Corruption Burkina : sept agents de l’État lourdement sanctionnés

Après des dénonciations publiques du KORAG, les autorités burkinabè ont pris des sanctions disciplinaires sévères contre plusieurs agents de l’État impliqués dans des faits de corruption Burkina, marquant un nouveau signal de fermeté contre les dérives au sein de l’administration.

 

Le gouvernement burkinabè a annoncé des mesures disciplinaires à l’encontre de sept agents publics, dont quatre radiations, à la suite de la dénonciation d’actes de corruption Burkina rendus publics par le KORAG le 1er février 2026. Les sanctions touchent notamment des agents de sécurité, un médecin spécialiste et un agent des services domaniaux.

Réuni en Conseil des ministres, l’Exécutif a validé des sanctions fermes contre sept agents de l’État mis en cause dans des dossiers de corruption, selon une annonce du Ministère des Serviteurs du Peuple.

Ces décisions interviennent après les révélations diffusées par le KORAG, le 1er février 2026, faisant état de pratiques de corruption manifeste observées dans certains services administratifs.

D’après les précisions du ministre Mathias Traoré, quatre agents ont été purement et simplement révoqués. Il s’agit d’un adjudant de la Police nationale, de deux policiers municipaux et d’un agent domanial. Par ailleurs, trois autres agents – un adjudant de la Police nationale, un médecin spécialiste et un policier municipal – ont été traduits devant les conseils de discipline afin de répondre des faits qui leur sont reprochés.

Le Conseil des ministres a salué la rapidité avec laquelle les instances disciplinaires se sont saisies des dossiers. Il a également instruit les autorités compétentes d’achever, dans les meilleurs délais, les procédures encore pendantes.

À travers ces décisions, le gouvernement burkinabè réaffirme sa détermination à combattre la corruption Burkina au sein de l’administration et à rétablir la confiance entre l’État et les citoyens.

Corruption au Burkina Faso : le Tribunal de Ouagadougou expose une affaire de détournement de fonds publics

Le Pôle ECOFI du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou a rendu, le 9 janvier 2026, plusieurs condamnations dans une affaire de détournement de fonds publics, confirmant la détermination des autorités burkinabè à lutter contre la corruption.

Le vendredi 9 janvier 2026, le Pôle ECOFI du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou a prononcé son jugement dans une affaire de détournement de fonds publics, opposant le Ministère public à plusieurs prévenus. L’annonce a été relayée ce jeudi 15 janvier 2026 sur la page Facebook de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC).

Le procès portait sur des accusations graves d’abus de fonction, de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite, impliquant notamment des responsables de la structure concernée, ce qui avait fortement mobilisé l’attention de l’opinion publique. Le tribunal a infligé des peines variées, allant de la prison avec sursis à des amendes substantielles. S K JM a été reconnu coupable d’abus de fonction et de détournement de 24 millions de francs CFA et condamné à cinq ans de prison avec sursis, ainsi qu’à une amende de 67,8 millions de francs CFA.

D’autres prévenus ont été condamnés pour enrichissement illicite ou concussion : K L à 24 mois de prison et 5 millions de francs CFA d’amende, O S et O/D A C pour des montants respectifs de 500 000 et 50 000 francs CFA, assortis de peines avec sursis.

Les condamnations incluent également le remboursement des sommes détournées à l’État burkinabè. S K JM devra verser 22,85 millions de francs CFA, tandis que les autres prévenus devront indemniser l’État entre 50 000 et 1,5 million de francs CFA. Selon l’ASCE-LC, la corruption dans le secteur public a des conséquences directes sur la société et l’environnement : elle prive le pays des investissements nécessaires, entraîne la perte de biodiversité et fragilise les efforts de conservation, affectant particulièrement les populations vulnérables.

Ce verdict constitue un signal fort, illustrant la détermination des autorités judiciaires et des acteurs anti-corruption à garantir la transparence et la bonne gestion des deniers publics. Le gouvernement burkinabè, représenté par l’Agent Judiciaire de l’État (AJE), prévoit le recouvrement des sommes détournées dans un délai de six à douze mois. Cette affaire met en lumière l’importance de l’éthique dans la gestion des ressources publiques et interpelle la société civile sur la vigilance collective nécessaire pour prévenir les abus et renforcer la gouvernance financière au Burkina Faso.

Pour rappel, l’enquête pénale a été ouverte après un rapport d’audit produit en janvier 2024 par l’ASCE-LC et transmis au procureur du Faso le 30 décembre 2024.

Affaires de corruption : le KORAG pointe des complicités au sein des douanes et de la justice Burkinabé

Dans son troisième communiqué lu à la télévision nationale le 12 novembre 2025, le KORAG révèle des affaires de corruption impliquant des douaniers et des acteurs judiciaires. L’instance appelle la population à la vigilance face aux tentatives de manipulation et promet la fermeté contre les responsables.

 

Communiqué du KORAG

Lors de son troisième message rendu public à la télévision nationale ce 12 novembre 2025, le KORAG, organe chargé de « définir, suivre et contrôler la mise en œuvre de la vision stratégique du Burkina Faso », a mis en lumière des cas de corruption impliquant des agents des douanes et des personnels du système judiciaire. L’instance exhorte les Burkinabè à demeurer vigilants pour contrecarrer toute tentative de déstabilisation liée à cette lutte intense contre la corruption.

Le communiqué rappelle l’engagement du Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, et du gouvernement dans la refondation de l’État et la promotion d’une vie publique moralisée. Après la communication du 25 septembre sur de graves dysfonctionnements dans l’administration et le secteur privé, et l’appel du 2 octobre lors des Journées d’engagement patriotique, le KORAG insiste sur la persistance de pratiques corruptives dans plusieurs secteurs.

Selon les dénonciations reçues par l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC), des agents des douanes auraient, dès mai 2021, exigé des paiements irréguliers auprès de routiers pour laisser circuler des camions malgré des formalités effectuées au bureau de Ouaga Inter. Sur instruction de l’ASCE-LC, le Procureur du Faso a ouvert une enquête qui a conduit à la découverte de sommes importantes détenues dans les bureaux et domiciles des mis en cause.

Des éléments matériels (images et vidéos) et des aveux ont été versés au dossier. Deux douaniers — un inspecteur et un contrôleur — sont directement mis en cause, et onze autres agents ont été interpellés dans le cadre des mêmes soupçons de corruption et de blanchiment de capitaux. Douze témoins (transitaires, déclarants, transporteurs, commerçants) ont affirmé avoir remis, sans quittance, des montants compris entre 100 000 et 150 000 FCFA aux agents en poste à la Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude.

La révélation que des agents affectés à la lutte contre la fraude se rendent eux-mêmes coupables de corruption suscite une forte indignation. Malgré le refus initial des accusés, les images de flagrant délit présentées par les enquêteurs devraient établir la réalité des faits.

Le communiqué alerte aussi sur des dérives au sein du milieu judiciaire. Des plaintes reçues par la Commission de Régulation des Dysfonctionnements et le Cabinet présidentiel dénoncent absentéisme, lenteur, abus de fonction, concussion et arrogance vis-à-vis des justiciables. Dans l’affaire douanière en question, et malgré les preuves et les aveux, un non-lieu a été prononcé par le juge d’instruction en juillet 2024, décision ensuite confirmée par la Chambre d’instruction le 27 août 2025. Ces décisions ont soulevé de sérieuses interrogations sur l’impartialité et la probité des magistrats impliqués.

Pire encore, après ces décisions judiciaires, les mis en cause auraient obtenu, auprès des juges ayant traité le dossier, des informations sensibles — dont l’identité des dénonciateurs et des pièces de procédure — exposant ainsi ces derniers à des risques. L’un des douaniers aurait même cherché à entraîner un dénonciateur devant un juge corrompu en vue d’obtenir une condamnation de celui-ci.

Les auditions menées en octobre 2025 ont permis de mettre au jour un vaste réseau d’acteurs indélicats à la Cour d’appel de Ouagadougou : dix magistrats (présidents de chambre, procureurs généraux, substituts, juges d’instruction, etc.) et un avocat sont visés par les investigations. D’importantes sommes d’argent auraient été versées pour influencer l’instruction et obtenir des jugements partisans.

Face à ces dysfonctionnements graves, le communiqué signale que des campagnes de désinformation ont tenté de détourner l’attention, y compris via des médias étrangers. Le KORAG rejette ces tentatives de dénigrement et affirme sa détermination à poursuivre la lutte.

Le KORAG met en garde toute personne impliquée dans la corruption ou tentant d’instrumentaliser la justice : les auteurs et leurs complices seront traduits devant leurs responsabilités et subiront la rigueur de la loi. Les sanctions disciplinaires au sein du système judiciaire se poursuivront sans exclusive, et des poursuites judiciaires sont envisagées contre les acteurs indélicats.

Pour conclure, l’instance appelle la population à la vigilance citoyenne afin d’empêcher toute manipulation et encourage chacun à s’engager pour une société burkinabè intègre, juste et souveraine.

LA PATRIE OU LA MORT, NOUS VAINCRONS

Centrafrique-corruption : le président Touadéra frappe la main sur la table

Le chef de l’Etat a profité de son adresse à la nation le 31 décembre dernier pour réitérer sa volonté de lutter contre la corruption invitant les membres du gouvernement au sens des responsabilités.

 

«Certains ministres ont suivi les sentiers battus : peu d’initiatives, d’innovations, se confortant dans le règlement des parapheurs. Ces critiques doivent amener à un comportement citoyen, selon Maxime Balalou. Et aussi, amener chaque membre du gouvernement à comprendre que sa mission de servir l’État est un sacerdoce, » regrette le président Faustin Archange Touadera.

Et pour cette année 2023, le champ est vaste. Après l’adoption de la loi référendaire le 28 décembre dernier, les Centrafricains ont les yeux tournés vers les autorités. À en croire le secrétaire du gouvernement, il viendra un moment où tout le monde saura si le pays ira ou non à un référendum constitutionnel.

Une cellule de veille est déjà mise en place pour lutter contre la corruption, selon Maxime Balalou, ministre chargé du secrétariat du gouvernement : « Nous avons déjà mis en place cette cellule de veille qui a pour mission d’identifier des faits. Personne n’y échappera et des sanctions seront données à tous ceux, quel que soit le niveau de responsabilités, qui se sont compromis dans des comportements déviants mettant en cause les efforts du gouvernement. »