Koulsé : le blé, symbole de renaissance au Sahel burkinabè

Dans le nord du Burkina Faso, des femmes et des producteurs réinstallés cultivent pour la première fois le blé. Cette initiative, baptisée « Offensive Blé », incarne une double mission : souveraineté alimentaire et dignité retrouvée après des années de conflits et de déplacements.

 

Au cœur du Sahel burkinabè, le blé redonne vie aux terres du Koulsé

Dans la région des Koulsé, au nord du Burkina Faso, une culture inattendue s’implante sur des sols longtemps marqués par la peur et les déplacements forcés. Le blé, céréale quasi inconnue dans cette partie du Sahel, devient le symbole d’une renaissance : dignité retrouvée, souveraineté alimentaire et retour à la vie. Immersion au sein de l’« Offensive Blé », où la daba accompagne désormais le fusil.

Une agriculture nouvelle sur des terres réinstallées

Il est 11 heures, le 20 janvier 2026, à Silmidougou. Sous un soleil chaud mais supportable, des épis verts percent la monotonie du sable sahélien. À une quarantaine de kilomètres de Kaya, des femmes, revenues après des déplacements forcés, cultivent désormais du blé. Une audace dans une région où cette céréale n’était jusque-là pas une évidence.

Dans le village réinstallé, les membres de la coopérative Wendmalgdré exploitent deux hectares en saison sèche. Semés à la mi-novembre, les plants de blé en sont aujourd’hui au stade végétatif. Pour Mariam Warma, présidente de la coopérative, cette culture représente une alternative face à la dépendance alimentaire.

« Il y a une nouvelle culture qu’on appelle blé. Ça sera bénéfique pour nous », confie-t-elle. Mais l’aventure n’est pas sans obstacles : animaux errants et infrastructures limitées obligent les femmes à improviser des clôtures et des protections pour sécuriser les champs.

Apprendre à cultiver l’inconnu

À Tamassogo, sur la rive droite du lac de Basma, la coopérative féminine Pengdwendé expérimente le blé sur deux hectares, aux côtés de cultures d’oignons. Les jeunes plants se dressent avec vigueur, malgré le retard lié aux conditions climatiques et techniques. L’enjeu pour ces productrices est simple : « Dignité » et autosuffisance alimentaire.

« Au lieu d’acheter le blé sur le marché, si nous pouvons le produire nous-mêmes, c’est mieux », explique Dénise Zabré, secrétaire de la coopérative Pengdwendé. À Basma, le chef VDP Sayouba Sawadogo cultive du Triticum aestivum sur deux hectares, mobilisant 40 femmes, dont de nombreuses veuves de guerre, pour répondre à un double objectif : sécurité alimentaire et solidarité communautaire.

Défis techniques et climatiques

L’eau demeure le défi majeur. « À partir de mars, l’eau se retire et on ne peut plus produire », prévient Mariam Warma. À Basma, Alimata Sawadogo ajoute : « Les machines manquent de puissance, donc c’est compliqué ». Les autorités locales planifient des aménagements pour pérenniser l’irrigation et sécuriser la production.

Du paysan au technicien, tous reconnaissent le défi d’apprendre à cultiver le blé dans des conditions inédites. Nabi Désiré, ingénieur et chef des aménagements agropastoraux, souligne l’importance de sols légers, sableux-limoneux, adaptés à cette céréale. La fertilisation organique reste essentielle pour garantir l’uniformité des cultures.

Une première réussie

La culture du blé, initialement prévue sur 22 hectares, a finalement couvert 30 hectares, soit une hausse de 36% grâce à l’implication des producteurs. Pour cette première saison sèche, la région des Koulsé espère une récolte de 70 tonnes.

Au-delà des chiffres, la véritable réussite réside dans la capacité des populations à transformer des terres éprouvées en espaces de production. Riz, oignons, tomates et maïs complètent la stratégie de diversification alimentaire. Plus de 250 hectares sont aménagés autour du barrage de Barsalogho pour renforcer la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs réinstallés.

Dans les champs de Silmidougou, Tamassogo et Basma, le blé n’est plus simplement une céréale : il symbolise la souveraineté alimentaire et la dignité retrouvée des Burkinabè du Koulsé.

Le chantier de la centrale thermique Bobo 2 affiche un taux d’exécution de 90 %

Le ministre Yacouba Zabré Gouba a visité, samedi, le chantier d’une centrale thermique de 26,4 MW à Bobo-Dioulasso. Une infrastructure stratégique pour renforcer la production électrique nationale.

 

Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a effectué, le samedi 7 février 2026, une visite de terrain à Bobo-Dioulasso, dans la cité de Sya, sur le chantier d’une nouvelle centrale thermique en cours de construction au sein de la centrale Bobo 2. D’une capacité de 26,4 MW, cette infrastructure vise à renforcer les capacités existantes et à accroître l’offre d’électricité au profit des populations et des unités industrielles.

La centrale thermique Bobo 2, exploitée par la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL), est constituée de deux centrales totalisant neuf groupes électrogènes pour une puissance cumulée de 68 MW. Dans le cadre du renforcement du dispositif énergétique, la SONABEL a engagé des travaux d’extension avec la construction d’une nouvelle centrale de 26,4 MW. Implantée à proximité des installations existantes, elle comprendra trois groupes électrogènes actuellement en phase d’installation. Le projet intègre également un bâtiment auxiliaire, des cuves de stockage de combustibles, d’eau et d’huile, des locaux pour transformateurs ainsi que des réseaux de tuyauterie.

Prévue pour être opérationnelle au premier trimestre de l’année 2026, la nouvelle centrale affiche un taux d’exécution de 90 %. Les travaux sont financés sur fonds propres de la SONABEL, pour un montant global de 33 893 140 000 francs CFA TTC. Une fois mise en service, cette infrastructure contribuera à renforcer la capacité nationale de production électrique, à sécuriser l’alimentation de la ville de Bobo-Dioulasso et de sa région, tout en améliorant la disponibilité et l’exploitation des équipements de production.

Pour une souveraineté énergétique

Au cours de sa visite, le ministre Yacouba Zabré Gouba a inspecté les deux centrales existantes ainsi que la nouvelle installation en construction. Il s’est rendu dans le bâtiment principal et sur les différents chantiers annexes. À cette occasion, il a exhorté l’entreprise chargée des travaux à accélérer le rythme afin de permettre aux populations et aux entreprises de disposer d’une alimentation électrique suffisante, notamment en période de forte chaleur. Le directeur général adjoint de PPI, société en charge du chantier, Pegdwendé Franck Yaméogo, a rassuré le ministre quant à la mise à disposition de la centrale dans les meilleurs délais.

Le ministre de l’Énergie s’est félicité de l’impact attendu de cette nouvelle infrastructure, qui portera la puissance totale de Bobo 2 à près de 90 mégawatts. « Nous allons mettre à la disposition des populations l’énergie nécessaire et accompagner l’industrialisation, car l’électricité demeure l’un des facteurs de production les plus essentiels », a-t-il déclaré.

Selon Yacouba Zabré Gouba, l’Initiative présidentielle en cours permettra de consolider les acquis et d’accélérer la marche vers la souveraineté énergétique, pilier de la souveraineté nationale. Dans cette dynamique, il a annoncé l’installation prochaine de groupes secondaires dans toutes les régions du Burkina Faso, ainsi que la mise en œuvre d’autres projets structurants. « Outre l’augmentation de la production, nous travaillons sur le transport et la distribution, notamment la modernisation des postes électriques, afin d’être en phase avec les ambitions du pays », a-t-il conclu.

Étalons du Burkina : la FBF ouvre la course au poste de sélectionneur national

La Fédération burkinabè de football a lancé, ce 6 février 2026, un appel à candidatures pour recruter le prochain sélectionneur des Étalons A. Les profils recherchés devront répondre à des critères stricts d’expérience et de compétence, après le départ de Brama Traoré.

 

Dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook ce vendredi 6 février 2026, la Fédération burkinabè de football (FBF) a officiellement lancé un appel à candidatures en vue du recrutement du futur sélectionneur national des Étalons A masculins du Burkina Faso.

La faîtière du football burkinabè précise que les dossiers de candidature seront recevables du 6 au 15 février 2026. Les postulants devront disposer des qualifications requises par la Confédération africaine de football (CAF) pour l’encadrement d’une sélection nationale de haut niveau.

Pour les candidats de nationalité burkinabè, la FBF exige une expérience cumulée d’au moins cinq années dans l’encadrement d’équipes de Ligue 1 ou de sélections nationales, toutes catégories confondues. S’agissant des entraîneurs étrangers, le communiqué indique qu’ils doivent justifier d’une expérience d’au moins cinq ans à la tête d’équipes professionnelles de Ligue 1 ou de sélections nationales A.

La Fédération burkinabè de football souhaite recruter un technicien doté d’une forte capacité de planification et de gestion de projet sportif, maîtrisant la langue française et capable de travailler efficacement en équipe, y compris dans un environnement marqué par une forte pression.

Pour rappel, le 14 janvier 2026, la FBF avait annoncé la rupture de sa collaboration avec Brama Traoré, alors sélectionneur national des Étalons. À la tête de l’équipe nationale, ce dernier aura dirigé 24 rencontres, pour un bilan de 13 victoires, 4 matchs nuls et 7 défaites, dont l’élimination à la CAN Maroc 2025 face à la Côte d’Ivoire (3-0).

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Corruption Burkina : sept agents de l’État lourdement sanctionnés

Après des dénonciations publiques du KORAG, les autorités burkinabè ont pris des sanctions disciplinaires sévères contre plusieurs agents de l’État impliqués dans des faits de corruption Burkina, marquant un nouveau signal de fermeté contre les dérives au sein de l’administration.

 

Le gouvernement burkinabè a annoncé des mesures disciplinaires à l’encontre de sept agents publics, dont quatre radiations, à la suite de la dénonciation d’actes de corruption Burkina rendus publics par le KORAG le 1er février 2026. Les sanctions touchent notamment des agents de sécurité, un médecin spécialiste et un agent des services domaniaux.

Réuni en Conseil des ministres, l’Exécutif a validé des sanctions fermes contre sept agents de l’État mis en cause dans des dossiers de corruption, selon une annonce du Ministère des Serviteurs du Peuple.

Ces décisions interviennent après les révélations diffusées par le KORAG, le 1er février 2026, faisant état de pratiques de corruption manifeste observées dans certains services administratifs.

D’après les précisions du ministre Mathias Traoré, quatre agents ont été purement et simplement révoqués. Il s’agit d’un adjudant de la Police nationale, de deux policiers municipaux et d’un agent domanial. Par ailleurs, trois autres agents – un adjudant de la Police nationale, un médecin spécialiste et un policier municipal – ont été traduits devant les conseils de discipline afin de répondre des faits qui leur sont reprochés.

Le Conseil des ministres a salué la rapidité avec laquelle les instances disciplinaires se sont saisies des dossiers. Il a également instruit les autorités compétentes d’achever, dans les meilleurs délais, les procédures encore pendantes.

À travers ces décisions, le gouvernement burkinabè réaffirme sa détermination à combattre la corruption Burkina au sein de l’administration et à rétablir la confiance entre l’État et les citoyens.

Cyclisme : la RTB relance le Grand Prix et ouvre la compétition à l’AES

La Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) organise, le dimanche 15 février 2026 à Ouagadougou, la deuxième édition du Grand Prix cycliste RTB. La compétition se disputera sur le boulevard Thomas Sankara et réunira des coureurs burkinabè et ceux des autres pays de l’AES.

 

La capitale burkinabè vibrera à nouveau au rythme de la petite reine. La deuxième édition du Grand Prix cycliste RTB se tiendra le dimanche 15 février 2026 sur le boulevard Noël Isidore Thomas Sankara, à Ouagadougou. L’annonce officielle a été faite ce jeudi 5 février 2026 par les organisateurs.

Comme lors de la première édition, la compétition concerne les catégories hommes et dames. Les cyclistes masculins parcourront une distance totale de 127,5 kilomètres, tandis que les dames s’affronteront sur un trajet de 30,6 kilomètres. Particularité de cette édition, les deux autres pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) seront également représentés, donnant une dimension sous-régionale à l’événement.

La course se déroulera sur un circuit fermé de 5,1 kilomètres. Chez les hommes, 25 tours sont prévus, contre six tours pour les dames. À ce stade, environ 98 coureurs masculins et 35 féminins sont déjà inscrits, même si le comité d’organisation souhaite enregistrer davantage de participants avant la clôture des inscriptions.

La question est désormais sur toutes les lèvres : qui succédera à Soumaïla Ilboudo de l’AJCK chez les hommes et à Awa Bamogo chez les dames ? La réponse sera connue au terme des épreuves, dans la soirée du 15 février.

Placée sous le thème « Avec le Peuple, la RTB pédale pour la Victoire », cette édition ambitionne d’aller au-delà du simple cadre sportif. À travers cette initiative, la RTB entend proposer un spectacle de qualité tout en véhiculant un message fort de résilience et d’espoir. Pour les organisateurs, il s’agit de montrer un Burkina Faso debout, engagé sur la voie du développement et de l’épanouissement de ses populations.

Selon le directeur général de la RTB, Galip Somé, le Grand Prix cycliste RTB constitue un outil stratégique pour promouvoir le cyclisme national et rehausser le niveau de performance des athlètes. « Le cyclisme est un sport d’endurance qui requiert résilience et ténacité. À travers cette symbolique, nous voulons accompagner le peuple vers la victoire. Nous espérons que cette compétition renforcera la résilience de nos concitoyens », a-t-il déclaré.

L’ouverture de la compétition aux autres États membres de l’AES constitue la principale innovation de cette deuxième édition. Le vice-président de la Fédération burkinabè de cyclisme, Lazare Zabré, s’est voulu rassurant quant au niveau des participants. Il a souligné que les coureurs attendus, qu’ils soient burkinabè ou issus des pays invités, proviennent de clubs de haut niveau, garantissant ainsi un plateau relevé.

Sur le plan des récompenses, les organisateurs ont prévu des primes attractives. Chez les hommes, le vainqueur repartira avec un chèque d’un million de francs CFA, tandis que le deuxième empochera 600 000 francs CFA. Une enveloppe globale de 2,9 millions de francs CFA sera répartie entre les dix premiers. Côté dames, la masse totale des prix s’élève à 1 825 000 francs CFA.

Des distinctions spécifiques sont également prévues pour les meilleures coureuses de moins de 20 ans, ainsi que pour le premier athlète issu de l’espace AES. D’autres primes spéciales viendront récompenser les performances remarquables, dans le but d’encourager l’excellence et la compétitivité sur la piste.

Période chaude : le Burkina se prépare pour éviter les coupures d’électricité

À l’approche de la saison chaude, le ministre en charge de l’Énergie, Yacouba Gouba, a multiplié les visites de terrain afin de s’assurer de la disponibilité des infrastructures électriques et de limiter les risques de coupures sur l’ensemble du territoire.

 

Le ministre de l’Énergie, Yacouba Gouba, accompagné du directeur général de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), Souleymane Ouédraogo, a poursuivi, ce mercredi 4 février 2026, une série de visites de terrain dédiées à l’anticipation de la forte demande en électricité attendue dans les prochains mois. Plusieurs sites stratégiques ont été inspectés, notamment les centrales thermiques de Ouaga 2, de Kossodo 1 et 2, ainsi que la centrale photovoltaïque de Gonsin, située à la sortie nord-ouest de Ouagadougou.

Dès les premières heures de la matinée, la délégation ministérielle s’est rendue à la centrale thermique Ouaga 2, implantée dans le quartier Gounghin. Cette étape visait à apprécier l’état d’avancement des travaux de maintenance engagés pour améliorer les performances des groupes de production. Selon Aboubakar Bancé, chef du service production thermique Ouaga Ouest/Centrale Ouaga 2, les équipes sont confrontées à d’importants défis techniques. « Les travaux portent essentiellement sur le dépannage et la maintenance. La difficulté majeure réside dans l’acquisition des pièces de rechange, car certaines installations datent de 1974, et les groupes les plus anciens remontent à 1978 », a-t-il expliqué, tout en rassurant sur l’engagement total du personnel mobilisé jour et nuit pour remettre la centrale en service dans les meilleurs délais.

Après des échanges directs avec les techniciens, le ministre a salué leur engagement et les a encouragés à maintenir le rythme afin de garantir la stabilité et l’efficacité des groupes électrogènes.

La délégation s’est ensuite rendue à la centrale photovoltaïque de Gonsin, dotée d’une capacité de 42 mégawatts et équipée d’un système de stockage. Cette infrastructure, la plus importante du genre au Burkina Faso, a fait l’objet d’une visite inopinée destinée à vérifier la mise en œuvre des consignes relatives à l’entretien des panneaux solaires. « Nous avons constaté que les panneaux sont régulièrement entretenus. Nous les avons toutefois exhortés à poursuivre dans cette dynamique pour accroître les capacités de production », a indiqué Yacouba Gouba, avant d’inviter les équipes à rester mobilisées, annonçant de nouvelles visites de suivi.

Après Gounghin et Gonsin, le ministre et sa délégation ont marqué un arrêt à Pabré, sur le site de la nouvelle centrale thermique de 50 MW en cours de construction. Yacouba Gouba a félicité les équipes pour l’évolution rapide des travaux, à seulement un mois du lancement du chantier.

La tournée s’est achevée dans la zone industrielle de Kossodo, au niveau des centrales thermiques de Kossodo 1 et 2. À l’issue d’une présentation des actions déjà menées, le ministre a encouragé l’ensemble du personnel à redoubler d’efforts et à travailler en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, afin de respecter les délais de maintenance fixés.

Par la voix d’Aristide Ouédraogo, directeur du pôle production, transport et mouvements d’énergie de la SONABEL, les agents ont pris l’engagement de se mobiliser pleinement pour rendre disponibles les mégawatts attendus à temps et ainsi réduire les coupures durant la période chaude. « Le pari est lancé. Les engagements ont été pris de part et d’autre. Les performances enregistrées en 2025 doivent se poursuivre en 2026 pour assurer une électricité stable aux populations et aux entreprises », a conclu le ministre, annonçant de nouvelles visites inopinées dans les semaines à venir.

Accusations de Niamey : Abidjan sort du silence et réclame des preuves

Accusée par les autorités nigériennes d’une implication présumée dans l’attaque de l’aéroport de Niamey, la Côte d’Ivoire a réagi avec fermeté. Abidjan rejette des allégations jugées infondées et exige des preuves.

 

À la suite des déclarations du général Abdourahamane Tiani mettant en cause le président Alassane Ouattara dans l’attaque de l’aéroport de Niamey, la Côte d’Ivoire Niger est entrée dans une phase de tensions diplomatiques ouvertes. Le gouvernement ivoirien a vivement réagi, ce mercredi 4 février 2026, en dénonçant des accusations qualifiées de « fantaisistes » et « sans fondement ».

Face à la gravité des propos tenus depuis Niamey, Abidjan a convoqué l’ambassadeur du Niger afin de lui exprimer sa « vive protestation ». Les autorités ivoiriennes entendent ainsi marquer leur désaccord total avec des allégations qu’elles estiment attentatoires à l’image et à l’intégrité de l’État ivoirien.

Lors du compte rendu du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, est longuement revenu sur l’attaque contre l’aéroport international Diori Hamani, survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026. Il a tenu à rappeler que cet attentat a été officiellement revendiqué par le groupe terroriste État islamique.

Dans le même élan, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Kaba Nialé, a reçu l’ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire. À l’issue de cette rencontre, un courrier de protestation formel a été adressé aux autorités nigériennes, traduisant la position officielle d’Abidjan.

« À ce stade, nous attendons toujours une réponse à ce courrier, ainsi que les éléments de preuve étayant ces accusations », a déclaré Amadou Coulibaly. Il a qualifié de « grotesque » toute tentative d’associer la Côte d’Ivoire à cette attaque, soulignant que la piste terroriste ne fait l’objet d’aucune ambiguïté.

Pour le gouvernement ivoirien, le seuil de tolérance a été franchi lorsque les accusations ont directement visé le chef de l’État. « Nous ne pouvons accepter que le président de la République soit vilipendé de manière mensongère », a insisté le ministre de la Communication, précisant que le silence observé jusque-là relevait d’un choix de retenue diplomatique.

S’agissant du rôle évoqué de la Russie dans cette affaire, Amadou Coulibaly a tenu à dissiper toute confusion. Il a indiqué que Moscou, bien qu’ayant mentionné une possible implication de forces extérieures, n’a jamais cité nommément la Côte d’Ivoire Niger, ni mis en cause le président Alassane Ouattara.

« Nous n’accepterons jamais que l’image du président de la République soit attaquée sur la base d’allégations infondées », a-t-il martelé, réaffirmant la détermination du gouvernement à défendre l’honneur et la crédibilité du pays.

La Côte d’Ivoire dit désormais attendre une clarification officielle de Niamey, tout en réaffirmant sa volonté de ne pas laisser prospérer, sur la scène internationale, des accusations qu’elle juge dénuées de tout fondement. L’attaque de l’aéroport de Niamey, rappelle Abidjan, a été revendiquée par l’État islamique à travers son organe de propagande Amaq.

Attaque à Niamey : Moscou dénonce le terrorisme et réaffirme son soutien au Niger

La Russie a condamné avec fermeté l’attaque terroriste visant l’aéroport international Diori Hamani et une base de l’armée de l’air nigérienne à Niamey. Moscou réaffirme son engagement aux côtés des États de l’AES dans la lutte contre le terrorisme.

 

Les relations Russie Niger se resserre face à la menace terroriste. Dans un communiqué publié lundi 2 février, la Fédération de Russie a vivement dénoncé l’attaque armée perpétrée contre l’aéroport international Diori Hamani et la base 101 de l’armée de l’air nigérienne, située à proximité, dans la capitale Niamey.

Selon Moscou, un groupe armé composé d’environ quarante combattants a pris pour cibles ces deux installations stratégiques, où est également basé le commandement opérationnel des Forces conjointes de la Confédération des États du Sahel (AES). La responsabilité de cette attaque a été revendiquée par le groupe État islamique, actif dans la zone saharo-sahélienne.

La Russie souligne toutefois que l’assaut a été contenu grâce à l’action coordonnée de l’Africa Corps relevant du ministère russe de la Défense et des forces armées nigériennes. Cette riposte conjointe aurait permis de neutraliser une vingtaine de terroristes, tout en conduisant à la saisie de matériels et d’armes appartenant aux assaillants.

Le communiqué rappelle également que le président de la République du Niger, le général Abdourahamane Tiani, accompagné du ministre de la Défense nationale, Salifou Modi, s’est rendu sur le site où sont déployés les militaires russes. Les autorités nigériennes y ont exprimé leur reconnaissance pour le professionnalisme et l’efficacité des forces engagées.

Moscou condamne avec fermeté cette nouvelle attaque, tout en rappelant qu’un incident similaire avait déjà visé, en septembre 2024, l’aéroport de Bamako, au Mali. La Fédération de Russie évoque par ailleurs l’implication présumée de forces extérieures, accusées d’apporter un soutien technique et opérationnel aux groupes terroristes.

Face à cette situation, la Russie réaffirme sa détermination à renforcer sa coopération avec les États membres de l’AES, notamment le Niger. Elle assure poursuivre son appui au renforcement de la sécurité régionale, à la lutte contre le terrorisme et à l’amélioration des capacités opérationnelles des forces armées nationales, à travers la formation et l’accompagnement des forces de défense et de sécurité.

Santé au Burkina Faso : l’État accélère la modernisation hospitalière

Le Burkina Faso engage une nouvelle phase de transformation de son système de santé, avec l’accélération des grands chantiers hospitaliers annoncée pour 2026, à l’issue de l’évaluation des contrats d’objectifs gouvernementaux.

 

Le gouvernement burkinabè intensifie la réforme de son système sanitaire. Cette dynamique se traduit notamment par une accélération annoncée des projets hospitaliers structurants à l’horizon 2026. Lors de la séance d’évaluation des contrats d’objectifs conduite par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a présenté un bilan jugé satisfaisant, avec un taux d’exécution physique de 84 % pour l’exercice 2025.

L’année écoulée a été marquée par un renforcement significatif des infrastructures sanitaires spécialisées. La mise en service du CHU de Pala, du centre de radiothérapie de Bobo-Dioulasso et de l’unité d’hémodialyse de Gaoua illustre cette montée en puissance. À l’échelle communautaire, 20 Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) ont été construits, tandis que 25 autres structures ont été érigées en Centres médicaux communaux.

Dans le même temps, le programme « 1000×5 » a permis la spécialisation de 2 000 agents de santé, contribuant à renforcer durablement les compétences médicales nationales. Sur le plan préventif, la distribution de 15 millions de moustiquaires imprégnées et la vaccination complète de 750 000 nourrissons ont constitué des leviers majeurs dans la lutte contre les maladies infantiles.

2026 : finaliser et rapprocher les soins

Pour l’année 2026, l’exécutif burkinabè entend franchir un nouveau palier. La priorité porte sur l’achèvement du CHU de Gaoua, dont le taux de réalisation est estimé à 78 %, ainsi que sur le lancement effectif du CHU de Fada N’Gourma.

Le renforcement de l’offre de soins spécialisés de proximité figure également parmi les axes majeurs. De nouveaux centres d’hémodialyse sont attendus à Dori, Dédougou et Banfora, afin d’améliorer la prise en charge des patients hors des grands centres urbains.

« En 2026, l’enjeu sera d’accélérer les grands projets hospitaliers et de rapprocher les soins spécialisés des populations, notamment dans les zones confrontées à de forts défis sécuritaires », a insisté le ministre Kargougou.

Le Premier ministre a, pour sa part, exhorté le département de la Santé à intensifier les efforts, en vue de garantir un accès équitable aux soins et à la nutrition sur l’ensemble du territoire national.

Or au Burkina Faso : 2025, l’année de tous les records

Avec une production de 94 tonnes d’or en 2025, le Burkina Faso enregistre une performance historique dans le secteur extractif, portée par des réformes axées sur la souveraineté et un contrôle renforcé des activités minières.

 

Le secteur extractif burkinabè a franchi un seuil inédit en 2025. Sous l’effet des réformes engagées au nom de la souveraineté nationale, le Burkina Faso a atteint une production globale de 94 tonnes d’or, soit une progression spectaculaire par rapport à l’exercice précédent, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières.

Présentant son bilan de performance pour l’année 2025 devant le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le ministre Yacouba Zabré Gouba a fait état d’un taux d’exécution de 89,66 % de son contrat d’objectifs. Une performance jugée globalement satisfaisante, tirée essentiellement par la dynamique du secteur minier et la mise en œuvre de politiques de souveraineté.

L’année 2025 s’impose ainsi comme un tournant majeur pour l’or burkinabè. D’après les données officielles, la production cumulée — incluant l’exploitation industrielle, artisanale et les saisies — a progressé de plus de 30 tonnes par rapport à 2024.

« Le secteur minier a affiché une excellente résilience en 2025, avec notamment près de 42 tonnes issues de l’exploitation artisanale », a souligné le ministre Gouba. Cette hausse significative s’explique, entre autres, par la montée en puissance de la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB), le suivi rapproché des 15 mines industrielles opérationnelles, ainsi que le renforcement des actions de lutte contre la fraude, ayant permis la récupération de 10 kilogrammes d’or du circuit illégal.

Énergie : des avancées notables sur le terrain

Parallèlement aux performances minières, le secteur énergétique a enregistré des progrès tangibles. Au cours de l’année 2025, près de 160 000 nouveaux ménages ont été raccordés au réseau électrique, tandis que 131 localités rurales ont bénéficié de l’électrification.

Les infrastructures ont également été renforcées avec la construction de 165 kilomètres de lignes de transport et environ 500 kilomètres de lignes basse tension, contribuant à l’amélioration de l’accès à l’électricité à l’échelle nationale.

Dans les zones urbaines et périurbaines, plus de 25 000 lampadaires ont été installés, un dispositif présenté comme un levier important dans la lutte contre l’insécurité.

2026 en ligne de mire : cap sur l’industrialisation

Fort de ces acquis, l’exécutif burkinabè entend accélérer la transformation du secteur en 2026. Le ministre a annoncé une réforme en profondeur du Bureau des mines et de la géologie du Burkina (BUMIGEB), ainsi qu’une restructuration de l’artisanat minier autour de coopératives mieux organisées.

L’année à venir devrait également marquer un tournant pour l’actionnariat national. Au moins dix projets miniers semi-mécanisés, portés exclusivement par des investisseurs privés burkinabè, sont attendus.

« Notre objectif est de consolider durablement la souveraineté énergétique et minière du pays », a affirmé Yacouba Zabré Gouba, se projetant sur l’exercice 2026.