Trafic de gaz butane : un réseau illégal reconditionnait en plein cœur de Ouagadougou

La Cellule économique et financière de la section de recherches de la troisième légion de gendarmerie a mené une opération coup de poing dans le quartier Balkuy à Ouagadougou. L’intervention s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les activités frauduleuses menaçant la sécurité des consommateurs. Celle-ci visait un réseau de reconditionnement illégal de gaz butane.

Les faits révélés

Au centre de cette opération se trouve un individu identifié par les initiales T.O. Détenteur d’un agrément officiel de commercialisation de gaz de la marque TOTAL. En dépit de cette autorisation, T.O. utilisait son statut pour mener en parallèle une activité illégale de reconditionnement de bouteilles de gaz.

Selon les enquêteurs, ce trafic était non seulement clandestin, mais également dangereux. Ce reconditionnement artisanal de gaz, s’effectué dans des conditions non réglementées. Il représente donc un risque majeur d’explosion ou d’incendie, mettant en péril la vie des riverains et des consommateurs.

Matériel saisi et suites judiciaires

Lors de l’intervention, les gendarmes ont saisi un important lot de matériel servant à l’opération frauduleuse : bouteilles de gaz non conformes, raccords artisanaux, balances et dispositifs de transfert illégaux. L’ensemble de ce matériel a été mis sous scellés.

T.O. a été interpellé et placé en garde à vue. Il devra répondre devant la justice de plusieurs chefs d’accusation, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui, détention de matériel non conforme, et exercice frauduleux d’activités réglementées.

Enjeux sécuritaires et économiques

Ce démantèlement intervient dans un contexte marqué par une surveillance accrue du secteur des hydrocarbures domestiques. En plus de nuire à la concurrence loyale, ces pratiques mettent en péril la politique nationale de distribution sécurisée du gaz butane.

Les autorités appellent à la vigilance et encouragent les citoyens à dénoncer toute activité suspecte. Cette opération témoigne d’un engagement clair des forces de sécurité à faire respecter la réglementation et à protéger les consommateurs.

Bac 2025 à Ouagadougou : cris de joie, larmes et triomphe d’Aminata Dramé

Lycée municipal Vénégré, jeudi 3 juillet 2025. À peine le soleil s’est-il levé que l’air est déjà lourd d’impatience. Devant les grilles, des grappes d’élèves, familles et enseignants attendent. L’heure de vérité approche. Les résultats du premier tour du baccalauréat vont tomber.

Il est 8h12 lorsque les agents pédagogiques affichent les listes tant redoutées. L’effervescence monte. Les élèves se ruent vers le tableau, les yeux scrutant chacune des lignes, chacun des  noms. Dans la cohue, les cris fusent, les larmes jaillissent. Entre embrassades et silences figés, chacun découvre son sort.

Parmi les visages qui se distinguent, celui d’Aminata Dramé, 19 ans, attire l’attention. Brillante élève de la série D, elle vient de décrocher son Bac avec la mention Très Bien, avec une moyenne de 17,88/20. Sa réaction ? Un cri de joie, une chute à genoux, les bras levés au ciel.

« Je n’arrive pas à y croire ! », lance-t-elle en larmes, entourée de ses camarades qui la félicitent. « J’ai travaillé dur chaque nuit, avec une discipline de fer. C’est un rêve qui se réalise, pour moi et pour ma famille. »

Sa mère, vendeuse de légumes au marché de Zogona, arrive quelques minutes après, alertée par téléphone. Elle étreint sa fille longuement.

« Elle a tenu parole, elle m’avait promis ce bac… », murmure-t-elle, la voix cassée par l’émotion.

Tout autour, d’autres scènes se jouent. Des sourires éclatent, des mains se serrent, mais aussi des épaules s’affaissent. Ibrahim, un élève au regard perdu, cherche son nom. En vain. Un surveillant l’emmène à l’écart. « Ce n’est qu’un report, pas un échec. Tu as le second tour. »

Le proviseur du lycée, stoïque mais fier, salue l’engagement des enseignants et la résilience des élèves.

« Dans le contexte actuel, chaque réussite est une victoire nationale », souligne-t-il.

À travers Ouagadougou, les mêmes scènes se répètent. L’épreuve du Bac est bien plus qu’un passage presque initiatique. Et cette année encore, elle révèle des destins, des espoirs, et une jeunesse burkinabè debout malgré tout.

 

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