ONU : le Burkina Faso appelle à réformer l’architecture financière internationale au nom du droit au développement

À New York, le Burkina Faso a profité d’une réunion de haut niveau consacrée au 40e anniversaire de la Déclaration…

À New York, le Burkina Faso a profité d’une réunion de haut niveau consacrée au 40e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies de 1986 sur le droit au développement pour porter un plaidoyer économique. Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a appelé à réduire les inégalités entre les nations et à revoir les mécanismes qui structurent le financement du développement. La rencontre s’est tenue le 23 septembre 2026 au siège des Nations Unies.

Pour Ouagadougou, les déséquilibres économiques continuent de limiter la capacité de nombreux pays à exercer pleinement leur droit au développement. Karamoko Jean Marie Traoré a ainsi défendu une approche fondée sur un développement « endogène, souverain et durable ».

Le chef de la diplomatie burkinabè a également mis en avant les résultats que le gouvernement attribue à sa politique économique malgré le contexte sécuritaire. « En trois ans, la production céréalière est passée de 5,1 à 7,15 millions de tonnes, tandis que la croissance économique a atteint 5,3 % en 2025 », a-t-il déclaré.

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Cette trajectoire repose, selon le ministre, sur un choix privilégiant « l’action, la résilience et la dignité ». Le Burkina Faso entend notamment renforcer ses capacités nationales, développer la production locale et accroître la transformation des ressources sur son territoire afin de réduire sa dépendance extérieure.

Dans cette perspective, la réforme de l’architecture financière internationale occupe une place centrale dans le plaidoyer présenté à l’ONU. Le gouvernement burkinabè défend également une fiscalité plus équitable et un renforcement des capacités productives nationales comme conditions de réalisation du droit au développement.

Les obstacles au développement au cœur du plaidoyer burkinabè

Karamoko Jean Marie Traoré a par ailleurs établi un lien entre développement, sécurité et souveraineté. Il a cité le terrorisme, les ingérences ainsi que les atteintes à la souveraineté et à l’intégrité territoriale parmi les facteurs qui, selon le Burkina Faso, entravent le développement.

Le ministre a également défendu la position des États membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Il a affirmé que ces pays assument « pleinement leur responsabilité de protéger leurs peuples et leurs territoires ».

Sur la question des droits humains, Karamoko Jean Marie Traoré a appelé à « la vérité des faits, à l’impartialité, au contradictoire et à l’égalité de traitement » dans l’examen des situations nationales.

Il a aussi dénoncé ce qu’il considère comme une utilisation des mécanismes de justice internationale à des fins de pression politique. Cette position s’inscrit, selon lui, dans le contexte du retrait engagé par les États membres de l’AES du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

À travers son intervention, le Burkina Faso a donc cherché à replacer le droit au développement dans une réflexion plus large sur les rapports économiques internationaux. La Déclaration de 1986 considère elle-même le développement comme un processus économique, social, culturel et politique et souligne la responsabilité des États dans la création de conditions favorables à sa réalisation.

Pour Ouagadougou, la réduction des inégalités, l’accès à des mécanismes de financement plus équitables et le développement des capacités productives doivent ainsi accompagner les efforts nationaux.

« En donnant au droit au développement toute sa portée, nous contribuerons à bâtir un monde plus juste, plus stable et plus prospère », a conclu Karamoko Jean Marie Traoré.

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