Le gouvernement malien a franchi une nouvelle étape dans la refondation de son appareil sécuritaire en adoptant, lors du Conseil des ministres du 25 juin 2026, un projet de loi portant organisation générale de la Défense et de la Sécurité. Cette réforme vise à adapter le cadre juridique national aux profondes mutations de l’environnement géopolitique, géostratégique et sécuritaire auxquelles le pays est confronté.
Présidée au palais de Koulouba par le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, la réunion du Conseil des ministres a examiné ce texte présenté par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Le projet prévoit la relecture de la loi du 23 novembre 2004 relative à l’organisation de la Défense nationale, considérée aujourd’hui comme insuffisamment adaptée aux défis sécuritaires contemporains.
Adoptée il y a plus de deux décennies, cette loi avait pour objectif de garantir l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale et la protection des populations contre toutes les formes d’agression. Toutefois, selon les autorités, l’évolution des menaces sécuritaires et la transformation du contexte stratégique rendent désormais nécessaire une actualisation en profondeur de ce dispositif.
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Le gouvernement souligne avoir engagé ces dernières années plusieurs réformes destinées à renforcer les capacités opérationnelles des Forces armées et de sécurité. La nouvelle législation doit permettre de consolider ces efforts en dotant le pays d’un cadre juridique plus cohérent et mieux adapté aux réalités actuelles.
Si le communiqué officiel ne détaille pas encore le contenu précis des nouvelles dispositions, il indique que la réforme vise notamment à corriger les insuffisances constatées dans l’application du texte de 2004 et à améliorer l’organisation générale de la défense nationale.
Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible. Les autorités rappellent notamment les attaques complexes, coordonnées et simultanées menées le 25 avril contre plusieurs localités stratégiques du pays, parmi lesquelles Kati, Bamako, Mopti, Gao et Kidal. Ces événements ont mis en lumière les défis liés à la coordination des opérations, à la protection des infrastructures sensibles et à l’adaptation permanente des dispositifs de sécurité.
La réforme s’inscrit également dans un environnement profondément remodelé par le retrait des principaux partenaires militaires internationaux. Après le départ de la force française Barkhane en août 2022 et la fin de la mission de la MINUSMA en décembre 2023, les autorités maliennes ont placé la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa) et la souveraineté nationale au centre de leur stratégie de défense.
Dans cette perspective, la nouvelle loi pourrait redéfinir plusieurs aspects fondamentaux du système de défense, notamment l’organisation des forces, les chaînes de commandement, les mécanismes de coordination entre les différents services ainsi que les missions confiées aux forces de défense et de sécurité.
Pour l’heure, le gouvernement n’a pas communiqué de calendrier précis concernant l’examen parlementaire du texte ni les modalités de sa future mise en œuvre. Néanmoins, cette réforme apparaît comme l’un des chantiers institutionnels majeurs engagés par les autorités de transition afin de doter le Mali d’un outil de défense plus adapté aux menaces contemporaines et aux ambitions de souveraineté affichées par l’État.
Au-delà de son aspect juridique, cette refonte est perçue comme un levier stratégique destiné à renforcer l’efficacité de l’action sécuritaire nationale dans un contexte régional marqué par la persistance des défis liés au terrorisme, à la criminalité transfrontalière et à la stabilité des territoires.




