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« L’Afrique ne doit plus envoyer ses meilleurs ailleurs » : le Burkina veut former son armée chez lui

Sous le Pavillon du Soleil Levant, au cœur du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO), l'ambiance est celle d'un…

Sous le Pavillon du Soleil Levant, au cœur du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), l’ambiance est celle d’un face-à-face rare. D’un côté, le ministre d’État chargé de la Défense, le général de division Célestin Simporé. De l’autre, des citoyens venus l’interpeller, sans détour, sur la sécurité de leur pays.

C’est la première séance du « Dialogue avec le Peuple », un rendez-vous inscrit dans la deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), consacrée à la défense, à la sécurité et à la formation militaire.

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Et le ministre n’a pas mis longtemps à frapper fort.

Une phrase qui claque

« L’Afrique ne doit plus envoyer ses meilleurs à l’extérieur, car l’Afrique a besoin de ses meilleurs pour développer le continent. »

Le message est lancé. Le Burkina Faso entend renforcer ses capacités nationales de formation militaire, afin de disposer de cadres mieux adaptés aux réalités du pays et de limiter le recours aux formations à l’étranger. Une orientation qui résonne comme un choix de souveraineté : former chez soi, pour servir chez soi.

Les questions qui fâchent, les réponses attendues

Dans la salle, pas de langue de bois. Les participants ont interpellé le ministre sur les sujets qui touchent leur quotidien : sécurisation des frontières, recrutement des réservistes, rôle des Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), lutte contre le grand banditisme.

  • Frontière avec la Côte d’Ivoire : des participants venus du Sud-Ouest et de Mangodara ont réclamé un renforcement de la présence sécuritaire. Le général Simporé a assuré que la situation était suivie, tout en appelant les populations à prendre part à la sécurisation du territoire.
  • 100 000 réservistes : le ministre a annoncé un renforcement progressif des capacités d’enregistrement, avec une nouvelle plateforme et des dispositifs déployés dans les différentes régions.
  • Bourses de formation militaire : un élève du Prytanée militaire de Kadiogo s’est inquiété de leur ouverture au grand public. Le ministre a défendu cette orientation : elle doit permettre à davantage de Burkinabè d’accéder aux formations militaires et de contribuer, à terme, au renforcement des capacités nationales.

Un message à la jeunesse

C’est sur une adresse directe aux jeunes que le général a conclu : « Tout ce qui se fait aujourd’hui, c’est pour vous. » Il a plaidé pour des formations davantage adaptées aux réalités et aux besoins du Burkina Faso.

L’exposition se poursuit

Selon la Direction de la communication et des relations publiques de la Primature (DCRP), l’exposition gouvernementale se poursuit jusqu’au 9 octobre à Ouagadougou.

Entre dialogue et affirmation de souveraineté, le ministre a posé un cap : l’armée burkinabè de demain se formera d’abord au Burkina.

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