Politique




Après le Burkina, le Mali et le Niger, le Tchad annonce son retrait de la Cour Pénale Internationale

Le gouvernement tchadien a officiellement décidé de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), marquant une nouvelle étape dans…

Le gouvernement tchadien a officiellement décidé de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), marquant une nouvelle étape dans les relations entre plusieurs États africains et la juridiction basée à La Haye. La décision a été notifiée au secrétaire général des Nations unies, selon un communiqué du ministère tchadien des Affaires étrangères.

Pour justifier ce retrait, les autorités de N’Djamena mettent en avant ce qu’elles considèrent comme une efficacité limitée et une sélectivité persistante dans les activités de la CPI. Le ministère relève que neuf des treize enquêtes ouvertes par la Cour concernent des États africains et que six des sept personnes actuellement détenues sont poursuivies dans des dossiers liés au continent.

Selon le gouvernement tchadien, ces chiffres illustrent une concentration durable des procédures sur les pays du Sud, en particulier les États africains. Cette situation aurait, selon lui, favorisé une instrumentalisation politique de l’institution. « Les statistiques publiées par la Cour elle-même sont particulièrement révélatrices de la sélectivité indéniable érigée en principe, que cette sélectivité soit voulue ou subie », indique le communiqué.

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Le ministère précise toutefois que cette décision ne remet pas en cause l’engagement du Tchad dans la lutte contre l’impunité. Les autorités assurent qu’elles demeurent attachées à la poursuite des auteurs des crimes les plus graves ainsi qu’à la protection des droits des victimes.

Dans cette perspective, N’Djamena appelle l’Union africaine et ses États membres à accélérer le développement de mécanismes judiciaires africains capables de traiter ces crimes. Le gouvernement estime qu’un tel dispositif permettrait de construire un système de justice plus équilibré, crédible et respectueux de la souveraineté des États africains.

Le Tchad avait adhéré au Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale, en 2006. Conformément aux dispositions de ce texte, le retrait ne prendra effet qu’un an après la réception officielle de la notification par le secrétaire général des Nations unies.

Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs pays africains ont déjà engagé une démarche similaire. Les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, avaient annoncé leur retrait de la CPI en septembre 2025 avant de déposer officiellement leur notification en juin 2026.

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