La coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger s’étend désormais davantage au secteur des communications électroniques. À Ouagadougou, les responsables des autorités de régulation des trois pays travaillent à la mise en place d’un cadre commun pour coordonner leurs actions au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Une délégation des régulateurs a été reçue vendredi 25 septembre 2026 par le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. La rencontre intervient alors que les trois institutions se réunissent dans la capitale burkinabè pour avancer vers la signature d’une convention de coopération.
La délégation était conduite par le président du Conseil de régulation de l’ARCEP Burkina Faso, Dr Pasteur Poda. Elle comprenait également le président de l’AMRTP du Mali, Saïdou Pona Sankaré, et la directrice générale de l’ARCEP Niger, Moussa Zeinabou Seyni.
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Les responsables des trois autorités sont venus présenter au chef du gouvernement burkinabè l’état d’avancement de leur coopération ainsi que les perspectives liées à la coordination de leurs missions.
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a salué l’initiative et encouragé les régulateurs à donner une traduction concrète à leur convention. Pour le Premier ministre, l’enjeu dépasse la signature du document et doit se mesurer à travers les actions menées au bénéfice des populations.
« Cette convention est stratégique. Travaillez à ce qu’elle soit suivie d’actions concrètes en faveur des populations », a-t-il notamment exhorté, appelant les trois institutions à contribuer au renforcement de l’espace confédéral.
Le chef du gouvernement a également insisté sur les mutations rapides du secteur des télécommunications. Il a appelé les régulateurs à anticiper les enjeux liés à la protection des populations et à rapprocher leurs positions face aux grands opérateurs.
Cette coordination doit notamment permettre de mieux défendre les intérêts des usagers et de prendre en compte les enjeux de souveraineté des trois États.
Pour Dr Pasteur Poda, la convention doit justement instaurer un cadre formel permettant de renforcer cette coopération. Les orientations données par le Premier ministre confortent, selon lui, la volonté des régulateurs de faire de cet instrument un levier concret au service des populations de l’AES.
Parmi les premiers dossiers figure l’itinérance des communications mobiles, communément appelée « roaming ». Les trois autorités veulent veiller à l’application effective des engagements pris afin que les utilisateurs puissent bénéficier pleinement de l’intégration des services de communications électroniques dans l’espace AES.
La gestion des fréquences dans les zones frontalières constitue un autre chantier. Une meilleure coordination doit permettre de renforcer le contrôle de ces ressources et d’améliorer la qualité ainsi que la disponibilité des services de communication dans les zones concernées.
La coopération s’étendra également au secteur postal. Les trois institutions prévoient de travailler ensemble pour faciliter la circulation des colis entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
À cela s’ajoutent la mutualisation des expertises et le partage d’expériences entre les régulateurs. Ces mécanismes doivent contribuer à renforcer leurs capacités d’intervention et leur permettre de mieux répondre aux évolutions du secteur.
Les trois autorités envisagent enfin une concertation plus étroite dans les instances internationales. L’objectif est de défendre davantage les intérêts communs des États membres de l’AES dans les discussions consacrées aux communications électroniques et aux services postaux.
À travers cette convention, les régulateurs burkinabè, maliens et nigériens veulent ainsi inscrire leur coopération dans la construction progressive de l’espace confédéral. Pour les autorités, les prochaines étapes devront désormais permettre de traduire cet engagement institutionnel en mesures concrètes pour les usagers et en une meilleure coordination de la régulation dans les trois pays.




