Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a dénoncé les conditions dans lesquelles des ressortissants de son pays ont été expulsés de Guinée. En déplacement au Mali à la tête d’une délégation gouvernementale, il a fait état de plusieurs blessés parmi les compatriotes concernés, dont certains auraient été atteints par balle. Le gouvernement burkinabè annonce, par ailleurs, la mobilisation d’une centaine de bus pour organiser leur retour.
Arrivés au Mali après les opérations menées par les autorités guinéennes contre l’orpaillage clandestin, plusieurs ressortissants burkinabè font actuellement l’objet d’une prise en charge avec l’appui des autorités maliennes. À leur rencontre, Mahamadou Sana a regretté le déroulement de cette opération, estimant que les pays concernés auraient dû être informés en amont.
« Cette opération, malheureusement, est fort déplorable et regrettable », a-t-il déclaré. Le ministre a notamment déploré que ni Bamako ni Ouagadougou n’aient été préalablement informés de l’intervention, ce qui, selon lui, n’a pas permis d’anticiper ses conséquences.
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« En aucun cas ni les autorités maliennes ni les autorités burkinabè n’ont été informées à l’avance de cette opération, toute chose qui n’a pas permis d’anticiper également sur ce qui se passe actuellement », a-t-il insisté.
Des blessés, dont certains par balle, signalés
Au cours de son intervention, le chef de la délégation burkinabè a également évoqué des violences présumées subies par certains ressortissants pendant l’opération. Selon les informations recueillies par la mission, plusieurs personnes auraient été blessées, certaines par balle.
« Ce qui nous remonte, en tout cas, nous avons enregistré, et fort déplorable, des blessés, même parfois des blessés par balle, ce qui laisse croire que nos compatriotes ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants », a affirmé Mahamadou Sana.
Mandatée par le président du Faso et le Premier ministre, la délégation gouvernementale s’est rendue au Mali avec pour mission d’évaluer la situation, de recenser les difficultés rencontrées par les ressortissants et de leur apporter une assistance adaptée.
« Nous avons été mandatés […] pour venir non seulement évaluer la situation et identifier aussi les différents problèmes, mais aussi apporter l’assistance nécessaire à nos compatriotes », a expliqué le ministre.
Une centaine de bus mobilisée pour le rapatriement
Au-delà de l’évaluation de la situation, les autorités burkinabè entendent organiser le retour de leurs ressortissants dans des conditions dignes et décentes. À cet effet, une centaine de bus a été mobilisée. Au moment de la déclaration du ministre, 50 véhicules étaient déjà en route sur le territoire malien.
Mahamadou Sana a annoncé le lancement de l’opération dès le lendemain, soit le 5 novembre 2026. Des sites d’accueil auraient également été identifiés et aménagés au Burkina Faso afin de faciliter la prise en charge des personnes rapatriées et leur retour auprès de leurs familles.
Le ministre a, dans le même temps, salué l’accompagnement des autorités maliennes depuis l’arrivée des ressortissants burkinabè. Il a notamment souligné les mesures d’assistance humanitaire déployées, ainsi que l’implication de l’ambassade du Burkina Faso au Mali, aussi bien à Bamako que dans la zone frontalière.
« Nous avons bénéficié de l’hospitalité légendaire de nos homologues frères du Mali », a-t-il déclaré, avant de transmettre la reconnaissance des autorités burkinabè au gouvernement et au peuple maliens pour leur soutien aux compatriotes en difficulté.
Cette mission gouvernementale intervient dans un contexte de mouvements de ressortissants étrangers vers le Mali, à la suite des opérations engagées en Guinée contre l’orpaillage clandestin. Pour Ouagadougou, l’urgence est désormais d’assurer la prise en charge des personnes concernées et de faciliter leur retour sur le territoire national.




