À Ouagadougou, le Burkina Faso, le Mali et le Niger passent à une nouvelle étape de leur intégration numérique. Réunis du 3 au 5 novembre 2026, des experts des trois pays s’attellent à la finalisation de plusieurs documents techniques destinés à concrétiser leur coopération dans les secteurs du numérique, des postes et des communications électroniques.
La mutualisation des infrastructures, la baisse du coût de l’accès à Internet et le renforcement de la sécurité numérique occupent une place centrale dans les ambitions communes du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Les trois membres de la Confédération des États du Sahel (AES) entendent désormais donner une traduction opérationnelle à ces priorités à travers cinq grands chantiers.
Depuis le 3 novembre, les délégations techniques des trois pays travaillent dans la capitale burkinabè à la finalisation des documents nécessaires à l’exécution des activités inscrites dans la feuille de route de l’An II de la Confédération. L’enjeu consiste à convertir les orientations stratégiques définies en commun en dispositifs de coopération applicables sur le terrain.
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Au cœur des discussions figurent l’interconnexion et le partage des infrastructures numériques, la création d’un hub régional destiné aux opérateurs satellitaires NGSO ainsi que l’acquisition groupée de capacité de bande passante Internet. Les travaux concernent également la mise en place d’un mécanisme régional de réponse aux incidents informatiques et la modernisation des services postaux, avec pour perspective une meilleure intégration de ces derniers à l’échelle confédérale.
L’ouverture de cette rencontre a été coprésidée par les ministres chargés du numérique des trois États. Une présence qui traduit l’importance accordée par les gouvernements à ces dossiers et leur volonté de faire progresser la coopération dans les domaines du numérique, des postes et des communications électroniques.
À cette occasion, la ministre burkinabè de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata Zerbo/Sabané, a souligné le rôle de cette concertation dans l’opérationnalisation des engagements communautaires. Elle a salué la participation des délégations malienne et nigérienne, tout en rappelant la place stratégique du numérique dans le processus d’intégration et de développement de l’espace sahélien.
Pour la ministre, cette rencontre doit permettre de dépasser le stade des intentions et de progresser vers des engagements concrets. Les échanges devront ainsi aboutir à des propositions pertinentes, accompagnées de mécanismes précis pour leur mise en œuvre.
Les trois jours de concertation doivent notamment permettre de produire des documents directement exploitables par les autorités. Parmi les livrables attendus figurent des protocoles d’accord, des notes conceptuelles, des schémas d’architecture et des calendriers d’exécution.
Ces documents serviront de base aux conventions de coopération dont la signature est prévue en marge de la Semaine du numérique, programmée du 24 au 27 novembre 2026 au Burkina Faso.
Consciente des exigences liées à cet exercice, Dr Aminata Zerbo/Sabané a appelé les participants à faire preuve d’engagement et de rigueur. « La tâche qui vous est confiée est exigeante », leur a-t-elle rappelé, les invitant à mobiliser leur créativité et leur esprit de fraternité afin de parvenir à des propositions à la fois consensuelles et réalistes.
Au-delà des travaux techniques, les ambitions affichées par les trois États répondent à des enjeux concrets pour leurs populations : améliorer la connectivité dans l’espace confédéral, réduire les dépenses liées à l’accès à Internet, mieux protéger les infrastructures numériques et faciliter l’accès aux services postaux.
La finalisation des documents, puis leur transformation en conventions, marquera une étape importante dans la coopération sectorielle au sein de l’AES. Reste désormais à traduire les engagements communs en dispositifs opérationnels et en actions concrètes, dont les effets pourront être mesurés dans les trois pays.




