PolitiqueJudiciaire




Corruption au Burkina Faso : le Tribunal de Ouagadougou expose une affaire de détournement de fonds publics

Le Pôle ECOFI du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou a rendu, le 9 janvier 2026, plusieurs condamnations dans une…

Le Pôle ECOFI du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou a rendu, le 9 janvier 2026, plusieurs condamnations dans une affaire de détournement de fonds publics, confirmant la détermination des autorités burkinabè à lutter contre la corruption.

Le vendredi 9 janvier 2026, le Pôle ECOFI du Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou a prononcé son jugement dans une affaire de détournement de fonds publics, opposant le Ministère public à plusieurs prévenus. L’annonce a été relayée ce jeudi 15 janvier 2026 sur la page Facebook de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC).

Le procès portait sur des accusations graves d’abus de fonction, de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite, impliquant notamment des responsables de la structure concernée, ce qui avait fortement mobilisé l’attention de l’opinion publique. Le tribunal a infligé des peines variées, allant de la prison avec sursis à des amendes substantielles. S K JM a été reconnu coupable d’abus de fonction et de détournement de 24 millions de francs CFA et condamné à cinq ans de prison avec sursis, ainsi qu’à une amende de 67,8 millions de francs CFA.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



D’autres prévenus ont été condamnés pour enrichissement illicite ou concussion : K L à 24 mois de prison et 5 millions de francs CFA d’amende, O S et O/D A C pour des montants respectifs de 500 000 et 50 000 francs CFA, assortis de peines avec sursis.

Les condamnations incluent également le remboursement des sommes détournées à l’État burkinabè. S K JM devra verser 22,85 millions de francs CFA, tandis que les autres prévenus devront indemniser l’État entre 50 000 et 1,5 million de francs CFA. Selon l’ASCE-LC, la corruption dans le secteur public a des conséquences directes sur la société et l’environnement : elle prive le pays des investissements nécessaires, entraîne la perte de biodiversité et fragilise les efforts de conservation, affectant particulièrement les populations vulnérables.

Ce verdict constitue un signal fort, illustrant la détermination des autorités judiciaires et des acteurs anti-corruption à garantir la transparence et la bonne gestion des deniers publics. Le gouvernement burkinabè, représenté par l’Agent Judiciaire de l’État (AJE), prévoit le recouvrement des sommes détournées dans un délai de six à douze mois. Cette affaire met en lumière l’importance de l’éthique dans la gestion des ressources publiques et interpelle la société civile sur la vigilance collective nécessaire pour prévenir les abus et renforcer la gouvernance financière au Burkina Faso.

Pour rappel, l’enquête pénale a été ouverte après un rapport d’audit produit en janvier 2024 par l’ASCE-LC et transmis au procureur du Faso le 30 décembre 2024.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP