Des milliers de ressortissants burkinabè quittent les zones aurifères de Guinée et transitent par le Mali, où leur retour vers Ouagadougou nécessite une organisation urgente. Face à cette situation, le gouvernement burkinabè annonce l’envoi d’une délégation ministérielle à Bamako ce mercredi 4 novembre, avec pour objectif de leur apporter une assistance et de faciliter leur retour dans « la dignité et la décence ».
Le Mali occupe désormais une place centrale dans ce dispositif. En raison des itinéraires terrestres reliant la Guinée au Burkina Faso, mais aussi de l’organisation de la représentation diplomatique burkinabè dans la région, Bamako constitue une étape importante pour la prise en charge des ressortissants en déplacement.
Dès la soirée du mardi 3 novembre, plusieurs signes d’une arrivée importante de voyageurs étaient signalés dans la capitale malienne, notamment aux abords de l’ancien hôtel Sheraton. Des cars chargés de bagages, des tricycles transportant des familles et des groupes de personnes à pied convergeaient vers les services consulaires burkinabè, à la recherche d’une assistance et de documents de voyage.
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Cette situation trouve son origine dans les opérations engagées par les autorités guinéennes dans les zones d’exploitation aurifère. Depuis le 29 octobre, la suspension de l’orpaillage artisanal et les opérations de sécurisation menées notamment à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda ont entraîné la destruction d’installations utilisées par les exploitants artisanaux.
À Conakry, les autorités mettent en avant le renforcement des contrôles administratifs concernant le séjour des étrangers ainsi que la lutte contre l’exploitation minière illégale. Le texte source précise toutefois qu’aucun arrêté d’expulsion visant explicitement les ressortissants d’une nationalité particulière n’a été annoncé. La perte de leurs activités et de leurs moyens de subsistance aurait néanmoins poussé de nombreux travailleurs burkinabè à prendre le chemin du retour.
La communauté burkinabè établie en Guinée est estimée à 45 000 personnes. Ce chiffre donne une idée de l’ampleur potentielle des mouvements de retour, même si le nombre exact de personnes actuellement en transit au Mali reste à établir.
Sur place, la mission gouvernementale doit notamment procéder à l’identification des ressortissants, évaluer leurs besoins immédiats en matière d’hébergement et de santé, puis organiser les moyens de transport nécessaires pour leur retour au Burkina Faso. Les équipes diplomatiques poursuivent parallèlement le recensement des arrivées à Bamako.
À Ouagadougou, les autorités appellent les populations au calme et à la retenue, dans un contexte marqué par la circulation de nombreuses informations sur les réseaux sociaux. Elles exhortent les citoyens à ne pas céder aux rumeurs ni aux interprétations hâtives, alors que la prise en charge des ressortissants se met progressivement en place.




