonction officielle. Le 13 août 2025, il a été nommé président de l’Institut des peuples noirs Farafina (IPN-Farafina). Cet organisme, recréé en mai 2025, s’inscrit dans la stratégie de souveraineté culturelle prônée par le capitaine Ibrahim Traoré. Sa mission : promouvoir le panafricanisme, produire des recherches sur les peuples noirs et former des élites dans une optique souverainiste. Cette reconversion intervient huit mois après son départ de la Primature, qu’il avait dirigée pendant plus de deux ans.

Au Mali, Choguel Maïga fait face à la justice. Le 12 août 2025, la brigade du Pôle national économique et financier de Bamako l’a placé en garde à vue. L’enquête concerne sa gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et de la Primature. Un rapport du Bureau du Vérificateur général relève des dépenses excessives et des irrégularités contractuelles. Les autorités poursuivent également plusieurs anciens collaborateurs.

Ces situations révèlent deux approches. À Ouagadougou, les autorités ont affecté l’ancien chef du gouvernement à une mission compatible avec les priorités idéologiques de l’État. À Bamako, elles mettent l’accent sur le contrôle et la reddition des comptes. Dans les deux cas, les trajectoires post-mandat traduisent les priorités politiques propres à chaque régime.