Crise en Iran : le Burkina Faso appelle ses ressortissants à la vigilance et organise des évacuations

Face à la dégradation de la situation sécuritaire en Iran, l’ambassade du Burkina Faso à Téhéran a publié deux communiqués appelant les ressortissants burkinabè à la vigilance et proposant un mécanisme d’évacuation volontaire.

 

La représentation diplomatique du Burkina Faso en Iran a publié, mercredi 11 mars 2026, deux communiqués destinés aux ressortissants burkinabè vivant sur le territoire iranien. Ces messages interviennent dans un contexte de sécurisation des Burkinabè vivant en Iran marqué par une dégradation de la situation sécuritaire depuis le 28 février 2026.

Selon l’ambassade, cette situation est liée aux attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Face à ces tensions, les autorités burkinabè appellent leurs compatriotes à adopter des mesures de prudence et à suivre strictement les consignes de sécurité.

Des consignes de vigilance aux ressortissants

Dans son premier communiqué, l’ambassade du Burkina Faso à Téhéran recommande aux membres de la communauté burkinabè de respecter rigoureusement les mesures sécuritaires établies par les autorités locales.

Elle invite également les ressortissants à coopérer avec les autorités compétentes dans l’intérêt de la sécurité publique. Dans ce contexte de sécurisation des  Burkinabè vivant Iran, l’ambassade demande aux citoyens burkinabè de limiter leurs déplacements au strict nécessaire et d’éviter les lieux de rassemblement. Les ressortissants sont également invités à rester joignables et à maintenir le contact avec leurs proches ainsi qu’avec les représentants de la communauté.

Par ailleurs, la représentation diplomatique recommande de préparer un kit minimum en cas de déplacement d’urgence et de s’approvisionner en produits de première nécessité lorsque cela est possible. Elle appelle également les Burkinabè à rester solidaires entre compatriotes et à éviter toute provocation ou proposition suspecte. Malgré certaines restrictions liées à l’accès à internet, les services de l’ambassade restent joignables en cas de besoin.

Un mécanisme d’évacuation volontaire

Dans un second communiqué, l’ambassade annonce la mise en place d’un dispositif d’assistance destiné aux ressortissants qui souhaitent quitter l’Iran. Ce mécanisme s’inscrit dans les mesures prises par les autorités burkinabè pour protéger leurs citoyens dans ce contexte de sécurisation des  Burkinabè vivant Iran. L’opération est organisée en collaboration avec les autorités iraniennes et l’ambassade du Burkina Faso à Ankara, en Turquie. L’objectif est de faciliter les formalités administratives nécessaires pour le départ et le transit des ressortissants burkinabè souhaitant regagner leur pays.

Les compatriotes qui désirent rentrer volontairement au Burkina Faso sont invités à se rapprocher du délégué du Haut Conseil des Burkinabè de l’Extérieur en Iran afin de s’inscrire sur une liste prévue à cet effet. La date limite d’inscription est fixée au vendredi 13 mars 2026.

Dans ses communiqués, l’ambassade a également exprimé la solidarité du gouvernement burkinabè envers les membres de la communauté vivant en Iran et dans les autres pays relevant de sa juridiction. L’ambassadeur du Burkina Faso en Iran, Mohamadi Kaboré, a assuré que la représentation diplomatique reste mobilisée pour accompagner les ressortissants dans ces circonstances difficiles.

Burkina Faso – États-Unis : Ouagadougou et Washington veulent relancer la coopération

Le Burkina Faso et les États-Unis affichent leur volonté de relancer leur coopération diplomatique. En visite à Ouagadougou, un responsable américain a évoqué un nouveau partenariat fondé sur le respect mutuel et la souveraineté.

 

Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu en audience, mercredi 11 mars 2026 à Ouagadougou, le haut responsable du Bureau des affaires africaines du département d’État américain, Nick Checker. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de coopération États-Unis Burkina Faso, que Washington souhaite désormais renforcer après une période marquée par certaines incompréhensions.

L’émissaire américain a expliqué être venu présenter la nouvelle vision des États‑Unis concernant leur partenariat avec Ouagadougou. Selon lui, l’administration du président Donald Trump entend privilégier une relation fondée sur un partenariat d’égal à égal avec le Burkina Faso. Cette démarche vise notamment à relancer le dialogue diplomatique et à renforcer la coopération États-Unis Burkina Faso dans le respect de la souveraineté du pays.

« Nous avons eu un échange très constructif. Nous avons discuté de notre volonté de relancer les relations entre les États-Unis et le Burkina Faso et de travailler ensemble sur des sujets d’intérêt commun », a déclaré Nick Checker à l’issue de l’audience.

Selon lui, cette nouvelle orientation diplomatique doit permettre de tourner la page des incompréhensions passées et de rétablir un climat de confiance.

Plusieurs axes de coopération évoqués

Dans le cadre de cette relance de la coopération États-Unis Burkina Faso, plusieurs domaines de collaboration ont été évoqués lors des discussions. La question sécuritaire a occupé une place importante dans les échanges. Les deux parties ont notamment évoqué la lutte contre le terrorisme, avec la possibilité d’une levée de la suspension des exportations d’équipements militaires vers le Burkina Faso. Les questions économiques et commerciales ont également été abordées.

Les autorités des deux pays souhaitent encourager davantage d’échanges entre les milieux d’affaires afin de renforcer les opportunités d’investissement. Le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, a salué cette nouvelle approche de Washington visant à redéfinir les relations bilatérales.

« Les États-Unis veulent protéger leurs frontières. Le Burkina Faso aussi. Les États-Unis veulent protéger leurs citoyens et notre pays poursuit le même objectif », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, cette convergence d’intérêts peut favoriser une coopération États-Unis Burkina Faso basée sur un partenariat gagnant-gagnant.

La souveraineté au cœur des relations

Le chef de la diplomatie burkinabè a également insisté sur l’importance pour les partenaires internationaux de reconnaître la souveraineté des États du Sahel. Selon lui, les pays de la région souhaitent construire des partenariats équilibrés et respectueux de leurs réalités.

« Il est nécessaire que les partenaires bilatéraux comprennent que nos pays ne sont pas des espaces qui attendent uniquement de l’assistance », a-t-il affirmé.

Le ministre a exprimé l’espoir que cette volonté affichée par Washington de restaurer la confiance se traduira par des actions concrètes dans les mois à venir. Avant son arrivée à Ouagadougou, Nick Checker s’était rendu au Niger et au Mali.

Cette tournée diplomatique s’inscrit dans une démarche visant à renforcer les relations entre les États-Unis et la Confédération des États du Sahel.

Tchériba : la reprise des activités de la compagnie de transport STAF soulage la population

Après plus de trois semaines d’interruption, la reprise des activités de la Société de Transport Aorèma et Frères (STAF) à Tchériba suscite un réel soulagement chez les voyageurs, commerçants et acteurs du transport.

 

La population de Tchériba, dans la province du Mouhoun, a accueilli avec satisfaction la reprise STAF Tchériba, effective depuis le 10 mars 2026. Les activités de la Société de Transport Aorèma et Frères avaient été suspendues pendant plus de trois semaines.

Pour rappel, un arrêté pris le 12 février 2026 avait ordonné l’arrêt des activités de transport routier de la compagnie à compter du 16 février. Cette décision faisait suite à plusieurs irrégularités relevées par les autorités. Il s’agissait notamment d’infractions au code de la route et du non-respect des limitations de vitesse.

À l’époque, cette mesure avait suscité diverses réactions au sein de la population Certains habitants redoutaient les conséquences économiques et sociales d’une telle suspension. D’autres, en revanche, avaient salué la fermeté des autorités, estimant qu’elle pouvait contribuer à renforcer la discipline dans le secteur du transport.

Après 21 jours d’interruption, un nouvel arrêté du ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité a finalement autorisé la reprise STAF Tchériba. Le 10 mars 2026, l’arrivée du premier car de la société à la gare routière de Tchériba a été accueillie avec enthousiasme par les vendeuses ambulantes, les agents de la gare et les passagers.

Selon Fatim Traoré, passagère en provenance de Ouagadougou, l’arrêt des activités de STAF avait sérieusement perturbé le transport des voyageurs. Elle explique que les autres compagnies de transport avaient du mal à absorber l’affluence, ce qui provoquait souvent de longues attentes pour les passagers.

Même constat pour Abdoul Razak Ouédraogo, agent au service courrier. Selon lui, l’arrêt des cars de STAF avait entraîné de nombreux retards dans l’acheminement des correspondances. Du côté des commerçantes, la reprise des activités constitue également un véritable soulagement. Minata Traoré, vendeuse de sésame, explique que les cars de STAF représentent un marché important pour les vendeuses installées à la gare. Elle précise qu’un seul arrêt permet parfois d’écouler entre 1 500 et 2 500 francs CFA de marchandises.

Le chef de la gare de Tchériba, Souleman Dissa, indique que durant la période de suspension, les agents de la gare rencontraient d’importantes difficultés pour trouver des places aux voyageurs. Les autres compagnies arrivaient souvent déjà complètes. Toutefois, M. Dissa reconnaît que la décision de suspension était nécessaire face à la multiplication des accidents et aux comportements dangereux observés chez certains conducteurs.

« Cette décision rappelle que nul n’est indispensable », a-t-il déclaré, tout en soulignant l’importance de préserver les vies humaines.

Dans la ville, plusieurs habitants saluent à la fois la reprise STAF Tchériba et la fermeté affichée par les autorités. Certains appellent néanmoins le ministère en charge des transports à renforcer les contrôles réguliers au sein des compagnies afin de prévenir les accidents plutôt que d’intervenir après les drames.

Dépenses, palace, Paris : Mahamat Idriss Déby au cœur d’une enquête en France

Le président tchadien fait l’objet d’une enquête préliminaire du Parquet national financier en France après des révélations sur d’importantes dépenses réalisées dans un palace parisien.

 

Le président du Tchad, Mahamat Idriss Déby, se retrouve au centre d’une affaire judiciaire en France. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête portant sur des dépenses effectuées lors de séjours dans un hôtel de luxe de la capitale française. L’affaire a été révélée par Mediapart et relayée par Brut Afrique. Les investigations concernent des dépenses importantes réalisées entre 2021 et le début de l’année 2026.

Selon ces révélations, le chef de l’État tchadien et des membres de sa délégation auraient dépensé plus de 500 millions de francs CFA, soit environ 762 000 euros, lors de séjours dans le palace Le Royal Monceau. Situé à proximité des Champs-Élysées à Paris, cet établissement de luxe est réputé pour ses suites haut de gamme et ses prestations exclusives, incluant notamment des espaces de fitness privés et des services personnalisés.

Un épisode précis retient particulièrement l’attention des enquêteurs. En octobre 2024, lors du Sommet de la Francophonie, la délégation tchadienne aurait généré une facture de plus de 38 millions de francs CFA pour un séjour de cinq jours seulement. Cette somme couvrirait les nuitées ainsi que d’importantes dépenses de restauration effectuées dans le palace. Selon les éléments évoqués dans l’enquête, la facture aurait été réglée entièrement en espèces. Le recours massif au paiement en liquide constitue aujourd’hui l’un des points centraux de l’enquête sur ces dépenses palace Paris.

D’après les informations publiées, plus de la moitié des 500 millions de francs CFA dépensés durant la période étudiée aurait été payée en cash. Ce mode de règlement a conduit le Parquet national financier à ouvrir une enquête préliminaire pour soupçons de détournement de fonds publics et de recel. Ce dossier n’est pas le premier à viser le président tchadien dans ce type d’affaires. En décembre 2023, une autre enquête avait déjà été ouverte à la suite de révélations sur l’achat de 57 costumes sur mesure pour un montant estimé à plus de 600 millions de francs CFA.

Face aux accusations, l’ambassade du Tchad à Paris a rapidement réagi. L’ambassadrice Amina Priscille Longo a expliqué que les montants évoqués s’expliquent notamment par le standing élevé de l’établissement, la taille importante des délégations présidentielles et les exigences protocolaires liées aux déplacements officiels. Concernant l’usage important d’espèces dans ces dépenses palace Paris, la diplomate a évoqué des contraintes techniques.

Selon elle, le recours au paiement en liquide serait parfois nécessaire en raison des délais jugés longs pour certains transferts bancaires internationaux. Elle a également dénoncé ce qu’elle qualifie d’« acharnement médiatique » de la part de Mediapart contre les plus hautes autorités tchadiennes. Les investigations du Parquet national financier se poursuivent afin de déterminer l’origine des fonds utilisés pour ces dépenses palace Paris et vérifier s’il existe ou non des infractions financières.

Burkina Faso : 3 000 jeunes formés pour renforcer l’agriculture nationale

Au Burkina Faso, une mission de suivi est menée dans plusieurs centres de formation pour évaluer la formation de 3 000 jeunes engagés dans l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire.

 

Le Bureau national des grands projets du Burkina (BN-GPB) conduit du 10 au 15 mars 2026 une mission de suivi dans seize centres de formation répartis sur le territoire. Cette sortie de terrain concerne les bénéficiaires de la deuxième cohorte de l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire.

Au total, près de 3 000 jeunes agriculteurs achèvent un programme de formation de 70 jours entamé le 4 janvier 2026. Cette initiative vise à renforcer les capacités agricoles des jeunes et à soutenir la stratégie nationale d’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso. Au Centre de Promotion Rurale de Bissiri, situé dans la commune de Kombissiri, 150 stagiaires participent actuellement à la phase pratique de leur formation. Les activités portent notamment sur la production végétale, l’élevage ainsi que la transformation des produits agricoles.

Selon Grégoire Samba, chef de service de production du centre, les stagiaires ont acquis plusieurs techniques de récupération et d’amélioration des sols.

« Les apprenants ont été initiés à différentes méthodes de restauration des terres comme les demi-lunes, les boulis, les cordons pierreux, les bandes enherbées et les diguettes en terre pour améliorer la fertilité des sols », a-t-il expliqué.

Dans le domaine de la production agricole, les participants apprennent également à organiser les parcelles et à choisir les sols adaptés aux cultures. Les spéculations cultivées dans le centre concernent notamment le maïs, le niébé, le soja, le gombo et le sorgho. En parallèle, le centre développe aussi des activités de pisciculture ainsi que l’élevage de volailles, de bovins et d’ovins. La formation accorde aussi une place importante à la transformation et à la conservation des récoltes afin de limiter les pertes après production.

Dans ce cadre, les stagiaires fabriquent plusieurs produits dérivés, notamment de la pâte d’arachide, de la confiture de papaye ou encore du sirop d’ananas. Claudine Tindano, volontaire agricole originaire de la commune de Bitou, explique par exemple les différentes étapes de fabrication de la pâte d’arachide.

« Nous commençons par trier les arachides afin de séparer les bonnes graines des mauvaises. Ensuite, nous procédons au décorticage avant la torréfaction. Après cela, nous retirons la peau et nous passons à l’écrasement pour obtenir la pâte », a-t-elle détaillé.

Pour la conservation des tomates, les fruits sont d’abord bouillis puis pelés avant d’être conditionnés dans des bouteilles stérilisées pendant une trentaine de minutes. Les apprenants produisent également plusieurs boissons locales comme le jus d’ananas, le bissap ou encore le jus de pain de singe, que les stagiaires ont baptisé « jus de la révolution ». Les groupes de formation réunissent des hommes et des femmes issus de différentes communes du pays. Avant d’intégrer les centres techniques, ces volontaires agricoles ont suivi une formation civique et patriotique.

Pour Grégoire Samba, l’attitude des jeunes engagés dans ce programme montre déjà une évolution notable.

« Comparés aux jeunes que nous recevions auparavant, nous constatons une réelle différence dans leur comportement et leur engagement », a-t-il indiqué.

Plusieurs stagiaires disent également avoir changé leur perception de l’agriculture et des opportunités d’emploi. Serge Zombré, venu de la commune de Ouargaye, affirme que cette expérience a modifié sa vision.

« Avant, nous pensions qu’il n’y avait pas d’opportunités de travail au Burkina. Mais pendant ces trois mois de formation, nous avons compris que ce n’était pas forcément le cas », a-t-il confié.

Même détermination chez Zaré Bachira, qui se dit prête à mettre en pratique les compétences acquises.

« Une fois de retour dans nos communes, nous allons travailler et partager ces connaissances avec ceux qui n’ont pas eu la chance de suivre cette formation », a-t-elle assuré.

L’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire ambitionne de former au total 8 000 jeunes entrepreneurs agricoles dans différentes régions du pays. À travers ce programme, les autorités burkinabè souhaitent renforcer les capacités de production agricole et halieutique afin de garantir la souveraineté alimentaire et de réduire l’insécurité alimentaire dans plusieurs communes.

Comment Oligui Nguema veut faire de Libreville un carrefour de grandes rencontres

Le chantier du nouveau Palais des Congrès de Libreville entre dans sa phase finale, et le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, suit personnellement l’avancement des travaux. Depuis le début du mois de mars, il s’est rendu à plusieurs reprises sur le site, où il est accueilli par Nina Abouna, Commissaire générale aux expositions, ainsi que Selim Bora, Président du Groupe Summa, entreprise chargée de la construction. Ces visites répétées témoignent de l’importance stratégique accordée à ce projet, qui dépasse largement la simple livraison d’une infrastructure moderne.

Car le choix du lieu n’est pas anodin. Le Palais des Congrès s’élève sur l’ancien site de la Cité de la Démocratie, un espace profondément inscrit dans la mémoire politique du pays. C’est là que se sont tenus certains des moments les plus marquants de l’histoire contemporaine du Gabon, notamment la Conférence nationale de 1990, qui a ouvert une nouvelle ère institutionnelle. La disparition progressive des bâtiments au fil des années avait laissé un vide, presque une blessure symbolique, comme si un chapitre essentiel de la vie nationale s’était refermé sans être remplacé. En décidant de reconstruire à cet endroit précis, le Chef de l’État fait le choix d’une continuité assumée : redonner vie à un lieu où le pays a appris à débattre, à se transformer et à se projeter vers l’avenir.

Mais cette renaissance n’est pas seulement mémorielle. Elle s’inscrit dans une vision beaucoup plus large : celle de faire de Libreville un véritable carrefour de grandes rencontres internationales. Le futur Palais des Congrès, conçu selon les standards internationaux, doit devenir l’outil central d’une stratégie d’attractivité ambitieuse. Avec son auditorium de 3000 places, ses espaces modulables, ses équipements technologiques de pointe et sa capacité à accueillir des sommets de haut niveau, l’infrastructure est pensée pour repositionner le Gabon sur la carte des destinations capables d’abriter des conférences diplomatiques, économiques et institutionnelles d’envergure.

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Cette orientation répond à une volonté clairement exprimée par le Chef de l’État : développer le secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions) comme un levier de rayonnement et de croissance. Dans une région où peu de pays disposent d’infrastructures de cette ampleur, Libreville entend se distinguer et capter une partie des grands événements internationaux qui façonnent les dynamiques politiques et économiques du continent. Le Palais des Congrès devient ainsi la pierre angulaire d’une stratégie de soft power, destinée à renforcer l’influence du Gabon et à diversifier son économie.

Le Commissariat Général aux Expositions du Gabon (CGEG), dirigé par Nina Abouna, jouera un rôle déterminant dans cette transformation. Sa mission sera de structurer l’offre événementielle nationale, de professionnaliser l’accueil des délégations et de bâtir une véritable industrie MICE capable d’attirer durablement des rencontres internationales. L’inauguration du Palais, prévue début mai en présence de plusieurs chefs d’État, marquera le lancement officiel de cette nouvelle ambition.

À travers ce projet, le Gabon ne se contente pas de reconstruire un bâtiment : il réactive un symbole, affirme une vision et prépare l’avenir. Libreville aspire désormais à redevenir un lieu où l’on se rencontre, où l’on dialogue, où l’on décide et prend acte de la concrétisation des partenariat stratégiques. Un carrefour, au sens plein du terme.

Arno Mathieu Bilalongo

Mine d’or d’Essakane : production record et participation accrue de l’État burkinabè

La mine d’or d’Essakane, exploitée par Iamgold Corporation, affiche une production élevée en 2025. L’État burkinabè renforce sa participation à 15 %, bénéficiant d’une part plus importante des dividendes.

 

La mine d’or d’Essakane, gérée par Iamgold Corporation au Burkina Faso, a produit 372.100 onces d’or en 2025, selon les résultats financiers publiés par la société mère le 17 février 2026. Au dernier trimestre, la production a atteint un record de 117.300 onces, soit 47 % de plus par rapport à la même période en 2024.

Sur le plan opérationnel, l’extraction totale s’est élevée à 39,6 millions de tonnes, dont 7,3 millions de tonnes de minerai, un volume en baisse de 16 % par rapport à l’année précédente, conformément au plan minier de la compagnie. La production annuelle d’or attribuable à Essakane a atteint 765.900 onces, correspondant au point médian des prévisions de la société.

Participation de l’État et dividendes

L’État burkinabè a augmenté sa participation dans la mine, passant de 10 % à 15 % depuis le 20 juin 2025, conformément au nouveau Code minier de juillet 2024. Cette hausse se traduit par une augmentation des dividendes versés au gouvernement. Iamgold a ainsi versé 128,3 millions de dollars en juin 2025, et un second dividende record d’environ 855 millions de dollars est annoncé, dont 200 millions de dollars reviendraient au Burkina Faso.

Les redevances minières ont aussi progressé pour atteindre 460 dollars par once, contre 202 dollars de plus par rapport à 2024, grâce à la hausse du prix de l’or et à l’entrée en vigueur d’un nouveau décret sur les redevances. Les ressources minérales de la mine ont augmenté de 11 %, s’établissant à 4,4 millions d’onces au 31 décembre 2025.

Pour 2026, la production d’Essakane est estimée entre 340.000 et 380.000 onces d’or, avec des flux de trésorerie disponibles prévisionnels de 400 à 500 millions de dollars, sur la base d’un prix de l’or fixé à 4.000 dollars l’once.

Niger : attaque contre une base aérienne à Tahoua, plusieurs assaillants neutralisés

La base aérienne 401 de l’aéroport de Tahoua a été attaquée dans la nuit du 8 au 9 mars. Les forces de sécurité ont repoussé les assaillants, neutralisant plusieurs d’entre eux et arrêtant cinq suspects.

 

La base aérienne 401 de l’aéroport de Tahoua, au Niger, a été la cible d’une attaque armée dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars 2026. Selon l’Agence nigérienne de presse, l’attaque s’est produite vers 3h05 du matin, lorsque des individus armés arrivés à moto ont pris pour cible les installations militaires de la base. Les assaillants ont notamment endommagé plusieurs hangars de drones et ouvert le feu sur le site. Des impacts de balles et des douilles ont été relevés sur les lieux après l’attaque.

Riposte des forces de sécurité

La réaction rapide des forces de défense et de sécurité a permis de repousser les assaillants, qui ont finalement pris la fuite. Le gouverneur de la région, Souleymane Amadou Moussa, s’est rendu sur place lundi afin de constater les dégâts. Accompagné de responsables régionaux des forces de sécurité et de conseillers de la Refondation, il a salué le professionnalisme des unités déployées. Selon les autorités, plusieurs assaillants ont été neutralisés et cinq suspects ont été arrêtés avec l’appui de la population locale. Les forces de sécurité ont également saisi une importante quantité de devises ainsi que divers matériels sur les personnes interpellées.

À ce stade, aucun groupe n’a revendiqué l’attaque.

Un contexte sécuritaire tendu

Cet incident intervient quelques semaines après une autre attaque visant une installation militaire au Niger. Le 28 janvier 2026, la base aérienne 101 de Niamey avait été attaquée par des assaillants. L’opération avait été revendiquée par l’État islamique via son agence de propagande Amaq. À l’époque, les forces nigériennes avaient annoncé la neutralisation de 20 assaillants et l’arrestation de 11 suspects. Le président du Niger, Abdourahamane Tiani, avait accusé la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être impliqués dans l’attaque, des accusations rejetées par Abidjan et Cotonou.

Situation sous contrôle

Les autorités régionales assurent que la situation est désormais sous contrôle à Tahoua. Le gouverneur a indiqué que l’aéroport reste ouvert et sécurisé, et que les activités s’y poursuivent normalement. Il a également appelé la population à faire preuve de vigilance et à signaler tout comportement suspect aux autorités. Des opérations de ratissage sont actuellement menées dans la zone afin de prévenir toute nouvelle intrusion.

Iran : Mojtaba Khamenei nommé guide suprême après la mort d’Ali Khamenei

L’Assemblée des experts du leadership a désigné l’ayatollah Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de l’Iran, quelques jours après la mort de son père Ali Khamenei dans des frappes israélo-américaines.

 

L’Assemblée des experts du leadership a annoncé la nomination de Mojtaba Hosseini Khamenei comme nouveau guide suprême de l’Iran.

Cette décision intervient quelques jours après la mort de son père, Ali Khamenei, tué le 28 février 2026 lors de frappes aériennes menées conjointement par Israël et les États-Unis contre des cibles iraniennes.

L’annonce a été faite à l’issue d’une session extraordinaire convoquée par l’Assemblée des experts, l’organe constitutionnel chargé de désigner le guide suprême de la République islamique.

Selon un communiqué officiel, la procédure de succession a été engagée immédiatement après la disparition d’Ali Khamenei afin d’éviter tout vide institutionnel à la tête de l’État.

L’institution religieuse a indiqué avoir pris cette décision dans un contexte particulièrement difficile, marqué par l’escalade militaire et les tensions régionales.

Elle affirme notamment que les bureaux de son secrétariat ont été bombardés, provoquant la mort de plusieurs membres du personnel et de l’équipe de sécurité.

Réunie conformément aux dispositions des articles 108 et 111 de la Constitution iranienne, l’Assemblée a finalement porté son choix sur Mojtaba Hosseini Khamenei, présenté comme le troisième guide de la République islamique d’Iran.

Les membres de l’institution ont qualifié le vote de « décisif ».

Dans sa déclaration, l’Assemblée des experts a rendu hommage au « martyre » d’Ali Khamenei, saluant plusieurs décennies de gouvernance sous la direction des deux premiers guides de la Révolution islamique.

L’institution a également appelé le peuple iranien, ainsi que les élites religieuses et universitaires, à soutenir le nouveau dirigeant.

Elle a enfin insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale autour du principe du Wilayat al-Faqih, fondement du système politique de la République islamique.

Étalons : Amir Abdou, un technicien expérimenté pour relancer la sélection

Le technicien franco-comorien Amir Abdou a officiellement été présenté comme nouveau sélectionneur des Étalons du Burkina Faso. Son expérience sur le continent et ses résultats avec les Comores et la Mauritanie nourrissent de grands espoirs.

Nommé à la tête des Étalons, Amir Abdou arrive au Burkina Faso avec une solide expérience et une expertise reconnue dans le football africain. Rigoureux, tacticien respecté et bon connaisseur du jeu, le technicien franco-comorien s’est illustré grâce à des performances historiques avec les sélections des Comores et de la Mauritanie. Dans ces deux pays, il a réussi à qualifier les équipes pour la CAN et à atteindre pour la première fois les huitièmes de finale de la compétition. Son arrivée suscite désormais de fortes attentes autour des Étalons.

Amir Abdou, nouveau sélectionneur des Étalons, a officiellement pris ses fonctions le 5 mars 2026 après sa présentation par la Fédération burkinabè de football (FBF). Le technicien franco-comorien de 53 ans a signé un contrat de deux ans à la tête de la sélection nationale.

Il succède à Brama Traoré, resté deux ans à la tête des Étalons entre 2024 et 2026. Selon plusieurs observateurs du football burkinabè, Amir Abdou est considéré comme un entraîneur rigoureux dont la carrière a connu une progression constante. Il a débuté son parcours en Europe, notamment en France, avant de se révéler sur le continent africain.

L’aventure commence dans son pays d’origine, les Comores. En 2014, Amir Abdou est nommé sélectionneur national. Avec cette équipe, il marque l’histoire du football comorien en qualifiant la sélection pour sa toute première Coupe d’Afrique des nations en 2021. Tacticien reconnu, il parvient également à conduire les Comores jusqu’aux huitièmes de finale de la CAN.

Au moment où il réalisait cet exploit avec les Comores, il dirigeait également le club du FC Nouadhibou en Mauritanie en 2020. Avec cette formation, il remporte à trois reprises le championnat national.

En mars 2022, Amir Abdou est nommé sélectionneur de la Mauritanie. Il parvient à qualifier les Mourabitounes pour la Coupe d’Afrique des nations 2023. À Nouakchott, il gagne rapidement la confiance des supporters en conduisant l’équipe nationale pour la première fois de son histoire en huitièmes de finale de la CAN. Cette performance historique a confirmé les qualités du technicien.

Sa rigueur, son professionnalisme et sa capacité d’adaptation sont souvent cités parmi ses principaux atouts. C’est d’ailleurs pour ces raisons que la Fédération burkinabè de football l’a retenu parmi 82 candidats.

« Sa capacité d’adaptation, sa formation, son aptitude à relever les défis et à s’entourer de collaborateurs compétents ont motivé son choix », a expliqué le Directeur technique national de la FBF, Pascal Yougbaré. Il souligne également que l’entraîneur s’appuie sur des outils modernes dans sa méthodologie de travail.

À la tête des Étalons, Amir Abdou aura pour mission d’atteindre plusieurs objectifs fixés par la FBF. Il devra notamment qualifier l’équipe pour la Coupe d’Afrique des nations, viser une participation à la Coupe du monde et permettre au Burkina Faso d’intégrer le Top 10 du football africain.