Visas : le Niger ferme totalement ses frontières aux citoyens américains

En riposte aux restrictions migratoires imposées par Washington, le Niger a annoncé l’interdiction totale de délivrance de visas et d’entrée sur son territoire aux ressortissants des États-Unis.

Le Niger a décidé d’interdire totalement et définitivement la délivrance de visas aux citoyens américains, ainsi que leur entrée sur l’ensemble de son territoire national. Cette décision, rapportée par l’Agence nigérienne de presse (ANP), intervient en réaction directe aux mesures restrictives prises par l’administration américaine à l’encontre de plusieurs pays africains, dont le Niger.

Selon les autorités nigériennes, cette mesure relève du principe de réciprocité, après l’inscription du Niger sur la liste des pays dont les ressortissants ne bénéficient plus de facilités d’entrée aux États-Unis. Washington a récemment durci sa politique migratoire, ciblant des États jugés à « risque élevé » en matière de sécurité et de gestion des flux migratoires.

Cette décision nigérienne s’inscrit dans un contexte plus large de recentrage de la diplomatie américaine autour de la doctrine « America First ». D’après l’Associated Press (AP) et des sources de la Maison-Blanche, près de 30 diplomates américains de carrière ont été rappelés de leurs postes à travers le monde afin de réaligner l’action diplomatique américaine. Parmi eux, 13 diplomates exerçaient en Afrique, notamment au Niger.

Par ailleurs, une proclamation présidentielle américaine datée du 16 décembre 2025 a renforcé les restrictions d’accès au territoire américain. Le texte vise particulièrement plusieurs pays africains, dont le Niger, le Burkina Faso, le Mali et le Soudan du Sud, désormais classés parmi les États soumis à des limitations accrues en matière de visas.

Pour Niamey, cette riposte constitue une affirmation claire de souveraineté nationale. « Le Niger interdit totalement et définitivement la délivrance de visas à tous les citoyens américains et interdit indéfiniment l’entrée sur son territoire aux ressortissants des États-Unis », indique une source diplomatique citée par l’ANP. Les autorités estiment que cette décision traduit leur volonté de répondre de manière proportionnée aux mesures américaines, tout en défendant les intérêts nationaux du pays.

L’Afrique apparaît comme le continent le plus touché par les rappels massifs de diplomates et le durcissement de la politique migratoire américaine. Cette dynamique contribue à accentuer les tensions diplomatiques entre Washington et plusieurs capitales africaines, dans un contexte géopolitique déjà marqué par des recompositions d’alliances et des revendications accrues de souveraineté.

Bobo-Dioulasso : le CHU de Pala ouvre ses portes, un hôpital de référence pour le Faso

Le président Ibrahim Traoré a inauguré à Bobo-Dioulasso le CHU de Pala, un hôpital de référence financé par la Chine et doté d’équipements de pointe.

Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé le mercredi 24 décembre 2025 à l’inauguration officielle du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pala, à Bobo-Dioulasso. Implantée le long de la route nationale n°1 (RN1), à la sortie de la ville, cette infrastructure sanitaire de référence vient renforcer de manière significative l’offre de soins spécialisés dans la région du Guiriko et au-delà.

Érigé sur un site situé dans le village de Pala, rattaché à la commune de Bobo-Dioulasso, le centre hospitalier s’élève aujourd’hui sur un espace qui, il y a encore quelques années, était couvert de végétation forestière. Le choix du site n’a toutefois pas été immédiat. Le projet avait en effet suscité de vifs débats lorsque l’option de la forêt classée de Kua avait été envisagée. Face à l’opposition des organisations environnementales, des concertations ont permis de retenir, par consensus, le site actuel de Pala, mettant ainsi un terme à une controverse largement relayée dans l’opinion publique.

La pose de la première pierre du CHU de Pala remonte au 20 octobre 2020, sous le gouvernement du Premier ministre Christophe Dabiré. À l’époque, le coût du projet était estimé à environ 60 milliards de francs CFA. Initialement prévu pour une durée d’exécution de 36 mois, le chantier a connu plusieurs retards, alimentant parfois des inquiétudes quant à son aboutissement. Son achèvement et son inauguration, sous l’autorité du président du Faso, marquent aujourd’hui la concrétisation d’un engagement fort en faveur de l’amélioration de l’accès aux soins.

Financé par la République populaire de Chine, le CHU de Pala s’inscrit dans le cadre de la coopération sino-burkinabè. Construit sur une superficie de 17 hectares, avec une possibilité d’extension à 30 hectares, l’établissement dispose d’une capacité de 500 lits et d’un plateau technique moderne répondant aux normes internationales.

Présent à la cérémonie, le ministre de la Santé, Dr Lucien Kargougou, a salué l’implication personnelle du chef de l’État dans le développement du secteur sanitaire. Selon lui, l’inauguration du CHU de Pala traduit concrètement la vision présidentielle d’un Burkina Faso nouveau, fondée sur un accès équitable à des soins de qualité, « sans exclusion ».

Le ministre a souligné que la date du 24 décembre 2025 restera marquante à double titre : d’une part, par la mise en service d’un hôpital moderne doté d’équipements de dernière génération ; d’autre part, par le renforcement exemplaire de la coopération entre le Burkina Faso et la République populaire de Chine, basée sur la solidarité, la fraternité et le respect mutuel.

Le CHU de Pala adopte une architecture verticale en R+2, optimisant l’utilisation du foncier et favorisant une intégration harmonieuse dans son environnement, tout en offrant des perspectives d’extension future. L’établissement comprend notamment 90 salles de consultation, une unité de soins intensifs, un service d’imagerie médicale de pointe avec IRM et scanner de 80 barrettes, ainsi qu’une salle d’imagerie interventionnelle cérébrale et cardiovasculaire de dernière génération. Cette salle Phéno-Actis-Siemens serait la première du genre dans la sous-région, voire en Afrique subsaharienne.

Dr Lucien Kargougou a également rappelé que la réalisation de ce complexe hospitalier, présenté comme le plus grand hôpital construit par la Chine en Afrique au sud du Sahara, a nécessité de surmonter de nombreux défis. Il a salué le leadership du président du Faso, la diligence du Premier ministre, ainsi que l’implication des forces de défense et de sécurité, des autorités administratives, coutumières et religieuses, et des populations de la région du Guiriko, en particulier celles du village de Pala.

Le ministre a adressé une mention spéciale à l’unité de gestion du projet, aux bureaux de contrôle et de conception, ainsi qu’aux entreprises en charge des travaux et des équipements, pour leur professionnalisme. S’adressant aux populations bénéficiaires, il a insisté sur le fait que le CHU de Pala constitue désormais un patrimoine commun, appelant à un usage responsable des infrastructures et à une collaboration harmonieuse entre usagers et personnel de santé.

L’inauguration du CHU de Pala vient ainsi consolider l’offre sanitaire nationale et compléter les autres infrastructures en cours de réalisation dans la région. À travers cet acte, les autorités burkinabè réaffirment leur volonté de faire de la santé une priorité nationale, tout en renforçant la coopération sino-burkinabè au service du bien-être des populations. Le centre s’impose désormais comme un fleuron technologique du système de santé burkinabè.

AES : Ibrahim Traoré décoré de la grand-croix de l’Ordre national du Mali

En marge du sommet de l’AES à Bamako, le président burkinabè Ibrahim Traoré a reçu l’une des plus hautes distinctions honorifiques du Mali.

Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a été élevé à la dignité de grand-croix de l’Ordre national du Mali par le président malien, le général d’armée Assimi Goïta, le mardi 23 décembre, en marge des travaux de la deuxième session du Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES).

Cette distinction vient reconnaître l’engagement constant du chef de l’État burkinabè, ainsi que celui de son homologue nigérien, également honoré, dans la dynamique collective engagée par les trois pays de la Confédération en faveur de la souveraineté et d’un développement concerté.

Cette décoration illustre la solidité des liens de fraternité et de coopération entre les États membres de la Confédération, résolus à bâtir un modèle d’intégration régionale fondé sur la confiance, la solidarité et des objectifs partagés.

 

AES : les chefs d’État lancent officiellement la Banque d’investissement BCID-AES

Réunis à Bamako, les chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel ont officiellement lancé la BCID-AES, une nouvelle banque destinée à soutenir le financement endogène et le développement économique confédéral.

 

Les présidents Assimi Goïta du Mali, Abdourahamane Tiani du Niger et Ibrahim Traoré du Burkina Faso ont inauguré, ce 23 décembre 2025, la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). Cette institution financière sous-régionale débute ses activités avec un capital de départ fixé à 500 milliards de francs CFA. Elle ambitionne de mobiliser les ressources souveraines et de financer les projets stratégiques des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel.

« La coupure symbolique du ruban par les trois chefs d’État de la Confédération consacre le lancement officiel des activités de cet outil financier de souveraineté et de financement endogène, conçu pour accompagner les grands projets économiques et infrastructurels dans l’espace confédéral… Ces projets concernent plusieurs secteurs structurants, notamment les infrastructures routières et le désenclavement, l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’énergie et les interconnexions régionales, ainsi que le soutien aux entreprises privées », précise la page Facebook de la Présidence du Faso. Les

Confédération sahélienne : Ibrahim Traoré élu président de l’AES pour un an

Réunis à Bamako, les chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel ont confié la présidence de la Confédération au capitaine Ibrahim Traoré, marquant une nouvelle étape dans la consolidation institutionnelle, sécuritaire et économique de l’AES.

Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, a été élu mardi président en exercice de la Confédération des États du Sahel (AES) pour une durée d’un an. Il succède au général Assimi Goïta, président de la République du Mali, à l’issue de la 2ᵉ session ordinaire du Collège des chefs d’État tenue à Bamako, selon le communiqué final transmis à l’Agence de presse africaine (APA).

Les travaux ont réuni les trois chefs d’État de l’AES : le général Assimi Goïta (Mali), le capitaine Ibrahim Traoré (Burkina Faso) et le général Abdourahamane Tiani (Niger).

Renforcement institutionnel et sécuritaire

Au cours de cette session, les chefs d’État ont validé quatre protocoles additionnels au traité fondateur de l’AES. Ces textes concernent la défense et la sécurité, la coordination diplomatique, l’harmonisation des actions de développement ainsi que l’organisation des sessions confédérales des parlements. Ils visent à mettre en place « une architecture institutionnelle solide, cohérente et opérationnelle ».

Le Collège des chefs d’État a par ailleurs « condamné avec fermeté les tentatives ignobles et vouées à l’échec de déstabilisation des pays de la Confédération par des groupes terroristes, soutenus par des États sponsors étrangers ». Les dirigeants ont salué la montée en puissance de la coopération entre les forces de défense et de sécurité, notant que les opérations conjointes ont permis de « réduire significativement les capacités de nuisance des groupes armés terroristes ». La remise officielle de l’étendard à la Force unifiée de l’AES (FU-AES) a consacré l’entrée en activité de cette force militaire commune.

Identité confédérale et développement économique

Les chefs d’État ont également salué les initiatives engagées pour affirmer l’identité confédérale de l’AES, notamment l’adoption d’un logo, d’un drapeau, d’un hymne officiel, d’une devise commune ainsi que de documents d’identité et de voyage. La mise en service prochaine de la Télévision AES, de la Radio AES et de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) a été annoncée.

Sur le plan économique, le Collège s’est félicité de l’opérationnalisation du Prélèvement confédéral (PC-AES) et de la création de la BCID-AES, destinés à assurer un financement endogène, durable et prévisible des projets et programmes confédéraux. Les chefs d’État ont également encouragé l’harmonisation des politiques économiques ainsi que la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’espace confédéral.

Négociations avec la Cédéao

S’agissant des relations avec la Cédéao, les chefs d’État ont entériné les conclusions des consultations tenues le 22 mai 2025 et réaffirmé leur volonté de poursuivre les discussions « de bonne foi et dans un esprit constructif ». La Confédération des États du Sahel a rappelé qu’elle s’inscrit dans « une dynamique visionnaire devant conduire à terme à l’avènement d’une Fédération regroupant les trois États ».

Dans son allocution, le président Ibrahim Traoré a salué le leadership de son prédécesseur, le général Assimi Goïta, et a placé son mandat sous le signe de la continuité des actions engagées. Il a également présenté les axes prioritaires de la feuille de route de l’An II de la Confédération.

La session s’est achevée sur une note de satisfaction, les chefs d’État ayant exprimé leur contentement quant au niveau de mise en œuvre des décisions issues de la première session ordinaire tenue le 6 juillet 2024 à Niamey.

AES : Ibrahim Traoré attendu à Bamako pour un sommet décisif

Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, est attendu dans la capitale malienne ce mardi 23 décembre 2025. Il prendra part au deuxième sommet du Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES).

« Au cours de cette rencontre de haut niveau, le capitaine Ibrahim Traoré et ses homologues du Mali et du Niger procéderont à l’évaluation du rapport de mise en œuvre de la feuille de route de l’An I de la création de la Confédération. Plusieurs autres rapports feront également l’objet d’examen et d’adoption, tandis que des décisions majeures seront prises en vue de renforcer et de consolider les acquis de l’AES », précise la page Facebook officielle de la Présidence du Faso.

Le sommet permettra également au Collège des chefs d’État de se pencher sur les principaux défis auxquels fait face la Confédération des États du Sahel, notamment sur les plans sécuritaire, politique et institutionnel. En marge de cette visite officielle, le président du Faso prévoit aussi des échanges avec la communauté burkinabè vivant au Mali, dans un esprit de proximité et de dialogue avec les ressortissants burkinabè établis à l’étranger.

Pour rappel, le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, est arrivé à Bamako le lundi 22 décembre 2025. Il a été accueilli par le président en exercice de la Confédération AES et président de la République du Mali, le général Assimi Goïta, en prélude à cette importante rencontre confédérale.

AES-CEDEAO: Moscow pousse à un rapprochement entre l’instance sous régionale et l’AES

La Russie a appelé à un dialogue renforcé entre la Cédéao et la Confédération des États du Sahel, estimant qu’une coopération régionale élargie est indispensable pour faire face aux défis sécuritaires persistants en Afrique de l’Ouest.

Cette position a été exprimée lors des échanges entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, en marge de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, tenue au Caire. À cette occasion, Moscou a encouragé la poursuite d’un « dialogue pragmatique et mutuellement bénéfique » entre la Cédéao et l’AES. La diplomatie russe a souligné l’urgence d’élaborer des réponses concertées face aux défis partagés, notamment la lutte contre le terrorisme et la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’espace sahélo-saharien.

L’appel russe s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par le renforcement des relations entre Moscou et les pays membres de l’AES. Depuis les changements de régime intervenus au Mali en août 2020, au Burkina Faso en septembre 2022 et au Niger en juillet 2023, ces États ont rompu plusieurs accords de défense avec la France et se sont progressivement rapprochés de la Russie, en particulier dans le domaine sécuritaire, mais aussi dans d’autres secteurs de coopération.

Cette initiative intervient alors que les relations entre la Cédéao et l’AES, fondée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger après leur retrait de l’organisation régionale, demeurent marquées par des tensions politiques. Toutefois, ces divergences persistent dans un contexte où les menaces sécuritaires transfrontalières continuent de s’intensifier dans la sous-région.

Dans ce climat, l’appel de Moscou semble trouver un écho dans certaines décisions récentes de la Cédéao, traduisant une volonté de préserver des cadres de coopération avec les pays de l’AES. La Conférence des chefs d’État et de gouvernement a ainsi admis, dimanche 14 décembre, le Burkina Faso, le Mali et le Niger comme membres non-Cédéao du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), sur la base de leur engagement à respecter les normes régionales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Par ailleurs, l’institution communautaire a validé le maintien de la participation des pays de l’AES au sein de la Banque d’investissement et de développement de la Cédéao (BIDC), sous le statut de pays non régionaux. Cette décision vise à garantir la continuité des projets de développement et des opérations financières en cours dans ces États. Sur le plan sécuritaire, la Cédéao a également réaffirmé sa volonté de poursuivre et de renforcer la coopération avec les trois pays sahéliens, reconnaissant que la lutte contre le terrorisme et l’instabilité régionale ne peut être menée efficacement sans une coordination étroite entre les États de la sous-région.

En appelant ouvertement à un rapprochement entre la Cédéao et l’AES, la Russie se positionne ainsi comme un acteur plaidant pour une approche régionale concertée, fondée sur le dialogue et la coopération, afin de faire face aux défis sécuritaires et politiques communs en Afrique de l’Ouest.

CAN 2025 : Brama Traoré prêt à écrire sa propre histoire avec les Étalons

Pour sa première Coupe d’Afrique des Nations en tant que sélectionneur principal, Brama Traoré affiche sérénité et ambition. À Casablanca, le technicien burkinabè se veut confiant quant à l’état de préparation des Étalons et vise une performance de haut niveau au Maroc.

 

Brama Traoré s’apprête à disputer sa première Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en qualité de sélectionneur principal des Étalons du Burkina Faso. À la veille du lancement de la compétition, qui a débuté ce 22 décembre 2025 au Maroc, le technicien est revenu sur la préparation de son équipe et sur les objectifs fixés pour ce rendez-vous continental.

Après une semaine de stage à Ben Slimane dans le cadre de la préparation de la CAN 2025, les Étalons ont rejoint leur camp de base à Casablanca le samedi 20 décembre 2025. À l’issue de la première séance d’entraînement avec la majorité de l’effectif, Brama Traoré a pu apprécier l’état physique et mental de ses joueurs.

« Les sensations sont bonnes. Nous avons entamé le travail à Ben Slimane avant de rejoindre Casablanca. La préparation s’est bien déroulée et nous estimons être prêts pour entrer dans la compétition », a-t-il confié, affichant un optimisme mesuré.

Nommé sélectionneur national en mars 2024, en remplacement du Français Hubert Velud, Brama Traoré s’apprête ainsi à vivre sa première CAN sur le banc des Étalons. Le technicien burkinabè connaît toutefois déjà l’environnement de la compétition, pour avoir fait partie de l’encadrement technique lors de l’édition 2015 en Guinée équatoriale, aux côtés de Paul Put, où le Burkina Faso avait été éliminé dès le premier tour. Un défi de taille, d’autant plus que le temps de préparation a été relativement court.

Une compétition de très haut niveau

« La CAN est une compétition majeure. C’est sans doute la plus grande compétition africaine, avec un niveau extrêmement relevé. Lorsque les joueurs arrivent tardivement, la préparation devient plus compliquée. Mais nous savons que ce sont des professionnels conscients de leur responsabilité lorsqu’ils portent le maillot national », a souligné Brama Traoré.

Après une CAN 2023 disputée en 2024 en Côte d’Ivoire, marquée par une élimination prématurée dès le premier tour, le sélectionneur burkinabè entend faire nettement mieux lors de cette édition. Son ambition est claire : aller le plus loin possible, avec l’objectif assumé de décrocher le trophée continental.

« Nous allons miser sur notre force mentale, notre détermination et notre capacité à affronter tous les adversaires sans complexe. L’objectif est d’offrir des résultats à la hauteur des attentes de notre peuple, un peuple résilient », a-t-il affirmé.

Brama Traoré a également lancé un appel aux supporters burkinabé afin qu’ils accompagnent l’équipe dès son entrée en lice, notamment lors du premier match face à la Guinée équatoriale, prévu le 24 décembre 2025 à 12h30.

Force unifiée de l’AES : lancement officiel et remise de l’étendard à Koulouba

Ce samedi 20 décembre 2025, le Président de la Transition, général d’Armée Assimi Goïta, a présidé la cérémonie de remise de l’étendard à la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (FU-AES), marquant son entrée en service opérationnel.

 

Le Président de la Transition, Chef de l’État, Chef suprême des Armées et Président de la Confédération des États du Sahel (AES), Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, a présidé, ce samedi 20 décembre 2025, la cérémonie solennelle de remise de l’étendard à la Force unifiée de l’AES (FU-AES), acte officiel marquant le lancement opérationnel de cette force multinationale stratégique.

La cérémonie a réuni le Premier ministre du Mali, le Président du Conseil national de Transition, les présidents des institutions de la République, les ministres de la Défense des pays membres de l’AES, les chefs d’État-major, des membres des gouvernements de la Confédération, ainsi que des ambassadeurs et représentants d’organisations internationales, des attachés de défense et des délégations des États membres de l’AES.

Dans son allocution, le Président Goïta a souligné la portée historique de l’événement, qualifiant la remise de l’étendard de véritable marqueur du début opérationnel de la FU-AES. Il a salué l’installation du nouveau commandant de la force et rendu hommage au courage, au professionnalisme et à la détermination des ministres de la Défense, des chefs d’État-major et de l’ensemble des Forces de défense et de sécurité de la Confédération.

Le chef de l’État a rappelé que, depuis la Déclaration de Niamey du 6 juillet 2024, les Forces armées des pays membres ont conduit des opérations conjointes, notamment Yéréko I et Yéréko II, neutralisant plusieurs chefs terroristes et démantelant des sanctuaires criminels, grâce à une planification rigoureuse, un partage efficace du renseignement et une mutualisation des moyens.

Face à l’évolution des modes opératoires des groupes armés terroristes, le Président Goïta a insisté sur la nécessité d’une anticipation stratégique permanente, confiée au commandement de la Force unifiée.

Il a également mis en lumière les menaces multiformes pesant sur les États du Sahel : terroristes, économiques et informationnelles. Dans ce cadre, la Confédération AES a entrepris des initiatives structurantes, comme la création d’une télévision, d’une radio et d’une presse écrite AES, pour renforcer la souveraineté informationnelle et contrer la désinformation.

Affirmant que « l’AES est une réalité irréversible », le Président de la Confédération a salué la résilience et le soutien des peuples sahéliens, rendant hommage aux civils et militaires tombés au combat et souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

Le ministre de la Défense et des Anciens combattants du Mali, le Général de corps d’Armée Sadio Camara, a présenté la Force unifiée de l’AES comme l’aboutissement d’une mutualisation stratégique, fondée sur les valeurs de solidarité, d’entraide et de dignité sahéliennes. L’étendard remis à la FU-AES a été décrit comme un symbole vivant, fruit du sacrifice des martyrs civils et militaires, porteur de mémoire, de volonté et d’engagement irréversible.

À la tête de la FU-AES, le Général de brigade Daouda Traoré, officier expérimenté et reconnu sur le terrain, aura la responsabilité de conduire cette force multinationale dans un contexte sécuritaire exigeant, au service de la stabilité et de la souveraineté de l’espace AES.

Bobo-Dioulasso : une nouvelle usine verra bientôt le jour

Le président du Faso a inauguré à Bobo-Dioulasso l’usine Burkina Cajou SA, qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement de transformer localement la noix de cajou.

Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé, ce samedi 20 décembre 2025 à Bobo-Dioulasso, à l’inauguration officielle de l’usine Burkina Cajou SA, une unité industrielle dédiée à la transformation locale de la noix de cajou. La réalisation de ce complexe a nécessité un investissement de plus de neuf milliards de francs CFA. La cérémonie a été ponctuée de plusieurs allocutions, notamment celle de la promotrice, Masso Sow/Traoré, ainsi que le discours officiel prononcé par le ministre de l’Industrie, Serge Poda.

Selon la promotrice, Masso Sow/Traoré, ce projet s’inscrit pleinement dans la vision portée par le président du Faso, qui ambitionne de mettre un terme à l’exportation brute des matières premières au profit de leur transformation locale, afin de générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois au bénéfice des Burkinabè. Dans une intervention empreinte d’émotion et de reconnaissance, elle a exprimé sa satisfaction de voir aboutir un projet qu’elle présente comme le fruit d’un long parcours marqué par des épreuves, des incertitudes, mais aussi par la persévérance et la détermination. « Ce que nous inaugurons aujourd’hui dépasse le cadre d’une simple usine. C’est l’aboutissement d’un chemin et l’accomplissement d’une promesse », a-t-elle confié, rendant grâce à Dieu pour avoir accompagné chaque étape de cette réalisation.

Une réponse industrielle à un défi structurel

Masso Sow/Traoré a rappelé que le Burkina Faso produit chaque année plus de 280 000 tonnes de noix de cajou, dont plus de 90 % sont exportées à l’état brut, privant ainsi le pays de retombées économiques substantielles. L’usine Burkina Cajou SA ambitionne de corriger cette situation structurelle grâce à une capacité industrielle significative. Implantée sur une superficie de huit hectares, elle représente un investissement social estimé à 1,8 milliard de francs CFA. L’unité dispose d’une capacité annuelle de transformation de 150 000 tonnes, dont 30 000 tonnes sont déjà opérationnelles, grâce à des équipements modernes et à un programme structuré de transfert de compétences.

Un fort impact en matière d’emplois et de responsabilité sociale

Au-delà de sa dimension industrielle, Burkina Cajou SA se distingue par son orientation sociale. À ce stade, l’usine génère environ 1 700 emplois directs et indirects, avec des projections atteignant 8 500 emplois à court et long termes. La promotrice a mis en avant les dispositifs sociaux intégrés au projet, notamment une infirmerie et une garderie sécurisée pour les enfants des travailleuses, qui constituent près de 80 % de l’effectif. Ces aménagements visent à offrir aux femmes un cadre de travail digne et sécurisé.

« Burkina Cajou place l’humain au cœur de sa stratégie de développement », a-t-elle souligné, présentant l’usine comme un modèle d’industrialisation responsable reposant sur la formation continue, l’innovation technologique et la valorisation du capital humain.

L’État burkinabè, un partenaire stratégique

S’exprimant au nom du président du Faso, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Poda, a indiqué que l’inauguration de Burkina Cajou SA constitue une illustration concrète de la vision présidentielle en matière de souveraineté économique. « Nous concrétisons aujourd’hui notre ambition nationale : produire et transformer nos richesses sur le sol burkinabè », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que la filière anacarde figure parmi les filières stratégiques du Burkina Faso et représente désormais un levier majeur d’industrialisation, de création d’emplois et de développement des compétences locales. À ce titre, l’État détient 25 % du capital social de l’entreprise, répartis entre 10 % pour le Conseil burkinabè des filières agro-pastorales et halieutiques et 15 % pour le Fonds burkinabè de développement économique et social. L’État a également accordé au projet des facilités douanières et fiscales prévues par le Code des investissements.

Une industrialisation inclusive et patriotique

Le ministre Serge Poda a salué l’engagement de la promotrice et de ses partenaires, qui ont fait le « choix courageux » d’investir au Burkina Faso dans un esprit de responsabilité et d’inclusion. Il a souligné que le développement économique ne peut être dissocié de la justice sociale. « Performance économique et équité sociale peuvent et doivent aller de pair », a-t-il affirmé, soulignant que ce projet s’inscrit pleinement dans la dynamique de la révolution progressiste populaire prônée par les autorités actuelles.

Au nom du président du Faso, il a réitéré l’engagement de l’État à soutenir toutes les initiatives industrielles sérieuses, patriotiques et créatrices de valeur ajoutée nationale. En procédant à l’inauguration officielle de l’usine Burkina Cajou SA, le chef de l’État adresse, selon lui, un message fort aux investisseurs nationaux et à la jeunesse burkinabè : celui d’un pays résolument engagé sur la voie de la transformation locale de ses ressources et de la souveraineté économique. Burkina Cajou SA s’impose ainsi comme un acteur clé de la filière anacarde et un exemple d’industrialisation responsable au service du développement durable du Burkina Faso.