Alliance sahélienne : Ouagadougou au cœur des décisions stratégiques de la confédération sahélienne

Les ministres de la Défense, de la Diplomatie, du Commerce et des Infrastructures des pays de l’AES se retrouvent à Ouagadougou pour valider la feuille de route de l’An II.

Les ministres en charge de la Défense, de la Diplomatie, du Commerce et des Infrastructures des trois pays de la Confédération des États du Sahel se réunissent ce 26 février dans la capitale burkinabè.

Deux délégations ministérielles en provenance du Mali et du Niger ont atterri, mercredi après-midi, sur le tarmac de la base aérienne de Ouagadougou, dans le cadre des travaux de la Confédération des États du Sahel.

Arrivée en premier, la délégation malienne est conduite par le ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara. Elle a été accueillie à sa descente d’avion par le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique du Burkina Faso, le Général de division Célestin Simporé.

Le ministre burkinabè était entouré du président de la Commission nationale AES, Bassolma Bazié, du ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, du ministre en charge du Commerce, Serge Gnaniodem Poda, ainsi que de la ministre déléguée, Stella Eldine Kabré.

Quelques minutes plus tard, les délégations burkinabè et malienne ont formé une haie d’honneur pour accueillir leurs homologues nigériens, conduits par le ministre d’État, ministre de la Défense nationale, le Général d’armée Salifou Mody.

Selon les autorités, les ministres examineront et valideront, ce jeudi 26 février 2026, les conclusions des travaux des hauts fonctionnaires des trois piliers de la Confédération des États du Sahel, portant sur la feuille de route de l’An II de l’AES.

Outre les ministres en charge de la Défense nationale, les délégations comprennent également les responsables de la diplomatie, du commerce et des infrastructures, traduisant la volonté des trois États d’approfondir l’intégration politique, sécuritaire et économique au sein de l’espace sahélien. Le renforcement de la Confédération des États du Sahel apparaît ainsi comme un levier stratégique pour les pays membres.

AES : le Mali valide les priorités stratégiques de l’An II

Réuni à la Primature, le gouvernement malien a examiné la feuille de route de l’An II de la Confédération des États du Sahel, avec pour objectif de consolider les acquis et d’accélérer l’action commune.

 

Le gouvernement malien a passé en revue, ce mardi 17 février 2026, la feuille de route consensuelle de l’An II de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette séance de travail intervient quelques jours après la ratification par Bamako de plusieurs protocoles majeurs encadrant le fonctionnement de l’organisation confédérale.

Réuni à la Primature dans le cadre du comité de pilotage du comité national de la Confédération des États du Sahel, l’exécutif malien s’est penché sur les priorités de la deuxième année de mise en œuvre de la confédération. Il s’agit, pour les autorités, de consolider les acquis de l’An I et de structurer les actions communes du Mali, du Burkina Faso et du Niger autour de trois axes stratégiques : la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique institutionnelle engagée depuis plusieurs mois. Le 13 février 2026, le Conseil des ministres du Mali avait adopté les projets de textes autorisant la ratification de quatre protocoles additionnels portant notamment sur la défense et la sécurité, la coordination diplomatique, le développement ainsi que l’organisation des sessions parlementaires confédérales. Ces instruments juridiques avaient été validés lors du deuxième sommet ordinaire de l’AES, tenu à Bamako en décembre 2025.

À l’issue de ce sommet, la présidence en exercice de la Confédération a été confiée au capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, succédant ainsi au Mali, qui avait assuré la première année de gestion. La feuille de route de l’An II doit désormais permettre de traduire ces engagements juridiques en actions concrètes et opérationnelles.

Les autorités maliennes ont rappelé que l’AES, issue de l’Alliance des États du Sahel créée en septembre 2023, s’inscrit dans une démarche qualifiée d’irréversible par les chefs d’État des trois pays, Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani. Depuis la signature du traité fondateur à Niamey en juillet 2024 et le retrait collectif de la Cédéao en janvier 2025, la Confédération poursuit son processus d’institutionnalisation.

Les échanges ont notamment porté sur des mesures destinées à répondre aux attentes des populations, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la libre circulation, du désenclavement et de la réalisation d’infrastructures structurantes. La feuille de route de l’An II de l’AES est appelée à servir de cadre de référence pour les priorités communes de l’année à venir, dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques persistants.

Nanom : un rond-point dédié à l’AES pour renforcer l’unité et la veille citoyenne

À Nanom, dans la province du Ganzourgou, les populations ont inauguré un rond-point dédié à l’AES, symbole d’unité, de mobilisation citoyenne et de soutien aux autorités de la Transition.

 

Le samedi 14 février 2026, l’Association de Nanom pour le soutien au Capitaine Ibrahim Traoré a procédé à l’inauguration officielle d’un nouveau monument baptisé « Rond-point AES de Nanom ». L’infrastructure, érigée dans le village de Nanom, commune de Boudry, province du Ganzourgou, se veut un symbole fort de l’adhésion des populations locales à l’Alliance des États du Sahel (AES).

La cérémonie a drainé une mobilisation impressionnante. Habitants du village, ressortissants installés dans les grandes agglomérations ainsi que des délégations venues des localités environnantes ont répondu massivement à l’appel pour découvrir l’ouvrage. Pensé comme un espace de rassemblement, le site ambitionne de devenir un cadre d’échanges pour la jeunesse de Nanom, mais aussi un point de convergence pour les discussions autour du développement local et de la veille citoyenne.

Le moment fort de la cérémonie a été marqué par la coupure du ruban, scellant officiellement l’ouverture du « Rond-point AES de Nanom » au public, ce samedi 14 février.

Prenant la parole, Ablassé Zorengré, président du comité d’organisation, est revenu sur l’origine du projet. « Le rond-point est un symbole d’union. C’est pour cette raison que les jeunes se sont mobilisés pour le réaliser. Ce lieu jouera un rôle de veille citoyenne afin de soutenir le capitaine Ibrahim Traoré », a-t-il expliqué.

Présent à la cérémonie en qualité de vice-président et communicateur de la Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC), Boukari Zoungrana a inscrit cette inauguration dans une dynamique nationale. Selon lui, il s’agit de la septième infrastructure du genre inaugurée par le mouvement depuis le 10 mai 2025.

Dans son intervention, il a insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion nationale. « Chacun s’efforce d’apporter sa contribution pour manifester son soutien au Président. Il s’agit de mutualiser les idées entre la veille citoyenne et les Wayiyan afin de consolider l’unité et l’entente nationale », a-t-il souligné.

Jeunes, autorités coutumières et ressortissants du village se sont fortement mobilisés pour donner à l’événement un cachet particulier. Pour les organisateurs, cette vigilance citoyenne de proximité est essentielle pour détecter toute présence suspecte ou activité malveillante dans la zone.

Au-delà de l’aspect festif, la communauté a profité de cette tribune pour attirer l’attention sur plusieurs difficultés majeures. La cérémonie a également été ponctuée par la prestation de l’artiste Zougna-Zaguemda, très applaudi par le public.

Les populations de Nanom et des villages environnants font face à deux défis majeurs : la dégradation avancée de l’unique barrage de la commune, indispensable à l’agriculture, et l’étendue administrative de la commune de Boudry, qui compte à elle seule 86 villages.

Les responsables locaux ont ainsi lancé un appel aux autorités pour un redécoupage administratif. « Notre plaidoyer est que la commune soit scindée afin de créer au moins deux nouvelles communes, pour que chaque village ressente concrètement les efforts engagés par le Président », a conclu Boukari Zoungrana.

Vers un front uni contre le terrorisme : le Tchad bientôt dans l’Alliance des États du Sahel ?

Entre Rome, Istanbul et Assouan, les initiatives internationales contre le terrorisme se multiplient. Mais au Sahel, l’heure est à l’union des forces régionales. L’adhésion du Tchad à l’Alliance des États du Sahel (AES) apparaît désormais comme une étape clé vers une stratégie sécuritaire commune.

 

Le dixième sommet du Processus d’Aqaba, tenu à Rome le 15 octobre 2025, a réuni plusieurs dirigeants africains et partenaires internationaux autour d’un objectif commun : renforcer la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. À l’initiative du Roi Abdallah II de Jordanie, la rencontre, présidée par la Première ministre italienne Giorgia Meloni, a vu la participation de responsables venus du Tchad, du Nigeria, du Togo, de la Sierra Leone, ainsi que des délégations de l’AES notamment Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal.

Les participants ont souligné que le terrorisme demeure un phénomène multidimensionnel, intimement lié aux réseaux criminels, à la pauvreté et à l’instabilité économique, dépassant ainsi les simples enjeux militaires.

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a alerté sur l’escalade de la menace terroriste dans le Sahel et au Tchad. Selon lui, les groupes armés gagnent du terrain, augmentent leurs ressources et perfectionnent leurs tactiques. « Pour vaincre durablement le terrorisme, il faut une approche globale alliant sécurité et développement », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’un partenariat concret et équilibré.

Quelques jours plus tôt, le 8 octobre 2025, s’était tenue à Istanbul la Conférence parlementaire internationale sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, organisée par l’ONU, la Turquie et le Qatar. Rassemblant plus de 150 pays et 20 unions parlementaires, elle a permis aux États africains de réaffirmer que le Sahel constitue un front stratégique dans la lutte mondiale contre la radicalisation.

Le représentant du Mali y a condamné les attaques terroristes répétées et a appelé la communauté internationale à un soutien plus concret face à la montée des violences.

Le 19 octobre 2025, c’est en Égypte, lors du Forum d’Assouan, que les discussions se sont poursuivies autour du thème : « Le monde est en train de changer, l’Afrique est en mouvement ». Sous la présidence du ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty, le forum a insisté sur la triade Paix – Sécurité – Développement, et sur la nécessité pour le continent d’élaborer des solutions basées sur ses propres ressources.

Au cœur des débats : l’Alliance des États du Sahel (AES). Les ministres des Affaires étrangères du Mali et du Burkina Faso ont animé un panel intitulé « Au-delà des tempêtes : l’avenir de la coopération pour le Sahel », salué pour sa vision panafricaine et réaliste.

Face à la montée des défis communs, la coopération régionale s’impose comme une évidence. L’Alliance des États du Sahel, née de la volonté de bâtir une sécurité souveraine et partagée, devient un modèle d’intégration en matière de défense et de développement durable.

Dès lors, la possible adhésion du Tchad à l’AES apparaît comme une évolution naturelle. Ce rapprochement renforcerait la coordination militaire et stratégique, tout en offrant à N’Djamena une place centrale dans la construction d’un Sahel résilient et autonome.

À l’heure où la radicalisation et les violences transfrontalières s’intensifient, l’unité des États du Sahel n’est plus une option mais une nécessité historique. L’entrée du Tchad dans l’Alliance des États du Sahel pourrait marquer le tournant décisif vers un front commun contre le terrorisme et une stabilité durable pour la région.

AES : Burkina, Mali et Niger unissent leurs agences de presse contre la désinformation

En marge de la 14ᵉ édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), les agences de presse du Burkina Faso, du Mali et du Niger, regroupées au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), ont signé ce jeudi 2 octobre 2025 un protocole de partenariat. Cette initiative vise à consolider la coopération éditoriale et technique afin d’asseoir une véritable souveraineté médiatique dans l’espace sahélien.

 

Le ministre burkinabè de la Communication, Pindwendé Gilbert Ouédraogo, a salué cette dynamique qu’il décrit comme un réveil collectif pour les peuples du Sahel. « Vos travaux ont permis de poser les bases d’une organisation structurée. C’est un rêve longtemps porté : unir nos forces pour contrer la désinformation, affirmer notre narratif et offrir au monde un regard authentique sur nos réalités », a-t-il affirmé.

Il a rappelé que cette démarche revêt un caractère stratégique pour l’avenir de la région : « Tant que nous ne contrôlerons pas notre information, d’autres parleront pour nous et façonneront notre image. La bataille médiatique est avant tout une bataille de souveraineté », a insisté le ministre, citant le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Son homologue malien, Alhamadou Ag Ilyene, a mis en avant la portée concrète de cette coopération. « Nous nous engageons vers une mutualisation de nos capacités. Il nous faut désormais harmoniser nos lignes éditoriales, nos publications en matière de presse écrite, de publicité et de communication », a-t-il déclaré.

Du côté du Niger, le ministre de la Communication, Adji Ali Salatou, a exprimé son optimisme. « Grâce à cette synergie, nous allons mutualiser les moyens et les compétences opérationnelles de nos trois États. Notre ligne éditoriale sera guidée par les aspirations de nos autorités », a-t-il assuré.

Pour les trois ministres, cette alliance constitue une avancée majeure vers une souveraineté médiatique partagée au sein de l’AES, indispensable pour faire face aux défis de la désinformation et aux enjeux géopolitiques du Sahel.

À New York, le Burkina Faso affirme sa voix face à l’ONU et défend l’AES

En marge de l’Assemblée générale, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a exposé à António Guterres la position du Burkina Faso sur la lutte contre le terrorisme, la création de l’AES et les réformes nécessaires de l’ONU.

 

Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a rencontré le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, samedi 27 septembre 2025, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette audience a permis au chef du Gouvernement burkinabè de réaffirmer la vision du pays face aux défis actuels. Il a d’abord exprimé sa reconnaissance pour le soutien logistique et humanitaire de l’ONU. Il a présenté les efforts du Burkina Faso pour reconquérir l’ensemble du territoire et améliorer les conditions de vie des populations, citant l’impact des initiatives présidentielles sur le quotidien des Burkinabè.

Concernant l’Alliance des États du Sahel (AES), il a rappelé qu’elle est une initiative souveraine portée par trois pays, visant la lutte commune contre le terrorisme et un développement solidaire. Il a dénoncé la présence récurrente de matériel militaire sophistiqué dans les bases ennemies démantelées, pointant la responsabilité de parrains du terrorisme.

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également critiqué la campagne de communication menée par la France et ses relais contre les pays de l’AES, qualifiant cette stratégie d’acharnement d’un ancien colon en réaction à la rupture d’accords jugés inéquitables. « Nous ne sommes pas venus à l’ONU pour nous apitoyer, mais pour affirmer que notre salut réside dans le sursaut patriotique », a-t-il déclaré. Le Premier ministre a exhorté les Nations unies à dénoncer clairement les soutiens financiers et logistiques au terrorisme, tout en appelant à une réforme profonde pour préserver leur crédibilité et leur utilité auprès des peuples.

António Guterres, de son côté, a rappelé les souvenirs positifs de ses séjours au Burkina Faso et exprimé sa tristesse face aux souffrances causées par les attaques terroristes. Il a réaffirmé l’engagement de l’ONU à accompagner le pays dans ses efforts de développement.

Cette rencontre a constitué une occasion stratégique pour livrer directement au Secrétaire général de l’ONU la position officielle du Burkina Faso et de l’AES, témoignant de la volonté du gouvernement burkinabè de maintenir un dialogue constructif avec l’organisation internationale.

L’AES et la Russie serrent les rangs à New York !

Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération AES et leur homologue russe se sont retrouvés à New York, en marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre 2025.

 

Cette rencontre, la deuxième après celle organisée à Moscou en avril dernier, s’inscrit dans une dynamique de dialogue continu visant à renforcer les relations entre l’AES et la Russie. Abdoulaye Diop (Mali), Bakary Yaou Sangaré (Niger), Karamoko Jean Marie Traoré (Burkina Faso) et Sergueï Lavrov (Russie) ont ainsi passé en revue les avancées et les défis de leur coopération.

Selon Abdoulaye Diop, plusieurs progrès ont été réalisés, notamment dans le domaine sécuritaire. « Il y a quelques semaines, les ministres de la Défense des trois pays se sont retrouvés à Moscou. Des résolutions importantes ont été adoptées pour consolider le travail en commun et apporter le soutien militaire et technique nécessaire à la force unifiée de l’AES », a-t-il indiqué.

Sur le plan économique, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer leurs échanges commerciaux et d’intensifier les partenariats de développement. Elles ont également partagé leurs points de vue sur la situation sécuritaire et politique des pays de l’AES, de la région ouest-africaine et de la scène internationale.

« Nos discussions ont aussi porté sur nos relations avec certaines institutions africaines. Nous avons insisté sur la nécessité d’une lecture des réalités conforme aux contextes de nos pays », a précisé Abdoulaye Diop.

De son côté, Sergueï Lavrov a renouvelé l’engagement de la Russie à accompagner la Confédération AES dans la lutte contre le terrorisme. « Nous allons continuer à fournir le soutien nécessaire, notamment en renforçant les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité. Nous tenons à la stabilisation et à l’intégrité territoriale de l’espace AES », a-t-il déclaré.

En clôture, les deux parties ont convenu de maintenir le cap en organisant une troisième réunion, qui pourrait avoir lieu dans un pays membre de la Confédération AES.

Mali, Niger et Burkina Faso : l’Afrique du Sahel dit adieu à la CPI

Le 22 septembre 2025, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont annoncé leur retrait immédiat du Statut de Rome et de la Cour pénale internationale (CPI), lors d’une déclaration simultanée faite depuis Bamako, Niamey et Ouagadougou. Les dirigeants des trois pays ont accusé la CPI de s’être transformée en un instrument de répression néocoloniale, servant les intérêts de puissances extérieures.

 

Dans un communiqué conjoint, ils ont dénoncé la partialité de la Cour, qui selon eux cible principalement les États africains, alors que les crimes commis par les puissances mondiales reçoivent peu d’attention. L’AES perçoit ce mécanisme, censé garantir la justice internationale, comme un outil politique ayant perdu toute légitimité. »

Les trois États ont également mis en avant les limites juridiques et institutionnelles du Statut de Rome, citant notamment des contradictions internes, une incompatibilité avec la Charte de l’ONU et la possibilité d’émettre des mandats contre des chefs d’État non signataires. Dans la région du Sahel, les acteurs considèrent ces pratiques comme une forme de guerre juridique contre des régimes jugés indésirables Les pays de l’Alliance ont donc exprimé leur volonté de développer des mécanismes judiciaires indépendants, basés sur leurs valeurs nationales, et de renforcer leur souveraineté judiciaire.

Historiquement, l’Afrique avait soutenu la CPI, mais les enquêtes ciblant les dirigeants africains ont suscité méfiance et accusations de partialité. En 2014, l’Union africaine a adopté le protocole de Malabo, instituant une Chambre pénale internationale au sein de la Cour africaine de justice et des droits de l’homme, et en 2017, le Burundi a quitté la CPI. Cette décision des pays du Sahel traduit donc une crise profonde de confiance entre États africains et institutions judiciaires internationales. Elle pourrait accélérer la mise en place d’un système africain indépendant, mieux adapté aux réalités régionales et aux enjeux de justice sur le continent.

Les experts estiment que des pays voisins, comme le Tchad, pourraient suivre cet exemple pour renforcer leur indépendance et afficher leur solidarité avec l’Alliance des États du Sahel. Une telle démarche pourrait également favoriser une coopération régionale accrue, notamment dans la lutte contre le terrorisme et la réforme des systèmes judiciaires africains.

Le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CPI symbolise la volonté croissante des États africains de défendre leur souveraineté et de mettre en place leurs propres mécanismes judiciaires, équitables et autonomes, adaptés au contexte historique, politique et culturel du continent.

Burkina Faso, Mali et Niger : les chefs de gouvernement unissent leur voix à l’ONU

En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, les Premiers ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger se concertent pour défendre une position commune et la souveraineté sahélienne

 

Selon la primature malienne, les Premiers ministres des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) ont profité de cette rencontre pour échanger sur la situation interne de chaque pays et analyser les grands enjeux régionaux et mondiaux, en particulier les attentes des populations sahéliennes.

Les dirigeants ont souligné les aspirations légitimes de leurs peuples à l’indépendance, à la souveraineté et à la dignité. Ils se sont engagés à défendre une position commune à la tribune de l’ONU, représentant ainsi l’unité du Burkina Faso, du Mali et du Niger sur la scène internationale. La réunion a également permis de planifier des initiatives de communication avec les communautés sahéliennes vivant aux États-Unis.

Par ailleurs, les Premiers ministres ont salué les progrès réalisés par la Confédération sous le leadership du général Assimi Goïta, président de la Transition du Mali et président en exercice de l’AES, du capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, et du général Abdourahamane Tiani, président du Niger.

La rencontre s’est conclue par la réaffirmation de leur volonté de travailler en étroite coopération, en mobilisant leurs équipes pour garantir la souveraineté, la dignité et la prospérité des peuples sahéliens.

Cédéao-AES : Julius Maada Bio relance le dialogue avec les pays sahéliens

Le président en exercice de la Cédéao, Julius Maada Bio, multiplie les appels à la réconciliation avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, désormais regroupés au sein de l’AES.

 

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio, nouveau président en exercice de l’Autorité des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a renouvelé, ce mardi 6 août 2025, un appel au dialogue avec la Confédération des États du Sahel (AES). Ce bloc regroupe depuis janvier 2025 le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays qui ont officiellement quitté la Cédéao.

Recevant à Freetown le président de la Commission de la Cédéao, Dr Omar Alieu Touray, Maada Bio a souligné l’importance de « bâtir une relation plus forte entre la Cédéao et les nations de l’AES », insistant sur les impératifs de paix, de sécurité, de commerce et de libre circulation.

 

Une stratégie de réconciliation engagée

Cette déclaration s’inscrit dans la continuité des démarches diplomatiques entreprises lors du 67ᵉ sommet d’Abuja le 22 juin 2025. En effet, au cours de ce sommet, une troïka ministérielle a été mise en place pour encadrer politiquement et techniquement la sortie des trois États sahéliens. Ce cadre de dialogue doit notamment garantir les droits des citoyens et atténuer les effets de la rupture institutionnelle.

« Nos portes leur restent ouvertes pour l’unité et la vision commune de l’avenir », avait déjà affirmé l’ex-président en exercice Bola Ahmed Tinubu. Julius Maada Bio poursuit cette ligne, tout en soulignant l’urgence d’un « partenariat plus étroit » au service de la stabilité régionale.

L’AES trace sa voie

Depuis leur retrait, les trois pays membres de l’AES ont renforcé leur coopération confédérale, se dotant d’un drapeau commun, d’un passeport, d’un hymne et d’un projet de force militaire conjointe. En mai dernier, une rencontre avait déjà eu lieu entre les ministres des Affaires étrangères de l’AES et la Commission de la Cédéao, témoignant d’une volonté mutuelle de maintenir le dialogue post-rupture.

Julius Maada Bio a également appelé à un sommet spécial sur l’avenir de la région ouest-africaine, estimant que l’heure est venue de repenser cinquante années d’intégration.

Le président de la Commission, Dr Touray, a de son côté informé son hôte des efforts en cours sur plusieurs dossiers politiques, notamment en Guinée et en Guinée-Bissau, et a annoncé une mission d’évaluation conjointe sur le différend frontalier de Yenga entre la Sierra Leone et la Guinée.

Naissance de la BANQUE DE L’AES : les experts des trois pays se réunissent à Niamey

Niamey accueille une réunion stratégique de trois jours entre les experts économiques du Burkina Faso, du Mali et du Niger, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’objectif de cette rencontre est clair : poser les bases de la future Banque de l’AES, un projet présenté comme un levier essentiel d’autonomie financière et de souveraineté monétaire pour les trois pays.

Le ministre nigérien de l’Économie, Sidi Mamane, a ouvert les travaux par une intervention remarquée. Ce dernier a salué “l’ambition des États de l’AES en matière d’autonomie financière”, selon les propos rapportés par Sputnik Afrique. Cette volonté de rupture avec les institutions financières traditionnelles s’inscrit dans un processus amorcé depuis la création de l’AES, et réaffirmé lors de la précédente réunion des ministres de l’Économie tenue à Bamako le 25 mai dernier.

La Banque de l’AES devrait permettre aux trois États sahéliens de disposer d’un instrument financier commun capable de financer leurs économies, soutenir les projets structurants et limiter leur dépendance vis-à-vis des institutions extérieures, notamment de la zone UEMOA ou des partenaires occidentaux. Cette initiative entre également en résonance avec les récents débats sur la création d’une nouvelle monnaie propre à l’AES.

À Niamey, les experts auront la tâche de définir les contours juridiques, techniques et opérationnels de cette institution bancaire nouvelle. Un projet à haute portée symbolique, dans un contexte régional marqué par une volonté accrue de reconquête de la souveraineté.

L’AES lance sa propre Cour pénale à Bamako

Les pays de l’Alliance des États du Sahel unissent leurs forces pour juger les crimes les plus graves en créant la cour pénale du Sahel. Une justice régionale se met en place, portée par la volonté de combattre l’impunité.

 

Une Cour pour le Sahel

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger passent à l’action. Ils créent une nouvelle juridiction régionale : la Cour pénale et des droits humains du Sahel (CPS-DH). Cette Cour siègera à Bamako, au Mali. Elle jugera les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les actes de terrorisme. Elle traitera aussi les graves violations des droits humains survenues dans l’espace sahélien.

 

Un outil contre l’impunité

Les trois pays veulent rompre avec les logiques d’impunité dans leurs systèmes judiciaires respectifs. Ils affichent une volonté ferme de punir les auteurs de crimes graves. Ils cherchent également à renforcer la coopération judiciaire entre les États membres de l’AES. L’objectif : harmoniser les règles, partager les moyens et mieux faire face aux défis communs.

 

Des moyens modernes et sécurisés

La Cour ne sera pas seule. Elle s’appuiera sur un centre pénitentiaire de haute sécurité, construit pour accueillir les personnes condamnées. Les États membres mettront aussi en place une plateforme numérique régionale. Cette plateforme facilitera l’échange d’informations judiciaires entre les systèmes nationaux. Une base de données commune rassemblera tous les dossiers sensibles des trois pays.