Le président du Faso a inauguré à Bobo-Dioulasso l’usine Burkina Cajou SA, qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement de transformer localement la noix de cajou.
Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé, ce samedi 20 décembre 2025 à Bobo-Dioulasso, à l’inauguration officielle de l’usine Burkina Cajou SA, une unité industrielle dédiée à la transformation locale de la noix de cajou. La réalisation de ce complexe a nécessité un investissement de plus de neuf milliards de francs CFA. La cérémonie a été ponctuée de plusieurs allocutions, notamment celle de la promotrice, Masso Sow/Traoré, ainsi que le discours officiel prononcé par le ministre de l’Industrie, Serge Poda.
Selon la promotrice, Masso Sow/Traoré, ce projet s’inscrit pleinement dans la vision portée par le président du Faso, qui ambitionne de mettre un terme à l’exportation brute des matières premières au profit de leur transformation locale, afin de générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois au bénéfice des Burkinabè. Dans une intervention empreinte d’émotion et de reconnaissance, elle a exprimé sa satisfaction de voir aboutir un projet qu’elle présente comme le fruit d’un long parcours marqué par des épreuves, des incertitudes, mais aussi par la persévérance et la détermination. « Ce que nous inaugurons aujourd’hui dépasse le cadre d’une simple usine. C’est l’aboutissement d’un chemin et l’accomplissement d’une promesse », a-t-elle confié, rendant grâce à Dieu pour avoir accompagné chaque étape de cette réalisation.
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Une réponse industrielle à un défi structurel
Masso Sow/Traoré a rappelé que le Burkina Faso produit chaque année plus de 280 000 tonnes de noix de cajou, dont plus de 90 % sont exportées à l’état brut, privant ainsi le pays de retombées économiques substantielles. L’usine Burkina Cajou SA ambitionne de corriger cette situation structurelle grâce à une capacité industrielle significative. Implantée sur une superficie de huit hectares, elle représente un investissement social estimé à 1,8 milliard de francs CFA. L’unité dispose d’une capacité annuelle de transformation de 150 000 tonnes, dont 30 000 tonnes sont déjà opérationnelles, grâce à des équipements modernes et à un programme structuré de transfert de compétences.
Un fort impact en matière d’emplois et de responsabilité sociale
Au-delà de sa dimension industrielle, Burkina Cajou SA se distingue par son orientation sociale. À ce stade, l’usine génère environ 1 700 emplois directs et indirects, avec des projections atteignant 8 500 emplois à court et long termes. La promotrice a mis en avant les dispositifs sociaux intégrés au projet, notamment une infirmerie et une garderie sécurisée pour les enfants des travailleuses, qui constituent près de 80 % de l’effectif. Ces aménagements visent à offrir aux femmes un cadre de travail digne et sécurisé.
« Burkina Cajou place l’humain au cœur de sa stratégie de développement », a-t-elle souligné, présentant l’usine comme un modèle d’industrialisation responsable reposant sur la formation continue, l’innovation technologique et la valorisation du capital humain.
L’État burkinabè, un partenaire stratégique
S’exprimant au nom du président du Faso, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Poda, a indiqué que l’inauguration de Burkina Cajou SA constitue une illustration concrète de la vision présidentielle en matière de souveraineté économique. « Nous concrétisons aujourd’hui notre ambition nationale : produire et transformer nos richesses sur le sol burkinabè », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que la filière anacarde figure parmi les filières stratégiques du Burkina Faso et représente désormais un levier majeur d’industrialisation, de création d’emplois et de développement des compétences locales. À ce titre, l’État détient 25 % du capital social de l’entreprise, répartis entre 10 % pour le Conseil burkinabè des filières agro-pastorales et halieutiques et 15 % pour le Fonds burkinabè de développement économique et social. L’État a également accordé au projet des facilités douanières et fiscales prévues par le Code des investissements.
Une industrialisation inclusive et patriotique
Le ministre Serge Poda a salué l’engagement de la promotrice et de ses partenaires, qui ont fait le « choix courageux » d’investir au Burkina Faso dans un esprit de responsabilité et d’inclusion. Il a souligné que le développement économique ne peut être dissocié de la justice sociale. « Performance économique et équité sociale peuvent et doivent aller de pair », a-t-il affirmé, soulignant que ce projet s’inscrit pleinement dans la dynamique de la révolution progressiste populaire prônée par les autorités actuelles.
Au nom du président du Faso, il a réitéré l’engagement de l’État à soutenir toutes les initiatives industrielles sérieuses, patriotiques et créatrices de valeur ajoutée nationale. En procédant à l’inauguration officielle de l’usine Burkina Cajou SA, le chef de l’État adresse, selon lui, un message fort aux investisseurs nationaux et à la jeunesse burkinabè : celui d’un pays résolument engagé sur la voie de la transformation locale de ses ressources et de la souveraineté économique. Burkina Cajou SA s’impose ainsi comme un acteur clé de la filière anacarde et un exemple d’industrialisation responsable au service du développement durable du Burkina Faso.




