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Le ministre de la Santé dresse le bilan 2022-2026, de la baisse du coût des soins aux nouveaux hôpitaux

Ouagadougou, 5 octobre 2026. Un scanner facturé moitié moins cher. Une séance de dialyse qui passe de 15 000 à…

Ouagadougou, 5 octobre 2026. Un scanner facturé moitié moins cher. Une séance de dialyse qui passe de 15 000 à 2 500 FCFA. Un hôpital de 500 lits sorti de terre à Bobo-Dioulasso. Ce lundi, à l’occasion des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), le ministre de la Santé, le Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a déroulé les chiffres d’un bilan qu’il veut décisif. Ce bilan couvre les réalisations et réformes du secteur entre 2022 et 2026.

Son message : faire de la transformation du système de santé un levier de souveraineté et d’accès aux soins. Il affiche un objectif : un « accès universel à des services de santé » à travers un système national « accessible, performant et résilient ». Les chiffres ci-dessous sont ceux que le ministère a présentés.

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Des infrastructures qui changent d’échelle

Premier axe : la modernisation des infrastructures. Parmi les réalisations citées figure le centre hospitalier universitaire de Pala, à Bobo-Dioulasso. Le ministère le décrit comme un hôpital ultra-moderne de 500 lits. Les autorités l’ont inauguré le 24 décembre 2025.

Les soins spécialisés montent aussi en puissance :

  • Hémodialyse : les centres passent de 5 à 12, et les postes de dialyse de 96 en 2022 à 197 en 2026. Cela représente environ 45 000 séances supplémentaires par an. La capacité nationale dépasse désormais 200 000 séances annuelles.
  • Radiothérapie : un nouveau centre aux équipements de dernière génération fonctionne désormais à Bobo-Dioulasso. Le pays compte ainsi deux centres.
  • Transplantation rénale : les équipes ont réalisé sept greffes avec succès, dont la première le 29 juillet 2025.
  • Chirurgie cardiaque : selon le ministre, des centaines de patients ont été opérés depuis octobre 2022.

Rapprocher les soins des populations

Le gouvernement veut aussi réduire la distance entre malades et soignants. Entre 2022 et 2026, il a construit 173 nouveaux Centres de santé et de promotion sociale (CSPS). Le rayon moyen d’action théorique est ainsi passé de 5,5 à 4,9 kilomètres. S’y ajoutent 79 postes de santé communautaire depuis 2022.

En outre, l’Initiative présidentielle pour la santé prévoit de transformer des CSPS en Centres médicaux communaux (CMC). Ces centres disposeront d’hospitalisation, d’urgences, d’imagerie, de laboratoire, d’une banque de sang, d’un bloc opératoire et d’équipements d’oxygène. Une première phase de 55 CMC attendait sa livraison au moment de la présentation.

Autre levier : les cliniques mobiles. Elles sont passées de zéro à 15 et couvrent 13 régions. Elles assurent la continuité des soins, notamment pour les mères et les enfants. Par ailleurs, les opérations de sensibilisation et de dépistage ont touché plus de 40 000 femmes sur l’auto-examen des seins. Plus de 6 000 femmes de plus de 40 ans ont aussi bénéficié d’une écho-mammographie.

Le ministre dit avoir mobilisé près de 15 milliards de FCFA. Cette somme a financé des groupes électrogènes et 2 000 équipements médico-techniques.

 le SAMU, « une nouvelle réalité »

Dans le domaine des urgences, le ministère présente le Service d’aide médicale urgente (SAMU) comme une nouvelle réalité. Entre 2023 et 2026, les antennes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ont réalisé plus de 10 000 transports médicalisés. Elles ont démarré officiellement en avril et décembre 2025.

Le point fort  la baisse du coût des soins

C’est l’un des chapitres les plus attendus du bilan. Depuis le 1er avril 2024, les établissements publics ont revu à la baisse les tarifs de plusieurs examens d’imagerie et de la dialyse :

  • Scanner : de 50 000 à 25 000 FCFA (-50 %) ;
  • IRM : de 100 000 à 40 000 FCFA (-60 %) ;
  • Dialyse : les autorités ont supprimé la caution de 500 000 FCFA, et la séance passe de 15 000 à 2 500 FCFA.

De plus, le ministère annonce des réductions allant jusqu’à 67 % sur certains comprimés, 53 % sur les injectables, 72 % sur les consommables médicaux et 20 % sur les sirops. Il aurait mobilisé plus de trois milliards de FCFA dans ce cadre.

Paludisme des chiffres en baisse

Dans la lutte contre le paludisme, les Journées nationales de lutte antivectorielle ont permis la destruction de centaines de milliers de gîtes larvaires. Voici les chiffres présentés :

  • les cas sont passés de 10 805 020 en 2024 à 7 329 278 en 2025 (-32,17 %) ;
  • les décès sont passés de 3 523 à 1 979, soit 1 544 vies sauvées (-43,83 %).

Médicament vers plus de souveraineté

Le gouvernement veut aussi renforcer l’indépendance du pays en matière de médicament. Il a présenté plusieurs réformes : la transformation du statut juridique de la CAMEG, la création de Faso PHARMA et la mise en place de Faso FDA. Cette dernière doit renforcer la régulation pharmaceutique.

Trois priorités, un cap

Les contraintes sécuritaires, économiques et humanitaires restent fortes. Malgré cela, le ministère affirme vouloir poursuivre la transformation du système sanitaire. Il compte accélérer, finaliser et rendre opérationnelles les réformes engagées. Le gouvernement résume sa démarche en trois priorités : rapprocher les soins des populations, améliorer leur accessibilité financière et renforcer les capacités nationales.

Pour le ministre Kargougou, l’objectif demeure de garantir un accès équitable aux soins et à des services de nutrition de qualité pour l’ensemble des populations.

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