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Plus de 380 000 tonnes de stocks alimentaires, le pari de la souveraineté se renforce

Plus de 380 000 tonnes. C’est désormais le volume des stocks de souveraineté alimentaire dont dispose le Burkina Faso. Une…

Plus de 380 000 tonnes. C’est désormais le volume des stocks de souveraineté alimentaire dont dispose le Burkina Faso. Une progression que le gouvernement attribue notamment à une campagne massive d’achat de céréales directement auprès des producteurs.

Le chiffre a été dévoilé mardi par le ministre burkinabè de l’Agriculture, Ismaël Sombié, lors d’un panel consacré à la production et à la consommation locales, organisé dans le cadre des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).

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Derrière ce volume de céréales se dessine une stratégie plus large : produire davantage, acheter localement, stocker, transformer et, à terme, réduire la vulnérabilité alimentaire du pays.

Plus de 350 000 tonnes achetées aux producteurs

Le gouvernement burkinabè a procédé à l’achat de plus de 350 000 tonnes de céréales auprès des producteurs au cours de la campagne agricole 2025-2026, a indiqué Ismaël Sombié.

Ces acquisitions ont permis de faire franchir aux stocks nationaux de souveraineté alimentaire la barre des 380 000 tonnes.

Pour les autorités, cette opération s’inscrit dans la volonté de mieux valoriser la production nationale tout en constituant des réserves capables de contribuer à la sécurité alimentaire du pays.

Mais cette progression des stocks intervient surtout dans un contexte de hausse significative de la production agricole.

La production céréalière bondit de 53 %

Depuis le lancement de l’Offensive agro-pastorale et halieutique 2023-2025, les chiffres présentés par le gouvernement font apparaître une nette progression de la production céréalière.

Celle-ci est passée de 4,66 millions de tonnes avant la mise en œuvre de l’initiative à 7,14 millions de tonnes en 2025.

Une augmentation de 53 %, selon les données présentées lors du panel.

Plus remarquable encore, ce volume représente 124 % des besoins nationaux annoncés par les autorités.

Le riz paddy suit également cette dynamique. Pour la première fois, sa production a dépassé le seuil symbolique du million de tonnes, atteignant 1 008 737 tonnes en 2025.

Des performances qui donnent au gouvernement burkinabè de nouveaux objectifs : ne plus seulement produire davantage, mais être capable de conserver et de transformer cette production à grande échelle.

Après les champs, le défi du stockage et de la transformation

Car produire ne suffit pas.

Une récolte abondante doit pouvoir être conservée, transformée puis acheminée vers les consommateurs sans perdre une partie de sa valeur.

C’est dans cette perspective que le gouvernement prévoit de renforcer les infrastructures de stockage et de transformation.

Le dispositif annoncé comprend notamment 418 magasins de stockage, 11 chambres froides et 63 unités de transformation.

L’ambition est de développer progressivement toute la chaîne agricole, depuis la production jusqu’à la consommation locale.

Le changement de logique est important : il ne s’agit plus uniquement de mesurer les performances agricoles au moment de la récolte, mais de construire un système capable de conserver la valeur créée dans le pays.

839,99 milliards de francs CFA pour la deuxième phase

Le gouvernement ne compte toutefois pas s’arrêter aux résultats enregistrés durant la première phase.

Une deuxième phase de l’Offensive agro-pastorale et halieutique, couvrant la période 2026-2028, doit mobiliser 839,99 milliards de francs CFA.

Le programme prévoit notamment l’aménagement de 50 000 hectares de périmètres irrigués et de 100 000 hectares de bas-fonds.

L’objectif affiché est de consolider les capacités de production et de rendre les performances agricoles plus durables.

À terme, le Burkina Faso veut donc agir sur l’ensemble du parcours du produit agricole : produire, stocker, transformer et consommer localement.

Le pari d’une souveraineté alimentaire durable

Dans les chiffres annoncés à Ouagadougou, le gouvernement voit les premiers résultats d’une politique destinée à renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

Les 380 000 tonnes de stocks constituent une réserve supplémentaire. Les 7,14 millions de tonnes de céréales produites en 2025 témoignent, selon les autorités, de l’augmentation des capacités agricoles. Les investissements annoncés dans le stockage et la transformation doivent désormais permettre de mieux valoriser cette production.

Reste une étape déterminante : transformer ces performances en un système durable, capable de répondre aux besoins de la population dans le temps.

Car derrière les millions de tonnes et les milliards de francs CFA mobilisés, l’enjeu est finalement très concret : faire en sorte que la production nationale puisse nourrir durablement le pays, de la parcelle agricole jusqu’à l’assiette du consommateur.

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