Le Burkina Faso renforce les mécanismes de protection de ses entreprises stratégiques. Le 19 octobre 2026, l’Assemblée législative du peuple (ALP) a adopté à l’unanimité des 71 membres votants le projet de loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles à caractère stratégique. La réforme vise à mieux préserver les entreprises jugées essentielles aux intérêts nationaux, tout en élargissant les moyens d’intervention de l’État.
Présidée par le Dr Ousmane Bougouma, la séance plénière s’est tenue en présence du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Poda, qui représentait le gouvernement. Le texte actualise le cadre juridique en vigueur depuis 1993 afin de mieux prendre en compte les enjeux économiques et sociaux actuels du pays. Il s’inscrit dans une volonté de renforcer la souveraineté économique du Burkina Faso.
L’une des principales dispositions de cette réforme concerne la privatisation des entreprises publiques stratégiques, désormais interdite pour les entités reconnues comme telles. Le texte introduit également le critère du monopole dans l’identification des entreprises stratégiques et prévoit un contrôle renforcé de l’État sur certaines opérations sensibles.
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La nouvelle loi donne aussi à l’État la possibilité de prendre des participations dans les entreprises concernées ou d’augmenter celles qu’il détient déjà. Elle prévoit, par ailleurs, que certaines activités puissent être réservées aux acteurs nationaux lorsque l’intérêt général le justifie. Les biens des entités visées bénéficieront également d’une protection particulière, avec une disposition prévoyant leur insaisissabilité.
Le texte fixe ainsi les critères permettant de déterminer quelles structures peuvent obtenir le statut d’entité stratégique. Toutefois, leur liste précise ne sera pas immédiatement établie par la loi : elle devra être définie ultérieurement par décret.
Pour Serge Poda, cette adoption marque une étape importante dans l’évolution du cadre juridique applicable aux entreprises stratégiques. La réforme doit notamment clarifier les conditions de reconnaissance de leur statut et renforcer leur protection contre la privatisation.
À travers cette loi, le gouvernement entend préserver les intérêts économiques et sociaux du Burkina Faso et défendre les intérêts des Burkinabè. Cette orientation s’inscrit dans la vision portée par le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, en matière de souveraineté économique.




