Le président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, a pris part ce vendredi à l’audience solennelle de rentrée des cours et tribunaux, consacrée cette année à la place des mécanismes traditionnels dans le règlement des différends et l’accès à la justice.
Le chef de l’État, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, a assisté à cette rentrée judiciaire organisée autour du thème : « Apport des mécanismes traditionnels de règlement des différends pour un meilleur accès à la justice au Burkina Faso ».
Cette thématique intervient alors que les autorités burkinabè ont engagé un processus visant à intégrer davantage les mécanismes traditionnels dans le système judiciaire. La loi dite « Faso Bu Kaoré », adoptée le 14 janvier 2026, institue notamment le recours aux mécanismes traditionnels de règlement des différends aux côtés de la justice classique. En mai 2026, le gouvernement a adopté un décret précisant la désignation et les modalités de désignation des membres des instances traditionnelles chargées de ces mécanismes.
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La Présidence du Faso présente cette orientation comme une démarche destinée à mieux prendre en compte les valeurs endogènes dans le règlement de certains litiges et à rapprocher davantage la justice des populations.
Dans son discours à la Nation du 31 décembre 2025, Ibrahim Traoré avait déjà défendu cette approche. « Nous ne pouvons pas importer une justice, l’appliquer telle quelle et espérer garantir la cohésion sociale », avait-il déclaré, plaidant pour une meilleure prise en compte des « valeurs ancestrales » et des « personnes-ressources » dans le règlement de certains différends.
Une réforme désormais en phase d’opérationnalisation
L’adoption de la loi « Faso Bu Kaoré » a été suivie par des mesures destinées à rendre le dispositif opérationnel. Selon le gouvernement, le décret adopté en mai 2026 doit notamment permettre la mise en place des instances traditionnelles de règlement des différends dans les localités concernées.
La Présidence du Faso a également mis en avant la valorisation de la chefferie traditionnelle dans le cadre de cette réforme. En juillet 2026, lors d’une rencontre avec des notabilités coutumières de la région du Yaadga, le chef de l’État avait notamment évoqué l’adoption de la loi sur le « Faso Bu-kaoré ».
La rentrée judiciaire de cette année intervient donc dans un contexte marqué par la volonté des autorités de donner une place institutionnelle à ces mécanismes dans le règlement des différends.
À travers cette réforme, le gouvernement entend notamment rapprocher les populations des mécanismes de règlement des conflits et contribuer, selon la Présidence, au renforcement de la cohésion sociale.
La participation du capitaine Ibrahim Traoré à cette audience solennelle vient également marquer l’attention accordée par l’Exécutif au fonctionnement de la justice et à l’évolution du cadre juridique burkinabè.




