Les autorités maliennes ont décidé d’intensifier leur lutte contre les groupes armés en mettant en place un dispositif de récompenses financières destiné à faciliter l’arrestation ou la localisation de plusieurs figures recherchées du jihadisme et de la rébellion dans le nord du pays.
Dans un communiqué publié le 4 juin, le gouvernement a annoncé que des primes allant de 500 millions à 2 milliards de FCFA seront accordées à toute personne fournissant des renseignements jugés fiables et exploitables permettant d’identifier ou d’interpeller ces responsables.
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Cette mesure intervient quelques jours après l’adoption de sanctions financières ciblées contre plusieurs personnalités maliennes ainsi que contre le Front de libération de l’Azawad (FLA). Les autorités les accusent notamment d’entretenir des liens, de soutenir ou de faire l’apologie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), à la suite des attaques coordonnées menées le 25 avril 2026 contre plusieurs positions des Forces armées maliennes.
Selon le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, dirigé par le général Daoud Aly Mohammedine, cette initiative vise les principaux dirigeants de mouvements considérés comme responsables de l’insécurité persistante dans le pays. La récompense la plus élevée, fixée à 2 milliards de FCFA, concerne Iyad Ag Ghali, chef du JNIM, organisation affiliée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et active dans plusieurs pays du Sahel.
Deux autres primes de 1,5 milliard de FCFA chacune sont proposées pour toute information permettant de retrouver Amadou Kouffa, dirigeant de la Katiba Macina et numéro deux du JNIM, ainsi qu’Abdoulaye Mamoudou Bakaye Diallo, connu sous le nom de Jouleybib de Nampala.
Les autorités offrent également une récompense de 1 milliard de FCFA pour toute information menant à Alghabass Ag Intalla, responsable influent du Front de libération de l’Azawad et acteur clé des négociations au sein de ce mouvement.
Par ailleurs, plusieurs autres personnalités sont recherchées avec une prime de 500 millions de FCFA chacune. Il s’agit notamment de Sedane Ag Hita, présenté comme responsable du JNIM dans la région de Kidal, d’Abderrahmane Al-Batna Al-Jazairi, actif dans la région de Tombouctou, ainsi que de Bilal Ag Achérif, secrétaire général du FLA.
Le Front de libération de l’Azawad rassemble plusieurs organisations indépendantistes issues de l’ancienne Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), notamment le MNLA, le HCUA, le MAA et une partie du Gatia.
Bamako accuse cette coalition d’avoir participé à diverses opérations armées contre l’armée malienne et de collaborer avec les combattants du JNIM. Le mouvement revendique notamment la prise de Kidal survenue le 25 avril 2026, une opération qu’il affirme avoir conduite en coordination avec le JNIM dans un contexte de tensions croissantes dans le nord du Mali.
Avec ce nouveau dispositif de récompenses, les autorités maliennes renforcent leur stratégie sécuritaire en associant mesures judiciaires, sanctions financières et incitations destinées à obtenir des renseignements sur les responsables des groupes armés opérant sur le territoire national.




